LA PEUR DU LOUP GAROU
Publié le 5 Septembre 2009
LA PEUR
DU LOUP GAROU
Dans quel monde vivons-nous ?
Le capitalisme, la bourgeoisie, l’exploiteur ont toujours eu besoin de la peur pour dominer les peuples.
Ils ont trouvé l’hôte de l’Elysée pour faire peur au loup-garou.
Cette semaine nous avons été servis.
Sarkozy s’est déplacé de l’Elysée à la place Beauvau, siège de la police sarkosienne, pour remettre sur les rails l’insécurité comme thème majeur de la campagne qui s’ouvre pour les élections régionales.
La ministre de la santé, elle, nous invite à avoir peur d’une grippe qui pourrait faire des ravages dans la population.
Elle prend des mesures et l’on parle même de mettre entre parenthèse le code du travail pendant toute la pandémie.
Les grands parents retraités eux, sont appelés à la rescousse pour remplacer les aides maternelles si les crèches et maternelles sont fermées.
Dans les villes les caméras nous poursuivent tout au long de nos trajets.
Big-Brother s’installe y compris dans la surveillance de nos ordinateurs et de nos conversations.
Les punitions et dénonciations sont à l’ordre du jour.
La « pète-sec » de la justice vérifie et met en place sa justice de classe avec des procureurs à ses ordres. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.
On prépare des charrettes de militants qui osent braver le pouvoir de l’argent.
Des policiers municipaux jouent les sheriffs américains dans des puissantes voitures hurlantes avec de gros gyrophares et les tasers se multiplient.
La crise étant ce qu’elle est -inexorable, même si elle peut encore avoir des périodes de rémissions- la pérennité du système nécessite la peur du gendarme capitaliste.
Rendre de plus en plus le citoyen peureux pour le dominer et lui faire raser les murs.
L’enfermer dans igloo, devant sa télévision, où l’on montre un monde violent, violent pourquoi, l’individu ne le saura jamais.
Il enregistrera qu’il lui faut se prémunir de dangers et que tout ce que font les états, c’est de les protéger contre l’intrus, le voisin, les SDF, l’immigré (anciennement l’étranger), le salarié qui fait grève et qui gêne, le fraudeur de la sécurité sociale etc.
Un monde sans monde puisque l’on lui demande de se calfeutrer face à des dangers à venir.
Le danger à venir, le capitalisme le voit bien, celui où les hommes n’auront plus peur de lui.
Allons prendre à la fête de l’humanité un bon bol d’intrépidité contre ces charlatans de la peur qui infestent notre vie.
La solidarité, la vie ensemble est notre remède contre la peur du loup-garou.
Bernard Lamirand