BONUS ET LES SALAIRES ALORS !
Publié le 7 Août 2009
SALAIRES PRIX PROFITS
Dans le débat actuel sur les
bonus réalisés par les traders et ce qui se prépare pour les PDG en matière de rémunérations à la fin de l’année, il ne faudrait pas que l’arbre cache la forêt.
Des sommes d’argent considérables sont emprisonnées dans la spéculation financière qui n’a jamais cessé d’être et je me félicite de l’article, ce matin, dans l’humanité, de mon camarade Dimicoli.
Je vais peut-être apparaître comme un (vieux jeu) ; je m’en fous : je me rappelle des réparties de Georges Marchais face à ses contradicteurs quand ceux-ci lui faisaient part de l’impossibilité de satisfaire les revendications des travailleurs et il disait : « de l’argent il y en a ».
Oui, « de l’argent il y en a » et les centaines de milliards distribués aux banquiers baignent les comptes des rentiers au lieu de baigner l’économie réelle et le social.
C’est à cela qu’il faut s’attaquer.
Bien sûr, il faut soulever au rang de l’indignation cet argent distribué « à tout va » à quelques énergumènes de la finance pour bien marquer le caractère inacceptable de ces distributions en pleine crise et surtout pour montrer le pot aux roses des décisions du G20 et du drôle de l’Elysée avec son capitalisme moralisé.
Mais ce qui doit compter, c’est une autre répartition des richesses créées dans ce pays.
L’accent à la rentrée doit être mis sur les salaires et les retraites. De là émergera l’emploi et les investissements nécessaires pour le progrès social.
Dimicoli a raison de mettre en avant l’utilisation de l’argent à d’autres fins que la spéculation, notamment par des fonds gérés démocratiquement et allant aux entreprises qui créent de l’emploi mais il me semble que dans son argumentation il manque le prix de la force de travail.
C’est là-dessus que l’on va battre le capital.
C’est à partir d’une grande bataille autour des salaires et des qualifications que l’on inversera cette marche funèbre de l’abaissement du prix de la force de travail en vigueur dans tous les pays capitaliste depuis plusieurs décennies.
Observons ce qui vient encore de se produire avec les producteurs de fruits ; pour certains, la solution est dans une mise à niveau des salaires des cueilleurs français avec ceux plus faibles des autres pays.
Là est le cercle pourri : ne voir que des solutions qu’à travers l’abaissement du prix de la force de travail dans cette mise en concurrence des salariés.
C’est à cela qu’il faut s’attaquer et en discuter ferme avec les travailleurs.
Actuellement, c’est ce qui fait défaut.
On ne peut en rester, même si cela est une légitime défense, à des batailles dos au mur pour limiter les dégâts des fermetures et des licenciements à travers des plans dit sociaux où l’on brandit comme un trophée la bonne prime de départ obtenu.
Je crains que ces exemples, mis en avant, n’altèrent notre marche vers des batailles offensives tournées autour des salaires et des retraites.
Ce sont des victoires à la Pyrrhus.
Je rêve d’un grand débat communiste à le rentrée sur ce fameux triptyque de Karl Marx sur salaires, prix, profits, trois données actuellement dont les enjeux se trouvent dans nos vies de tous les jours.
Il me semble que la rentrée sociale devrait se faire sur les salaires et les retraites ; j’ai entendu pendant cet été les gens se plaindre de leur niveau de vie, de leurs salaires et retraites réduits par la crise, des prix qui ne cessent d’augmenter sur les produits de grande consommation, l’énergie qui coûte de plus en plus chère et puis ils voient, ils ne sont pas stupides, que les friqués s’en mettent plein les fouilles en se servant iniquement dans les caisses de l’état.
Alors, j’aimerai un PCF qui mobilise dés la rentrée tous ses militants dans une grande bataille pour les salaires et les retraites.
C’est d’ailleurs de cette manière que l’emploi et la croissance repartiront.
Une dernière chose, pourquoi ne pas aller plus loin que des fonds financiers régionaux, au demeurant utiles, et revendiquer la renationalisation des banques comme un outil public à mettre sous le contrôle du peuple.
Bernard LAMIRAND