Sequestre industriel = légitime défense
Publié le 7 Mai 2009
SEQUESTRER QUI ET QUOI ?
La crise du système capitaliste fait des ravages.
Les structures productives volent en éclat, se détruisent, se décomposent, se dispersent dans une vaste braderie.
Les salariés en souffrent.
Les jeunes particulièrement, réduit à la précarité de l’emploi et les petits boulots.
Le système met par terre ce que des générations d’individus ont mis du temps pour construire des équipements pour répondre aux besoins sociaux.
L’appétit de spéculer, de profiter, de voler la plus grande partie de la valeur ajoutée montre toute sa nocivité en ce moment.
Nous sommes bien dans un processus de suraccumulation dévalorisation du capital et de recherche à tout prix du profit maximum : il faut brader pour que la machine infernale puisse continuer à fonctionner pour quelques uns.
Notre industrie nationale, celle de l’Europe, reconstruite après guerre, fruit du travail de générations d’ouvriers, de techniciens, d’employés, de cadres et d’ingénieurs est dans la tourmente des restructurations pour redonner de l’air profitable à ceux qui veulent que cela continue comme avant.
On parle de plusieurs millions de suppressions d’emplois en Europe et en France nous aurons plus d’un million de chômeurs supplémentaires d’ici la fin de l’année : les jeunes en particulier.
Chaque jour nous apprenons que telle ou telle entreprise ferme, délocalise, réduit ses effectifs et ses productions, fait chômer ou profite de l’effet d’aubaine de la crise, pour aller chercher le profit maximum vers des terres lointaines où les hommes et les femmes sont réduits à vendre à vil prix leur force de travail.
Est-ce normal de voir ainsi dilapider des outils de travail nécessaires pour la réponse aux besoins ?
Est-ce normal qu’un patron puisse se permettre de quitter le sol national, de déménager pour faire davantage de profits au détriment de l’intérêt général sans que l’état ne l’empêche de détruire.
Est-ce normal que des actionnaires de fonds de pensions américains ou autres puissent mener des entreprises au chaos en les suçant jusqu’à la dernière goutte de sève.
Non, tout ça n’est pas normal.
C’est intolérable.
Il faut y mettre fin.
Comment ?
Il n’y a pas de recette magique, mais, quand on est légitime défense devant ces agissements de ces parasites, nous pouvons et devons arguer d’un droit d’alerte industriel.
L’entreprise devrait être mise sous séquestre par l’Etat représentant l’intérêt général.
On va me rétorquer, « on n’y peut rien, le marché libre et non faussé, la concurrence décidée au niveau de l’Europe ne nous le permet pas » : eh bien, foulons au pied ces dispositions.
Mettre sous séquestre des entreprises que le capital voudrait faire disparaître devrait être un acte de salubrité sociale. On aurait dû faire cela lors de l’OPA de Mittal sur Arcelor, face à cet aventurier qui a racheté des installations en France et en Europe pour ensuite, après avoir tirer tous le jus possible, s’en débarrasser.
Il vaut mieux mettre sous séquestre l’outil de production, le retirer des mains du malfaiteur, pour la confier à une sorte de collectif d’auto défense qui gère démocratiquement l’entreprise.
On va me dire que je rêve, et bien rêvons ensemble, à reprendre l’offensive et à choisir l’industrie, l’emploi, les salaires, la protection sociale plutôt qu’un départ anticipé, des horaires réduits, des primes de départs qui sont que les adjuvants que nous infligent depuis 30 ans ce patronat qui s’est octroyé avec ces casses, des profits mirifiques en surexploitant ceux qui restaient au travail.
D’ailleurs serait-il si utopique que cela quand on apprend que pour sauver leurs profits dans des grandes entreprises certains sont prêts à nationaliser des banques et des grandes firmes aux Etats -Unis.
Il vaut mieux à mon avis séquestrer les installations, les mettre sous contrôle public que de retenir quelques cadres pour avoir la meilleure prime de départ.
L’heure n’est vraiment plus à l’accompagnement social mais à réindustrialiser notre pays et cela commence par l’empêchement de détruire ce qui reste de ses capacités de production.
Bernard LAMIRAND