CSA LE SOVIET SUPREME DE SARKOZY
Publié le 24 Janvier 2009
CSA : LE SOVIET SUPRËME DE SARKOZY
Pendant que Sarkozy présidait les assises de la presse, ses amis et lui-même poursuivaient leur mainmise sur l’audio-visuel.
En effet les présidents du sénat et de l’assemblée nationale viennent de procéder à des nominations au conseil de l’audio-visuel, le soit disant gendarme de la pluralité dans les médias.
Chacun aura en tête que ces têtes couronnées font tous partie de la droite et sont des amis du châtelain de l’Elysée.
Ils ne pouvaient donc que de désigner que leurs amis (es).
C’est ce qu’ils ont fait.
Françoise Laborde, auteur de déclarations virulentes contre les salariés de la SNCF lors de leur lutte pour sauvegarder les régimes spéciaux de retraites et vice-présidente du Press Club de France, une organisation où se côtoient les grosses légumes de la presse bien pensante, de l’entreprise.
Christine Kelly, qui a publié : François Fillon, le secret et l’ambition, Éditions du Moment est vice-présidente du Press Club de France.
Emmanuel Gabla diplômé de Polytechnique et de Télécom Paris, conseiller technique de Jean-Pierre Raffarin à Matignon avant de devenir directeur adjoint du cabinet de Patrick Devedjian, alors ministre délégué à l’industrie (2005) : tout un programme.
Le CSA sera donc parfaitement la courroie de transmission du pouvoir présidentielle.
Les autres membres, à part Rachid Arhab, (va-t-il y rester ?) ne sont pas connus comme des terreurs de la droite.
Ainsi, nos droits et libertés vont être mis sous la férule d’un conseil dominé par les lobbys journalistiques ayant leur accès dans les parages patronaux et de droite.
Il est à craindre que Sarkozy s’érigera en maitre absolu, comme Berlusconi en Italie, des chaines de télévision publiques ou privées où là il a ses amis.
Les quelques journalistes qui ont encore quelques velléités d’indépendance ont tout à craindre de ce soviet suprême que va devenir, sous le contrôle de Sarkozy et du président qu’il désignera des chaines publiques, une télévision de propagande de la droite.
Rappel des menaces de Sarkozy lors de l’élection présidentielle en 2007, extraits :
*Texte du communiqué de la Société des Journalistes de France 3*
Nicolas Sarkozy se verrait-il déjà à l'Elysée ?
Trépigne-t-il déjà en s'imaginant bientôt disposer des pleins pouvoirs ?
Sans doute grisé par les sondages qui le placent en tête du premier tour, le candidat UMP s'est récemment laissé aller à une petite crise d'autorité dans les locaux de France 3. Une sorte de
caprice régalien que l'on croyait appartenir à d'autres temps, ceux de la vénérable ORTF.
M. Sarkozy a en effet menacé de «virer» notre direction. Comme ça sur un coup de tête.
Parce qu'elle n'a pas daigné lui dérouler le tapis rouge et accourir immédiatement à sa rencontre lorsqu'il a le 18 mars dernier, participé à l'émission France Europe Express, présentée par
Christine Ockrent.
A peine arrivé, Monsieur le Ministre- candidat se laisse d'abord aller à quelques grossièretés, estimant que cette émission «l'emmerde» et qu'il n'a pas envie de la faire !
Ensuite, le voici vexé de devoir attendre dans les couloirs de France 3 pour être maquillé, d'autres invités occupant déjà les lieux (et oui, France 3 ne dispose que d'une salle de maquillage).
Coupable de ce «crime de lèse- Sarkozy», voici notre direction sur la sellette.
«Toute cette direction, il faut la virer », a lâché le candidat UMP, comme le rapporte le Canard Enchaîné du 21 mars 2007. «Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien
pour attendre. Ca ne va pas tarder».
Les Français sont désormais prévenus ! L'une des priorités de Nicolas Sarkozy s'il est élu président de la République sera de couper des têtes à France 3. A la trappe ces directeurs qui
tardent à exécuter les courbettes.
Le Ministre- candidat avait déjà habitué notre rédaction à ses poses agacées, à ses humeurs dans nos locaux, face à une rédaction qui ne lui semble manifestement pas suffisamment docile. Comme
cette récente provocation gratuite à l'adresse d'un journaliste du service politique «ça ne doit pas être facile de me suivre quand on est journaliste de gauche!». Désormais c'est à la
direction qu'il veut s'en prendre ?
La Société des Journalistes de la Rédaction Nationale de France 3 ne peut qu'être scandalisée par une telle attitude de la part d'un candidat à la plus haute magistrature de France. Nous nous
inquiétons que M. Sarkozy puisse afficher sans aucune gêne un tel mépris pour l'indépendance des chaînes de service public.
Non, monsieur Sarkozy, les journalistes de la Rédaction Nationale de France 3 ne sont pas et ne seront jamais vos valets. Ils résisteront à toute menace pesant sur leur indépendance. Si
nous devons des comptes, ce n'est pas à un ministre- candidat, mais aux millions de téléspectateurs, qui regardent chaque jour nos journaux d'information.
Par respect pour eux, pour leur intelligence, nous n'accepterons jamais aucune forme de mise sous tutelle politique. Ni de votre part, ni de la part d'aucun autre candidat.
A bon entendeur.
NOUS Y SOMMES . IL EST VRAIMENT TANT QUE DANS TOUTE LA FRANCE SE LEVENT LES GENS EPRIS DE LIBERTE ET DE DEMOCRATIE
Bernard LAMIRAND