Publié le 26 Juillet 2016

DAECH ET LE FASCISME : PAR ELISABETH ROUDINESCO

Société

attentats du 13 novembre 2015

Élisabeth roudinesco

Entretiens

Élisabeth Roudinesco « La déstabilisation de notre pays voulue par Daech passe par le fascisme »

Entretien réalisé par Dany Stive

Lundi, 16 Novembre, 2015

L'Humanité

Nicolas TAVERNIER/REA

Universitaire, historienne, psychanalyste, chercheuse associée au département d'histoire Paris VII Diderot Élisabeth Roudinesco considère que les Français vivent aujourd’hui dans un climat de peur, propice à l’épanouissement des haines. À cela, elle oppose la France de 1789, la laïcité et l’abandon d’un anti-intellectualisme rampant.

En tuant aveuglément, que cherchent ces islamistes ?

ÉLISABETH ROUDINESCO Ce qu’ils visent, c’est la déstabilisation de toutes les démocraties et cette déstabilisation passe par le fascisme. Daech est l’État-voyou par excellence, comme le définissait Derrida après le 11 septembre. Nous sommes passés d’une organisation ayant à sa tête Ben Laden à des barbares anonymes qui n’ont pas de visages. On assiste à une dissémination de ce terrorisme. L’idée que ça peut surgir dans n’importe quelle famille bien tranquille, par des brusques conversions, parce que l’identité y est fragile, est inquiétante. Le fanatisme sous toutes ses formes séduit des gens en errance, des gens désespérés, des gens qui ont des problèmes identitaires. Combattre ce phénomène est très difficile pour des États démocratiques qui ne sont pas en guerre.

Évidemment, ils cherchent à faire peur…

ÉLISABETH ROUDINESCO La mort aveugle, le fait de tirer partout à la kalachnikov provoquent la peur. C’est la pulsion de mort à l’état brut. Il faut un sacré engagement dans l’obscurantisme religieux pour en arriver là. Tout cela est fait pour semer la peur et ça réussit. D’autant que la France est aujourd’hui très fragilisée par la montée du lepénisme. Les autres populismes en Europe sont moins graves que ce que nous vivons en France. Parce qu’ici, quand on n’est pas à Valmy, on est à Vichy. On a des vieux démons qui s’appellent le vichysme, l’antisémitisme, le racisme, l’extrême droite. C’est un phénomène dangereux parce qu’il touche les classes populaires.

Comment combattre cette dérive ?

ÉLISABETH ROUDINESCO Je suis pour une réaction dure. Il faut défendre de façon nette les valeurs françaises de la laïcité. La défense des principes permet ensuite une souplesse dans l’application et une discussion dans les cas individuels. Il ne faut avoir aucune complaisance vis-à-vis des discours qui emploient le terme d’islamophobie. Si on veut réellement lutter contre le racisme, il faut être très clair vis-à-vis de l’islam radical. Oui, il faut lutter contre lui au nom des valeurs de la laïcité et de façon déterminée. Présenter l’islam comme «la religion des pauvres» n’interdit pas de la critiquer. Je préférerais qu’on combatte politiquement l’islamisme radical sans employer ce terme. On n’emploie plus les mots christianophobie ou judéophobie. Lutter contre le racisme, c’est intégrer les musulmans dans la laïcité. Ce qui se fait massivement. Les familles musulmanes s’intègrent bien plus que ce qu’on dit. Nous n’avons pas besoin du mot islamophobie pour combattre le radicalisme religieux. Je défends donc tous les caricaturistes de Charlie Hebdo – et nous avons la preuve aujourd’hui qu’il fallait bien être Charlie : oui, on a le droit de critiquer la religion dans ce pays. Les principes de la laïcité doivent être appliqués de façon stricte, c’est la meilleure façon de tolérer toutes les religions, qui relèvent du domaine privé. La laïcité française a fait ses preuves, il faut la défendre autant qu’on peut. Les islamistes radicaux ne sont pas un nouveau prolétariat qui aurait remplacé les damnés de la terre, non ! Les combattre, c’est la meilleure façon de combattre aussi l’extrême droite, qui est communautariste, raciste. La notion de « français de souche », l’appel aux racines, à l’ancrage dans le terroir, sont des ignominies : la France est un pays dans lequel nous sommes tous les héritiers d’immigrés.

Vous dénoncez fortement certains intellectuels sans cesse invités dans les médias…

ÉLISABETH ROUDINESCO Tous les polémistes d’extrême droite popularisés par la télévision font appel aux pires choses : l’apologie de Vichy par Éric Zemmour, c’est honteux ; l’apologie du terroir bien français contre le cosmopolitisme urbain par Onfray, les discours de Renaud Camus… Toutes ces thèses viennent de Maurras, même si tous ceux qui tiennent ces propos ne s’en rendent pas compte. Ce sont des gens intelligents qui ne devraient jamais tenir de tels discours. Tous défendent cette espèce de souverainisme, de nostalgie d’une France qui n’existe plus. La peur de la perte du père, de la perte de l’école… tout cela ne sont que des fantasmes. On ne perd rien, on change, on se transforme, ce qui n’est pas facile. Il faut maintenir les grands idéaux de la Révolution française : liberté, égalité, fraternité.

Sommes-nous dans une situation où la peur risque d’engendrer la haine ?

ÉLISABETH ROUDINESCO Le basculement de la peur vers la haine est palpable. La haine de l’étranger, la détestation des réfugiés… Il y a un désir inconscient de fascisme chez beaucoup de Français et chez beaucoup d’intellectuels. Regardez les publications aujourd’hui, le nombre de livres qui vomissent Foucault, Derrida, le structuralisme… On vomit les intellectuels des années 1970. On tourne en dérision tout ce qui a fait la grandeur intellectuelle de la France. C’est un climat qui favorise l’abjection, qui favorise la haine, qui valorise un retour à la vieille littérature d’extrême droite. Tous ces auteurs sont-ils conscients qu’ils flirtent avec les idées des Le Pen ? Nous sommes dans une période où l’inconscient s’énonce partout. Il y a dans notre pays un climat anti-intellectuel aujourd’hui. On part du principe que c’est trop compliqué, incompréhensible par le peuple… mais pas du tout ! J’espère qu’on va se réveiller.

(1) Auteure du Dictionnaire de la psychanalyse en France et de Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre (2014).

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 25 Juillet 2016

35 HEURES : CACHEZ CE RAPPORT QUE JE NE SAURAIS VOIR

LA LETTRE DE L'UGICT

Les 35 heures, les lois Aubry sont une question tellement polémique que la direction de l'Inspection Générale des Affaires Sociales a cru bon fin juin de censurer un rapport qui infirme bon nombre d'âneries assénées depuis des lustres par les gouvernements de tous bords et les libéraux les plus décomplexés. Du coup, ce rapport n'a pas été transmis au gouvernement qui se trouve opportunément délivré d'un sujet de fâcherie avec Pierre Gattaz.

Il est vrai qu'il est plus simple pour Manuel Valls d'aller déclarer sa flamme aux universités d'été du Medef que d'aller y défendre les lois Aubry. Mais cette censure n'a pas été du goût des inspecteurs de l'Igas dont certains ont choisi de faire fuiter ce rapport qui apporte enfin une réponse sur le nombre d'emplois créés par les lois Aubry. Les inspecteurs de l'Igas les chiffrent à 350 000 en quatre ans (1998-2002) et commentent : «Les arguments avancés pour contester ces créations d'emploi apparaissent fragiles. [...] S'agissant de l'effet négatif des lois Aubry sur la compétitivité, aucun élément ne permet de confirmer cette affirmation.» Voilà donc un pavé dans le jardin de Pierre Gattaz et un argument décisif pour engager une réflexion pour aller au-delà des 35 heures vers une RTT à 32 heures que préconisent la CGT...et l'Igas. La première proposition de ce rapport est en effet de mettre en place les 32h au volontariat dans les entreprises, en les finançant avec un redéploiement de 3% du montant du pacte de responsabilité. Ce rapport, à la suite du rapport parlementaire rendu fin 2015, démontre que des centaines de milliers d'emplois ont été créés entre 1998 et 2002 grâce aux 35 heures, ce qui justifie une nouvelle réduction du temps de travail pour créer davantage d'emplois.

On peut imaginer pourquoi ce document de 105 pages, est embarrassant. Il relance en effet le débat sur la RTT alors même que l'exécutif vient de tordre le bras de la représentation nationale afin d'imposer un texte, la loi Travail, qui va justement permettre de déroger par accord d'entreprise aux règles sur le temps de travail. Les inspecteurs de l'Igas enfoncent le clou en affirmant que «les politiques de réduction de la durée légale du travail permettent de créer, au moins à court terme, de l'emploi à condition de respecter des conditions strictes». Plusieurs recommandations des inspecteurs, qui n'ont pas signé nommément leur rapport en raison de son caractère «polémique», laissent penser que l'emploi se porterait mieux si l'on favorisait la réduction du temps de travail. Et notamment l'emploi des cadres... au sujet desquels les inspecteurs de l'Igas recommandent la mise en place d'accords permettant de ramener la durée de travail maximale des cadres à 44 heures par semaine assortie d'une aide de l'Etat contre la promesse d'embauches de cadres.

Voilà qui devrait nourrir les débats avec nos collègues dès cette rentrée. Mais en attendant, savourez donc, si ce n'est pas encore fait, les congés payés dont nous pouvons célébrer les 80 ans. Vous avez le droit de déconnecter, l@ Lettre prend ses quartiers d'été.

Publié le lundi, 25 juillet 2016 dans Billets de la semaine

35 HEURES : CACHEZ CE RAPPORT QUE JE NE SAURAIS VOIR

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 25 Juillet 2016

KARL MARX TRAVAILLANT ELABORANT SA GRANDE OEUVRE "LE CAPITAL"

KARL MARX TRAVAILLANT ELABORANT SA GRANDE OEUVRE "LE CAPITAL"

MARX : LA GENESE DU SYSTEME CAPITALISTE INDUSTRIEL (Extraits du capital livre 1)

Toujours important de chercher tout ce qui a engendré la situation actuelle, notre réel pour mieux l’affronter.

Marx nous renseigne ici sur la naissance du capitalisme industriel.

Je reprendrai que quelques extraits significatifs mais il est évident qu’il vaut mieux lire intrinsèquement le développement et l’étude approfondie que fait Karl Marx sur cette genèse.

Je vous engage, pour ceux et celles qui ne l’on pas encore fait, de lire ou relire le capital de Marx dans ces moments où le capitalisme intervient pour redresser son taux de profit en s’en prenant aux conquêtes sociales, notamment en France avec la loi El-Khomry.

Bernard LAMIRAND

EXTRAITS :

La genèse du capitalisme industriel ne s’accomplit pas petit à petit comme celle du fermier. Nul doute que maint chef de corporation, beaucoup d’artisans indépendants et même d’ouvriers salariés ne soient devenus d’abord des capitalistes en herbe, et que peu à peu, grâce à une exploitation toujours plus étendue du travail salarié, suivie d’une accumulation correspondante, ils ne soient enfin sortis de leur coquille, capitalistes de pied en cap…..

…. Karl Marx reprend alors une citation d’un écrivain anglais : « A présent …. il paye ( le capitaliste) au propriétaire foncier la rente, au travailleur, le salaire, au percepteur, l’impôt et la dime, et retient pour lui-même une forte portion du produit annuel du travail, en fait, la partie la plus grande et qui grandit encore jour par jour. Aujourd’hui le capitaliste peut être considéré comme propriétaire en première main de toute la richesse sociale, bien qu’aucune loi ne lui ait conféré de droit à cette propriété…. Ce changement dans la propriété a été effectué par l’usure … et le curieux de l’affaire c’est que les législateurs de toute l’Europe ont voulu empêché cela par des lois contre l’usure…. La puissance du capitalisme sur toute la richesse nationale implique une évolution radicale dans le droit de propriété ; et par quelle loi ou quelle série de lois a-t-elle été opérée ? ».

Marx indique alors : « l’auteur cité aurait dû se dire que les révolutions ne se font pas de par la loi ».

…. les différentes méthodes d’accumulation primitive que l’ère capitaliste fait éclore se partage d’abord, par ordre plus ou moins chronologique, le Portugal, l’Espagne, la Hollande, la France et l’Angleterre, jusqu’à ce que celle-ci les combine toutes, au dernier tiers du XVII siècle, dans un ensemble systématique, embrassant à la fois le régime colonial, le crédit public, la finance moderne et le système protectionniste. Quelques une de ces méthodes reposent sur l’emploi de la force brutale, mais toutes sans exception exploitent le pouvoir de l’état, la force concentrée et organisée de la société, afin de précipiter violemment le passage de l’ordre économique féodal à l’ordre économique capitaliste et d’abréger les phases de transition. Et, en effet, la force est l’accoucheuse toute vieille société en travail. La force est un agent économique…

… De grandes fortunes poussaient en vingt quatre heures comme des champignons ( Marx souligne la traite des noirs et le rôle des grandes compagnies hollandaises concernant le sel, l’opium, le bétel et autres denrées et des mines aux richesses inépuisables)…

… le sort des indigènes était naturellement le plus affreux dans les plantation destinées au seul commerce d’exportation, telles que les indes occidentales, et dans les pays riches et populeux telles que les Indes orientales et le Mexique, tombés entre les mains d’aventuriers européens, âpres à la curée….

… Dès leur naissance les grandes banques, affublées de titres nationaux n’étaient que des associations de spéculateurs privés s’établissant à coté des gouvernements et, grâce aux privilèges qu’ils obtenaient, à même de leur prêter de l’argent public. Aussi l’accumulation de la dette publique n’a -t-elle pas plus de gradimètre plus infaillible que la hausse successive des actions de ces banques, dont le développement intégral date de la fondation de la banque d’Angleterre, en 1694…

… Il faut avoir parcouru les écrits de ces temps là, ceux de Bolingbroke, par exemple, pour comprendre tout l’effet que produisit sur les contemporains l’apparition soudaine de cette engeance de bancocrates, financiers, rentiers, courtiers, agents de change, brasseurs d’affaires et loups-serviers.

Puis, après avoir montré le rôle de l’impôt dans la capitalisation de la richesse et l’expropriation des masses Marx en vint à la capitalisation industrielle.

J’en cite que quelques extraits : … Le système protectionniste fut le moyen artificiel de fabriquer des fabricants, d’exproprier les travailleurs indépendants, de convertir en capital les instruments et conditions matérielles de travail, d’abréger de vive force la transition du mode traditionnel de production au mode moderne. Les états européens se disputèrent la palme du protectionnisme et, une fois entrés au service des faiseurs de plus-value, ils ne se contentèrent pas de saigner à blanc leur propre peuple, indirectement par les droits protecteurs, directement par les primes d’exportation, les monopoles de vente intérieur, etc. …. la source enchantée d’où le capital primitif arrivait tout droit aux faiseurs , sous forme d’avance et même de don gratuit, y fut souvent le trésor public….

… Avec le développement de la production capitaliste pendant la période manufacturière, l’opinion publique européenne avait dépouillé son dernier lambeau de conscience et de pudeur…. et, jusqu’à nos jours, les notabilités de Liverpool ont chanté les vertus spécifiques du commerce d’esclaves, « lequel développe l’esprit d’entreprise jusqu’à la passion ( On l’entend à nouveau (Gattaz, Hollande, Valls et autres genre M. Le Pen, Sarkozy) forme des marins sans pareil et rapporte énormément d’argent ».Liverpool employait la traite 15 navires en 1730,53 en 1751,74 en 1760,96 en 1770 et 132 en 1792.

Dans le même temps que l’industrie cotonnière introduisait l’esclavage des enfants, aux Etats-Unis elle transformait le traitement plus ou moins patriarcal des noirs en un système d’exploitation mercantile. En somme, il fallait pour piédestal à l’esclavage dissimulé des salariés en Europe l’esclavage sans phrase dans le nouveau monde….

…. tantae molis erat « tant il était difficile » !Voilà de quel prix nous avons payé nos conquêtes ; voilà ce qu’il en a coûté pour dégager les « lois éternelles et naturelles » de la production capitaliste, pour consommer le divorce des travailleurs avec les conditions de travail, pour transformer celle-ci en capital, et la masse du peuple en salariés, en pauvres industrieux (labouring poor) chef d’œuvre de l’art , création sublime de l’histoire moderne. Si, d’après Augier, c’est « avec des taches naturelles de sang, sur une de ses faces », que « l’argent est venu au monde », le capital y arrive suant le sang et la boue par tous les pores.

Ce passage que j’ai pris dans le capital montre à quel point le capitalisme s’est servi et asservi la force de travail. Aujourd’hui dans d’autres conditions, n’est-ce-pas cela qu’il fait quand on observe la façon dont il se sert de la force de travail dans le monde où l’on retrouve toutes les facettes de son exploitation selon l’état des pays ( esclavage ancien ou dit moderne, précarité absolue du travail, salaire de subsistance etc.

* en abrégé Bernard Lamirand

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #Marx

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Publié le 23 Juillet 2016

Plein d'humour mais tellement vrai au moment où le prix de la force de travail est considéré comme une charge à réduire au besoin les plus élémentaires et encore.

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 21 Juillet 2016

CGT DECLARATION LOI TRAVAIL 49/3

Loi travail

Troisième 49.3 pour une adoption aux « forceps » !

mercredi 20 juillet 2016

Après un retour express au sénat le 19 juillet, le projet est de retour à l’assemblée pour clôturer un processus parlementaire sans débat. Sans surprise, le premier ministre vient d’annoncer le recours pour la troisième fois au 49.3.

Sondages après sondages, le rejet de cette loi régressive est massif et sans appel.

Dernier en date, le sondage Odoxa-FTI paru le 18 juillet, relève que 7 français sur 10 sont « mécontents de l’adoption définitive du projet de loi travail » et plus de la moitié d’entre eux « souhaite que les manifestations contre le texte se poursuivent ».

Dès le début le gouvernement a fait le choix de ne pas tenir compte des réelles attentes et besoins des salarié-es, et plus globalement de l’intérêt général.

Faisant fausse route dès le départ, il n’a eu de cesse de refuser le dialogue avec les organisations syndicales opposées au texte, ou encore de débattre avec les représentants élus de l’assemblée nationale.

Ce gouvernement n’a pas plus écouté celles et ceux qui se sont mobilisés, exprimés contre ce projet. Manifestations, grèves, blocages, pétitions, votations citoyennes, ont été menés et organisés de manière exemplaire, avec détermination et dans un objectif constructif.

Opposés à cette réforme régressive mais favorables à un réel projet social, un code du travail du XXIème siècle, la CGT continuera à mener cette bataille autant légitime que nécessaire.

Le gouvernement a perdu la bataille idéologique, a perdu tout crédit vis-à-vis de la population, et de surcroit à entamer les valeurs de notre République.

Notre responsabilité est bien de continuer à rassembler, à organiser, à impulser toute la force nécessaire pour en finir avec les régressions sociales et pour gagner de nouveaux droits.

C’est ce à quoi s’emploiera la CGT durant tout l’été en allant à la rencontre des salarié-e-s comme des vacancier-e-s et en proposant l’envoi au président de la République de cartes postales pour lui assurer qu’ils seront toujours mobilisés à la rentrée.

Rendez-vous le 15 septembre, pour la journée d’action interprofessionnelle décidée par l’intersyndicale.

Montreuil, le 20 juillet 2016

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #CGT

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Publié le 21 Juillet 2016

LES DEMAGOS Poème de Bernard LAMIRAND
Toutes sirènes hurlantes ils se fabriquent
Tout est bon décidément pour que passe leur démagogie
Ils savent prendre les chemins les plus obliques.
Rien ne leur fait peur pour que passe leur fantasmagorie

Nice est leur dernier terrain pour battre les estrades
La tuerie leur sert d’allégation pour vanter leurs mérites
Et pourtant cela ressemblent plus à une escapade
Vers l’olympe de leurs fallacieux émérites.

Chevaux de retour ils sont là refaisant le parcours du camion
Camion assassin dont ils entendent s’en faire une gloire
Pauvre gloriole de la stupidité humaine des caméléons
Et d’y mettre imprécations dans leur affreuse mangeoire.

Laideur et rage de les voir ce gratin honnis
Rien ne les répugne dans leur bassesse
Gouvernement et opposition pleins de vilainies
Rodent Promenade des anglais plein de rudesse.

Leurs baragouins frappent auditeurs sidérés
Tout est bon pour la route du pouvoir
Ils ont pour nom populiste et démago agglomérés
Flanqués de la fée carabosse pour placette et pourboire

Peuple de gauche réveille-toi
Jaurès Barbusse et autres républicains nos émules
Une pensée à vous fraternelle soyez notre voix
Mettons fin au carnaval de cette bande de crapules

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 20 Juillet 2016

Le commerce des armes

Le commerce des armes

LA PAIX DANS LE MONDE ET LE REFUS DE L'ETAT DE GUERRE

LA PAIX DANS LE MONDE

C’est peut-être de la naïveté d’y croire encore mais n’est-ce-pas la seule alternative vraie quand on voit ce qui se passe actuellement ?

Nous ne sommes plus dans cette période dite des trente glorieuses où un certain état des forces dissuadait de recourir à la guerre, même s’il y eut des conflits telles les luttes pour se libérer du colonialisme ou des guerres en Extrême orient (Corée et Vietnam) et à Cuba où l’on peut se rappeler que le monde a frôlé l’apocalypse.

Le fait que le monde était partagé en deux blocs, en pleine « guerre froide », la possession des armes nucléaires, les amenaient à la retenue et permettait de vivre dans un état de relative paix notamment en Europe même si les fusées étaient pointées de part et d’autres.

Les armements étaient dissuasifs mais oh combien dangereux pour le monde.

La fin de cet équilibre dit de terreur avec la disparition de l’URSS a changé la donne.

Certains s’en félicitaient pour dire qu’enfin la paix et le partage allait régner dans le monde et l’on dissertait volontiers sur la fin de l’histoire et la victoire finale du capitalisme.

Patatras…. le monde capitaliste, libéré de sa peur ancestrale du communisme, reprenait ses aises et ses méthodes, certes plus sophistiquées que du temps où il supportait avec entrain le nazisme et le fascisme pour empêcher la montée du communisme.

Il pouvait donc vaquer à ses occupations capitalistiques les plus rapaces, reprendre l’offensive pour relancer son taux de profit défaillant, frapper le monde du travail à travers toute la planète et ce sans barrières où frontières pour permettre à l’argent de circuler là où cela rapportera le plus et au dépens des populations.

La mise en concurrence des travailleurs sur toute la planète devenait l’olympe,- l’unique porte de sortie à une crise durable issue de la suraccumulation.

Un monde du travail qu’il fallait maitriser sur une grande échelle.

Il fallait pour cela recourir à des conflits qui lui assurent sa domination et son « immortalité » .

Le colonialisme ancien, la domination des peuple assujettis, les roitelets mis en place en Afrique n’y suffisaient plus, il fallait recourir à l’habituel tactique des guerres locales ou régionales et utiliser toutes leurs facettes permettant de s’accaparer des moyens de production et d’échanges.

Des régions considérées comme stratégiques valaient qu’elles soient sous l’ordre capitaliste néo- libéral.

Cela a été anticipé bien avant la finitude de l’URSS.

Dès la fin de la deuxième guerre mondiale, l’ordre capitaliste était prégnant, l’Occident avec la puissance des Etats-Unis, le permettait. Puis les conditions furent réunies avec la mise au pas au Moyen-Orient des velléités de libération des peuples arabes que propageait notamment Nasser et dont chacun se rappellera les événements du Canal de Suez, puis l’utilisation de l’Etat Israélien créé de toutes pièces comme porte -avion américain, pour empêcher les peuples de se libérer de l’étreinte coloniale dans tout le Moyen-Orient et jusqu’au Maghreb et la Palestine qu’Israël colonisera pour la cause.

L’occupation de la Palestine fut le ferment et la résultante d’un état de guerre permanent dans cette région et l’incendie se propagera ensuite à tout le Moyen-Orient où gisaient le pétrole et le gaz.

Le peuple palestinien en subit les conséquences et cette situation a évidemment des répercussions profondes quand un peuple est mis sous le boisseau de l’occupation.

Les violences actuelles que l’on ne peut que condamner en sont les contre-chocs et les répliques de ce qui s’est produit en Palestine.

Les guerres et les interventions, dans cette région, sous le prétexte de libérer ces pays des dictatures ( en fait, mises en place par les puissances coloniales), par les doctrines « des french-doctor » et de quelques philosophes anti-communistes, ont permis au fanatisme et l’obscurantisme de s’installer et d'y amener l'inhumanité.

Des pays furent complètement anéanties par le choix d’une stratégie d’affrontements et de guerres larvées ou officielles de puissances intervenantes dont la France et on vient de voir le premier ministre anglais Blair avouer sa forfaiture .

Nous pouvons observer les dégâts de ces guerres par ces politiciens.

C’est le cas de l’Irak, de la Syrie et de la Lybie.

Des états sous la garde de fer de l’OTAN dont le capital en a fait la force de police nécessaire pour garder la main dans cette région et ailleurs où cette organisation pointe ses fusées.

Dans cette situation conflictuelle, la France y a pris une part prépondérante. En Irak d’abord pour régler une première fois le compte de Saddam Hussein voulant s’emparer du pétrole du Koweït dont les grands majors du pétrole avait mis la main dessus. Puis elle louvoya sous un gouvernement de droite avec Villepin en se mettant en retrait voyant le rôle que voulait jouer l’OTAN sous la direction des américains.

La pire des choses vint avec Sarkozy et son intervention en Lybie. Celui-ci détruisit l’ensemble des structures politiques, administratives, militaires de ce pays, ce qui plongea immédiatement ce pays dans le chaos et permit avec les armes de mettre en place des mouvements islamiques violents, forces utiles pour que la région reste en déliquescence politique, pour permettre aux majors de continuer à piller le pétrole et le gaz et autres minerais y compris en Afrique.

On peut dire que l’état de guerre à laquelle on assiste est le résultante des politiques menées tant par les Etats-Unis, la Communauté Européenne, la France pour le bénéfice des grandes multinationales pour assurer leur prééminence.

L’Etat de guerre est ainsi proclamée comme quelque chose de naturel, de nécessaire, d’incontournable et cela dans une harmonie entre les forces de droite, extrême droite et la gauche sociale-libérale de Hollande et Valls.

Les exactions commises par les « fous de dieux » sont donc du pain bénis pour encore multiplier les interventions et surtout faire en sorte que les peuples soient incapables de reprendre la main.

L’OTAN, que la France a rejoint dans le commandement militaire, est devenu la force principale jouant le gendarme pour le capital et il n’y qu’a voir tous ces dirigeants réunis ensemble pour travailler ces derniers jours pour que la domination du monde ne leur échappe pas.

Les pays occidentaux montrent partout leurs dents, que ce soit en Europe et on l’a vu jusqu’à faire main basse sur l’Ukraine après avoir régler le compte de la Yougoslavie, sans oublier son implantation totale dans les pays de l’Est où les armements se dressent face à la Russie considérée comme le vilain canard devenu capitaliste mais qui refuse d’être la vassal des américains comme le sont les Européens avec la Communauté Européenne.

Le commerce des armes, les salons en tout genre, la dispersion de ces armes y compris à des mouvements comme ceux qui commettent des attentats créent partout des foyers de guerre et la dissémination des armes engendrent les pires méfaits.

La guerre, comme le disent Hollande et Valls flanqués De Sarkozy, Le Pen et consorts , il faut s’y habituer, nous sommes en état de guerre claironnent-ils en cœur : oui en état de guerre décrétée par le capitalisme dont tout porte à croire qu’il en a besoin pour assurer sa pérennité et empêcher les peuples de se libérer.

Le cliquetis des armes vient maintenant faire écho dans notre propre pays et les forces les plus réactionnaires se déchainent comme celles qui veulent aller jusqu’à demain à la guerre civile contre une partie de la population montrée du doigt.

C’est le plus terrible des schémas que certains envisagent même.

Allons nous revoir les milices de Pétain, au petit matin, faire des rafles ?

Ce qui vient de se passer à Nice est une aubaine pour eux pour tous les racistes, les xénophobes, les fauteurs de guerre et pour mettre en opposition des hommes et des femmes vivant ensemble depuis longtemps comme on vient de le voir dans des reportages télévisés où la haine du visage plus ou ;moins basané devient l’aubaine.

Il n’y à rien de plus pire que cela, de ressentiments les plus éculés, les plus terribles comme celui de la peau, la couleur et la race comme ils disent nous ramènent à des périodes sombres de notre histoire et de celle de l’Europe.

Honte à ces gens-là.

Nous devons les combattre avec l’olivier de la paix.

Il faut dans notre pays un grand appel pour la paix dans le monde et chez nous pour le vivre ensemble et pointer ceux qui en tirent les ficelles : le capitalisme le plus affreux en ce moment.

Créons en les conditions.

Le mouvement de la Paix organise le samedi 24 septembre des manifestations dans toute la France : faisons en sorte d’y être et de faire ce qu’il faut pour que les hommes de cette planète terre vivent en paix et ensemble et affrontent « les bêtes immondes » qui actuellement réapparaissent dans leurs habits noirs.

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 20 Juillet 2016

ATTENTAT DE NICE : PIERRE LAURENT PCF

LA DIGNITE CONTRE L'HORREUR
DECLARATION DE PIERRE LAURENT, SECRETAIRE NATIONAL DU PCF

►Cinq jours après la terrible tuerie de Nice, qui a vu les vies de 84 femmes, hommes et enfants fauchées et des centaines d'autres blessées ou marquées pour toujours, notre nation reste endeuillée et profondément choquée. Cette folie terroriste aveugle a plongé le pays dans un angoissant questionnement sur les motivations du meurtrier Mohamed Lahouij-Bouhlel et sur les moyens de faire face à la terreur que cherchent à imposer de tels actes

Au chagrin s'est mêlée depuis la colère devant les polémiques et les surenchères indécentes auxquelles se sont livrés sans recul nombre de responsables politiques


Dès le 15 juillet, le Parti communiste français a refusé ce manque de dignité en appelant à la solidarité et au respect des familles endeuillées, en demandant le temps nécessaire à l'enquête et à la réflexion pour évaluer les nouvelles mesures à prendre face au palier franchi dans l'horreur. D'autres, singulièrement à droite et à l'extrême droite, ont préféré faire assaut de déclarations irresponsables et de surenchères sans fondement. Oui, nous le redisons avec force, contre la marée nauséabonde de tous les démagogues, il va falloir raisonner, penser pour pouvoir agir mieux et plus efficacement contre la menace terroriste grandissante, contre la violence criminelle qui se pare d'alibis ou de mobiles religieux ou politiques, et contre les haines et les divisions.

Le gouvernement a décidé, sans débat, de prolonger l'état d'urgence, sous la pression de la droite et de l'extrême droite qui veulent durcir encore le régime d'exception.

Or, force est de constater que l'état d'urgence n'a pas permis d'éviter le carnage de Nice, dans une ville que les élus de droite ont faite laboratoire de leurs expérimentations sécuritaires.

Avant d'annoncer précipitamment sa prolongation, le président de la République venait de la déclarer inutile en indiquant que les lois récemment votées après son déclenchement permettaient de prendre le relais. Le risque s’accroît donc d'une dérive répressive sans efficacité pour la sécurité de nos concitoyen-ne-s, et d'une atteinte à nos libertés publiques fondamentales.

Nos groupes parlementaires ne voteront donc pas cette prolongation.

Nous appelons en revanche à une réorientation profonde de nos politiques nationales, européennes et internationales. La lutte contre l'action terroriste et l'insécurité du monde est inséparable de la reconstruction d'une nouvelle civilisation commune à toute l'humanité.

Riposter à la violence terroriste et au projet politique meurtrier et dictatorial de Daesh, par la seule voie militaire, par l'engagement de notre pays dans une logique de guerre aveugle, sans stratégie politique visant le retour de la paix et de la sécurité internationale est une grave erreur. Elle alimente la propagande de Daesh sur les esprits qu'il domine.

Tous les promoteurs et artisans de la logique de « guerre des civilisations », depuis Daesh jusqu'à ceux qui prétendent la combattre sur le même terrain, entraînent notre pays et l'humanité dans une voie sans issue.

Les communistes appellent à résister à cette logique meurtrière, à faire reculer ensemble les violences, les haines et les politiques de la peur.

Nous avons, ensemble, la capacité de rejeter le terrorisme et tout ce qui le nourrit, ici en France et ailleurs dans le monde où les guerres et le chaos qu'elles entraînent lui servent de terreau pour son développement.

La France doit enfin accepter de réviser en profondeur ses choix internationaux pour des évolutions de paix au Proche-Orient et en Afrique. Les peuples du Proche-Orient et d'Afrique y aspirent profondément ; ce sont eux et les forces démocratiques et pacifiques que la France doit soutenir avec ardeur.

Ici en France, il est temps de déclarer l'état d'urgence sociale afin de stopper les politiques d'austérité (baisse des dotations aux collectivités locales, suppression de services et de personnel) et de déployer des moyens sans précédent de présence de l’État et des services publics dans tous les territoires de la République.

Sécurité de proximité, éducation, santé publique, accompagnement psychiatrique, prévention, aide psychologique, lutte contre les violences faites aux femmes, contre les trafics mafieux… sont des priorités d'une urgence absolue

C'est seulement dans ce cadre nouveau que les efforts immenses faits par les services de sécurité, de police et de gendarmerie, dont il faut saluer le dévouement, trouveront leur pleine efficacité.

Au-delà, c'est un autre avenir de développement et de solidarité, un avenir d'humanité commune, qu'il faut mettre à l'ordre du jour, en France, en Europe et dans le monde. Nous ne voulons plus de ce monde de l'argent, des concurrences et des guerres, qui nourrit tous les égoïsmes et les racismes.

Contre le déferlement de haine et de démagogie qui ouvrent aujourd'hui la voie aux populismes en tous genres et aux extrêmes droites violentes et xénophobes, les communistes œuvreront sans relâche pour que notre peuple, et toutes celles et ceux qui ont choisi la France pour y vivre, puissent débattre sereinement et démocratiquement de ces enjeux majeurs.

2017 sera pour cela une année cruciale durant laquelle nous ne laisserons pas le débat politique se rouler dans la fange.

Notre pays mérite mieux, afin de construire un dialogue avec les forces démocratiques du monde pour une humanité de paix, d'égalité et de partage.

Pierre Laurent - Paris le 19 juillet 2016

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Publié le 20 Juillet 2016

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Publié le 18 Juillet 2016

AVASTIN : UNE AFFAIRE DE GROS SOUS

Je reproduis cet article paru ce jour dans le Parisien concernant la DMLA.

J'en sais quelque chose puisque je suis soigné pour cette maladie et je reçois des piqures à près de 1000 euros.

Je trouve scandaleux que le gouvernement n'ai pas encore réglé ce problème qui touche les finances de la Sécurité sociale et des mutuelles que nous payons avec nos cotisations.

Quand il s'agit de gros sous pour les grandes sociétés pharmaceutiques nous voyons que ce gouvernement est plus promptes à frapper les salariés et la loi El Khomry le démontre que de s'attaquer à ceux qui profitent sur le dos du monde du travail.

La Sécurité sociale doit redevenir l'affaire de tous les salariés et retraités.

Bernard LAMIRAND

Voici le texte paru ce jour....

Economie - Les ratés de l'Avastin, ou comment passer à côté de grosses économies

Le Parisien

Daniel RosenwegIl y a 1 heure

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Tout ça pour rien ? Les autorités de santé ont eu beau prendre le taureau par les cornes pour faciliter l'utilisation du très peu cher et très efficace médicament Avastin dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), les économies espérées ne sont toujours pas au rendez-vous.

Contre l'avis du fabricant, Roche, le ministère de la Santé a même lancé une procédure exceptionnelle de RTU (recommandation temporaire d'utilisation), indispensable pour les ophtalmologistes qui voudraient utiliser l'Avastin. Ce médicament n'a en effet pour l'instant été autorisé en France que dans le traitement du cancer. Objectif de cette bataille procédurale ? Imposer l'Avastin face au très coûteux et hégémonique Lucentis des laboratoires Roche commercialisé par Novartis.

Initialement, l'injection du Lucentis flirtait avec les 1 000 € quand l'Avastin ne revenait qu'à une cinquantaine d'euros. Efficace, le Lucentis est devenu le 4e médicament le plus remboursé par l'Assurance maladie : 318 M€ en 2014. C'est dire l'enjeu économique.

Une injection sur 600

Las. « Neuf mois après son instauration, la RTU Avastin n'est à ce jour que très peu utilisée, malgré les données rassurantes disponibles », note la Caisse nationale de l'assurance maladie dans son rapport annuel diffusé récemment. Selon le professeur Laurent Kodjikian, chef de service adjoint aux Hospices de Lyon et spécialiste du sujet, « au 30 avril dernier, sur 600 injections pratiquées, une seule contient de l'Avastin. C'est peu, c'est vrai ».

Manque de sécurité juridique

« Les leviers à mobiliser, poursuit le rapport de la Cnam, concernent à la fois les conditions pratiques de son utilisation, mais aussi l'adhésion des prescripteurs. » Une manière diplomatique de dénoncer un vrai ratage des autorités de santé.

En fait, le ver est dans la pomme. Rédigée par la Direction générale de la santé, sur la base des travaux de l'Agence nationale de sécurité du médicament, la RTU censée faciliter le recours à l'Avastin est aussi un formidable obstacle. « Cette recommandation temporaire d'utilisation précise que le recours à ce médicament doit être indispensable », explique le professeur Laurent Kodjikian, auteur d'une célèbre étude (Gefal) qui a montré les effets bénéfiques de l'Avastin contre la DMLA. Or, il n'est pas « indispensable » puisqu'il existe deux autres spécialités, le Lucentis et l'Eylea. « Comment expliquer au juge notre choix en cas de problème grave ? Il faut sécuriser juridiquement le recours à ce produit », insiste le spécialiste.

Contraintes techniques excessives

Egalement secrétaire général adjoint de la société française d'ophtalmologie, le professeurLaurent Kodjikian qualifie par ailleurs de « floues » et de « trop contraignantes » les précautions médicales imposées. Pour préparer les seringues, un appareillage aseptisant est nécessaire. Il coûte 100 000 € et devait être réservé exclusivement à l'Avastin ! « Les autorités viennent seulement de modifier le texte », lâche le médecin. Enfin, l'Avastin n'est disponible qu'à l'hôpital, où il nécessite une hospitalisation, alors que 80 % des cas de DMLA sont traités par la médecine de ville... Quant à l'adhésion des prescripteurs, les ophtalmologistes semblent prêts à favoriser cette molécule plus économique. Ils l'ont démontré le 8 mai lors de leur congrès en applaudissant massivement une consoeur qui réclamait haut et fort une simplification des procédures.

par Taboola par Taboola

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #SECURITE SOCIALE

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