LA MODERNITE DU SIRE BALLADUR

Publié le 6 Mars 2009

LA MODERNITE SELON BALLADUR

 

La commission Balladur vient d’édicter sa réforme de modernisation des collectivités locales.

La ficelle est un peu grosse.

Sous couvert de modernité, la droite, aidée par quelques socialistes et quelques  zélés comme Julliard, s’apprêtent à démanteler le système de représentation des citoyens au niveau local.

Bien sûr, la structure locale a besoin d’évoluer, mais pas en la diminuant et en restreignant la participation des citoyens à la gestion et à la définition des besoins.

Je ressens, à travers les travaux de cette commission, voulue par le maitre de l’Elysée, de confier à des experts ce qui est du rôle du peuple.

Ces propositions de réformes ne visent donc pas à démocratiser la vie des collectivités locales, départementales et régionales, ni à la rendre plus efficace, mais de la réduire à quelques superstructures dirigées par quelques césars qui s’accapareraient de tous les pouvoirs avec des assemblées croupions.

C’est sous couvert de modernité qu’est avancé, à pas de loup, une autocratie locale sous la houlette de l’Elysée.

Le stratagème de la modernité est une mascarade.

La droite se qualifie de moderne, d’efficace, de dynamique; et la gauche serait archaïque face à ces propositions.

Voilà le discours que j’ai entendu, hier après midi, aux questions d’actualité, au sénat, quand Nicole Borvo Cohen Seat, communiste, a interrogé Alliot- Marie pour le gouvernement.

Cela me rappelle les plans de restructuration de la sidérurgie, puis ensuite ceux de la navale et autres, où pour faire passer la pilule, la destruction se muait en modernisation de l’appareil productif.

Nous étions des archaïques parce que nous refusions la fermeture d’entreprises pourtant viables.

C’est toujours sous couvert de modernisme que les réactionnaires combattent les institutions ou structures qui ne sont plus de leur gout.

Derrière se profile l’objectif de grandes régions pour organiser au mieux la circulation du capital et les relier à des centres de profits aux niveaux européens.

Le rôle et la place des populations dans ce schéma seraient quasi nuls.

Nous aurons alors des régions complètement appauvries sur le plan social et culturel, avec  des mécènes et des experts pour les diriger et les manipuler.

Ainsi cette droite, par ce subterfuge de la modernité, essaye de faire passer une réforme qui ne vise qu’à concentrer les pouvoirs et à toucher cette vie républicaine au plus profond d’elle-même : la commune.

Car c’est de cela qu’il s’agit.

La commune a toujours représentée un espace où le pouvoir ne pouvait pas faire ce qu’il voulait.

C’est un lieu éminent où les citoyens, quand ils sont aux prises avec l’autoritarisme, trouvent l’outil pour se défendre et se battre.

Combien de fois nous voyons ces maires et ces conseillers municipaux défiler pour défendre leurs concitoyens, qu’ils soient de droite comme de gauche face à des décisions iniques.

Saper la communalité, telle est le projet du réactionnaire Balladur qui drape son invention de révolutionnaire alors qu’elle est celle d’un retour à l’ancien régime.

Il y va également des grandes villes, départements et régions.

Des superstructures, une quinzaine de régions et quelques grandes et monstrueuses métropoles citadines, seraient maitres des politiques économiques et sociales et des budgets y afférents, raflant le fric à destination de priorité capitalistique.

Elles seraient l’outil et le petit chien du capital.

Derrière c’est tout le tissu démocratique qui serait touché.

Le pouvoir décisionnel étant remis à des pontifes aux ordres du pouvoir, européen demain.

C’est un pan de la démocratie qui s’écroulerait sous prétexte d’efficacité, ce qui n’est d’ailleurs pas prouvé, quand le pouvoir sera concentré sur quelques mentors vivant grassement sur le dos du peuple.

Pour le patronat, c’est un acte formidable, c’est la disparition de la taxe professionnelle : un nouveau et superbe cadeau du président de la république aux patrons.

Comment serait remplacée cette taxe ?

Lagarde, ministre des finances, esquisse déjà les solutions, et notamment de faire payer les contribuables par la TIPP et des taxes sur la pollution ainsi que sur les assurances et timidement sur la valeur ajoutée ;  n’oublions pas que la part de la valeur ajoutée distribuée aux salariés serait alors réduite d’autant ; on connaît les patrons pour se rattraper sur les salaires par de savants tours de passe passe.

Nous aurons alors des institutions représentatives vidées de leur contenu démocratique et attendant la manne que lui distribuerait le gouvernement selon leur capacité de se plier aux ordres.

Les communes et les régions et départements seraient des otages du pouvoir.

Un coup terrible leur serait porté.

Les citoyens ont toutes les raisons de ne pas se laisser abuser par le coté patte de velours de ces réformes qui émanent d’un état autoritaire aux ordres des multinationales et des banquiers.

 

Bernard LAMIRAND

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #politique

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