DE WENDEL ET LES ROUGON MACQUART

Publié le 24 Mars 2009

 

 

 

 

 

LA FAMILLE DE WENDEL EN BROUILLE

 

Qui a dit que la famille De-Wendel était unie comme les dix doigts de la main ?

C’est vrai que lorsque tout va bien, quand l’auge est pleine, les porcs  se goinfrent sans grouiner.

C’est une image.

Je ne prétends pas transformer l’habitacle des maitres de forges lorrains en  étable à cochons.

Ce serait injuste pour ces gens qui ont tant donné à la France.

Rappelons que les De-Wendel propéraient y compris au-delà des frontières nationales.

Aujourd’hui les temps sont durs chez nos ex-maitres des forges, la pitance se fait maigre avec la crise.

C’est la première fois que cela leur arrive depuis les pertes épouvantables des années 75/80 où ils ont dû céder leurs butins sidérurgiques acquis depuis le début de l’ère industrielle par les grands parents dont ils vouent un culte quasi- congénital.

Et voilà maintenant qu’ils se disputent dans la famille, la famille des cousins : ce qui n’était jamais arrivé auparavant ou tout au moins personne n’avait été mis dans la confidence.

Mais racontons un peu comment ils ont réussi à redresser la barre pour offrir chaque année à leur nombreuse progéniture de bons dividendes.

Ces gens là, dans ces années là,  avaient  quelques difficultés de fin de mois et Raymond  Barre voyant avec quelle peine ils ramaient pour faire suer le burnous des sidérurgistes lorrains, pour des rapports aux gains aussi faiblards, leur avait  retiré cette épine du pied par un joli magot de départ.

Une belle prime de licenciement comme acte de cession de leur patrimoine industriel.

Une sorte de parachute dorée de l’époque.

Ah, ils n’ont volé personne, ils ont vendu, l’état prenant seulement en charge le passif accumulé et la future facture des licenciements massifs.

Ils vous diront qu’ils ont cédé leurs entreprises pour une bouchée de pain à la « gueuse ».

Cette libéralité versée par l’état giscardien pour solde de tout compte leur a permis de se lancer alors dans la finance et dans des métiers où le rapport était plus juteux.

Nous avons vu alors cette famille s’enrichir de confortables revenus.La bourse cela rapporte.

La banque, les sociétés financières, les holdings de ceci ou de cela, tout cela rapportait gros et la famille avait hérité d’un jeune capitaine, le dénommé Sellière ;  Seillière est un petit fils De Wendel :  il a fait prospérer pour ainsi dire le pactole de la maison.

Le problème, c’est que ces derniers temps, la confiance n’est plus au zénith et des dissensions règnent pour s’accaparer des meilleurs morceaux et d’avoir droit au festin capitalistique.

Il y a beaucoup de prétendants aux partages des bons morceaux comme des bas morceaux.

C’est tellement grave que la presse a été mis au courant et je cite des extraits de ce que relate « rue 89 » c’est du plus pur Roman de Zola quand les Rougon-Macquart s’empoignent entre eux.

Extrait : (Drôle de « séminaire de renforcement de la cohésion familiale » vendredi chez les Wendel. Trois jours avant, dans un courrier, des actionnaires familiaux demandaient le départ de « l’équipe dirigeante de Wendel », dont le Conseil de surveillance est présidé par le chef du patronat européen Ernest-Antoine Seillière et le directoire par Jean-Bernard Lafonta.

 (En juin 2008, sa cousine Sophie Boegner, administratrice de la société familiale, a déposé une plainte contre X pour « abus de biens sociaux et recel » dénonçant un montage financier complexe grâce auquel le management de Wendel a mis la main sur des titres représentant 324 millions d’euros, dont 79 millions pour le cousin Ernest-Antoine Seillière…)

(L’affaire ébranle une partie de la famille. La confiance, admet-on, avait déjà été entamée par l’endettement lié à l’entrée à 21% de Wendel dans Saint-Gobain, et l’effondrement de l’action Wendel de 145 à 18 euros. Les accusations de Sophie Boegner ont attiré l'attention sur un fonctionnement opaque et sur le plan d'intéressement des dirigeants)...

(Le 3 mars, un groupe d’une quarantaine d’actionnaires familiaux se réunissent chez un de leurs cousins, Nicolas de Schonen. Ils décident d’adresser à François de Wendel une lettre lui demandant que l’assemblée générale de la SLPS se tienne au moins un mois avant celle de Wendel et qu’y soit proposé le vote à bulletin secret d’une résolution donnant mandat au conseil d’administration de faire remplacer l’équipe dirigeante de Wendel…)

Pour obtenir un consensus, la lettre, qu’Eco89 s’est procurée, choisit un terme un peu flou et demande le renouvellement de « l’équipe dirigeante » : 

« Au vu de la situation financière préoccupante du groupe qui met en péril la préservation des intérêts patrimoniaux de notre famille et du manque de transparence ressenti par un grand nombre d’entre nous » commence le courrier qui demande le vote d’une résolution « donnant mandat au conseil d’administration de faire remplacer le plus rapidement possible l’équipe dirigeante de Wendel par des gestionnaires à même de représenter les valeurs familiales ».

Un séminaire comme si de rien n'était

(Après un discours sur l’histoire de la famille, les participants ont été dispersés en ateliers. Ernest-Antoine Seillière a participé à la table ronde consacrée aux « droits et devoirs de l’actionnaire ».  Pas un mot pendant la soirée sur la lettre réclamant le départ des dirigeants. « Quand on veut empêcher les gens d’en parler, on ne s’y prend pas autrement », plaisante un cousin…)

Comme on peut s’en rendre compte, rien ne va plus chez les cousins qui, comme des petits chapons, attendent la becquée trop accaparée par les plus vigoureux.

Pourvu que Sarkozy n’aille pas trop loin dans son capitalisme moral ?

Qu’ils se rassurent, le drôle de l’Elysée n’ en a aucunement l’intention au contraire il travaille d'arrache-pied à rendre le  butin plus légal.


 

Barnard LAMIRAND.



 

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités

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