REPONSE A MARIE PIERRE VIEU

Publié le 4 Novembre 2008

Réponse a Marie Pierre Vieu

Marie Pierre Vieu, secrétaire nationale, vient d’intervenir à partir du vote majoritaire des communistes pour la base commune, avec d’autres camarades dont Roger Martelli, pour contredire les résultats.
Bizarre, voilà des camarades qui ont honni cette consultation, considérant qu’elle serait nulle et non avenue, et qui d’un seul élan se répandent en commentaires.
Loin de moi de critiquer l’expression autonome  des communistes.
Mais pourquoi n’ont- il pas introduit leurs opinions et celles de leurs amis (es) dans la consultation des communistes ?
Là ils auraient été crédibles !
La clarté, dont se réclame Marie Pierre Vieu et d’autres, aurait permis aux communistes de se prononcer sur l’ensemble des textes en toute connaissance de cause.
Il y a eu refus de leur part sous de futiles prétextes.
L’évocation d’un congrès extraordinaire est une fausse excuse.
Je pense que ces camarades ont décidé purement et simplement de sauter cette étape démocratique du congrès, qui aurait vu un rejet de leurs thèses, pour continuer le travail de sape entrepris depuis plusieurs années pour en finir avec le PCF.
En gros : faisons durer le temps qu’il faut le malaise pour en finir avec un parti « valise de plomb ».
L’intervention de Marie Pierre, je pourrais la contester point par point, mais je me contenterai de sa réflexion sur « le parti outil usé » reprenant une lettre de Marx sur l’internationale et qui se situe dans un autre contexte : et je cite l’extrait de son intervention :
« C’est pour moi une évidence : le plus sûr moyen de nous enterrer nous mêmes et d’enterrer notre combat communiste est de garder tel quel le PCF, quand bien même nous soyons mieux présents aux portes des entreprises, dans les quartiers populaires et à nous adresser aux jeunes, quand bien même nous ayons le meilleur projet du monde. Qu’on ne se méprenne pas ici sur mes propos : je suis convaincue que, quels que soient les choix existentiels que nous opérerons se posera de manière égale la question militante et celle de notre rayonnement politique. Se posera de manière égale la question de l’hégémonie. Devrons nous mener notre combat avec un outil qui structurellement nous bloque dans une vision étroite du monde et de l’action politique alors que nous voulons être le Parti de l’émancipation ? « Dans l’histoire de l’Internationale, on a vu se répéter ce que l’histoire montre partout. Ce qui est vieilli cherche à se reconstituer et à se maintenir à l’intérieur même de la forme nouvelle acquise » écrivait Marx à Bolte (29 novembre 1871). Le parti est un outil. Comme tout outil, il s’use. Alors, il faut remplacer l’outil. On n’affirme rien d’autre que cela lorsqu’on parle de dépasser le PCF. »…
Plusieurs remarques :
Qui parle de laisser le parti tel quel ?
Marie Pierre fait un procès d’intention aux camarades qui se battent actuellement, non seulement pour l’existence du PCF mais pour sa transformation et l’intervention de Marcel Zaidner en est l’éloquente manifestation : voir sa contribution dans alternative forge net.
Personnellement, je pense que le PCF ne peut pas être ravalé à un outil quelquonque : c’est une organisation humaine et communiste qui se donne (et doit se donner) des moyens pour mener la lutte de classe contemporaine ; et ces moyens, effectivement, ont besoin d’être changés pour aborder le monde dans lequel nous vivons.
En ce sens, je vais plus loin que Marie Pierre, par exemple sur le communisme : il serait vain d’attendre une hypothétique révolution et vivre dans notre pré-carré et disserter à longueur de journée sur son imminence ou pas ou encore de se contenter de garder ce pré-carré comme une survivance auquelle on serait attaché indéfectiblement.
Il faut faire du communisme dans la vie de tous les jours. C’est cela être révolutionnaire aujourd’hui dans les pays hautement développés. Le PCF doit se donner les instruments pour le réaliser concrètement. Notre organisation actuelle ne correspond plus à cela : c’est pourquoi je propose que l’on passe à un autre stade de l’organisation du parti et que le lieu de l’entreprise soit modifié, autrement qu’il ne l’est actuellement, par l’existence d’organisations communistes de site ou de zones industrielles et commerciales.
C’est là que nous avons perdu pieds ces dernières années face au capitalisme mondialisé avec une bataille idéologique qu’il est seul à mener.
Le communisme municipal, les élus, certes indispensables, ne suffisent pas pour réaliser cette évolution. Nous avions tombé dans la délégation de pouvoir pour des queues de cerises dans les gouvernements de la défunte union de la gauche.
Autre idée, se séparer du PCF en ce moment serait une faute lourde car nous avons besoin de ce parti face à ce capitalisme débridé, à la crise du réformisme et « à l’attrape- nigaud» des trotskistes avec leur anticapitalisme de foire. Nous sommes le creuset collectif, actuellement disponible, même s’il est fragilisé, pour travailler un vrai changement de société.
Oui, le PCF est en crise, c’est une crise qui l’oblige à choisir et  à oser  se projeter dans l’avenir en préférant le communisme mais surtout pas l’expérience « fiasco italienne » auquelle se destine, même si elle s’en défend dans ses propos, Marie Pierre Vieu ; ou encore qui prendrait le chemin réformiste en Allemagne avec des ex-communistes qui ont abandonné toute idée de passer au communisme heureux de se faire une place dans le concert des institutions de cogestion à l’allemande.
 Parti de l’émancipation , on ne pourrait plus l’être !
Ah bon…
Tu considères que le PCF a fait son temps et qu’il ne peut plus émanciper ; il me semble, pourtant, qu’en ce moment, dans plein d’endroits dans le monde, des peuples remettent sur les rails les idées communistes et Marx redevient au gout du jour pour ses analyses pertinentes sur les crises et le dépassement du capitalisme.
Le PCF ne pourrait incarner ce retour à la pensée Marx, Marie Pierre ?
Bigre !
Le parti communiste français, tu l’exprimes, a vieilli, et il cherche qu’à se maintenir et rien d’autre : faux  je dirai que pour  se transformer il n’a pas besoin de trépasser pour renaitre comme tu en fais l’offre.
Je ne veux pas être désagréable, mais ce travail de sape que tu as entrepris avec d’autres, et dont tu dis qu’il faudra du temps pour en finir avec le PCF, n’est pas le bon chemin à prendre et je pense que tu portes une responsabilité dans cet affaiblissement du parti, ces dernières années, avec cette direction incapable de donner du souffle parce que divisée et malmenée par les désaccords.
Vous n’avez pas été élu pour cela que je sache au dernier congrès.
Je pense sincèrement que le travail pour bétonner toutes possibilités d’évolution vient de cette direction incertaine à laquelle tu appartiens.
Le fait d’altérer l’identité communiste dans des mouvements où celle-ci apparaît de plus en plus diluée n’est pas innocente et la tentative des comités antilibéraux en est la preuve, de même ce qui se trame actuellement avec des listes européennes qui atténueraient à nouveau notre message communiste. Je ne souhaite pas qu’on me refasse le coup de « bouge l’Europe » et si des personnalités sont prêtes à être sur nos listes, il faut que cela ne se fasse pas au détriment de nos idées communistes que nous masquerions pour la circonstance. Au demeurant, c’est au congrès de décider de cela et non pas d’une direction. Je conteste donc ce vote de la direction nationale qui aurait dû en référer à tous les communistes.
La démocratie ce n’est pas fait pour les chiens.
Le combat idéologique nécessite un PCF et une organisation communiste internationale.
Je ne suis pas pour un PCF ad-aeternam, quoiqu’il advienne ;  une organisation peut se transformer, disparaître ou se recréer autrement à partir d’un saut supérieur,  mais le moment n’est pas mûr pour tenter des regroupements avec d’autres forces progressistes sous diverses formes.
Pour le moment, il faut retrouver des forces, sinon c’est la disparition pure et simple du communisme.
Quand les conditions seront créées pourquoi pas ! 
Mais à la lecture des contributions de ceux qui dénigre la continuité du PCF, ils ne prennent pas ce chemin en créant des chausses trappes à ceux qui veulent faire évoluer le PCF pour justement être cette force d’attraction conduisant à l’unité du monde du travail pour une société communiste et quand Roger Martelli dit : « Mais nous serons communistes dans une force qui, je le pense, gardera le meilleur de notre tradition sans pour autant conserver notre enveloppe. Nous serons communistes, assumant ouvertement notre ancrage, sans qu’il soit nécessaire que continue d’exister une organisation politique portant explicitement le nom de « Parti communiste français ». Avant 1920, les communistes ont vécu et agi sans elle ; le moment est venu, comme en 1920, de trouver les façons nouvelles de faire vivre notre parti pris. » ;
Il vend la mèche : le communisme ne sera plus qu’une tradition à faire vivre, peut-être à coups de commémorations, ou comme ces camarades italiens qui considéraient que l’on pouvait se contenter d’un communisme culturel.
Marx réveille toi ; ils sont devenus des réformistes.
Roger indique, pour sommer les communistes d’abandonner le PCF ; « Même sous les mots aguicheurs de la « métamorphose », conserver c’est liquider. Cette non-histoire, si elle était retenue, ne me motiverait aucunement. Être la mouche du coche ou le porteur d’eau de majorités dominées par la social-démocratie : une fois encore, je ne suis pas devenu communiste pour cela. »
Moi non plus, je ne suis pas devenu communiste pour cela mais pas non plus pour me caler dans un parti qui aurait vite faite d’abandonner ce que je tiens le plus : « être communiste » et ne le montrer que dans les interstices ou lucarnes auxquels les autres consentiraient à nous laisser quelques restants de communisme.
Alors il nous revient de porter dans la situation actuelle, plus que jamais, les couleurs du parti communiste français et de dire aux gens que l’on veut une société communiste pour remplacer ce capitalisme destructeur.
Annonçons donc la couleur.
Je pense d’ailleurs que cette idée manque dans le document « base commune » et s’il y a une chose que je partage avec les autres contributions, c’est que l’on ne peut laisser cette base commune dans cet état de componctions, qu’elle a besoin d’être revue pour appeler à du communisme tout de suite, et à une démocratisation du PCF avec une direction qui anime et dynamise et des dirigeants de terrain travaillant rassemblement, luttes, avancées et émancipation.
PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS !  DISAIT MARX
Finalement cette base commune ne devrait-elle pas devenir un manifeste communiste, décidé par le congrès ?
Bernard LAMIRAND section de Montataire, fédération de l’Oise.

Rédigé par aragon 43

Publié dans #communisme

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