70 ANS: UNE RETRAITE POUR LES MORTS
Publié le 19 Novembre 2008
Les sénateurs ont confirmé mardi le report à 70 ans de l'âge limite de départ à la retraite pour les
salariés volontaires.
Les sénateurs ont adopté, sans les voix de la gauche, l'article 61 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2009, qui supprime la mise à la retraite d'office à 65 ans
et permet aux salariés de travailler cinq années de plus "sous réserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention auprès de leur employeur".(Source ap)
Ainsi les sénateurs de la droite viennent d’engager le processus pour faire expirer l’âge légal de départ à la retraite fixé à 60 ans en 1982.
Je rappelle, que cette disposition est dans le droit fil des prescriptions et recommandations européennes inscrit dans le livre blanc sur l’objectif de faire disparaître l’âge légal de départ en retraite.
Cette mesure, adoptée par les sénateurs de droite, qui n’ont rien à craindre du suffrage universel puisqu’ils sont élus par un collège de notables, va à l’encontre de la réalité puisqu’en ce moment des millions de travailleurs ne trouvent plus à s’employer du fait de la crise et que plein de jeunes sont rejetés du travail avec leur contrat d’intérim dénoncé par les patrons.
Faire travailler les vieux, voilà la politique de cette droite !
Où plutôt les exploiter à fond, avec des « emplois vieux » mal payés, pour que ceux-ci complètent une retraite devenue insuffisante par la dégradation de leur pouvoir d’achat en une vingtaine d’année.
Et puis, je me rappelle, il y a quelques années, d’une saillie d’un président patronal de l’Arcoo, membre du Medef, qui me disait qu’il valait mieux payer des vieux en chômage que de leur payer une retraite complémentaire à 60 ans.
Quand je dis : engagement d’un processus ; je ne parle pas à la légère ; il est clair que ce gouvernement, manié par le Medef qui ne veut plus apporter la cote part entreprise dans les cotisations retraites, veut progresser vers une retraite non obligatoire et privée avec au bout les assurances privées.
Ce qui les arrête en ce moment, c’est la déroute des fonds de pensions. Alors il faut sans cesse miner les régimes par répartition.
N’oublions pas que nous avons un gouvernement des assureurs avec Xavier Bertrant téléguidé par Denis
Kessler d’Axa et qui s’est exclamé dernièrement qu’il fallait en finir avec les retraites des communistes de la libération. Croizat revient !!!
Et puis cette décision du sénat va dans le droit fil de remises en cause des retraites complémentaires Arcoo et Agirc entre 60 et 65 ans fixées par un accord avec les organisations syndicales et qui vient à expiration.
Nul doute que la négociation, qui a été reportée en début d’année 2009, verra les pontifes patronaux exerçaient auprès du gouvernement la pression pour considérer que vu la loi libérant le travail jusqu’à 70 ans eh bien on a plus besoin de payer des retraites complémentaires à partir de 60 ans.
Il est vrai, que ces caisses de retraites complémentaires, qui possèdent un magot de prés de 50 milliards de réserves à l’Arcoo, ne veulent surtout pas le lâcher.
Il serait d’ailleurs bon de voir ce qu’ils en ont fait comme placements.
Cette loi va passer maintenant à l’Assemblée nationale, il sera utile de pointer le vote des députés ; et de s’adresser à leurs électeurs, qui, en majorité, s’opposent à cette mesure des 70 ans, pour les informer et qu’ils s’en souviennent lors des prochaines élections législatives.
Pour ma part, je surveillerai particulièrement le vote du député de ma circonscription de l’Oise, le dénommé Courtial, et s’il vote cette mesure je le ferai savoir largement à tous ces jeunes qui cherchent du boulot et à tous ces travailleurs usés qui n’en peuvent plus de voir l’âge de la retraite s’éloigner.
Je vous invite à en faire autant.
Bernard Lamirand