RETRAITE PAR POINT UNE SUPERCHERIE
Publié le 21 Novembre 2008
Laurence Parisot invitée de RTL (23 mai 2008)
envoyé par rtl-fr
RETRAITE PAR POINT : UNE VASTE SUPERCHERIE (Par Bernard Lamirand)
DES EXTRAITS SIGNIFICATIFS DE LE PENSEE LIBERALE
-Le Conseil d’orientation des retraites : Les réformes à l’étranger
Les réformes récentes à l’étranger mettent l’accent d’une part sur le relèvement des âges légaux de retraite et d’autre part sur une refonte des barèmes de pension visant à inciter au recul effectif du départ en retraite et à intégrer les perspectives démographiques.
L’Italie (de 57 à 61 ans), l’Allemagne et les États-Unis (de 65 à 67 ans) ainsi que le Royaume-Uni (de 65 à 68 ans) ont ainsi décidé de retarder l’âge d’ouverture des droits et/ou l’âge d’obtention d’une pension complète de leurs systèmes publics de retraite. Ces réformes sont étalées sur quelques décennies à l’exception de l’Italie, avec un relèvement progressif des âges légaux, et ont été annoncées bien avant leur entrée en vigueur (par exemple, en Allemagne, l’âge ouvrant droit à une pension complète doit augmenter de 65 ans à 67 ans entre 2011 et 2034).
-Bayrou : Je propose une refonte universelle, c'est-à-dire une réforme qui englobe tous les régimes, y compris les régimes spéciaux. Elle sera souple, ouvrant la voie à une retraite à la carte, une retraite par points.
-Ségolène Royal : "Je propose que la gauche fasse sien le projet d'une évolution profonde de l'ensemble de nos régimes de retraite de base vers un système inspiré de la réforme suédoise, dans lequel chaque cotisant dispose d'un compte individuel sur lequel il accumule des points tout au long de sa vie active de façon à déterminer le montant de sa pension au moment où il choisit de partir en retraite".
-Laurence Parisot Medef : un système de retraite par points, à la carte, qui permet de choisir son départ et dit elle : pourquoi partir si tôt.
Pourquoi toute cette relance sur le calcul des retraites?
L’idée est bien simple:faire disparaître tout le contenu du système de retraite par répartition, création du Conseil National de la résistance et de Croizat, pour permettre aux assurances privées de mettre en place, un régime de retraite capitalisée évoluant en fonction des placement à la bourse et de leur cotation.
Un système qui reposerait sur les critères assurantiels ; en fonction des aléas encourus et de l’espérance de vie.
Une technique d'assureurs comme Denis Kessler ou Xavier Bertrant ministre du travail et de la sécurité sociale.
Tous deux sont issus des assurances privées : groupe AXA.
Ce système est dangereux à plus d’un titre.
Le système par point c'est la théorie du curseur employé dans les retraites complémentaires de l’Arcoo et de l’Agirc. Le prix d’achat du point est déterminant : il configure le nombre de points total acquis à la retraite. L’Arcoo et l’Agirc rationne ainsi le nombre de points attribués aux actifs par une valeur d’achat plus élevée,et qui, calculée sur les salaires bruts, entraine à toujours moins de points retraites pour les actifs.
Par contre, le prix de point retraite, celui qui fixe la pension, lui n’évolue que de manière régressive par rapports à l’indice des prix ; cette programmation en cours depuis une dizaine d’années entraine une sérieuse baisse du niveau des retraites complémentaires.
C’est ce système que certains voudraient instaurer pour le régime général de la sécurité sociale.
Cette méthode par points entrainerait une autre façon de calculer que celui des meilleures années, elle collerait à la situation de l’emploi du salarié et intégrerait toutes les périodes d’inactivité où de précarité, avec absence ou réduction de points, et rayerait les trimestres validés par exemple pour cause de chômage .
Le minimum contributif pour les plus fragilisés et les bonifications pour la situation familiale ne donnerait pas de droit à des points.
Mais la raison principale est d’en finir avec un âge légal de la retraite et d’appliquer en France, la recommandation européenne du livre blanc sur les retraites, qui est de supprimer tout âge légal de retraite.
Avec la loi qui vient d’être votée au parlement par la droite, autorisant la possibilité de poursuivre la vie professionnelle jusque 70 ans, il est évident que le système par points, entrainera des salariés à poursuivre plus longtemps leur vie professionnelle pour acquérir le maximum de points leur manquant pour se faire une retraite acceptable.
Globalement on quitterait la retraite solidaire, la conception du salaire socialisé, pour tomber dans une retraite « tirelire » avec une sorte de salaire différé et dévalué par points, que chacun mettrait en place dans un compte d’épargne soumis aux aléas de la bourse.
Ces mesures à mettre en oeuvre dans un processus : retraite retardée à 70 ans et retraites par points, saperont et feront disparaitre cette chaine de solidarité de la retraite par répartition et solidaire.
C’est vers un retour programmé à l’assurance privée.
Et on comprend mieux pourquoi les Sieurs Bertrant et Kessler préconisent de faire disparaître l’âge légal de la retraite par le volontariat pour commencer.
Les assureurs ont toutes les raisons d’avoir des retraités qui partent demain le plus tard possible et avec un minimum de rente.
Il se chuchote, dans les couloirs de l’idéologie dominante, que ce système par points serait aussi à appliquer pour les fonctionnaires et les régimes spéciaux dans un second temps.
Parisot pourra se frotter les mains ; tout benef pour les nantis de la bourse.
Bref, un retour à la retraite pour les morts que dénonçait la CGT en 1910, en refusant les retraites ouvrières et paysannes, inaccessibles pour des travailleurs usés et bossant jusqu’à leur dernières forces.
Bernard LAMIRAND