UNE RETRAITE POUR LES MORTS
Publié le 2 Novembre 2008
UNE RETRAITE POUR LES MORTS
La droite et le Medef ne perdent pas de temps : en plein période des fêtes de la Toussaint, à l’assemblée nationale le 31 octobre dans la nuit, avec Xavier
Bertrant ministre de la sécurité sociale, ils ont fait passer en douce, par l’entremise de députés UMP, de nouveau textes pour reculer à nouveau l’âge de la retraite. La main du MEDEF a dû
guider la plume de ces députés disciplinés.
Ils viennent de s’attaquer aux régimes d’Air France qui prévoit des retraites pour le personnel naviguant à partir de 55 ans et 60 ans. Des pilotes demain conduisant des avions gros porteurs à cet âge canonique : danger !
Tout cela au moment où est annoncé des catastrophes en matière d’emploi avec les résultats des politiques conduites par Sarkozy et qui mettent la France dans le chômage.
C’est l’AFP à 0h45 heure de Paris qui le précise : - L'Assemblée nationale a rendu possible, dans la nuit de vendredi à samedi, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2009, un report à 65 ans de l'âge de la retraite pour les pilotes, stewarts et hôtesses de l'air.
"Il y a besoin de remettre les pendules à l'heure", a noté le ministre du Travail Xavier Bertrand, selon lequel il s'agit de "permettre aux personnels navigants qui le souhaitent d'exercer au delà de l'âge de 60 ans pour les pilotes et de 55 pour les hôtesses".
"C'est la même démarche que nous avons menée pour les régimes spéciaux des retraites", a-t-il dit, en précisant que "cela se fera avec un suivi médical renforcé".
Ainsi, nous nous n’étions pas loin de l’exacte vérité l’an dernier quand on nous accusait d’exagérer : derrière l’attaque des régimes spéciaux, disions-nous, allait se préfigurer une suite méthodique visant à toucher aux fondamentaux de l’âge de départs en retraite à 60 ans pour l’aligner sur ce qui se fait de pire : les pays anglo-saxons où l’on retrouve maintenant des salariés de plus de 70 ans au travail.
Benoitement, l’insidieux ministre de la sécurité sociale, nous indique que c’est sur la base du volontariat que ces mesures s’appliqueront.
C’est une tactique éprouvée depuis les réformes de Fillion en 2003 : faire bouger les lignes progressivement, et dans ce cadre, ils se sont attaqués au 37ans ½ de cotisations pour le secteur privé pour arriver aux 40 ans, et ensuite aligner le secteur public à ce niveau pour après caser les régimes spéciaux de la SNCF et d’EDF dans l’ensemble. C’est un travail de longue haleine pour respecter ce que disait l’ancien vice-président du MEDEF, Denis Kessler, « mettre un terme aux garanties sociales issus des communistes à la libération ».
Plus exactement, ce ministre, ancien du groupe d’assurances AXA comme Denis Kessler, a pour objectif de remplacer les retraites garanties et par répartition par les assurances privées avec tout ce que cela comporte de risques actuellement visibles avec les fonds de pensions qui ruinent les retraités américains.
Aujourd’hui la réforme Fillion de 2003 amène tout le monde vers les 42 ans pour aller au plus vite vers un droit à la retraite à 65 ans ; il fallait donc mettre un terme à quelques régimes encore existants comme celui d’Air France.
C’est chose décidée, en première lecture à l’assemblée nationale, et les syndicats d’Air France ont toutes les raisons d’agir pour leurs droits à la retraite mais cela ne saurait se limiter à eux car derrière se préfigure une nouvelle attaque pour l’ensemble des salariés de ce pays qui ont été aligné sur les mêmes considérants d’âge de départ.
L’amendement d’un député de droite : je cite toujours l’AFP : L'Assemblée a par ailleurs adopté un autre amendement permettant, pour tous les salariés de plus de 65 ans, de poursuivre leur activité, "sous réserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention et dans la limite de 5 années" indique précisément que ce gouvernement met maintenant en œuvre la poursuite de son objectif de porter la retraite à 70 ans et plus.
Il est évident que sitôt l’engrenage lancé, ce gouvernement cherchera à légiférer, pour, sous prétexte qu’on ne peut plus payer les retraites du fait de l’allongement de la durée de vie, de faire encore et toujours bouger le curseur.
Sarkozy n’avait donc pas l’idée de l’équité mais bien celle de maintenir au boulot sous n’importe quelles conditions des salariés qui n’aspirent qu’à un repos bien mérité et une vie nouvelle à la retraite.
En retardant celle-ci à plus de 65 ans bientôt puis 70 ans, en la rendant plus difficile à cause de restrictions sur l’accès à la santé, en diminuant le niveau des retraites, en refusant des retraites anticipées pour les travailleurs handicapés par les conditions de travail, cet individu montre bien qu’il travaille uniquement pour le patronat qui depuis des années exige que les départs se fassent après 70 ans.
Et puis, quel honteux vote de ces députés de droite qui rallongent la période d’activité des ainés et qui de ce fait, vont interdire à des nombreux jeunes d’entrer
dans de bonnes conditions dans la vie professionnelle au moment où le chômage redouble d’intensité en leur direction.
Encore une raison supplémentaire avec le pouvoir d’achat de nous retrouver dans l’unité pour dire à cette droite « cela suffit, bat les pattes ; vous ne toucherez plus à nos retraites et à notre sécurité sociale solidaire.
Bernard LAMIRAND