RENTREE SOCIALE OU MAGOUILLES POLITICIENNES
Publié le 27 Août 2009
GAUCHE : LE NAVIRE S’ENFONCE A LA ROCHELLE
PENDANT CE TEMPS SARKOZY FAIT PAYER LA CRISE AUX TRAVAILLEURS
Comme il était
touchant de voir cote à cote deux anciens premiers ministres, presque main dans la main, gravir les marches de l’Elysée pour recevoir leur mission concernant le futur emprunt
national.
Rocard et Juppé, comme de bons élèves, ont reçu les recommandations du précepteur de l’Elysée concernant la création d’un emprunt.
Rocard préfère les allées du pouvoir en ce moment et truste les missions : mission polaire, mission pour la taxe carbone, mission pour l’emprunt.
Juppé lui emboite le pas et envie Sarkozy d’avoir pu récupérer autant de socialistes en peau de lapin (c’est moi qui le dit) ; à eux deux, avec Notat devenue PDG, et d’autres, l’équipage est fin prêt pour présenter au chef les orientations envisagées d’ici trois mois.
Ces maitres de l’esbrouffe n’ont pour la circonstance fait aucunement allusion à la situation sociale des français, des travailleurs en particulier.
Et pour cause : ils mettent la main à la pâte de la politique sarkosienne.
Et pourtant, il y a mieux à faire qu’un emprunt : par exemple de réaliser un gros prélèvement aux banquiers, aux financiers, aux gros actionnaires pour relancer les salaires et l’emploi et sauver des centaines d’entreprises menacées en ce moment de fermetures.
Ce n’est pas leur problème : pour eux deux, ca va, et ils ont de bonnes retraites. (Juppé, par exemple, quand il a appris de possibles remises en cause des retraites dans la fonction publique, s’était empressé de prendre la sienne à 57 ans et demi et pas une petite retraite.
La taxe carbone, qui va la payer, sinon toutes les petites gens,celles et ceux qui ont besoin de leur voiture pour travailler ou encore ces français qui se chauffent au gaz ou bien au fuel et qui n’ont pas les moyens de se payer des installations solaires dans des immenses demeures.
Et puis, nous apprenons en ce jour de mauvaises nouvelles, deux saloperies des vacances : 1) la fameuse augmentation de 1,9% d’EDF n’était une fumisterie pour gogos ; c’est une moyenne nous dit-t’on, après que la Lagarde du capital eut dit, il y a quelques jours, que cette augmentation ne frapperait pas les petits revenus. Nous apprenons que ce sera les petits contrats, les petites consommations qui vont trinquer jusqu’à plus de 15 à 20% d’augmentation des tarifs.
2) l’augmentation du chômage en juillet, des bureaux d’emplois qui sont submergés de demandes d’inscription, un taux de chômage qui dépasse la barre de 10%.
La même Lagarde du capital nous disant qu’il ne faudra pas s’attendre à des meilleurs chiffres pour les mois à venir et que la résorption du chômage n’est pas pour demain.
Ainsi, après les coups de menton de Sarkozy hier aux banquiers, les vociférations contre les patrons voyous, le capitalisme moral, le G20, le paysage économique et social montre toute sa splendeur capitalistique et la réalité quand à ces vociférations de foire de ce président : il n’a que rendu service au capital bancaire et financier.
Les gros actionnaires peuvent se frotter les mains.
Les banques crèvent les plafonds de profits en ce moment et s’apprêtent pour la clôture des comptes 2009 à annoncer qu’elles ont récupéré les pertes et fait de gros bénéfices alors que les travailleurs trinquent.
D’un coté la cote des valeurs boursières grimpe, de l’autre la cote du chômage s’envole.
Et pendant ce temps, à gauche, la sociale-démocratie va se réunir à La Rochelle, pour discuter de 2012 qui sera le premier de la classe et comment le faire avaler à toute la gauche.
Ailleurs, Au Boucau, une autre université va se tenir, celle du PCF, mon parti, et j’espère que l’on ne se contentera pas de passer son temps à voir comment ramener au bercail les brebis socialistes qui sont sur le point de paitre dans d’autres pâturages, plus féconds à leur ambition.
Boucau ville de prolo depuis longtemps, de forges, d’hommes et de femmes qui ont un passé de luttes ; j’espère que les communistes entonneront un chant de lutte et ne se contenteront pas d’ateliers de paroles sur la gauche.
Bernard LAMIRAND