ABSTENTION PIEGE A CONS

Publié le 14 Mai 2009

 

 

ABSTENTION PIEGE A CONS

 

Depuis quelques jours des consignes apparaissent visant à influencer les électeurs à l’abstention aux élections européennes.

J’ai pu le vérifier dans des réunions syndicales, notamment là où les travailleurs sont en lutte, souvent le dos au mur face à leur patron.

Au début j’avais relativisé ce genre de discours.

Cela sent le coup fourré.

La répétition des mêmes thèmes : « l’Europe j’en ai rien à foutre, la politique ce sont tous des pourris, les élections pièges à cons » :  tous ceci  ne sont pas cependant des discours nouveaux.

Mais je me suis dit qu’il y pouvait y avoir « anguille sous roche ». Voir comment se démène le drôle de l’Elysée pour faire passer sa politique européenne comme un succès et le vote pour l’UMP comme la confirmation qu’il avait eu raison de faire ce qu’il a fait ces derniers temps à partir de la présidence européenne, du G20 et de la réintégration de la France dans l’OTAN.

La droite  et le patronat ont tout intérêt à rendre discrète cette élection car c’est leur politique qui est en cause. Une abstention des masses leur permettrait d’avoir les mains libres pour d’autres mauvais coups après les élections y compris de désoler le mouvement social en cours de construction.

C’est une vaste opération idéologique de la droite.

Faire en sorte que le mécontentement actuel reste enfermé dans des colères et que dans cette colère on n’évoque surtout pas l’idée de la responsabilité de cette Europe du capital et encore moins le rôle négatif que joue la droite en France et particulièrement le drôle de l’Elysée.

Déjà la presse médiatique aux ordres de Sarkozy tambourine sur l’idée que l’abstention va être énorme et que tout compte fait, à quoi ce sert de se déplacer un beau dimanche de juin pour aller voter.

Le vrai piège à cons est celui de l’abstention des couches populaires qu’organisent les possédants. L’UMP se frise les moustaches actuellement et parie actuellement sur ce thème de l’abstention.

Ces libéraux pourront considérer que ce non vote valide le traité de Lisbonne et toutes les saloperies en cours pour remettre en cause nos acquis sociaux.

J’ai vu aussi que des communistes appelaient à l’abstention : dans ceux-ci il y a des camarades sincères (d’autres passéistes le sont moins et tirent les ficelles) qui craignent l’effacement du PCF dans une alliance « front de gauche ».

Une défaite du front de gauche amènerait automatiquement de l’eau au moulin à ceux qui veulent hâter  la création d’une nouvelle organisation de gauche à la gauche du PS.

Ce travail abstentionniste de la droite se couple en ce moment avec le travail de division, dans les luttes actuelles, du NPA qui, sur le terrain, tentent de s’emparer de certaines luttes pour casser l’unité syndicale et le rapport de force actuel en la réduisant qu’à l’unité des entreprises menacées de fermeture.

Le NPA nourrit la division et du même coup l’abstention recherchée par la droite.

Et le combat de classe, va à la dérive  quand il s’agit de se payer les meilleurs primes de licenciement comme à Continental ou un conseiller extérieur, dirigeant de lutte ouvrière, régente cette lutte vers cet objectif ;  il y a quelques années, cet individu a fait foirer la lutte du site de Chausson Creil pour des bonnes primes.

La boite a été fermée.

Je suis pour ma part attentif à ce front de gauche pour qu’il ne devienne pas une sorte de « die-Lincke allemand » et cette attention je la mène avec l’idée qu’un bon score du front de gauche serait un atout pour le devenir du PCF et son existence.

Dans ce cadre, Jacky Hénin, dans la grande circonscription du Nord mène une solide campagne électorale.

Les pièges à cons, c’est l’abstention : et l’abstention, c’est sanctionner les luttes des 29 janvier, 19 mars et 1er mai  pour le plus grand bien des possédants.

Le 7 juin, tous aux urnes.

 

 

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #communisme

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