LE BON BERGER
Publié le 30 Mai 2013
LE BON BERGER
De tout temps dans notre histoire chrétienne, nous avons appris qu’il était bon d’avoir un berger qui conduit le troupeau vers le paradis.
Ainsi de nombreuses histoires nous ont été racontées sur ces pâtres qui conduisaient leurs brebis vers les espèces où les herbes étaient grasses en les protégeant de toutes mauvaises rencontres.
Ces pâtres évitaient la rocaille, les endroits où l’herbe ne poussait plus, les chemins escarpés où les ouailles risquaient de se casser une patte et d’être bon pour l’étal.
Dans les montagnes, le soir, après une journée dans les herbages, les meutes bêlantes étaient ramenés à l’enclos, les chiens bergers les guidaient.
La traite permettait de faire du bon fromage, il était aussi important que le berger débarrasse le mouton d’une laine devenue imposante : une laine permettant de faire de superbes pull-overs, des chaussettes et bien d’autres choses encore.
Le berger était créateur de richesse.
On pouvait se fier à sa bonne étoile : celle du Berger.
Il n’était pas question alors de livrer le troupeau à un quelconque équarisseur ni de laisser à la merci d’une meute de loups acharnés à la destruction du troupeau qui chasse en bande du côté du Medef.
Le berger était bon.
Il fixait son chemin, choisissait les meilleures herbes, vérifiait la santé de son troupeau, il ne serait jamais aller dans des pâturages où poussent des mauvaises herbes.
Il n’aurait jamais vendu son troupeau pour une bouchée de pain pour rendre compétitifs les brebis.
Alors qui est ce berger qui disperse le troupeau en ce moment ?
C’est celui qui vient de signer successivement l’Accord Ani, qui vient d’offrir au Medef les meilleurs herbages, les plus profitables : tant pis si les brebis en pâtissent et deviennent efflanqués.
Aux dernières nouvelles, le Berger de la CFDT vient de signer avec la CFTC et la CFE CGC un accord avec le Medef de Madame Parisot qui stipule : « Réinventer la croissance, agir ensemble pour une dynamique économique ».
Ainsi le « Berger » de la CFDT fait entrer le loup dans la bergerie après lui avoir donner un aperçu avec l’accord sur la flexibilité de l’emploi.
Nul doute, que le Medef pourra organiser un grand méchoui patronal, qu’il pourra faire rôtir l’emploi stable et qualifié sous les brochettes de la compétitivité.
Bernard LAMIRAND