HUMANITE DES DEBATS
Publié le 28 Février 2009
HUMANITE DES DEBATS
Je suis un lecteur assidu de mon journal l’humanité depuis plus de quarante années.
Chaque jour le porteur le met dans ma boite aux lettres très tôt le matin.
C’est une bonne façon de commencer sa journée et de ne pas être prisonnier des informations orientées des médias.
Je sais que ce journal ne tient que par un fil et j’ai beaucoup de prudence à exprimer des critiques.
Mais un journal sans critiques de ses lecteurs est un journal qui peut demain devenir une feuille banale.
Je ne le souhaite surtout pas pour l’humanité.
Donc, je vais me livrer à quelques remarques.
Ce journal est d’essence communiste.
Il n’est plus le journal officiel du parti communiste français, j’en suis d’accord.
Cependant, ceux qui le lisent et le distribuent sont pour la plupart des communistes du PCF.
Ceux qui font le succès de la fête de l’humanité sont les sections communistes.
Je pense que tout journal doit avoir des égards vis-à-vis de ses lecteurs mais je comprends que ce journal, s’il veut vivre, doit aussi s’adresser à d’autres.
Cependant, je trouve que depuis un certain temps, les communistes, en tant que tels, ont de moins en moins la parole dans le journal.
Je dis bien de moins en moins et non pas plus la parole.
J’apprécie les contributions de progressistes, les débats contradictoires entre les représentants de l’idéologie dominante confrontée à celles des progressistes.
J’apprécierai aussi que dans ces débats et ces contributions, surtout le samedi, l’on puisse aussi faire appel à des communistes qui ont les mêmes compétences.
Je prends un exemple : l’humanité des débats de ce jour, je n’ai pas trouvé la moindre place pour des communistes spécialistes des Antilles ou alors ils se cachent derrière leur fonction..
J’ai même l’impression qu’ils sont oubliés : que je sache il existe un parti communiste guadeloupéen, un martiniquais, un réunionnais ?
Sur l’économie, avec ce qui vient de se passer avec le regroupement des caisses d’épargne et des banques populaires, nous aurions pu avoir une interview des communistes sur cette nouvelle entité et aussi un avis de nos députés sur cette manœuvre consistant à mettre en place les amis de l’hôte de l’Elysée.
Il y a beaucoup de conflits dans les entreprises en ce moment, je reconnais qu’il est prioritaire d’interroger les syndicats qui luttent, mais je m’interroge quand l’interrogation politique ne se fait qu’avec des représentants d’autres partis politiques et que les membres du PCF des entreprises ne soient que rarement cités.
Voilà quelques remarques pour que notre journal soit attentif à ceux qui le font vivre.
J’en profite d’ailleurs pour faire un appel à tous ces communistes qui ne sont pas abonnés à l’humanité pour le faire.
Pour ma part, je laisse trainer sur les banquettes de trains mes journaux plutôt que de les mettre dans la poubelle papier après usage.
Bernard LAMIRAND