FILLON DEFENSEUR DES LIBERTES PATRONALES

Publié le 19 Avril 2009

FILLON ET LES LIBERTES CAPITALISTES

 

Le premier ministre, dans un déplacement en province, s’est épanché sur ce qu’il appelle des violences contre les patrons ; je cite : Je dis à ceux qui instrumentalisent ces inquiétudes pour justifier cette violence que la légalité républicaine s'exercera pleinement et fermement", ...

Rien, évidemment, contre les brutalités patronales d’exploitation de la main d’œuvre qui s’exercent chaque jour sur les lieux de travail et qui amène des salariés à bout à se donner le mort n’ayant plus aucun recours.

La légalité républicaine là est absente où très discrète.

La peur de ne pas être à la hauteur des tâches demandées, la crainte d’être sur le prochain plan de licenciement sont bien plus graves que la petite retenue avec casse croute du patron voyou qui s’est servi dans la caisse ou qui profite de la crise pour délocaliser l’entreprise ou encore du fonds de pension qui se débarrasse de l’entreprise après l’avoir sucée jusqu’au sang.

Que reste-t-il à des salariés quand ils apprennent brutalement que leur entreprise sera liquidée et qu’ils seront jetés à la rue comme des malpropres, sinon que de trouver les formes d’action qui leur reste à disposition.

C’est parfois un acte de légitime défense.

Certains occupent leur entreprise pour la protéger d’un éventuel déménagement des outils de production, d’autres bloquent les accès à l’usine, d’autres encore retiennent le directeur où les DRH chargées de liquider l’humain.

Ils se défendent avec les armes qu’ils ont, c'est-à-dire pas grand-chose car ce gouvernement et les précédents se sont évertués à détruire tous les dispositifs protégeant les salariés contre les licenciements.

On appelle cela les règles du libéralisme qui fait tant de mal actuellement dans les populations et dont Fillion a été un porteur émérite pendant des années.

L’exemple des licenciements boursiers le démontre.

Bien sûr cela ne remplacent pas l’action de masse mais on lutte avec les arguments que l’on a.

Séquestrations des patrons voyous ou salopards, le mot séquestration est bien fort, employé pour vilipender toutes rebellions aux décisions patronales : ce sont plutôt des retenues et je pense qu’il vaut mieux retenir quelques instants ces zigotos pour négocier que de détruire des outils de travail comme cela se faisait au début de l’industrialisation.

D’ailleurs les français ne s’y trompent pas et un récent sondage montre un soutien à ces formes d’actions ultimes avant fermeture ou accomplissement d’un plan de licenciement.

Et puis, Fillion évite le sujet scabreux pour lui, celui de ne rien faire pour s’opposer à toutes ces fermetures d’entreprises que l’on délocalise actuellement pour aller dans des cieux où la main d’œuvre est surexploitée.

La violence auquelle devrait s’occuper le majordome de Matignon est celle qu’il accepte pour le bien être des patrons et du CAC 40, celle de détruire de l’emploi actuellement pour redresser les comptes de ces messieurs.

Cette violence là est la plus détestable et Fillion ne fait rien pour s’y opposer.

Elle touche la personne humaine dans son plus profond et c’est autre chose qu’une simple retenue dans un bureau pour obtenir enfin une discussion face à l’arbitraire patronale ;  je dirai même la dictature du capital qui s’exerce et touche en ce moment aux libertés fondamentales, celle de pouvoir vivre de son travail.

Alors le sire de Matignon est celui qui utilise et instrumentalise les inquiétudes pour faire taire les victimes des licenciements en les menaçant du glaive de la justice de classe : la sienne.

En fait, la peur qui étreint Fillion et le drôle de l’Elysée, c’est que ces occupations font boule de neige et qu’un beau matin, tout le pays croise les bras et occupe son lieu de travail.

Le Ier mai, soyons nombreux à manifester pour qu’il en soit ainsi.

 

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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