MEETING REUSSI A LILLE
Publié le 15 Mars 2009
UN BEAU MEETING AVEC JACKY HENIN A LILLE
Il y
avait du monde au zénith de Lille pour le meeting du front de gauche pour les élections européennes. Nous étions une bonne trentaine de l’Oise à se déplacer et je pense que personne n’a regretté
le déplacement.
Dommage que cette initiative n’ait pas été préparée au niveau des sections pour assurer le remplissage des 3 cars prévues par la fédération.
Dommage surtout pour les absents dont certains ont mis cette initiative comme non essentielle dans leur calendrier.
Bon, à quoi bon déplorer : ces camarades se reconnaitront.
Venons-en au meeting : il y avait du monde, peut-être plus de 2000 participants.
J’ai retrouvé l’ambiance chaleureuse du Nord.
Je me sentais chez moi.
Je n’oublie pas que j’ai été membre du bureau fédéral du Nord pendant des années aux cotés de dirigeants illustres comme Arthur Ramette, Gustave Ansart, Alain Bocquet, François Dumez, Blanche Bellanger, Michel Simon, Jacques Milhau, Jacques Estager et plein d’autres.
Les interventions des camarades des entreprises en lutte ont été un moment fort de cette rencontre et leurs témoignages de la situation des travailleurs victimes de la crise, leur lutte et le désir de réaliser un grand 19 mars, a été très apprécié.
Notre camarade Loïc Pen, médecin urgentiste de l’hôpital public Creil a très bien décrit la situation qui se dégrade dans les hôpitaux publics, l’attention était grande quand il a expliqué les conséquences de la loi que nous prépare Bachelot.
Le camarade Almeida de Renault Cléon a montré comment dans cette période, les patrons de l’automobile profitaient de la situation de crise pour licencier, délocaliser, recevoir des subsides de l’Etat et distribuer des dividendes aux actionnaires alors que les salariés voient sans cesse leur pouvoir d’achat se dégrader.
Et puis, il y avait ces camarades de Faurécia à Auchel, en lutte actuellement pour le devenir de leur usine menacée de fermeture, ils ont été très applaudis.
A cela il fallait rajouter les récits des dirigeants CGT de Total et de La Poste ; ces entreprises encaissent des milliards de profits, cassent l’emploi, le service public.
Deux militants européens, l’un grec et l’autre irlandais apportèrent témoignages des luttes dans ces pays avec des centaines de milliers de personnes qui sont descendus dans les rues dernièrement.
En Irlande, la bataille est engagée face à ce déni de démocratie du refus du vote non du traité de Lisbonne par le gouvernement qui veut organiser une nouvelle consultation.
Puis vint les interventions de ceux qui constituent le front de gauche.
Il y avait une représentante du NPA unitaire de Picquet qui a fait une intervention remarquable sur l’unité et pour créer un front à gauche en mesure non seulement de contester le pouvoir établi mais d’être avec les travailleurs force de propositions pour une autre Europe.
Appréciable son idée, que par au-delà des divergences qu’il ne faut pas nier, on peut avancer ensemble, chacun avec sa propre identité.
En l’écoutant, je me disais que certains communistes qui veulent changer de prairie pourraient en prendre de la graine.
Dollet député de Douai, représentant le parti de gauche, a lui aussi fait une intervention unitaire, flétrissant son ancien parti socialiste enfermé dans le social-libéralisme et son évocation de la bataille menée ensemble pour le non au référendum constitutionnel n’était pas seulement un moment de nostalgie mais de faire mieux encore en unissant une gauche à gauche pour gagner ces élections.
Alain Bocquet, comme d’habitude, nous a fait une brillante intervention ; partant des réalités de la crise, des profits scandaleux réalisés, il s’en est pris aux actionnaires.
Alain va présenter un projet de loi interdisant les licenciements boursiers.
Je pense qu’il ne faut pas se contenter d’un projet de loi mais d’organiser une grande mobilisation pour interdire ces dividendes.
Et puis, clou de l’après-midi, l’intervention de Jacky Hénin, notre député européen sortant, avec des accents de tribun, il nous a décrit toutes les raisons d’avoir une liste front de gauche bâtie sur une véritable alternative, celle de changer cette Europe et d’en faire une Europe des travailleurs.
Il a montré l’importance des députés européens pour s’opposer au dictat des gouvernants et de la commission de Bruxelles.
Jacky mène une campagne dynamique, il a choisi son terrain, les entreprises et les quartiers et nous l’avons vu dans l’Oise présents auprès des travailleurs en lutte à Continental et Akzo.
Ce meeting a révélé des possibilités de faire un grand score aux élections du 7 juin à condition d’être à l’offensive en tant que communistes tout en travaillant avec les autres partenaires.
J’ai apprécié cela.
Cela nous sort du système foireux des comités antilibéraux avec des rigolos comme Bové qui a maintenant rejoint Cohn-Bendit, le libéral vert.
Le front de gauche n’est pas un parti, c’est une alliance ; et nous pouvons faire la démonstration qu’uni sur un programme, nous pouvons faire pencher la balance pour une autre Europe.
En même temps, ce sera la première élection importante sur le plan national depuis les présidentielle, c’est l’occasion aussi de sanctionner la politique gouvernementale et celle également de cette Europe libérale qui nous a conduit au désastre.
Comment des français qui ont voté non à la constitution pourraient voter pour les partis qui ont accepté la constitution européenne, celle qui fait tant de dégâts actuellement parce qu’elle été libérale et que ces choix là nous ont conduit à la crise ?
J’ai apprécié la tenue de cette rencontre, le respect de chaque organisation, la volonté d’être rassembleur sur un programme à tenir par l’engagement de tous.
La démonstration est faite que les communistes n’ont pas besoin de créer un autre parti pour que la gauche retrouve une crédibilité, ils peuvent être cet élément indispensable pour créer une dynamique de vote pour le front de gauche en étant- eux mêmes.
Nous sommes rentrés satisfaits de ce meeting, nous promettant de prendre toutes les initiatives à notre niveau local pour une campagne électoral bien en lien avec la situation et les dures conséquences de la crise que subissent les salariés et les retraités.
Comme le disait Alain Bocquet, la mobilisation de tous les communistes est indispensable contre l’abstention : face à cette Europe des profiteurs il ne faut pas que les travailleurs restent à la maison mais se servent de cette élection pour une Europe dégagé de ce libéralisme destructeur.
Bernard LAMIRAND