NATIONALISER ARCELOR MITTAL

Publié le 2 Décembre 2008

ARCELOR MITTAL : TOUTES LES RAISONS DE RENATIONALISER CETTE ENTREPRISE

Je viens d’apprendre la décision de l’hindou Mittal de supprimer 9000 emplois dans le monde dont 1400 en France.
Les pouvoirs publics et la droite au pouvoir ne peuvent s’en laver les mains.
Ils sont les premiers responsables de cette nouvelle catastrophe humaine dans la sidérurgie en ayant confié cette entreprise à un dépeceur international.
Et je mets tous les gouvernements en faute lourde :  depuis Mauroy en 1981, en passant par Fabius puis Chirac et aujourd’hui Sarkozy, tous responsables de cette casse industrielle.
Un peu d’histoire est nécessaire.
Je rappellerai les batailles des sidérurgistes en 79 et en 84 pour le devenir de cette industrie.
Le gouvernement Barre, sous Giscard d’Estaing, avait été obligé en 1979 de prendre une participation majoritaire dans la sidérurgie française pour sauver les intérêts des maitres des forges qui s’en sont tirés à bon compte après avoir mis les entreprises dans la faillite.
La nationalisation des deux groupes Usinor et Sacilor en 1982 aurait pu être le moyen de sortir la sidérurgie française définitivement des griffes des financiers.
Cela n’a pas été le cas.
Les gouvernements successifs de gauche comme de droite se sont  contentés, à coup de centaines de milliards de francs, de supprimer les emplois et de fermer les usines dites non-rentables.
Ils ont ainsi sacrifiés Longwy et Denain et en même temps réduit les forces vives des autres usines.
Il fallait rendre les 2 entreprises présentables pour une reprise par les capitalistes afin que ceux-ci retrouvent des dividendes à deux chiffres.
La création d’Arcelor est le résultat de ces manœuvres financières : redonner aux actionnaires les clés de l’entreprise sidérurgique en avalant en plus des entreprises à l’étranger sur les conseils de la communauté européenne et de la communauté européenne du charbon et de l’acier dont on en a profité pour mettre un terme à son existence pour travaux finis.
Cette entreprise, Arcelor, était alors redevenue profitable pour le capital et les actionnaires s’en sont donné à cœur joie avec de copieux profits. Nous le devons à ce serviteur du capital que fut Francis Mer requis par Chirac pour diriger ce groupe.
Ce fut ensuite, dans le cadre du marché libre et non faussé, l’ouverture du capital à tous les requins de la finance, et Mittal s’ empara de cette entreprise avec à la clé une dizaine de milliards d’euros de profits chaque année à se distribuer comme butin.
Donc, la boucle a été bouclée, et nous en sommes revenus à ces maitres des forges « nouvelle manière », qui se servent allégrement dans les caisses au détriment de l’emploi et des hommes et des femmes qui créent les richesses.
La dernière prouesse nous vient de Sarkozy à Gandrange -où on allait voir ce qu’on allait voir-  qu’il aurait fait mordre la poussière au profiteur Mittal, le résultat n’a guère était brillant.
Tout cela démontre qu’il faut se sortir de ce marché capitaliste où l’on vend à l’encan à des flibustiers les fleurons de l’industrie et il serait bon, si Sarkozy est conséquent avec lui-même quand il dit défendre l’industrie française, de renationaliser la sidérurgie française et de maintenir les emplois et toutes les installations industrielles.
En fin de compte, on aura vu depuis la crise de la sidérurgie en 1979 que toutes ces circonvolutions auxquelles ont participé tantôt des gouvernements de droite ou tantôt des gouvernements de gauche : c’était de restaurer le profit.
La crise actuelle est d’un effet d’aubaine pour le maitre des forges Mittal : la faire payer aux travailleurs et en même temps anticiper pour surtout ne pas perdre de dividendes en 2009.
Alors il s’en prend à 9000 sidérurgistes qu’il veut éliminer des effectifs.
Alors, qu’attend Sarkozy et son gouvernement pour redonner à la nation ou à l’Europe une entreprise débarrassée des profiteurs.
Il ne s’agit pas de moraliser Mittal, il faut le rayer de la carte industrielle et économique.
Je préconise la reprise par les pouvoirs publics de l’ensemble du groupe ARCELOR-MITTAL et aucune indemnité à ce flibustier des temps du capitalisme mondialisé.
Et que Sarkozy s’engage immédiatement à aucune suppression d’emploi.

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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