BESANCENOT EST LANCE…
Publié le 11 Mai 2008
BESANCENOT EST LANCE…
Je m’étais promis de ne pas faire de blog concernant la venue chez Drucker de la nouvelle vedette Besancenot appelée à remplacer celle qui n’a que trop servie : Arlette Laguiller.
Tout simplement parce que cette pipolisation d’hommes et de femmes politiques m’agace et me fatigue.
Il faut dire que pour le venue du « jeunôt » à antenne2, celui qui lave plus rouge que rouge, la deuxième chaîne avait mis le paquet, allant jusqu’à déplacer Drucker en Allemagne pour recueillir un interview de Ribéry et Seignolle les deux vedettes du club de foot de Munich.
Néanmoins, je me suis dis, qu’il avait lui aussi le droit de manifester son opinion et ses objectifs politiques, quand on voit tous les jours les passages répétés des habitués de droite et du PS que j’ai baptisé depuis longtemps « les batteurs d’estrade ».
J’étais donc dans de bonnes dispositions et voulait me faire une opinion.
J’ai donc regardé et écouté attentivement la prestation télévisuelle de Besancenot avec l’ami cycliste de Sarkozy et de Virenque.
Je voulais surtout me faire une idée, non pas du personnage mais de ce qui l’habitait comme fond politique.
Hélas, je n’ai trouvé qu’un contestataire surfant sur les misères du monde salarié et attrapant tous les mécontentements du moment qui ne sont pas rien, j’en conviens. Toujours très soft, je me suis dit : « c’est de bonne guerre ; il parle pour sa paroisse ! ».
Mais je voulais l’entendre sur autre chose, l’unité pour blackbouler toute cette politique néfaste aux travailleurs et de proposer des solutions progressistes.
Rien ou presque rien !
Point de réponse satisfaisante, sinon qu’une révolution dont il a du mal à préciser les contours et la date : je plaisante...
J’ai donc été édifié : son discours sous une cape anticapitaliste visait uniquement la façon dont il allait faire son marché pour rafler les mécontents.
A aucun moment, je n’ai senti, chez ce jeune politicien, le désir de participer à une œuvre commune de transformation de la société capitaliste et libérale en une société communiste et de nous définir les voies et les actes pour y parvenir.
Pourtant, c’est là que l’on voit « le maçon au pied du mur » quand on veut construire une force dite « anticapitaliste ».
L’anticapitaliste, lancé à pleine brassée, m’est alors apparu comme un slogan de campagne pour créer son nouveau parti et en rajouter à la confusion déjà en cours au PCF où certains envisagent pour les uns de créer un nouveau parti de gauche communiste et les autres un parti satellite du PS pour le maintenir ancré à gauche.
Peut-être que tout ce beau monde se retrouvera un de ces jours dans une formation type « Arc-en-ciel italienne » dont on a vu les résultats aux élections en Italie.
Je me suis posé une autre question : Que voulait-il démontrer en invitant Ferrat qui nous a chanté « la France » ? On se serait cru à un grand rassemblement du parti communiste français. Un peu de nostalgie, cela ne fait pas de mal quand on veut faire de la récup.
A aucun moment, il n’a fait référence aux autres organisations qui se réclament de la lutte pour le dépassement du capitalisme, notamment le parti communiste "connais pas ".
Marie George Buffet qui lui avait fait une place d’honneur dans ses meetings et ses passages à la télévision lors du référendum européen pourra apprécier la désinvolture.
Cette émission avait à mon avis un but particulier, lancer Besancenot comme naguère la bourgeoisie avait lancé Laguiller pour empêcher toute perspective de retour d’une gauche ancrée à gauche.
Ce parti anticapitaliste ne semble pas beaucoup se différencier des vieux discours trotskiste.
Devant tous ces jeux politiciens, nous avons besoin plus que jamais d’un PCF fort pour une vraie alternative à gauche.
Babeuf 42