CROISSANCE PIB : TOUT VA TRES BIEN MADAME LA MARQUISE
Publié le 13 Août 2009
AOUT PERIODE DES MAUVAIS COUPS
La Lagarde,
marquise du capital, vient de se fendre d’un commentaire sur la reprise.
Notre économie irait mieux nous-dit-elle : c’est une surprise, renchérit-elle.
La croissance afficherait une légère reprise due aux exportations et à la consommation.
Histoire aussi de faire oublier les bonus que ses amis des banques sont entrain de constituer comme cadeaux de fin d’année aux traders chargés de traquer toutes les ressources financières qui rapportent.
Quelle reprise ?
Celle-ci n’est pas dans mon porte-monnaie et je ne vois que des prix qui grimpent.
L’exemple des prix du carburant l’atteste : ils ne cessent de grimper depuis 15 jours dans tous les hyper-marchés du coin, le pris de la viande n’a jamais été aussi cher, le poisson à l’étalage devient inabordable, le pain devient un produit coûteux.
Une légère reprise serait due, dit-elle, grâce à la consommation, certes, les soldes d’été ont permis à des foyers modestes d’acheter à moindre prix des articles ce qu’ils ne peuvent se payer en temps ordinaire mais tiens « chiche…si c’est le consommateur qui permet un redémarrage » ; qu’attends alors le gouvernement pour augmenter les salaires et les retraites afin que cette embellie se poursuive et s’intensifie.
Ah, c’est vrai, pris par mon emportement, j’ai omis de dire qu’une telle orientation pour les salaires consisterait à déshabiller Pierre le rentier qui perdrait des dividendes au profit de Paul le pauvre salarié.
Cette satisfaction doucereuse de la princesse des bonus et des rentes ne doit pas nous faire croire que tout va pour le mieux.
Tenez, l’automobile qui permet de meilleures exportations dues à la prime pour la casse a surtout vu les grands groupes réduire les prix en licenciant des dizaines de milliers de travailleurs sous-traitants et en faisant chômés des dizaines de milliers d’autres.
Le prix de la bagnole se fait avec des salariés mis en concurrence et payé à vil salaire dans les pays de l’est. C’est un cercle vicieux.
Et puis, il faut vraiment être cynique en oubliant que la crise, ce n’est pas seulement un PIB (produit intérieur brut) : c’est des millions d’hommes et de femmes au chômage actuellement.
Les feuilles d’impôts tombent en ce moment et l’annonce de la taxe carbone n’est pas faite non plus pour nous rassurer.
Le sieur Woerth de Chantilly s’apprête à faire rentrer de l’argent dans les caisses en s'attaquant aux porte-monnaie de la famille. Le budget qui se prépare aura la couleur des sacrifices pour les travailleurs et du bien-être pour les possédants.
Aout, mois des mauvais coups, en effet, successivement, nous venons d’apprendre les niches fiscales des pauvres qui seront éjectées sans que le trésor dispensé aux riches par le bouclier fiscal soit touché et la dernière saloperie vient de tomber : la remise en cause des majorations d’années de retraites pour les femmes ayant eu des enfants.
Des milliards seront récupérés sur le dos de ces femmes qui ont un mal de chien à compléter leur carrière pour une retraite pleine et entière.
Demain je ferai un article la dessus.
Et puis le travail du dimanche qui se met en route.
Rien ne les arrête pour pomper l’argent disponible y compris le dimanche, jour du seigneur anciennement, même la bourgeoisie renie ses dogmes pour le veau d’or.
Pour les travailleurs, le dimanche est sacré pour d’autres raisons, celles d’une vie avec sa famille, ses amis ou encore pour des activités culturelles et sportives qui ne sont pas possibles si demain le temps de travail aliène la vie ensemble.
Ils sont prêts à tous pour imposer leur marottes du dimanche, ces hyper marchands, et bientôt ils vont installer des chapelles pour que les clients prient tout en faisant leur course. Une proposition : pourquoi ne pas installer des lits de camps pour vendeuses postées nuit et jour, dimanche compris.
Le « travaillez-plus » du drôle prend ainsi la dimension « du travailler pour le roi de Prusse »(1).
Merci PATRON, merci SARKO : avec vous métro-boulot et dodo s’il reste du temps.
Une bonne fessée à la rentrée pour tous les marchands du temple, voilà ce qui pourrait remettre à l’heure les pendules.
Bernard LAMIRAND
(1) Les premiers rois de Prusse n'étaient pas généreux. Le grand Frédéric ne payait à ses soldats leur solde que 30 jours par mois, bénéficiant ainsi de l'argent que représentait la paye du dernier jour, dans les sept mois de l'année qui ont 31 jours. Il rétribuait chichement les ouvriers français qu'il employait. On gagnait donc peu à travailler pour le roi de Prusse. Il est vraisemblable que cette expression familière a été introduite dans la langue par des gens du peuple, plutôt que par Voltaire à qui certains l'attribuent."
L. MARTEL
(Petit recueil des proverbes français. Paris, Librairie Garnier Frères, 1883, p. 83)