SODIMATEX
Publié le 4 Avril 2010
FATALITE OU RESISTANCE ?
Combien de fois j'ai entendu dire " on n'y peut rien", c'est "le pot de fer contre le pot de terre" ou encore "il y a toujours eu des riches et des pauvres".
Tout des couplets assénés par des centaines d'années de domination que la révolution française avait mis part terre mais réhabilités par la bourgeoisie.
Le tiers état d'aujourd'hui, certes, n'est pas le même que celui de 1789, mais ce tiers état contemporain n'est-il pas celui de cette cohorte qui grossit chaque jour de pauvre; des pauvres qui ne viennent plus seulement des courées de Roubaix, des corons des mines, des cités de l'acier lorrain ou de Denain, mais des usines qui les régurgitent chaque jour par des charrettes de licenciements ou encore par des salaires de misère pour des hommes et des femmes provenant aussi bien des milieux ouvriers, techniciens, ingénieurs et cadres.
Des révoltes s'organisent comme celles de ces salariés de Sodimatex à Crépy en Valois.
Les occupations d'Usines, les menaces de faire sauter les installations peuvent amener à des actes désespérés, un peu comme ceux qui refusaient les nouvelles machines qui allaient prendre leur emploi au début du vingtième siècle; mais ici nous ne sommes plus dans le contexte du développement industriel mais dans celui de la régression et un signal de révolte se fait de plus en plus entendre.
Hier un sondage indiquait que les français très majoritairement avaient de la sympathie pour cette lutte des travailleurs de la Sodimatex.
La crise, ses conséquences sur les travailleurs, le fait que ceux qui ont été à la cause de la crise s'en mettent plein les poches, exacerbent ces révoltes.
L'exemple apporté cette semaine par le Canard Enchainé* montre que là-haut, les puissants, n'en n'ont rien à faire de cette misère qu'ils entendent faire taire avec ces messages de: "On n'y peut rien alors n'essayez pas de vous révolter".
Au plus haut niveau de l'état, la première dame patronnesse peut offrir quelques mélopées* de son charitarisme, elle participe à l'égoïsme des classes dirigeantes avec son mari, celui qui a les rênes de l'Etat et qui entend mener à bien une réforme des retraites qui va plonger les personnes âgées présentes et futures dans des misères nous ramenant au 19eme siècle.
Alors fatalité ou révolte, désespoir ou espérance, abandon ou luttes.
Je choisis la lutte, celle qui se prépare en ce moment et qui devrait nous amener à un grand premier mai, mais pour cela le flot des luttes actuelles doit devenir un torrent impétueux partant de la base et il reste encore beaucoup de rus asséchés à remplir.
Bernard LAMIRAND
* (Canard enchainé). Au rayon souvenirs et « petits secrets » sur le mur de son bureau, à côté des photos de « Mon mari », Carlita a accroché « Mon répertoire téléphonique ». Elle est émue : c’est « tout ce qui est resté après la vente de la maison de mon enfance à Turin ». Et c’est tout un symbole : une longue liste de numéros pour téléphoner des chambres aux cuisines, des salles de bains aux salons, des toilettes au terrain de tennis… et sonner le petit personnel.
Au rayon « oui je suis belle », le secret de ses cheveux, c’est Madeleine Cofana, coiffeuse pour stars, Paris VIIIe. Trois fois rien, rappelle le « Fig Madame » : « Coupe avec Madeleine en tête à tête, 400€ : au cœur du salon, 200€ »…
Au rayon « allez-y », Carlita reprend du service comme mannequin, le temps de vanter quelques modestes accessoires de boutiques. Extraits : Cabas en osier tressé et veau végétal, Vanessa Bruno, 365€ (…) Maillot de bain en polyamide peau douce, Erès, 315€ (…) Ceinture en veau, Hermès, 550€ (…) Tailleur-jupe en laine, Dior, 1 750€ et 650€ (…) Pochette en veau Swift, Hermès, 2 750€ ; Sac New Bamboo en crocodile, Gucci, 11 800€…
Stop ! À 12 000 euros le sac à main, la nouvelle petite mère des pauvre qui se lance dans l’humanitaire en Afrique commence à nous arracher une larme. Dans son interview elle résume les deux années qu’elle vient de passer à l’Elysée : « Elles m’ont isolée encore davantage peut être, même si je suis loin d’être coupée du réel. Elles m’ont attendrie aussi. Je vois de plus près le malheur, les difficultés, la réalité des autres. »
Et derrière ces « lunettes solaires en acétate et métal, Chanel, 490€ », on voit très bien….