DOMINANTS ET DOMINES

Publié le 8 Septembre 2008


Cette dénomination employée dans la base commune m’interroge. On se croirait chez « les psy »  ou dans l’étude des rapports entre animaux.

On peut se poser cette question : pourquoi  n’est pas bien précisé qui est dominant et qui est dominé.

Certes le texte l’esquisse sans bien mettre l’accent dessus mais avec une particularité : celle de faire une différence entre capitalistes ;  et je cite :

« Pourtant la domination du capitalisme mondialisé est le fait d’une classe sociale, celle des grands capitalistes, (en gras par moi) qui a conscience d’elle-même, et qui exerce son pouvoir sur l’immense majorité par des choix politiques.

Face à elle, il ne s’agit donc pas de courir après la « conscience de classe » telle qu’elle s’exprimait dans la culture ouvrière d’antan, en donnant à la lutte des classes son contenu contemporain, nous voulons aider à construire l’unité de toutes celles et ceux qui ont intérêt à s’émanciper des dominations actuelles, la conscience de leur intérêt commun à partir de leurs différences de situation – ouvriers, techniciens, employés ou cadres, femmes et hommes salariés de toutes catégories, précaires, intellectuels, travailleurs sans papiers, sans-emploi, paysans, étudiants, retraités – »…

Michel Simon, Sociologue et communiste, dans sa contribution nous dit : La « conscience de classe » ne passe-t-elle pas d’abord par la conscience de la réalité de cette classe là et de sa capacité de nuisance ? Ne faut-il pas mettre mieux en lumière l’ampleur des prélèvements qu’elle opère, collectivement et individuellement, sur les richesses créées par le travail collectif et, partant du vécu, rendre sensible la logique mortifère qu’elle imprime à l’ensemble de la vie sociale ?...

Je commente : Peut-on considérer qu’il y a que les grands capitalistes qui emploient cette logique et ce serait nouveau en termes marxistes -d’exclure ou de rendre marginal- de l’exploitation, une partie importante de ce que l’on appelle les petites et moyennes entreprises industrielles et financières ou de services qui comme chacun sait ne sont que des rouages du système capitaliste.

Puis :

« Sur l’autre versant, la « classe productive », que Marx dans les Considérants ne réduit pas au seul salariat (pas plus d’ailleurs que dans le Capital), n’est plus non plus celle d’hier. Pour autant, nier ses différenciations internes, et perdre de vue le cumul de nuisances que subissent, plus que d’autres, les catégories ouvrières et populaires (employés et ouvriers représentent ensemble au moins 55% de la population) n’est soutenable ni en termes de connaissance, ni en termes d’action. En même temps, sous des formes et à des degrés très divers, les autres couches et catégories qui constituent la très grande majorité de notre peuple subissent le laminage évoqué plus haut dans leur situation matérielle, leurs droits et, ce qui n’est pas secondaire, l’idée que les intéressés se font du sens de leur mission. Ces facteurs objectifs de rapprochements ne sauraient masquer les différences et contradictions potentielles entre groupes et individus, induites par leurs positions respectives dans le système complexe des classes et stratifications sociales. Types et vécus de travail, revenus, patrimoines, statut (« indépendant » ou salarié), position hiérarchique, diplômes, chances scolaires des enfants (d’où la question centrale de l’école), possibilité de choisir sa résidence (versus relégation territoriale), goûts et modes de vie, reconnaissance sociale… Plutôt que de vouloir tout englober dans une « classe salariale » (ce qui, de plus, ne tient pas compte des clivages et proximités réels), ne faut-il pas partir de cette diversité pour contribuer à l’émergence de rassemblements pour de nouvelles avancées émancipatrices, où chacun trouve concrètement son compte, en fonction de ses intérêts, aspirations et urgences propres ? Identifier clairement l’adversaire, ne pas se tromper d’ennemi et mesurer les possibles en sont les conditions indissociables. »

Je pense que Michel Simon met le doigt sur la réalité de l’exploitation d’aujourd’hui et des possibilités d’union auxquelles les communistes peuvent jouer un rôle d’entraînement à condition, je le pense, que soit identifiée, non pas une classe salariale, mais cette nouvelle classe d’exploités (es) et donc je ne changerai en rien le mot exploité pour le remplacer par le mot dominé pour tous ceux qui participent à la création de richesses par le travail. J’entends bien ne pas ignorer par classe productive celle des non salariés mais cela ne peut se résumer qu’à ces petits producteurs agricoles, ces pêcheurs, ces personnes indépendantes qui s’occupent des personnes âgées et cela ne veut pas dire que l’on y mettrait des petites et moyennes entreprises, même si elles sont sous la coupe des grands donneurs d’ordres que sont les multinationales.

J’insiste parce que je remarque que le document se borne à viser une classe capitaliste particulière : les grandes entités industrielles et financières.

Cela n’est pas acceptable à un communiste adepte de la pensée Marx.

Par contre dans le document, l’affirmation de la nécessité de redonner tous son sens au communisme et à ce parti m’apparaît juste face à ceux qui actuellement déraillent au point de de se contenter d’un tri entre bon capitaliste et mauvais où encore cherchant une pureté messiannique.

Je pense que les communistes vont profondément modifier ce texte pour transformer ce PCF au moment où d’autres dans le crépuscule « des anti ceci et des anticela » n’ont aucune recherche pour placer les exploités en situation de se battre pour créer du communisme dans la vie de tous les jours et dans le système lui-même, en le contredisant par dans de nouvelles conquêtes collectives et l’unité.

C'est une première réaction de ma part; je pense, en plus, que ce document de base commune devrait être davantage communiste qu'il ne l'est, et je sens toujours cette approche plus marquée vers la gauche, la gauche, la gauche, certes nécessaire, mais qui peut s'examiner dans d'autres documents.

Le passage "jeunes" me semble anecdotique.Si on veut avoir les jeunes au PCF il faudra une autre teneur pour les faire réver communiste.

Bernard LAMIRAND

 

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #communisme

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