LOI BACHELOT : LOI ASSASSINE
Publié le 22 Avril 2009
HOPITAL PUBLIC, AVEC LA LOI BACHELOT : UN RISQUE DE NON ASSISTANCE A PERSONNE EN DANGER.
C’est un cri d’alarme que je pousse après avoir entendu le 22 avril 2009 dans « C’dans l’air », sur le cinq, des
réflexions graves de certains personnages chargés du devenir de la santé public.
J’avais déjà pris intérêt à ce que disaient les médecins urgentistes (qui voient la situation de santé du pays se dégrader à la vitesse grand V) sur les conséquences futures de la loi Bachelot et notamment de la privatisation de l’hôpital et d’une gestion comptable qui va faire ressembler celle-ci à une entreprise privée.
J’avais mesuré cela sans prendre en compte tous les dangers pour les malades de cette loi assassine que nous promet la dame Bachelot.
Ce soir je suis édifié.
Je voudrais le faire partager.
Quand j’entends le directeur général de la fédération hospitalière de France, dire que vu la situation financière de la France, il faudra faire des choix douloureux, et que cela nécessitera de se séparer, notamment en Ile de France de 700 emplois d’infirmières, je me dis qu’il va y avoir des situations dangereuses dans tous les hôpitaux publics français où l’on va mettre en péril la vie de personnes laissées pour compte, faute de personnel médical en nombre suffisant.
Tout cela pour arriver à l’équilibre des comptes.
Le comptable et son compte d’exploitation primant sur le docteur, l’infirmière, la soignante.
L’intéressé, accompagné d’un soit disant représentant d’une association des malades, soulignait, en plus, la nécessité d’une productivité à l’hôpital pour redresser les dits comptes.
Ou va-t-on ?
Demain, on va nous dire que tel service n’étant plus rentable, il faudra le fermer comme dans n’importe quelle entreprise ?
Oui, je porte l’accusation contre cette loi Bachelot de mettre la vie des gens en danger.
Bref, ce n’est plus comme le disait le professeur Debré présent à ce débat, le médecin qui aura le dernier mot sur la prise en compte du malade, mais le directeur qui regardera s’il peut financer l’affection du patient en fonction de son compte d’exploitation générale et de celui des pertes et profits pour enfin de compte établir un bilan comme n’importe quelle entreprise.
Ce directeur de la fédération hospitalière, Gérard Vincent, faisant bien comprendre qu’il faudra, vu les moyens financiers affectés, que la seule variabilité possible sera de réduire fortement les effectifs soignants, médecins compris ; donc des milliers de suppressions d’emplois dans les hôpitaux publics pour arriver à dégager des profits.
Ces profits étant redistribués dans les différents services, dit-il , en fonction peut-être, c’est moi qui le dis, de la courbure du dos du futur boss de l’hôpital que l’on licenciera s’il ne fait pas le travail comme le dit ce serviteur du pouvoir, qui en profite d’ailleurs pour tailler dans cette émission des croupières aux fonctionnaires accusés d’être pas productif comme devront l’être encore plus demain les soignants.
On se croirait au Medef.
Et pour le bon mot de la fin de l’émission, quand le professeur Debré, qui a bien défendu l’hôpital public à mon avis, nous a annoncé, d’un air sarcastique, qui serait le président des hôpitaux parisiens pour appliquer la loi assassine de Bachelot : le futur président de l’APHP serait Claude Evin, celui qui a déjà bien mis mal en point notre santé publique en tant que ministre de la santé sous les gouvernements socialistes.
Et puis, pour corser le tout, dans le projet de loi Bachelot, nous apprenons que les grands chefs futurs directeurs d’hôpitaux publics, d’ARH et autres appellations, se seraient désignés en conseil des ministres ; la plupart seront des préfets, des hauts fonctionnaires, bref des gens bien en cour avec Sarkozy.
A cette allure on n’est pas loin de voir Sarkozy venir prendre la température des malades et voir s’ils le sont vraiment.
Cette loi est une catastrophe future pour tous les malades potentiels que nous sommes.
Quand je pense, qu’il y a quelques années une catastrophe s’est produite avec la canicule causant plus de 15000 morts faute de moyens pour soigner des personnes âgées, je me dis qu’avec les milliers de suppressions d’emplois envisagés par ces messieurs et dames Bachelot, Evin, Vincent, nous courons le risque d’en avoir autant sinon plus avec cette loi qui va rendre nos hôpitaux publics dangereux.
Oui, je signe: loi Bachelot, c’est le risque de non assistance à personne en danger.
Bernard Lamirand