Publié le 25 Juillet 2012

MITTAL APPORTERA LA FLAMME OLYPIQUE A LONDRES

FLAMME-OLYMPIQUE.jpg

 

QUEL SCANDALE !

Voilà un flibustier, un parasite de la finance, qui a roulé dans la farine bien des hauts placés de l’économie européenne et française surtout, qui portera la flamme au même titre que ceux qui l’ont mérité par leurs exploits ou leurs bénévolats pour le sport.

Son exploit à lui, c’est d’avoir tiré d’énormes profits de l’exploitation des sidérurgistes et des fermetures de sites sidérurgiques.

Le Comité Olympique qui s’était déjà déconsidéré en faisant des jeux la vitrine des grandes multinationales américaines vient de dépasser les bornes de la décence en offrant la flamme à un destructeur d’usines sidérurgiques ou des mines où encore aujourd’hui des mineurs sont victimes de l’insécurité notamment dans les pays de l’est.

Cet individu est entrain de mettre par terre ce qui reste de la Sidérurgie Européenne et en particulier la France et la Belgique.

HAUT-FOURNEAUX.jpg

 

Il a cassé les dernières installations de Lorraine et maintenant il jette son dévolu sur le dernier site important de Florange où il a arrêté les hauts fourneaux depuis plus d’un an en faisant du chantage pour son maintien ou pas au gouvernement français.

Il a bénéficié, il faut le dire, de la mansuétude des gouvernants de l’Europe qui l’ont laissé prendre le groupe Arcelor et le gouvernement français de l’époque, celui de Raffarin, avec le ministre des finances de l’époque Francis Mer ancien PDG d’Arcelor, n’ont rien fait pour sauvegarder à la France cet important groupe et le retirer des pattes de cet individu.

Des dizaines de milliers de salariés ont été jeté à la rue, des drames humains se sont produits, des régions entières ont été dévastés.

Je demande à ce que le gouvernement Français intervienne auprès du CIO pour lui retirer le droit de porter la flamme olympique à Londres.

Cet individu est la honte des sidérurgistes.

Il serait d’ailleurs urgent que ce qui reste de la Sidérurgie Européenne entre ses mains soit nationalisé ou européanisé ( voilà un bel acte pour la croissance).

Ce maitre des forges aurait-il tous les droits parce qu’il a raflé des milliards d’euros de dividendes pris sur le dos de ceux qu’il a mis à la porte et ceux qui travaillent aujourd’hui dans les conditions de travail difficiles avec l’épée de Damoclès au-dessus de leur  tête ?

Quel Honte !

Hollande, un coup de fil suffit…

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 25 Juillet 2012

ftm cgtFilière Automobile - Déclaration FTM-CGT
Le changement,
ce n’est encore pas pour maintenant
Le gouvernement vient d’annoncer son plan d’aide au secteur automobile qui se traduit au
global par des mesures de même nature que celles mises en place par le gouvernement
précédent il y a moins de 3 ans lors des états généraux de l’automobile et dont les effets sur
l’emploi et le développement de cette industrie ont été particulièrement contre-productifs.
Au regard du plan massif de suppressions d’emplois prévu par PSA dont la fermeture de
l’usine d’Aulnay et des conséquences pour l’emploi chez les sous-traitants de la filière
automobile, les salariés sont en droit d’attendre tout autre chose de la part du gouvernement
qui avait indiqué vouloir remettre en cause la stratégie de casse de l’emploi du groupe PSA et
globalement de la filière automobile.
Ce plan, sans envergure du gouvernement, est loin de s’attaquer aux restructurations et
fermetures d’entreprises dont le seul but est de dégager des profits et dividendes pour les
actionnaires, tout en continuant leur stratégie de délocalisation vers les pays à « bas coûts »
de main d’oeuvre.
Pour les salariés de la filière, le gouvernement ne propose aucune mesure concrète
permettant de répondre à la situation à laquelle ils sont confrontés à très court terme et à
long terme.
Pour la CGT, des actes plus forts et efficaces de suite pour l’emploi de la filière automobile
sont à prendre par le gouvernement, comme le gel de toutes les restructurations chez les
donneurs d’ordres et sous-traitants ainsi que l’élaboration d’un diagnostic précis de la filière
permettant la préconisation de solutions efficaces sur le développement de l’emploi et de
l’industrie automobile.
La CGT fait la proposition de la relance de la croissance par la consommation. Pour cela, il
est nécessaire d’augmenter immédiatement les salaires et le pouvoir d’achat des ménages.
La CGT propose également la fabrication de deux modèles de véhicules par site afin de lisser
la production et gérer les gestions de fin de vie des modèles, la mise en place d’un livret
épargne automobile qui permettrait d’emprunter à taux zéro ainsi que la mise en oeuvre
d’accord pénibilité pour favoriser les départs des salariés âgés et l’embauche de jeunes…
Les organisations syndicales, dans l’unité et grâce à la mobilisation des salariés, ont obtenu le
gel de la procédure et la désignation d’un expert pour travailler des alternatives.
L’expert désigné par le gouvernement devra les prendre en compte.
En attendant, nous exigeons toujours le gel de la restructuration
chez PSA ainsi que dans toute la filière automobile
et l’abandon de la fermeture d’Aulnay.
Montreuil, le 25 juillet 2012
BP/sb
Tél. : 01.55.82.86.29
Fax : 01.48.59.80.66
revendicatif@ftm-cgt.fr

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 25 Juillet 2012

DANS CETTE PERIODE PROPICE A LA REFLEXION DE CHACUN, CELA PEUT NOUS PERMETTRE DE VOIR DE OU L'ON VIENT POUR SE TRACER UN NOUVEL HORIZON VERS LE PROGRES DES HOMMES DANS TOUS CES DOMAINES OU CES GRANDS PENSEURS ONT PRIS LE REEL POUR TRACER DES PERSPECTIVES NOUVELLES.

 


COURTE EXPLICATION DU TEXTE PARU DANS WIKIPEDIA

 

Dans le domaine métaphysique, Diderot développe l’idée que la morale dépend de la sensibilité, en montrant qu'un certain nombre d'arguments religieux sont sans portée pour un aveugle. La morale n’est donc pas universelle mais liée à la perception de chacun. Or, si la morale dépend de la sensibilité personnelle, elle n’est plus universelle, révélée ou pas.

Diderot expose clairement sa vision matérialiste en évoquant son athéisme. Il développe dans un long passage des arguments qu'il attribue à un aveugle mathématicien et géomètre anglais, Nicholas Saunderson, discutant avec un prêtre qui tente de lui prouver l'existence de Dieu par le spectacle de la nature (qu'il ne peut voir), puis par la perfection des organes humains


 extraits

Je pourrais ajouter à l'histoire de l'aveugle du Puisaux et de Saunderson celle de Didymme d'Alexandrie, d'Eusèbe l'Asiatique, de Nicaise de Méchlin, et quelques autres qui ont paru si fort élevés au-dessus du reste des hommes, avec un sens de moins, que les poètes auraient pu feindre, sans exagération, que les dieux jaloux les en privèrent de peur d'avoir des égaux parmi les mortels. Car qu'était-ce que ce Tirésias, qui avait lu dans les secrets des dieux, et qui possédait le don de prédire l'avenir, qu'un philosophe aveugle dont la Fable nous a conservé la mémoire ? Mais ne nous éloignons plus de Saunderson, et suivons cet homme extraordinaire jusqu'au tombeau.

Lorsqu'il fut sur le point de mourir, on appela auprès de lui un ministre fort habile, M. Gervaise Holmes ; ils eurent ensemble un entretien sur l'existence de Dieu, dont il nous reste quelques fragments que je vous traduirai de mon mieux car ils en valent bien la peine. Le ministre commença par lui objecter les merveilles de la nature : « Eh, monsieur ! lui disait le philosophe aveugle, laissez là tout ce beau spectacle qui n'a jamais été fait pour moi ! J'ai été condamné à passer ma vie dans les ténèbres ; et vous me citez des prodiges que je n'entends point, et qui ne prouvent que pour vous et que pour ceux qui voient comme vous. Si vous voulez que je croie en Dieu, il faut que vous me le fassiez toucher.

- Monsieur, reprit habilement le ministre, portez les mains sur vous-même, et vous rencontrerez la divinité dans le mécanisme admirable de vos organes.

- Monsieur Holmes, reprit Saunderson, je vous le répète, tout cela n'est pas aussi beau pour moi que pour vous. Mais le mécanisme animal fût-il aussi parfait que vous le prétendez, et que je veux bien le croire, car vous êtes un honnête homme très incapable de m'en imposer, qu'a-t-il de commun avec un être souverainement intelligent ? S'il vous étonne, c'est peut-être parce que vous êtes dans l'habitude de traiter de prodige tout ce qui vous paraît au-dessus de vos forces. J'ai été si souvent un objet d'admiration pour vous, que j'ai bien mauvaise opinion de ce qui vous surprend. J'ai attiré du fond de l'Angleterre des gens qui ne pouvaient concevoir comment je faisais de la géométrie : il faut que vous conveniez que ces gens-là n'avaient pas de notions bien exactes de la possibilité des choses. Un phénomène est-il, à notre avis, au-dessus de l'homme ? nous disons aussitôt  : c'est l'ouvrage d'un Dieu ; notre vanité ne se contente pas à moins. Ne pourrions-nous pas mettre dans nos discours un peu moins d'orgueil, et un peu plus de philosophie ? Si la nature nous offre un noeud difficile à délier laissons le pour ce qu'il est et n'employons pas à le couper la main d'un être qui devient ensuite pour nous un nouveau noeud plus indissoluble que le premier. Demandez à un Indien pourquoi le monde reste suspendu dans les airs, il vous répondra qu'il est porté sur le dos d'un éléphant et l'éléphant sur quoi l'appuiera-t-il ? sur une tortue ; et la tortue, qui la soutiendra ?... Cet Indien vous fait pitié et l'on pourrait vous dire comme à lui : Monsieur Holmes mon ami, confessez d'abord votre ignorance, et faites-moi grâce de l'éléphant et de la tortue. »

Saunderson s'arrêta un moment : il attendait apparemment que le ministre lui répondît ; mais par où attaquer un aveugle ? M. Holmes se prévalut de la bonne opinion que Saunderson avait conçue de sa probité, et des lumières de Newton, de Leibniz, de Clarke et de quelques-uns de ses compatriotes, les premiers génies du monde, qui tous avaient été frappés des merveilles de la nature, et reconnaissaient un être intelligent pour son auteur. C'était, sans contredit, ce que le ministre pouvait objecter de plus fort à Saunderson. Aussi le bon aveugle convint-il qu'il y aurait de la témérité à nier ce qu'un homme, tel que Newton, n'avait pas dédaigné d'admettre : il représenta toutefois au ministre que le témoignage de Newton n'était pas aussi fort pour lui que celui de la nature entière pour Newton ; et que Newton croyait sur la parole de Dieu, au lieu que lui il en était réduit à croire sur la parole de Newton.

« Considérez, monsieur Holmes, ajouta-t-il, combien il faut que j'aie de confiance en votre parole et dans celle de Newton. Je ne vois rien, cependant j'admets en tout un ordre admirable mais je compte que vous n'en exigerez pas davantage. Je vous le cède sur l'état actuel de l'univers, pour obtenir de vous en revanche la liberté de penser ce qu'il me plaira de son ancien et premier état, sur lequel vous n'êtes pas moins aveugle que moi. Vous n'avez point ici de témoins à m'opposer ; et vos yeux ne vous sont d'aucune ressource. Imaginez donc, si vous voulez, que l'ordre qui vous frappe a toujours subsisté ; mais laissez-moi croire qu'il n'en est rien ; et que si nous remontions à la naissance des choses et des temps, et que nous sentissions la matière se mouvoir et le chaos se débrouiller, nous rencontrerions une multitude d'êtres informes pour quelque êtres bien organisés. Si je n'ai rien à vous objecter sur la condition présente des choses, je puis du moins vous interroger sur leur condition passée. Je puis vous demander, par exemple, qui vous a dit à vous, à Leibniz, à Clarke et à Newton, que dans les premiers instants de la formation des animaux, les uns n'étaient pas sans tête et les autres sans pieds ? Je puis vous soutenir que ceux-ci n'avaient point d'estomac, et ceux-là point d'intestins ; que tels à qui un estomac, un palais et des dents semblaient promettre de la durée, ont cessé par quelque vice du coeur ou des poumons ; que les monstres se sont anéantis successivement ; que toutes les combinaisons vicieuses de la matière ont disparu, et qu'il n'est resté que celles où le mécanisme n'impliquait aucune contradiction importante, et qui pouvaient subsister par elles-mêmes et se perpétuer.

« Cela supposé, si le premier homme eût eu le larynx fermé, eût manqué d'aliments convenables, eût péché par les parties de la génération, n'eût point rencontré sa compagne, ou se fût répandu dans une autre espèce, monsieur Holmes, que devenait le genre humain ? il eût été enveloppé dans la dépuration générale de l'univers ; et cet être orgueilleux qui s'appelle homme, dissous et dispersé entre les molécules de la matière, serait resté, peut-être pour toujours, au nombre des possibles.

« S'il n'y avait jamais eu d'êtres informes, vous ne manqueriez pas de prétendre qu'il n'y en aura jamais, et que je me jette dans les hypothèses chimériques ; mais l'ordre n'est pas si parfait, continua Saunderson, qu'il ne paraisse encore de temps en temps des productions monstrueuses. » Puis, se tournant en face du ministre, il ajouta « Voyez-moi bien, monsieur Holmes, je n'ai point d'yeux. Qu'avions-nous fait à Dieu, vous et moi, un pour avoir cet organe, l'autre pour en être privé ? »

Saunderson avait l'air si vrai et si pénétré en prononçant ces mots, que le ministre et le reste de l'assemblée ne purent s'empêcher de partager sa douleur, et se mirent à pleurer amèrement sur lui. L'aveugle s'en aperçut. « Monsieur Holmes, dit-il au ministre, la bonté de votre coeur m'était bien connue, et je suis très sensible à la preuve que vous m'en donnez dans ces derniers moments mais si je vous suis cher, ne m'enviez pas en mourant la consolation de n'avoir jamais affligé personne. »

Puis reprenant un ton un peu plus ferme, il ajouta : « Je conjecture donc que, dans le commencement où la matière en fermentation faisait éclore l'univers, mes semblables étaient fort communs. Mais pourquoi n'assurerais-je pas des mondes ce que je crois des animaux ? Combien de mondes estropiés, manqués, se sont dissipés, se reforment et se dissipent peut-être à chaque instant dans des espaces éloignés, où je ne touche point, et où vous ne voyez pas, mais où le mouvement continue et continuera de combiner des amas de matière, jusqu'à ce qu'ils aient obtenu quelque arrangement dans lequel ils puissent persévérer ? Ô philosophes ! transportez-vous donc avec moi sur les confins de cet univers, au delà du point où je touche, et où vous voyez des êtres organisés ; promenez-vous sur ce nouvel océan, et cherchez à travers ses agitations irrégulières quelques vestiges de cet être intelligent dont vous admirez ici la sagesse.

« Mais à quoi bon vous tirer de votre élément ? Qu'est-ce que ce monde, monsieur Holmes ? un composé sujet à des révolutions, qui toutes indiquent une tendance continuelle à la destruction ; une succession rapide d'êtres qui s'entre-suivent, se poussent et disparaissent : une symétrie passagère ; un ordre momentané. Je vous reprochais tout à l'heure d'estimer la perfection des choses par votre capacité ; et je pourrais vous accuser ici d'en mesurer la durée sur celle de vos jours. Vous jugez de l'existence successive du monde, comme la mouche éphémère de la vôtre. Le monde est éternel pour vous, comme vous êtes éternel pour l'être qui ne vit qu'un instant : encore l'insecte est-il plus raisonnable que vous. Quelle suite prodigieuse de générations d'éphémères atteste votre éternité ? quelle tradition immense ? Cependant nous passerons tous, sans qu'on puisse assigner ni l'étendue réelle que nous occupions, ni le temps précis que nous aurons duré. Le temps, la matière et l'espace ne sont peut-être qu'un point. »

Saunderson s'agita dans cet entretien un peu plus que son état ne le permettait ; il lui survint un accès de délire qui dura quelques heures, et dont il ne sortit que pour s'écrier « Ô Dieu de Clarke et de Newton, prends pitié de moi !  » et mourir.

Ainsi finit Saunderson. Vous voyez, madame, que tous les raisonnements qu'il venait d'objecter au ministre n'étaient pas même capables de rassurer un aveugle. Quelle honte pour des gens qui n'ont pas de meilleures raisons que lui, qui voient, et à qui le spectacle étonnant de la nature annonce, depuis le lever du soleil jusqu'au coucher des moindres étoiles, l'existence et la gloire de son auteur ! Ils ont des yeux, dont Saunderson était privé mais Saunderson avait une pureté de moeurs et une ingénuité de caractère qui leur manquent. Aussi ils vivent en aveugles, et Saunderson meurt comme s'il eût vu. La voix de la nature se fait entendre suffisamment à lui à travers les organes qui lui restent, et son témoignage n'en sera que plus fort contre ceux qui se ferment opiniâtrement les oreilles et les yeux. Je demanderais volontiers si le vrai Dieu n'était pas encore mieux voilé pour Socrate par les ténèbres du paganisme, que pour Saunderson par la privation de la vue et du spectacle de la nature.

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 24 Juillet 2012

ftm cgt
FTM CGT
Conférence de presse du 24 juillet 2012
sur la situation de l’automobile
Présentée par Philippe MARTINEZ
Secrétaire Général
Mesdames, Messieurs, bonjour,
Je vous remercie d’avoir répondu favorablement à notre invitation à cette conférence
de presse afin de faire un point sur la situation de PSA, mais plus globalement de
l’ensemble de la filière.
J’ai à mes côtés JP MERCIER, DSC adj. du groupe PSA, site d’AULNAY, Bruno
LEMERLE, représentant CGT au comité d’entreprise européen de PSA, site de
SOCHAUX et Fabien GACHE, DSC de RENAULT, site du MANS. D’autres camarades
présents dans la salle, je pense à notre collègue de VALEO.
A la veille du second CCE de PSA sur les restructurations et du conseil des ministres qui
va semble-t-il proposer des mesures concernant la filière, il nous a semblé important
de repréciser la position de la CGT.
Faut-il le rappeler, la CGT s’oppose fermement à la restructuration et aux suppressions
d’emplois annoncées par la direction. Nous pensons au contraire qu’il faut maintenir
la construction et le montage d’automobiles à AULNAY, maintenir l’emploi sur tous
les sites voire en créer pour répondre aux besoins croissants en matière de
déplacement.
Sans avoir la prétention de répondre à toutes les problématiques, permettez-moi
d’évoquer quelques points.
Tout d’abord, les annonces faites ne sont pas liées à la situation actuelle contrairement
à ce que dit le PDG. La CGT a dévoilé il y a un peu plus d’un an, ce plan de la
direction qui ressemble à si méprendre à l’actuel. Seul le calendrier électoral était
avancé pour justifier la période pour le dévoiler, c'est-à-dire après les élections
présidentielles et législatives.
D’ailleurs, l’année 2011 a été très bonne pour le groupe avec un bénéfice de 784
millions d’euros dont 250 ont été versés aux actionnaires.
Au niveau des ventes, PSA a maintenu celles-ci à un point très élevé, plus de 3,5
millions de véhicules soit quasiment son record qui était de 3,6 millions l’année
précédente.
PMZ/fg
2
En Europe, premier marché mondial après la Chine, on constate un léger tassement
des ventes dû essentiellement, mais vous pourriez le deviner au marché espagnol (5),
italien (4), royaume uni (3), grec et portugais.
De plus, des problèmes d’approvisionnement liés à la catastrophe du Japon ou aux
déboires d’un fournisseur italien de vis auraient fait perdre plusieurs dizaines de
milliers de véhicules au groupe et l’équivalent de 400 millions d’euros.
Il y a aussi l’abandon du marché iranien, 200 000 véhicules vendus chaque année.
Malgré tout la C3 fabriquée à AULNAY reste la 3ème voiture la plus vendue en France
et la 10ème en Europe.
² pouvoir s’acheter une voiture neuve. Ils pensent d’abord à survivre, à se loger et à
manger. La situation est identique pour la France.
Le PDG de PSA veut profiter de cette situation pour faire évoluer la stratégie du
groupe vers plus de profitabilité, plus de productivité au détriment de l’emploi et des
productions en France. Une stratégie qui s’apparente de plus en plus à celle du groupe
RENAULT comme l’indique la récente alliance avec GM.
Nous contestons l’idée de surcapacité de production, d’ailleurs les constructeurs
ferment des sites en France pour aller s’implanter dans d’autres pays dits à bas coûts.
C’est le cas chez RENAULT, comme chez PSA. Nous ne nous sommes jamais opposés à
des implantations de sites dans d’autres pays à condition qu’elles servent au marché
local. Force est de constater que les productions LOW-COAST comme on les appelle,
servent d’abord pour le patronat, à pointer le coût du travail comme ils disent, pour
faire pression sur les salariés en France.
Lors du rachat de DACIA par RENAULT, le PDG de l’époque jurait la main sur le coeur
que jamais aucune LOGAN ne serait vendue en France. On voit ce qu’il en ait
aujourd’hui.
Fermer des sites, restructurer, supprimer des emplois permet d’abord d’augmenter la
flexibilité des salariés par une organisation rigide du travail. Cela accroit la pénibilité et
les mauvaises conditions de travail.
Cela augmente également la précarité, il n’est plus rare à présent de voir des agences
d’intérim à l’intérieur des sites comme c’est le cas chez VALEO.
Tous les 10 ou 15 ans, on nous fait le coup des surcapacités pour mieux justifier les
restructurations, le marché automobile continue lui à progresser.
Dramatiser la situation, c’est aussi faire pression sur les syndicats. Le chantage à la
signature de l’accord compétitivité/emploi chez SEVELNORD pour obtenir la
fabrication d’un nouveau modèle, en est l’illustration. Nous y reviendrons si vous le
souhaitez. On peut noter d’ailleurs que dans un tout autre contexte, des négociations
sont engagées chez RENAULT.
3
On peut également constater la complicité de l’UIMM, dont le président, Mr SAINT
GEOURS par ailleurs directeur des marques chez PSA, qui propose en urgence une
réunion spécifique sur la filière automobile dès la rentrée de Septembre
Les salaires dans notre pays ne sont pas un problème pour la compétitivité des
entreprises. Au contraire, il y a nécessité de les augmenter afin de favoriser la
croissance et favoriser le renouvellement du parc dont l’âge moyen est de 9 ans en
France comme en Europe. Ce qui fait la différence sur le prix des véhicules LOWCOAST,
ce sont d’abord les aides d’état, les exonérations d’impôts etc. tout cela au
détriment de l’intérêt des populations. Comme le disait Carlos GOSHN dernièrement,
le MAROC nous a fait un pont d’or pour nous implanter sur son territoire. Mes
camarades de RENAULT pourront vous détailler la chose.
Ce qu’il convient de souligner ce sont les bénéfices et dividendes enregistrés, ces
dernières années.
Depuis 2005,
· Plus de 12 milliards pour RENAULT et plus de 2 milliards pour PSA concernant
les bénéfices.
· Près de 3,5 milliards chez RENAULT et près de 1,5 milliard chez PSA
concernant les dividendes.
· (Renault dispose d’une trésorerie de 11,4 milliards d’euros et PSA de 9,5
milliards d’euros de disponibilité.)
Au-delà de PSA et RENAULT, il y a un enjeu pour toute la filière automobile.
Nous attendons de l’Etat qu’il annonce demain le gel de toutes les restructurations
dans la filière et qu’il organise rapidement une réunion pour faire un état des lieux de
la filière. Pas à la sauce de l’ancien gouvernement et les états généraux de l’automobile
qui n’ont fait la part belle qu’aux propositions patronales sans réelle contrepartie, ni
contraintes, comme ce fut malheureusement le cas MOLEX de la part du ministre
ESTROSI.
Faire également un bilan des fonds publics versés aux entreprises tant au niveau
régional qu’au niveau national par le prisme du crédit impôt/recherche, du recours au
chômage partiel, les pôles de compétitivité etc.
Faire état du taux de crédit pratiqué par le FSI ou le FMEA vis-à-vis des petits soustraitants
et favoriser l’aide financière aux PME et PMI de la filière.
Nombre d’entre vous ont évoqué les passes d’armes entre le ministre du redressement
productif et le PDG voire la famille PEUGEOT. Pour autant et cela s’est confirmé hier à
Matignon, le gouvernement n’a toujours pas remis en cause ni la fermeture
d’AULNAY, ni les suppressions d’emplois.
4
Ce soir, nous rencontrerons l’expert désigné par Mr MONTEBOURG. Il avait 15 jours
pour vérifier la réalité des comptes de PSA. Nous attendons plus, beaucoup plus.
La CGT a fait des propositions, j’en ai évoqué quelques unes notamment autour de la
question des salaires.
- La fabrication de 2 modèles par site afin de lisser les productions et de gérer les
fins de vie des modèles.
- L’idée d’un livret épargne automobile qui permettrait d’emprunter à taux zéro
notamment pour les plus jeunes.
- La mise en oeuvre d’accord de pénibilité pour favoriser le départ des anciens et
l’embauche de jeunes.
Dès demain au CCE, nous voterons une expertise avec, nous l’espérons, l’ensemble des
organisations syndicales, pour travailler des alternatives au plan VARIN. Nous
souhaitons que les experts du CCE soient entendus par le gouvernement.
Nous l’avons dit, la direction a choisi cette période de congés et de ramadan pour
annoncer les mauvaises nouvelles. Elle compte là-dessus pour éviter des réactions et
commencer déjà à enclencher des mutations, des reclassements en dehors de toute
légalité.
Nous entendons bien amplifier la réaction du personnel. La CGT prendra ces
responsabilités. Réunion des syndicats CGT PSA fin aout sur des modalités d’actions
Journée d’action le 9 octobre sur l’industrie et ses emplois.
Nous sommes à présent prêts à répondre à vos questions de toutes sortes.
Montreuil le 24 juillet 2012

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 24 Juillet 2012

aulnay-citroen.jpgVARIN ET AYRAULT UNE RENCONTRE APAISEE !

 

Terminé les gros mots : mensonge, délocalisateurs, inacceptable etc. Varin et Ayrault, comme de braves citoyens français, ont échangé des paroles convenables lors de leur entretien, hier, à Matignon.

De Montebourg n’a plus qu’à manger son chapeau.

Ils se sont vu et tout baigne.

Le premier ministre aurait rappelé l’attente d’engagements forts et l’attachement du Gouvernement aux éléments suivants :

-la limitation de l’impact sur l’emploi

-l’accompagnement de chaque salarié jusqu’à l’obtention d’un emploi

-le maintien d’une activité industrielle sur le site d’Aulnay-sous-Bois

-la mise ne place par PSA Peugeot Citröen d’un plan de revitalisation sur le bassin d’emploi rennais

-l’accompagnement de sous-traitants et prestataires de ces deux sites.

Le responsable de PSA Philippe Varin aurait réitéré à Matignon son engagement qu'il n'y aurait pas de licenciement sec.  Il a précisé  avoir réaffirmé son «attachement à un dialogue social exemplaire» au sein de PSA.

Que de belles envolées oratoires !

Que diront les 8000 salariés qui seront viré de leurs usines ou de leurs services ?

Que diront les dizaines de milliers de salariés sous-traitants ?

Du déjà vu…

On sait ce qui nous attend…

On est la variable d’ajustement…

On ira de stage en stage…

On retrouvera pas notre salaire…

Comment je vais faire pour payer mes crédits et ma maison…

Pourquoi partir pour me retrouver à nouveau avec un plan social ailleurs…

Cela rappelle les grandes périodes de casse de notre industrie où gouvernements et patronat assuraient les travailleurs et les organisations syndicales qu’il n’y aurait personne sur la paille.

Le dernier bonimenteur, Sarkozy, avait fait fort en la matière et il se faisait fort de mettre Mittal à ses pieds.

Evidemment dans un premier temps les mutations pleuvent, les hommes et les femmes licenciés prennent leurs baluchons et s’en vont errer ailleurs, les enfants sont les premières victimes de ce tohu-bohu : qu’importe … les crâne d’obus du patronat et ceux qui pantouflent dans les cabinets ministériels sauront expliqués, comme d’habitude, que tout va bien dans les meilleurs des monde et qu’il faut se bouger dans l’économie mondialisée.

Il n’y aura pas de licenciements secs nous dit le PDG de Peugeot : cette ritournelle nous l’avons entendu partout et y compris à Gandrange, à Continental etc : tout le monde sera reclassé comme aussi les filles de Moulinex et d’ailleurs ;  allons-donc !.

Où sont les belles promesses de ne plus voir ces hommes et ce femmes malmenées par les stratégies des marchés et de ces visites comme celle de  Hollande assurant l’avenir de telle ou telle entreprise menacée  ( j’ai en mémoire Still Saxby à Montataire où sa présence confortait les productions de chariots élévateurs dans cette usine) aujourd’hui cette usine verra ses productions partir à l’étranger.

Drôle de façon d’envisager la croissance quand on laisse partir des productions françaises incomparables !

Dans un précédent papier, j’avais dit à quel point cela pourrait ressembler à ce que nous avions connu dans les années 75/90 concernant la sidérurgie, la navale, la machine outils où des milliers d’emplois ont disparu sous le stratagème de reconversion, de stage bidon, de préretraites etc.

Eh bien, ce que je viens de lire dans les dépêches ressemblent comme des frères jumeaux ou des sœurs jumelles à ces mesures prises par les gouvernements de droite comme de gauche à cette époque.

Après cela, le Premier ministre, peut toujours rappeler son attachement à la nécessité d’une stratégie industrielle ambitieuse pour l’industrie automobile et de reconquêtes industrielles pour notre pays quand on laisse détruire une usine comme celle d’Aulnay pour une hypothétique reconversion industrielle du site.

La fermeture d’Aulnay et de ses capacités de production est plus qu’un accroc, cela va totalement à l’encontre de cette volonté pourtant affiché de reconquête industrielle.

Hier, le journal l’Humanité publié les vraies raisons de la situation faite à PSA et surtout à ses salariés : la production faite en France par PSA est passée de 61,6 % en 2003 à 40,8 % en 2012 et en même temps la production chutait à Aulnay de 299600 véhicules construits en 2006 à 135800 en 2011 : chercher l’erreur ? Où surtout chercher où ces productions sont parties et vous verrez que le constructeur Peugeot fabrique de plus en plus de voitures dans des pays où la main d’œuvre est moins payée qu’en France.

Alors que valent les discours d’attachement fort au dialogue social du gouvernement dans ces conditions et ceux hypocrites de Varin à un dialogue social exemplaire.

Le but de l’opération Citröen est bien de liquider des emplois et installations industrielles en France pour relever son taux de profit en les fabricant là où on paye les travailleurs à coup de fronde.

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Hollande va t'il imiter Jospin ? On y peut rien !

 

Le gouvernement socialiste butte toujours sur le même problème : le refus de s’attaquer à la sacro-sainte loi du profit et après les discours péremptoires viennent tout de suite les habituels accompagnements  de crise qui caractérisent  toujours la sociale-démocratie embourgeoisée et engluée dans le libéralisme qu’elle ne veut pas combattre.

Bernard LAMIRAND

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Publié le 24 Juillet 2012

L4AFFICHE-ROUGE.jpgCHAQUE JOUR, PENDANT L'ETE, JE METS EN LIGNE UN TEXTE OU UNE BIOGRAPHIE D'UN GRAND PENSEUR, D'UN GRAND ECRIVAIN, HISTORIEN OU  D'UN HOMME POLITIQUE OU ENCORE SYNDICALISTE.

DANS CETTE PERIODE PROPICE A LA REFLEXION DE CHACUN, CELA PEUT NOUS PERMETTRE DE VOIR DE OU L'ON VIENT POUR SE TRACER UN NOUVEL HORIZON VERS LE PROGRES DES HOMMES DANS TOUS CES DOMAINES OU CES GRANDS PENSEURS ONT PRIS LE REEL POUR TRACER DES PERSPECTIVES NOUVELLES.

 

L'Affiche Rouge de Louis Aragon : 

Vous n'avez réclamé la gloire, ni les larmes,
 Ni l'orgue, ni la prière aux agonisants.
Onze ans déjà ! Que cela passe vite onze ans...
Vous vous étiez servis simplement de vos armes :
 La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans.
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes,
 Noirs de barbe et de nuit, hirsutes, menaçants.
L'affiche qui semblait une tache de sang,
 Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles,
 Y cherchait un effet de peur sur les passants.
Nul ne semblait vous voir Français de préférence,
 Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant,
 Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
 Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE.
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre,
 A la fin février pour vos derniers moments,
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement :
 Bonheur à tous,
 Bonheur à ceux qui vont survivre !
  Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand...
  Adieu la peine et le plaisir.
  Adieu les roses, Adieu la vie, adieu la lumière et le vent !

  Marie-toi, sois heureuse, et pense à moi souvent,
  Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses,
  Quand tout sera fini plus tard en Erivan.
  Un grand soleil d'hiver éclaire la colline :
  Que la nature est belle et que le cœur me fend !
  La justice viendra sur nos pas triomphants...

  Ma Mélinée, ô mon amour, mon orpheline !

  Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant...

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
 Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
  Vingt et trois étrangers, et nos frères pourtant
  Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
  Vingt et trois qui criaient "LA FRANCE !" en s'abattant...

..

 

MANOUCHAIN.jpgLE GROUPE MANOUCHIAN :
.

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 23 Juillet 2012

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Henri Krasucki FTP-MOI 1924-2003

 

CHAQUE JOUR, PENDANT L'ETE, JE METS EN LIGNE UN TEXTE OU UNE BIOGRAPHIE D'UN GRAND PENSEUR, D'UN GRAND ECRIVAIN, HISTORIEN OU  D'UN HOMME POLITIQUE OU ENCORE SYNDICALISTE.

DANS CETTE PERIODE PROPICE A LA REFLEXION DE CHACUN, CELA PEUT NOUS PERMETTRE DE VOIR DE OU L'ON VIENT POUR SE TRACER UN NOUVEL HORIZON VERS LE PROGRES DES HOMMES DANS TOUS CES DOMAINES OU CES GRANDS PENSEURS ONT PRIS LE REEL POUR TRACER DES PERSPECTIVES NOUVELLES.

Décédé en janvier 2003, membre de la section juive de la MOI* (Francs-Tireurs et Partisans) pendant la guerre, déporté à Auschwitz et Buchenwald, Henri Krasucki est né en 1924 en Pologne, à Wolomin, petite ville située près de Varsovie. Le milieu familial, communiste et de langue yiddish, dans lequel il grandit a favorisé un engagement politique précoce.

Son père Isaac Krasucki s'installe à Paris en 1926 fuyant le régime antisémite et anticommuniste du général Pilsudski. Henri et sa mère Léa Borsczewski le rejoignent en 1928. A Paris Isaac Krasucki milite à la CGTU* du textile et devient un des leaders syndicaux des travailleurs immigrés juifs de la confection. Sous l'Occupation il poursuit ses activités militantes comme responsable de la commission intersyndicale juive et se charge en particulier de l'organisation d'actes de sabotage. Arrêté par la police le 20 janvier 1943, il est interné à Drancy puis déporté le 9 février 1943 à Birkenau, gazé le 13 février à son arrivée. La mère d'Henri Krasucki, Léa, participe également pendant la guerre à des activités clandestines comme agent de liaison d'un dirigeant de la MOI*, Kowalski. Arrêtée en mars 1943, elle est déportée. Léa meurt à Paris en 1983.

Avant 1939 Henri suit sa scolarité à l'école primaire de Belleville puis au lycée Voltaire dans le 11° arrondissement, où il se révèle être un très bon élève, travailleur. Il interrompt pourtant sa scolarité dès 1939 pour chercher du travail, ses parents ne pouvant financer la poursuite de ses études.

La signature du pacte germano-soviétique* jette nombre de militants communistes dans la clandestinité bien avant l'Occupation. Responsable des Jeunesses communistes dans le 20° arrondissement, Henri est nommé en 1942, par Adam Rayski, à la direction parisienne des organisations de jeunes de la section juive de la MOI.

Henri Krasucki participe alors à des actions clandestines très diverses, couvrant autant des activités de contre-propagande que des actions armées : distribution de tracts et de journaux appelant à la Résistance, actes divers contre l'occupant, grenadage de dépôts et de wagons allemands, de camions de militaires allemands, fabrication de faux papiers, recrutement, etc. Filé depuis le mois de février 1943 par la Brigade Spéciale de la police française, Henri Krasucki est arrêté le 23 mars en sortant de chez lui, puis emmené dans les locaux de la BS à la Préfecture de police de Paris. Torturé et battu, parfois en présence de sa mère, Henri Krasucki ne parle pas et ne livre personne. Après trois semaines aux mains de la police française, il est interné à Fresnes dans le quartier des condamnés à mort ; interné à Drancy, il est déporté le 22 juin 1943 à Auschwitz puis à Buchenwald.

De retour de déportation, Henri Krasucki passe son CAP d'ajusteur, acquiert la nationalité française en 1947 et devient responsable de la Confédération Générale du Travail, dont il dirige l'organe " La Vie ouvrière " à partir de 1964. En 1982 il succède à Georges Séguy à la tête de la CGT. Une place du 20e arrondissement de Paris porte son nom depuis octobre 2005.

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 22 Juillet 2012

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L'homme aux quarante écus.

 

CHAQUE JOUR, PENDANT L'ETE, JE METS EN LIGNE UN TEXTE D'UN GRAND PENSEUR, D'UN GRAND ECRIVAIN, HISTORIEN OU  D'UN HOMME POLITIQUE OU ENCORE SYNDICALISTE.

DANS CETTE PERIODE PROPICE A LA REFLEXION DE CHACUN, CELA PEUT NOUS PERMETTRE DE VOIR DE OU L'ON VIENT POUR SE TRACER UN NOUVEL HORIZON VERS LE PROGRES DES HOMMES DANS TOUS CES DOMAINES OU CES GRANDS PENSEURS ONT PRIS LE REEL POUR TRACER DES PERSPECTIVES NOUVELLES.


BERNARD LAMIRAND

 

VOLTAIRE - L'homme aux quarante écus -

VOICI UN TEXTE DE VOLTAIRE AUQUEL CHACUN POURRA SAISIR TOUTE LA MALFAISANCE ET LA CUPIDITE DU CAPTITAL,DE SES BANQUIERS ET FINANCIERS AINSI QUE CEUX QUI ACTUELLEMENT POUSSENT DES CRIS D’ORFRAIE PARCE QUE LES SOCIALISTES LEUR PRENNENT UNE PINCEE DE LEUR LARCIN


L'HOMME AUX QUARANTE ÉCUS

Un vieillard, qui toujours plaint le présent et vante le passé, me disait : " Mon ami, la France n'est pas aussi riche qu'elle l'a été sous Henri IV. Pourquoi? C'est que les terres ne sont pas si bien cultivées; c'est que les hommes manquent à la terre, et que le journalier ayant enchéri son travail, plusieurs colons laissent leurs héritages en friche.

- D'où vient cette disette de manœuvres?

- De ce que quiconque s'est senti un peu d'industrie a embrassé les métiers de brodeur, de ciseleur, d'horloger, d'ouvrier en soie, de procureur, ou de théologien. C'est que la révocation de l'édit de Nantes a laissé un très grand vide dans le royaume; que les religieuses et les mendiants se sont multipliés, et qu'enfin chacun a fui, autant qu'il a pu, le travail pénible de la culture, pour laquelle Dieu nous a fait naître, et que nous avons rendue ignominieuse, tant nous sommes sensés!

" Une autre cause de notre pauvreté est dans nos besoins nouveaux. Il faut payer à nos voisins quatre millions d'un article, et cinq ou six d'un autre, pour mettre dans notre nez une poudre puante venue de l'Amérique; le café, le thé, le chocolat, la cochenille, l'indigo, les épiceries, nous coûtent plus de soixante millions par an. Tout cela était inconnu du temps de Henri IV, aux épiceries près, dont la consommation était bien moins grande. Nous brûlons cent fois plus de bougie, et nous tirons plus de la moitié de notre cire de l'étranger, parce que nous négligeons les ruches. Nous voyons cent fois plus de diamants aux oreilles, au cou, aux mains de nos citoyennes de Paris et de nos grandes villes qu'il n'y en avait chez toutes les dames de la cour de Henri IV, en comptant la reine. Il a fallu payer presque toutes ces superfluités argent comptant.

<< Observez surtout que nous payons plus de quinze millions de rentes sur l'Hôtel de Ville aux étrangers, et que Henri IV, à son avènement, en ayant trouvé pour deux millions en tout sur cet hôtel imaginaire, en remboursa sagement une partie pour délivrer l'Etat de ce fardeau.

<< Considérez que nos guerres civiles avaient fait verser en France les trésors du Mexique, lorsque don Phelippo el discreto voulait acheter la France, et que depuis ce temps-là les guerres étrangères nous ont débarrassés de la moitié de notre argent.

" Voilà en partie les causes de notre pauvreté. Nous la cachons sous des lambris vernis, et par l'artifice des marchandes de modes : nous sommes pauvres avec goût. Il y a des financiers, des entrepreneurs, des négociants très riches; leurs enfants, leurs gendres, sont très riches; en général la nation ne l'est pas. "

Le raisonnement de ce vieillard, bon ou mauvais, fit sur moi une impression profonde car le curé de ma paroisse, qui a toujours eu de l'amitié pour moi, m'a enseigné un peu de géométrie et d'histoire, et je commence à réfléchir, ce qui est très rare dans ma province. Je ne sais s'il avait raison en tout; mais, étant fort pauvre, je n'eus pas grand peine à croire que j'avais beaucoup de compagnons.

Madame de Maintenon, qui en tout genre était une femme fort entendue, excepté dans celui sur lequel elle consultait le trigaud et processif abbé Gobelin, son confesseur; Madame de Maintenon, dis-je, dans une de ses lettres, fait le compte du ménage de son frère et de sa femme, en 1680. Le mari et la femme avaient à payer le loyer d'une maison agréable; leurs domestiques étaient au nombre de dix; ils avaient quatre chevaux et deux cochers, un bon dîner tous les jours. Madame de Maintenon évalue le tout à neuf mille francs par an, et met trois mille livres pour le jeu, les spectacles, les fantaisies, et les magnificences de monsieur et de madame.

Il faudrait à présent environ quarante mille livres pour mener une telle vie dans Paris; il n'en eût fallu que six mille du temps de Henri IV. Cet exemple prouve assez que le vieux bonhomme ne radote pas absolument

DÉSASTRE DE L'HOMME AUX QUARANTE ÉCUS

Je suis bien aise d'apprendre à l'univers que j'ai une terre qui me vaudrait net quarante écus de rente, n'était la taxe à laquelle elle est imposée.

Il parut plusieurs édits de quelques personnes qui, se trouvant de loisir, gouvernent l'Etat au coin de leur feu. Le préambule de ces édits était que la puissance législatrice et exécutrice est née de droit divin copropriétaire de ma terre, et que je lui dois au moins la moitié de ce que je mange. L'énormité de l'estomac de la puissance législatrice et exécutrice me fit faire un grand signe de croix. Que serait-ce si cette puissance, qui préside à l'ordre essentiel des sociétés, avait ma terre en entier! L'un est encore plus divin que l'autre.

Monsieur le contrôleur général sait que je ne payais en tout que douze livres; que c'était un fardeau très pesant pour moi, et que j'y aurais succombé si Dieu ne m'avait donné le génie de faire des paniers d'osier, qui m'aidaient à supporter ma misère. Comment donc pourrai-je tout d'un coup donner au roi vingt écus?

Les nouveaux ministres disaient encore dans leur préambule qu'on ne doit taxer que les terres, parce que tout vient de la terre, jusqu'à la pluie, et que par conséquent il n'y a que les fruits de la terre qui doivent l'impôt.

Un de leurs huissiers vint chez moi dans la dernière guerre; il me demanda pour ma quote-part trois setiers de blé et un sac de fèves, le tout valant vingt écus, pour soutenir la guerre qu'on faisait, et dont je n'ai jamais su la raison, ayant seulement entendu dire que, dans cette guerre, il n'y avait rien à gagner du tout pour mon pays, et beaucoup à perdre. Comme je n'avais alors ni blé, ni fèves, ni argent, la puissance législatrice et exécutrice me fit traîner en prison, et on fit la guerre comme on put.

En sortant de mon cachot, n'ayant que la peau sur les os, je rencontrai un homme joufflu et vermeil dans un carrosse à six chevaux; il avait six laquais, et donnait à chacun d'eux pour gages le double de mon revenu. Son maître d'hôtel, aussi vermeil que lui, avait deux mille francs d'appointements, et lui en volait par an vingt mille. Sa maîtresse lui coûtait quarante mille écus en six mois; je l'avais connu autrefois dans le temps qu'il était moins riche que moi: il m'avoua, pour me consoler, qu'il jouissait de quatre cent mille livres de rente. "Vous en payez donc deux cent mille à l'Etat, lui dis-je, pour soutenir la guerre avantageuse que nous avons; car moi, qui n'ai juste que mes cent vingt livres, il faut que j'en paye la moitié.

- Moi, dit-il, que je contribue aux besoins de l'Etat! Vous voulez rire, mon ami; j'ai hérité d'un oncle qui avait gagné huit millions à Cadix et à Surate; je n'ai pas un pouce de terre, tout mon bien est en contrats, en billets sur la place: je ne dois rien à l'Etat; c'est à vous de donner la moitié de votre subsistance, vous qui êtes un seigneur terrien. Ne voyez-vous pas que, si le ministre des finances exigeait de moi quelques secours pour la patrie, il serait un imbécile qui ne saurait pas calculer? Car tout vient de la terre; l'argent et les billets ne sont que des gages d'échange: au lieu de mettre sur une carte au pharaon cent setiers de blé, cent bœufs, mille moutons, et deux cents sacs d'avoine, je joue des rouleaux d'or qui représentent ces denrées dégoûtantes. Si, après avoir mis l'impôt unique sur ces denrées, on venait encore me demander de l'argent, ne voyez-vous pas que ce serait un double emploi? que ce serait demander deux fois la même chose? Mon onde vendit à Cadis pour deux millions de votre blé, et pour deux millions d'étoffes fabriquées avec votre laine il gagna plus de cent pour cent dans ces deux affaires. Vous concevez bien que ce profit fut fait sur des terres déjà taxées : ce que mon oncle achetait dix sous de vous, il le revendait plus de cinquante francs au Mexique; et, tous frais faits, il est revenu avec huit millions.

" Vous sentez bien qu'il serait d'une horrible injustice de lui redemander quelques oboles sur les dix sous qu'il vous donna. Si vingt neveux comme moi, dont les oncles auraient gagné dans le bon temps chacun huit millions au Mexique, à Buenos-Ayres, à Lima, à Surate ou à Pondichéry, prêtaient seulement à l'Etat chacun deux cent mille francs dans les besoins urgents de la patrie cela produirait quatre millions : quelle horreur! Payez mon ami, vous qui jouissez en paix d'un revenu clair et net de quarante écus; servez bien la patrie, et venez quelquefois dîner avec ma livrée.>>

Ce discours plausible me fit beaucoup réfléchir, et ne me consola guère.

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 21 Juillet 2012

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COMPETITIVITE - EMPLOI OU L’ESCLAVAGE MODERNE (Par Bernard Lamirand)

Peut-on d’ailleurs utiliser ce mot (moderne) pour parler de cette servitude que les travailleurs vivent chaque jour dans les entreprises qu’elles soient grandes ou petites ( notamment là où il n’y a pas de syndicat).

Les lieux de production ont beau sentir le parfum des fleurs  aux abords de l’usine ou le jardin de plantes grasses à l’intérieur ou encore  d’avoir des machines à café - toutes choses qui n’existaient pas au début du capitalisme industriel où l’on disait volontiers que les lieux de travail ressemblaient aux descriptions faites par Zola - n’en demeurent pas moins que l’exploitation des travailleurs et les cadences de travail sont de plus en plus inhumaines.

l’homme souffre dans sa dignité et on veut lui imposer silence au nom de la compétitivité et de la concurrence.

Il faut alors parler d’esclavage.

Un esclavage où l’on est entravé par une corde invisible : celle de l’argent roi.

Ce sont tous ces travailleurs obligés de vendre leur force de travail dans les conditions d’aujourd’hui du système capitaliste, c'est-à-dire sous la pression non pas de la pointeuse mais celle de la performance à réaliser à tout prix, y compris par le violence psychique.

Ils sont devenus, dit-on, dans ces milieux productivistes, des variables d’ajustement.

Ils sont un coût chez ces économistes, chiens de garde du système, qui utilisent le fouet de la concurrence et du chantage à l’emploi.

Ils coûtent toujours trop cher par rapport à d’autres.

Marx expliquait très bien cette frénésie du capital à faire en sorte que règne l’infernal cadence.

Dans les temps plus anciens, ils  devaient se donner gratuitement au seigneur, moyennant quelques restes que mêmes les chiens du maître n’en voulaient pas.

Ils étaient dénommés les serfs.

Un coût.

Voilà la belle excuse pour les ramener à quelques restes du festin capitaliste et à abandonner leurs droits sociaux.

On leur dispute le temps de leur travail : il faut qu’ils soient à la disposition du capital : flexibles et compétitifs nous dit Madame Parisot.

Flexible leur emploi, flexible leur temps de travail, flexible leur salaire, et demain leur retraite jusqu’à maintenant encore assurée, malgré le travail de sape de la droite, par cette conquête sociale qu’est la Sécurité sociale et dont nous allons fêter le 70 ème anniversaire en 2015 ( Croizat revient).

Ainsi, à Sévelnord, usine automobile de Peugeot dans le Nord Valenciennois, la direction veut mettre en place ce qu’elle appelle un accord portant sur « l’amélioration de la performance de Sévelnord ».

Nous y trouvons tous les ingrédients de ce nouveau servage : prêts de main d’œuvre comme un outil de flexibilité et en cas de production journalière non atteinte, rattrapage collectif le jour même et sans versement d’une prime de prévenance tardive.

Adieu l’horaire de travail et la durée légale du travail et des heures supplémentaires !

Et la direction a des ses mots remplis de morgue pour ponctionner les salaires : « la direction annonce un gel des salaires de l’ensemble du personnel de SEVELNORD (ouvriers, ETAM et cadres) pour les années 2013 et 2014.

« Ne vous plaignez pas, tout compte fait, je suis équitable, vous êtes tous mis à la diète » pouvons-nous conclure de cette fureur d’ajustements frénétiques du profit.

Ludovic Bouvier, de la CGT, résumait très bien la démarche de Sévelnord : «  on est un laboratoire de ce que veut faire le patronat, exactement dans la veine des anciens accords compétitivité emploi, l’Uimm lorgne de près sur ce qui se passe à Sévelnord ».

Oui, ces gens là testent le nouveau gouvernement, va-t-il laisser faire le patronat dans sa démarche de décréter à la direction de l’entreprise, et d’avoir sous la menace du patron, des travailleurs acceptant de courber l’échine comme dans les premiers temps de l’ère industrielle où les maitres des forges décidaient du travail mais aussi de la vie des travailleurs et de leur famille ?

Peugeot et sa filiale Sévelnord sont donc un terrain de mise en pratique de ce que le Medef voulait faire avec les accords compétitivité emploi que préconisait aussi Sarkozy: s’assurer d’une main d’œuvre docile et malléable pour tirer les meilleurs dividendes pour les actionnaires.

Le but de l’opération est bien de mettre en place partout ce genre de servage des travailleurs dans chaque entreprise qu’elle soit grande ou petite avec des salariés disponibles nuit et jour pour vendre leur force de travail au moment le plus approprié pour dégager les profits les plus élevés avec le prix de la force de travail le plus bas (coût du travail disent les profiteurs).

C’est bien ce qui se passe déjà dans le commerce où l’on peut voir les salariés-es attendre le coup de sifflet patronal ( le téléphone portable) pour prendre leur véhicule et se rendre immédiatement à leur caisse ou dans les rayonnages et travailler, pour une bouchée de pain, le temps nécessaire à la réalisation du profit.

Là, avec Sévelnord, l’exploitation de l’homme par l’homme prend une autre dimension, celle de la mise en concurrence des travailleurs d’une même usine, d’un même groupe, d’un groupe ou de groupes à l’échelle nationale et internationale.

N’avons-nous pas vu imposer à des travailleurs de partir dans d’autres usines du groupe concerné moyennant des salaires se réduisant à plus de la moitié de ce qu’ils avaient dans leur propre pays et ne voyons nous pas chaque jour le patronat mettre en évidence le salaire de l’ouvrier roumain par exemple avec celui du français, ne voyons nous pas mettre aussi les coûts de main d’œuvre en concurrence entre la France et l’Allemagne afin d’obtenir la baisse salariale escomptée en France.

Nous avons affaire à la plus sérieuse attaque des droits sociaux depuis la libération.

Le gouvernement vient de refuser de mettre en place ce que réclamait le Medef et ce que s’apprêtait à faire Nicolas Sarkozy : la mise en place d’accords emploi-compétitivité. Ce refus va être contourné par le dispositif qu’essaye de propulser dans des entreprises phares le Medef, l’UIMM et les grands groupes de la métallurgie. Il faut donc que le gouvernement y met immédiatement fin en décrétant l’interdiction des accords de flexsécurité notamment à Sévelnord et aussi ailleurs où il suffirait d’un chantage à l’emploi et à la fermeture de services ou en totalité d’entreprises pour obtenir des salariés qu’ils reviennent à l’âge de pierre du capital :  des salariés pieds et poings et têtes liés à la stratégie patronale.

Oui, il faudra ne pas compter seulement sur les bonnes paroles d’un gouvernement qui crie fort mais pour ensuite composer avec le capital des petits arrangements : il faudra des luttes fortes et unies sur ces questions et il est vraiment dommage de voir à nouveau la CFDT être la courroie de transmission entre le pouvoir et le capital en indiquant comme l’a fait son secrétaire général François Chérèque, cité par Philippe Martinez secrétaire général de la CGT-Métallurgie, qui met en avant l’argument des surcapacités pour justifier la fermeture d’Aulnay.

La grande action du 9 octobre de la nouvelle Fédération syndicale de l’industrie à laquelle appartient la FTM CGT mais aussi la CFDT, FO doit être le moyen de dépasser ces accompagnements sociaux et industriels où l’on accepte les conditions patronales de rentabilité et de profits pour un plat de lentilles.

Il faut en finir avec ces plans dit sociaux qui ne sont que la voiture balai patronal en direction du monde du travail.

J’ai connu cela avec la sidérurgie en 1979 ET EN 1984, où la CFDT,FO, CGC, CFTC ont accepté la fermeture de la quasi-totalité des sites sidérurgiques de Lorraine et du Nord et qui consistait à vider les usines par des départs en préretraites à 50 ans sans prévoir l’arrivée de jeunes sidérurgistes pour les remplacer : le but était de vider les travailleurs pour fermer les usines.

Quand on voit ce qu’est devenue l’industrie sidérurgique dans ces régions, de ce que disaient ces signataires de la convention sociale : « avec cette accompagnement on sauve l’acier français », on peut fortement douter qu’à nouveau ces stratégies de réduction des coûts entrainent la prospérité.

 

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 21 Juillet 2012

CHAQUE JOUR, PENDANT L'ETE, JE MET EN LIGNE UN TEXTE D'UN GRAND PENSEUR, D'UN GRAND ECRIVAIN, HISTORIEN OU  D'UN HOMME POLITIQUE OU ENCORE SYNDICALISTE.

DANS CETTE PERIODE PROPICE A LA REFLEXION DE CHACUN, CELA PEUT NOUS PERMETTRE DE VOIR DE OU L'ON VIENT POUR SE TRACER UN NOUVEL HORIZON VERS LE PROGRES DES HOMMES DANS TOUS CES DOMAINES OU CES GRANDS PENSEURS ONT PRIS LE REEL POUR TRACER DES PERSPECTIVES NOUVELLES.


BERNARD LAMIRAND

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Discours sur le colonialisme Aimé Césaire

 

Extraits


Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.

Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte.

Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.

Le fait est que la civilisation dite « européenne », la civilisation « occidentale », telle que l’ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, est incapable de résoudre les problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance : le problème du prolétariat et le problème colonial ; que, déférée à la barre de la « raison » comme à la barre de la « conscience », cette Europe-là est impuissante à se justifier ; et que, de plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins chance de tromper.

L’Europe est indéfendable.

Il paraît que c’est la constatation que se confient tous bas les stratèges américains.

En soi cela n’est pas grave.

Le grave est que « l’Europe » est moralement, spirituellement indéfendable.

Et aujourd’hui il se trouve que ce ne sont pas seulement les masses européennes qui incriminent , mais que l’acte d’accusation est proféré sur le plan mondial par des dizaines et des dizaines de millions d’hommes qui, du fond de l’esclavage, s’érigent en juges.

On peut tuer en Indochine, torturer à Madagascar, emprisonner en Afrique Noire, sévir aux Antilles. Les colonisés savent désormais qu’ils ont sur les colonialistes un avantage. Ils savent que leurs « maîtres » provisoires mentent.

Donc que leurs maîtres sont faibles.

Et puisqu’aujourd’hui il m’est demandé de parler de la colonisation et de la civilisation, allons droit au mensonge principal à partir duquel prolifèrent tous les autres.

Colonisation et civilisation ?

La malédiction la plus commune en cette matière est d’être la dupe de bonne foi d’une hypocrisie collective, habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les odieuses solutions qu’on leur apporte.

Cela revient à dire que l’essentiel est ici de voir clair, de penser clair, entendre dangereusement, de répondre clair à l’innocente question initiale : qu’est-ce qu’en son principe que la colonisation ? De convenir de ce qu’elle n’est point ; ni évangélisation, ni entreprise philanthropique, ni volonté de reculer les frontières de l’ignorance, de la maladie, de la tyrannie, ni élargissement de Dieu, ni extension duDroit ; d’admettre une fois pour toutes, sans volonté de broncher aux conséquences, que le geste décisif est ici de l’aventurier et du pirate, de l’épicier en grand et de l’armateur, du chercheur d’or et du marchand, de l’appétit et de la force, avec, derrière, l’ombre portée, maléfique, d’une forme de civilisation qui, à un moment de son histoire, se constate obligée, de façon interne, d’étendre à l’échelle mondiale la concurrence de ses économies antagonistes.

Poursuivant mon analyse, je trouve que l’hypocrisie est de date récente ; que ni Cortez découvrant Mexico du haut du grand téocalli, ni Pizarre devant Cuzco (encore moins Marco Polo devant Cambaluc, ne protestent d’être les fourriers d’un ordre supérieur ; qu’ils tuent ; qu’ils pillent ; qu’ils ont des casques, des lances, des cupidités ; que les baveurs sont venus plus tards ; que le grand responsable dans ce domaine est le pédantisme chrétien, pour avoir posé les équations malhonnêtes :christianisme = civilisation ; paganisme = sauvagerie, d’où ne pouvaient que s’ensuivre d’abominables conséquences colonialistes et racistes, dont les victimes devaient être les Indiens, les Jaunes, les Nègres.

Cela réglé, j’admets que les civilisations différentes en contact les unes avec les autres est bien ; que marier des mondes différents est excellent ; qu’une civilisation, quel que soit son génie intime , à se replier sur elle-même, s’étiole ; que l’échange est ici l’oxygène, et que la grande chance de l’Europe est d’avoir été un carrefour, et que, d’avoir été le lieu géométrique de toutes les idées, le réceptacle de toutes les philosophies, le lieu d’accueil de tous les sentiments en a fait le meilleur redistributeur d’énergie.

Mais alors je pose la question suivante : la colonisation a-t-elle vraiment mis en contact  ? Ou, si l’on préfère, de toutes les manières d’établir contact, était-elle la meilleure ?

Je réponds non.

Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir une seule valeur humaine.

Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au VietNam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de 1’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.

Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.

On s’étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’oeil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il est sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est que l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.

Et c’est là le grand reproche que j’adresse au pseudo-humanisme : d’avoir trop longtemps rapetissé les droits de l’homme, d’en avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste.

[…]

J’ai relevé dans l’histoire des expéditions coloniales quelques traits que j’ai cités ailleurs tout à loisir.

Cela n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde. Il paraît que c’est tirer de vieux squelettes du placard. Voire !

Etait-il inutile de citer le colonel de Montagnac, un des conquérants de l’Algérie :

« Pour chasser les idées qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts, mais bien des têtes d’hommes. »

Convenait-il de refuser la parole au comte d’Herisson :

« Il est vrai que nous rapportons un plein barils d’oreilles récoltées, paire à paire, sur les prisonniers, amis ou ennemis. « 

Fallait-il refuser à Saint-Arnaud le droit de faire sa profession de foi barbare :

« On ravage, on brûle, on pille, on détruit les maisons et les arbres. »

Fallait-il empêcher le maréchal Bugeaud de systématiser tout cela dans une théorie audacieuse et de se revendiquer des grands ancêtres :

« Il faut une grande invasion en Afrique qui ressemble à ce que faisaient les Francs, à ce que faisaient les Goths. »

Fallait-il enfin rejeter dans les ténèbres de l’oubli le fait d’armes mémorable du commandant Gérard et se taire sur la prise d’Ambike, une ville qui, à vrai dire, n’avait jamais songé à se défendre :

« Les tirailleurs n’avaient ordre de tuer que les hommes, mais on ne les retint pas ; enivrés de l’odeur du sang, ils n’épargnèrent pas une femme, pas un enfant... A la fin de l’après-midi, sous l’action de la chaleur, un petit brouillard s’éleva : c’était le sang des cinq mille victimes, l’ombre de la ville, qui s’évaporait au soleil couchant. »

Oui ou non, ces faits sont-ils vrais ? Et les voluptés sadiques, les innommables jouissances qui vous friselisent la carcasse de Loti quand il tient au bout de sa lorgnette d’officier un bon massacre d’Annamites ? Vrai ou pas vrai ? [1] Et si ces faits sont vrais, comme il n’est au pouvoir de personne de le nier, dira-t-on, pour les minimiser, que ces cadavres ne prouvent rien ?

Pour ma part, si j’ai rappelé quelques détails de ces hideuses boucheries, ce n’est point par délectation morose, c’est parce que je pense que ces têtes d’hommes, ces récoltes d’oreilles, ces maisons brûlées. ces invasions gothiques, ce sang qui fume, ces villes qui s’évaporent au tranchant du glaive, on ne s’en débarrassera pas à si bon compte. Ils prouvent que la colonisation, je le répète, déshumanise l’homme même le plus civilisé ; que l’action coloniale, l’entreprise coloniale, la conquête coloniale, fondée sur le mépris de l’homme indigène et justifiée par ce mépris, tend inévitablement à modifier celui qui l’entreprend ; que le colonisateur, qui, pour se donner bonne conscience, s’habitue à voir dans l’autre la bête, s’entraîne à le traiter en bête, tend objectivement à se transformer lui-même en bête. C’est cette action, ce choc en retour de la colonisation qu’il importait de signaler.

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Rédigé par aragon 43

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