PREMIER MAI
Publié le 27 Avril 2009
MES « 1er MAI » (Par Bernard Lamirand retraité)
Article paru dans le courrier fédéral de la FTM CGT
PHOTO MANIFESTATION IER MAI 1979 USINOR DUNKERQUE
Mes premiers souvenirs du 1er mai qui me reviennent, c’est l’écoute à la TSF, dans les années 50, des manifestations et rassemblements dans le pays. Mais à vrai dire, dans le village où j’habitais, c’était seulement un jour férié et chômé.
Mon premier Mai, c’est celui de 1968, à Dunkerque, je manifestais avec mon épouse, j’étais jeune salarié d’Usinor Dunkerque, une marée humaine déferlait de la place Jean Bart jusqu’à la gare où se tenait un grand meeting.
Des milliers d’ouvriers, de techniciens, de cadres des usines de la métallurgie, de la chimie, du textile et les dockers scandaient des revendications concernant les salaires et le départ du Général De Gaulle (10 ans ça suffit).
Quelques jours plus tard, toutes les usines étaient occupées, les services publics arrêtés, le port bloqué et à Usinor Dunkerque tous les hauts fourneaux, les aciéries, les laminoirs étaient stoppés ; ainsi commençaient ce que l’on a appelé « les événements de 1968 ».
D’autres 1er mai m’ont marqué par la suite, celui que je retiens, c’est le premier mai 1979 à Denain, des milliers de sidérurgistes manifestaient leur colère et leur refus de voir leur usine cassée sous l’autel des profits.
Plusieurs dizaines de milliers d’emplois furent supprimés dans le secteur ; cela en entrainât d’autres par la suite : un moment dramatique assurément.
Autre moment important, le premier mai pour commémorer le centenaire de la fusillade du 1er mai 1891 à Fourmies, dans le Nord, où l’armée tira sur les ouvriers et fit neuf morts ; je représentais la FTM CGT, Louis Viannet secrétaire général de la CGT a fait un grand discours pour honorer tous ceux qui eurent à subir les violences de l’état bourgeois.
En écoutant les récits de cette boucherie contre les travailleurs qui manifestaient pour leurs revendications, je me disais que le premier mai n’avait vraiment rien voir avec la soi-disante fête du travail instaurée par Pétain, le traitre, et qui est toujours intitulée de cette façon dans les calendriers et agenda.
J’ai vécu beaucoup de « premier mai » où l’unité des travailleurs et de leurs organisations syndicales faisait défaut : je suis particulièrement satisfait que cette année 2009 marque un cru 1er mai unitaire, du jamais vu depuis la libération.
Bravo la CGT d’en avoir créée les conditions.
Je suis persuadé que cette unité, qui ne se dément pas depuis le début de l’année, va trouver encore plus de force dans ce premier mai 2009 et qu’elle sera la dynamique créant un rapport de force nécessaire pour vaincre les mesures antisociales du patronat et de Sarkozy.
