LA SECURITE SOCIALE REMPLACE L’APPELLATION « LA RETRAITE SOLIDAIRE PAR L’ASSURANCE RETRAITE ».
Publié le 23 Février 2008
LA SECURITE SOCIALE REMPLACE L’APPELLATION « LA RETRAITE SOLIDAIRE PAR L’ASSURANCE RETRAITE ».
Un camarade, cet après midi, Michel Roger (il ne m’en voudra pas si je cite son nom), me faisait remarquer que la notice que chaque retraité reçoit en ce moment, pour déclarer les revenus 2007, était avec un autre en-tête que celui de l’année précédente.
Les années précédentes, vérifiez… l’appellation du bulletin était « CNAV-Retraite solidaire » à gauche et sur le coté droit : « CRAM nord PICARDIE » pour ceux habitant le nord de la France.
A cette notice était joint un bulletin dont l’édito révélait le changement, je cite : « A l’aube du rendez-vous de 2008, la retraite de la sécurité sociale se prépare à de nouvelles adaptations qui requièrent plus de transparence, de lisibilité. Aussi a-t-elle décidé d’adopter un nom tout simple : « L’Assurance Retraite ».Celui-ci se fonde sur notre mission d’assurance sociale, qui est de garantir à chaque salarié le versement futur d’une retraite à laquelle il a droit, illustrant ainsi nos valeurs : efficacité, durabilité, solidarité ».
Alors un simple changement de nom?
Je m’interroge.
Pourquoi un tel changement et cette insistance à parler d’assurances retraites ?
Le terme n’est pas anodin, il nous renvoie à l’histoire des retraites et pensions de ce pays.
Il existait avant la sécurité sociale un système d’assurances sociales dont les vieux de l’époque, on le appelait comme cela, avaient eu à pâtir ; et c’est le Conseil national de la résistance qui, dans son programme, a mis en avant l’idée d’une retraite solidaire et par répartition que nous connaissons aujourd’hui et qui s’est construit avec un ministre communiste Ambroise Croizat de 1945 à 1947.
Ce changement d’appellation appelle d’autres remarques et en particulier sur la disparition au fronton du bulletin de ce que l’on pourrait considérer comme l’emblème « la Retraite Solidaire remplacée par l’Assurance Retraite ».
Certes, on laisse apparaître dans l’édito, que la solidarité fait partie d’un tout ; en effet elle est située en troisième position après des slogans que nous connaissons bien et que le libéralisme emploie chaque jour pour casser : efficacité,durabilité.
On pourra me rétorquer que je m’attarde sur des « bricoles », comme on dit dans le Nord, mais je regrette, car l’éditorialiste emploie des expressions qui préparent ce que Sarkozy et Fillion trame en coulisse sur nouvelles remises en cause de notre système de retraite basé sur la répartition et la solidarité.
La durabilité par exemple, ce mot est à manier avec circonspection ; bien sûr, nous sommes attachés à la durabilité de notre système mais pour le libéralisme, cela peut vouloir dire autre chose et notamment d’affirmer une durabilité en reculant l’âge de la retraite et en réduisant le niveau des pensions.
Nous trouvons également dans ce bulletin des encouragement à reprendre une activité et on nous vante les dispositions prises en 1993 par Balladur et en 2003 par
Fillion pour mieux répartir les efforts sur l’ensemble des générations et une meilleure adéquation aux progrès de l’espérance de vie.
Ce n’est donc pas anodin ce changement car il place la bataille d’idées sur un retour aux assurances privées, à terme, que le mouvement ouvrier a combattu.
Le mot « Caisse » symbole de versement des actifs et des entreprises est ainsi rayé de la carte.
C’est, sans aucun doute pour préparer les esprits aux changements que le pouvoir et le Medef veulent entreprendre en 2008.
D’ailleurs, certains le disent tout haut, par exemple : Denis Kessler, l’ancien vice-président du Medef et Assureur privé, quand il dit qu’il faut en terminer avec le programme du conseil national de la résistance et tout ce que les communistes ont mis en place à cet époque.
Nous voilà prévenu.
A bon entendeur, non pas salut mais action.
Bernard LAMIRAND