L'ARNAQUE DES FONDS DE PENSIONS
Publié le 11 Octobre 2008
L’ARNAQUE DES FONDS DE PENSION RETRAITES
Une chose est certaine, Denis Kessler, ancien vice président du MEDEF et grand ponte des assurances privées, aura du mal à nous expliquer avec ce qui se passe aux Etats-Unis, qu’il faut mettre un terme aux retraites par répartition, système hérité dit-il des marxistes à la libération et dont il demandait à Sarkozy sa disparition.
Pauvre Kessler, encore une fois l’histoire t’aura fait un beau pied de nez.
Cette crise financière et ses répercussions sur les retraites par capitalisation aux Etats-Unis et dans les pays anglo-saxons aura eu comme résultante d’apporter la preuve qu’avec des régimes par répartition le risque est quasiment nul.
Ambroise Croizat, Ministre communiste et créateur de la sécurité sociale et des régimes de retraites solidaires, a donc eu raison de ne pas céder et d'imposer en 1945 un système garanti avec cotisations de l’entreprise et des salariés et de mettre un terme à la capitalisation qui existait avant guerre.
Merci, encore une fois Ambroise, de ne pas avoir céder et d’avoir appliqué les dispositions du conseil national de la résistance.
La crise financière est entrain de toucher de plein fouet, dans le monde, tous ceux qui ont cru que leur retraite pouvait se jouer à
la bourse en encaissant des dividendes et en oubliant que la bourse"c’était jouer sa retraite au casino".
Dans la presse américaine, le débat n’est plus seulement circonscrit à ces américains qui ont empruntés pour construire leur logement et qui ont dû quitter de gré ou de force leur logement, la controverse est maintenant vers la grande masse des travailleurs américains au sujet de l’avenir de leur retraite dans des fonds de pension où ils sont entrain de perdre gros.
Des articles de la presse américaine présentent comme une catastrophe ce qui est entrain de se produire pour les futurs retraités et les retraités : les fonds auxquels ils ont souscrit ont perdu plus de 30% de leur valeur.
Cette presse spécialisée souligne que d’or et déjà certains de ces fonds, très connus, seront mis en faillite avant peu.
Des millions de retraités américains et anglais vont donc se retrouver « gros-jean comme devant» et sans le sou.
Ces fonds de pensions, depuis les années Reagan et Thatcher, se sont développés et répandus dans toute l’Europe et notamment dans les anciens pays socialistes.
Il serait salutaire d’en savoir un peu plus sur l’état de ces fonds et si le virus des actions véreuses ne les a pas atteint comme aux Etats-Unis.
Cette remarque vaut aussi pour la France où le fond de réserve, mis en place par Jospin, aurait perdu déjà plus de 20 % de sa valeur.
Vous remarquerez la discrétion à ce sujet autant à gauche qu’à droite.
Concernant les retraites complémentaires, il serait utile de vérifier où notre argent est placé. Il y a plus de 50 milliards d’euros en fonds de réserve à l’Arcoo ; une étude de 2006 faisait état d’un placement en obligations de 60% et en actions de 40 %.
Ce dernier chiffre est inquiétant, et pour l’instant, aucune indication n’est donnée sur la valeur des actions souscrites. Or, la bourse de Paris, le CAC 40, ont décroché autant sinon plus que les autres places boursières.
Quelle est la valeur actuelle de nos réserves AGIRC et ARCOO, voilà une question iconoclaste.
Une question à poser au Medef et aux syndicalistes réformistes qui gèrent ces caisses depuis le début et ont organisé la baisse des prestations à travers des accords Arcoo et Agirc.
Les 50 milliards d’euros accumulés sont le fruit amer de ces reculades en niveau de retraites complémentaires pour les retraités qui perdent chaque année du pouvoir d’achat.
Oui, il y a des moments où il faut se rappeler des batailles menées par la classe ouvrière pour imposer des garanties.
La sécurité sociale, heureusement que nous l’avons en ce moment, malgré les coupes sombres et les attaques qu’elle subit ; nous devrions ériger en héros ces hommes et ces femmes qui ont imposés à la libération la plus belle conquête du monde du travail.
Ce bien précieux, défendons-le, face à ces requins de la finance.
Les travailleurs américains, aujourd’hui, nous l’envie.
Alors le 16 octobre soyons nombreux dans toutes les grandes villes de France avec les retraités car ce gouvernement est toujours décidé à s’attaquer à nos retraites et à renflouer les actionnaires en diminuant le niveau des retraites et en retardant l’âge de la retraite.
Vive la répartition, à bas la capitalisation.
Bernard LAMIRAND