DARCOS ET LE FOUET
Publié le 18 Janvier 2009
DARCOS ET LE FOUET
En voyage d’études à Londres, le ministre DARCOS, visitant une école britannique a considéré, voyant les enfants vêtus uniformément, que l’uniforme pouvait être un facteur d’intégration. Je le cite :
«Si on n’appelle pas l’uniforme le retour à la blouse grise et que l’uniforme est sous forme d’un tee-shirt siglé qui signale l’appartenance à
l’établissement, je pense que ça a beaucoup d’avantages, ne serait-ce que parce que ça supprime les différences visibles de niveau social ou de fortune, et que ça met tous les élèves dans une
situation d’égalité les uns par rapport aux autres.»
La blouse, j’ai connu : avant la rentrée d’octobre, dans les années 48/50, ma mère nous amenait au marché du bourg où j’habitais, et devant l’étal nous essayons celle qui serait à notre taille.
Cette blouse grise, nous la portions toute l’année scolaire. Chaque semaine, elle passait à la lessiveuse et à l’amidon, et au fur et à mesure de son usure elle devenait toute blanche et se déchirait. Nous terminions souvent l’année scolaire avec des pièces raccommodées.
Même chose pour la tenue : les cheveux devaient être coupés à la brosse ; mais on nous disait que c’était pour éviter les poux nombreux à cette époque de l’après guerre.
Un coté disciplinaire quoi !
Cette volonté d’en revenir à cette époque montre bien le coté réactionnaire de ce ministre de « l’abêtissement scolaire ».
Il prend appui sur l’idée que l’on pourrait avoir pour chaque école son propre uniforme ; cela ressemble fortement à toutes ces écoles privées où c’est tout juste si les enfants on ne les ferait pas défiler au pas.
Une sorte de scoutisme.
Peut-être va-t-il bientôt nous proposer la prière avant de partir à la récréation.
Le pire nous vient dans sa démarche, de la visite qu’il a effectué dans les écoles anglaises qui ont une certaine réputation concernant leur passé sous l’ère victorienne. Il n’y a qu’à relire les œuvres de Charles Dickens sur ces pensionnats où les enfants étaient considérés comme des forçats et fouettés légalement. Eux aussi portaient la blouse comme on porte une camisole ou une tenue de bagnard et ils avaient droit aux sévices physiques.
Ah, c’est vrai, il ne veut plus de la blouse symbole d’un retour au passé mais d’un tee-shirt identique pour tout le monde.
Je plains les gamines et les gamins d’aujourd’hui qui veulent la liberté de choisir leur personnalité à travers des symboles, des habits, des godasses.
Etre soi-même, ce n’est pas être individualiste.
En fait, quand il nous parle d’égalité à travers l’uniforme c’est pour mieux cacher les inégalités entre les possédants qui peuvent se payer de bonnes études dans les écoles privées bien subventionnées et l’école publique qu’il sape et prive de moyens en personnel et en matériel.
Les enfants d’aujourd’hui ne sont plus ce que nous étions à notre époque ou notre sort scolaire se limitait au certificat d’études pour la plupart des enfants des familles modestes. L’éducation scolaire reflétait le contexte de l’époque. J’en ai d’ailleurs souffert car fils de d’ouvrier, j’ai eu à souffrir de ces méthodes qui reviennent de nous destiner qu’à un métier sans prétendre à nous ouvrir un horizon plus large.
Derrière la blouse ou le tee-shirt uniformisé se cache la remise en cause d’un enseignement qui donne à tous les enfants la possibilité d’être un homme, une femme, un citoyen, une citoyenne en toute connaissance de cause.
C’est la mise en place d’une école à plusieurs vitesses et j’ose dire une école pour les riches et une école pour les pauvres.
DARCOS GO HOME
Bernard LAMIRAND