Publié le 22 Mars 2012

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SONDAGE. Mélenchon devient le troisième homme

Créé le 22-03-2012 à 18h04 - Mis à jour à 18h44      6 réactions

Le Nouvel Observateur
Par Le Nouvel Observateur

Selon un sondage BVA, Jean-Luc Mélenchon est à 14% des intentions de vote. Il double Marine Le Pen et François Bayrou.

 
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La grande marche parisienne à l'appel du Front de Gauche, pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle a quitté la place de la Nation dimanche en début d'après-midi, a constaté une journaliste de l'AFP. (c) Afp

La grande marche parisienne à l'appel du Front de Gauche, pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle a quitté la place de la Nation dimanche en début d'après-midi, a constaté une journaliste de l'AFP. (c) Afp
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Le suspense n'aura guère duré. La rumeur d'un sondage plaçant Jean-Luc Mélenchon à la troisième place au premier tour de l'élection présidentielle s'est répandu sur la toile jeudi. Au bout de quelques minutes, Jean-Michel Aphatie, journaliste à RTL, a confirmé l'information :

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 22 Mars 2012

Interv 

 

index-copie-4J’ai plaisir à vous accueillir aujourd’hui à la Bourse du Travail de Montreuil pour ce meeting co-organisé avec nos amis de SOS RACISME. Je cèderai la parole dans un instant à Dominique SOPO, son Président.

Nous avons conçu cette rencontre comme un moment de rassemblement d’organisations et de personnalités qui, en ce jour de lutte contre le racisme et les discriminations, réaffirment leur détermination à défendre des valeurs humaines et républicaines trop souvent malmenées.

Bien sûr, nous n’imaginions pas le contexte si particulier dans lequel nous nous rencontrons ce soir.

Depuis plusieurs jours, le pays est plongé dans une atmosphère particulièrement pesante, générée par l’assassinat de plusieurs personnes, dont des enfants, issues de familles de confession juive.

Le premier sentiment est celui de la compassion à l’égard des familles endeuillées et de leurs proches.

Nous respecterons ensemble une minute de silence dans un instant.

Le deuxième sentiment est à l’inquiétude quant aux répercussions possibles que des crimes aussi odieux peuvent entraîner compte tenu des amalgames qu’il sont susceptibles d’alimenter dans cette période électorale.

Les forces antiracistes ont, à cet égard, une immense responsabilité à assumer pour porter un message d’espoir et de lutte contre toute forme de racisme, d’antisémitisme, qu’il soit criminel ou plus banal, dans l’entreprise comme dans la cité.

Nous avons l’habitude de dire que le racisme, ça se combat. Nous devons élever plus haut encore notre combat, contre la banalisation des idées qui portent en elles le racisme qui se masque désormais derrière le concept de « préférence nationale ».

La « préférence nationale, c’est l’organisation de la discrimination dans le travail, dans le logement, dans la vie sociale ! C’est la création de salariés de seconde ou de troisième zone ! La « préférence nationale » est contraire aux textes internationaux, elle est contraire aux fondements de notre République, elle est contraire aux valeurs fondatrices du syndicalisme et de notre CGT en particulier ! Nous la combattons de toutes nos forces.

Oui, le racisme, c’est d’abord un combat sur des valeurs.

Le syndicalisme a de nouveau été confronté à une volonté d’instrumentalisation de son action par le Front national. Nous avons réagi en 2011 à l’unisson pour affirmer que le thème de la préférence nationale est antinomique avec les valeurs de solidarité qui sont au fondement même du syndicalisme.

La CGT a publié un argumentaire et multiplié les rencontres à l’intention des militants pour combattre les thèses du Front national qui, comme dans d’autres pays d’Europe, prétend exploiter les peurs et les désarrois sociaux pour enfermer la société française dans un repli identitaire, liberticide, discriminatoire et raciste.

Il n’est pas excessif de comparer ce phénomène à la montée du fascisme dans les Années 30 en Europe. La crise économique et les dégâts sociaux qu’elle provoque est, et a toujours été, le terreau des mouvements xénophobes qui auront d’autant plus de succès si on ne s’attaque pas aux véritables causes de la crise du système capitaliste.

La banalisation du racisme et de formes plus ou moins subtiles de xénophobies à des fins électorales n’est ni l’apanage du Front national ni cantonnée à la France. Ce phénomène européen a connu en France des développements inquiétants ces dernières années.

Rappelons nous les scandaleuses expulsions de Roms en 2010 à la suite du discours de Grenoble du président de la République.

Plus près de nous, la surenchère nauséabonde autour des modes rituels d’abattage des bovins n’avait pas d’autre but que de rabattre les électeurs.

Je n’oublie pas les prétendus dangers pour notre République que créerait le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales !  Dans les entreprises, les salariés étrangers peuvent être élus comme DP ou comme membres des Comités d’entreprise. Cela ne pose évidemment de problème à aucun salarié.

Dans les villes, les salariés issus de l’Union européenne ont déjà le droit de vote aux élections locales. Cela ne pose pas non plus problème.

Cette banalisation du racisme à des fins électorales est moralement choquante. Elle est aussi politiquent dangereuse car, sous prétexte de disputer des voix au Front national, on ne fait que donner du crédit à ses thèses. Je relève que depuis ce matin, Marine Le Pen relance à grand fracas son offensive pour tenter d’imposer les thèmes de l’immigration, de la sécurité, de l’islam et de la peine de mort au centre de la campagne électorale.

Alors, assez de stigmatisation, assez de division !

La CGT est déterminée à poursuivre le combat de façon résolue et argumentée contre le racisme sous toutes ses formes, dans le travail comme dans la cité.

Nous combattons en fait pour l’unité des salariés. La frontière n’est pas entre « nationaux » et « mondialistes ». Elle est encore et toujours entre employeurs et salariés, quelle que soit l’origine ou la couleur de peau.

Avec 11 organisations syndicales et associatives, dont beaucoup sont présentes aujourd’hui, nous luttons pour la régularisation des travailleurs sans papiers. Je salue la présence ici de travailleurs enfin régularisés et d’autres pour lesquels le combat continue.

Ces travailleurs qui occupent des emplois en France, souvent dans des métiers difficiles, sont dans une situation, par définition, d’une extrême précarité.

Agir pour que leur situation soit régularisée, c’est mettre de l’ordre social et empêcher que des employeurs puissent faire du dumping social sur notre territoire. C’est mettre un terme à des situations humainement inacceptables. C’est un combat syndical pour la dignité.

C’est un combat difficile mais nous allons le poursuivre, avec d’autres organisations.

Notre combat antiraciste, c’est aussi celui contre les discriminations dont sont victimes les salariés, français pour la plupart, qui appartiennent à ce que l’on nomme bizarrement les « minorités visibles ». Faut-il être « blanc » pour être invisible ?

Accès au travail, reconnaissance des diplômes, déroulement de carrière, nous savons bien que rien n’est simple quand on n’est pas un « français de souche », comme dirait le Front national.

Les syndicats dans les entreprises sont de ce point de vue des points d’appui essentiels pour faire reculer ces discriminations.

Nous sommes prêts à travailler avec toutes les forces syndicales, associatives antiracistes pour faire avancer cette problématique. C’est un combat de longue haleine. Il doit être mené avec obstination pour qu’enfin l’égalité et la fraternité qui ornent les frontons de nos édifices publics retrouvent tout leur sens dans notre pays.

Encore une fois, bienvenue à toutes et à tous au siège de la CGT.

Que cette soirée contribue utilement au combat antiraciste.  ¢

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 21 Mars 2012

Retraites complémentaires ARRCO et AGIRC

Le Medef contraint de plier

Alors que le Medef envisageait de s’opposer à une revalorisation des valeurs de service des points ARRCO et AGIRC, abondée du différentiel entre inflation initialement prévue et inflation constatée en 2011, il a dû renoncer à ses intentions. La revalorisation sera bien de 2,3 % au lieu de 1,56 %.

Rappelons que c’est la CGT qui avait alerté publiquement sur ce risque et que d’autres organisations s’étaient ensuite alignées sur la position de la CGT, exigeant l’application du rattrapage intégral. La CGT se félicite de cette prise de position qui témoigne une fois de plus qu’unis, nous pouvons faire plier le Medef.

On peut s’étonner en revanche de ce qui commence à transpirer dans une certaine presse qui présenterait la CGT comme opposée à cette revalorisation. En fait, comme chacun le sait, la CGT a toujours défendu que la valeur de service du point devait être revalorisée comme le salaire moyen. Rappelons ici que ce salaire moyen, sur une longue période, évolue plus vite que les prix.

Compte tenu de cette position constante, la CGT a pris acte de la revalorisation de 2,3 %, ce qui est différent d’un vote « contre ». Il semblerait que certains n’aient pas apprécié que la CGT rende public les éléments de débat sur la revalorisation et voudraient en quelque sorte lui faire payer son attitude par des procédés peu glorieux.

La CGT ne déviera pas de sa ligne de conduite, consistant à informer les salariés et les retraités de tout ce qui se passe concernant leurs intérêts.Toute tentative de l’en dissuader sera vaine

Montreuil le 20 mars 2012

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 19 Mars 2012

 

Le contenu du traité Merkozy, la camisole de force pour les peuples!

 

 

L’austérité à marche forcée... 10 choses
que vous devez savoir sur le Pacte budgétaire

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le nouveau traité... Traduction maison de l’excellent article du Corporate Europe Observatory, « Automatic austerity », qui revient sur 10 éléments importants concernant le Pacte budgétaire.

 

L’austérité à marche forcée... 10 choses que vous devez savoir sur le Pacte budgétaire

 

Le 1er mars 2012, 25 chefs d’État et de gouvernements ont signé un nouveau traité [1], qui devrait entrer en vigueur au début de l’année 2013.

 

Ce Pacte budgétaire a été conçu dans l’urgence, et sous de très mauvais auspices : ses promoteurs avaient initialement prévu de l’adopter sous forme de modification des traités existants, mais le véto de la Grande-Bretagne, lors du Conseil européen du 9 décembre, les a obligés à créer un nouveau Traité ad hoc. Cette procédure permettait en outre une adoption plus « souple » et « simple », c’est-à-dire qu’elle garantissait moins d’« interférences » liées à tout débat public et démocratique, en adoptant un traité de l’Union européenne qui n’en était pas vraiment un.

 

Ce Pacte budgétaire a pour vocation à obliger les États signataires à appliquer des politiques budgétaires très strictes via un renforcement des règles et contrôles. Entre autres, les dénommés « déficits structurels » devront rester sous la limite de 0,5% du PIB. Si l’adoption du nouveau traité a été chaudement applaudie par le monde des affaires, et notamment la fédération patronale européenne BusinessEurope, elle a été dénoncée de manière univoque par les syndicats, et pour la première fois de son histoire, la Confédération européenne des syndicats (CES) s’est opposée à un traité européen.

 

Pourquoi maintenant ?

 

« Ce Traité rassure peut-être les amis politiques de la Chancelière Merkel, mais sûrement pas les millions de chômeurs, de travailleurs pauvres et précaires en Europe, qui attendent en vain un véritable soutien de la part des institutions européennes. C’est pourquoi nous y sommes opposés » a expliqué Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES [2].

 

La plupart des commentateurs et analystes s’accordent pour dire que ce traité ne va pas changer le cours de la crise de l’euro, et il n’a pas vocation à le faire. Il vise davantage à orienter les politiques économiques futures de l’Union européenne, ainsi qu’à donner des gages à l’électorat allemand. La Chancelière Angela Merkel a ainsi souhaité exprimer sa fermeté à l’égard des pays surendettés, et montrer que le co-financement du Mécanisme européen de stabilité (MES) sera assorti de strictes conditionnalités – de plans d’austérité drastiques – pour les Etats membres qui souhaiteraient en bénéficier.

 

Trois nouveautés

 

Une analyse rapide du nouveau traité peut donner l’impression qu’il s’agit tout au plus d’un ensemble de nouvelles règles et de mécanismes. Ce texte est en effet rempli de dispositifs qui visent à orienter les politiques économiques dans de nombreux domaines. Si l’on met de côté les déclarations d’autocongratulation sur les « réalisations » passées, la répétition des contrôles déjà prévus dans la législation européenne et les suites à donner à ce Pacte, il reste tout au plus trois nouveautés : une formalisation plus poussée des Sommets de la zone euro, des mécanismes d’intervention plus réactifs à l’égard des pays en déficits, ainsi que le fameux « frein à la dette », qui met en place de manière contraignante des règles pour réduire la dette et les déficits.

 

Dénouer l’enchevêtrement de ces mesures peut s’avérer compliqué. En fait, les principaux éléments de ce traité se résument en 10 points :

 

- 1. Un « traité pour l’austérité »

 

Voici l’aspect central de ce traité : l’obligation pour les États membres de durcir leurs politiques budgétaires – en réduisant voire évitant les déficits – de manière bien plus drastique que ce qui est prévu dans la législation européenne.

 

Le resserrement des politiques budgétaires n’est bien évidemment pas un élément nouveau des politiques européennes. Le Pacte de stabilité et de croissance (issu du traité de Maastricht), au cœur de l’Union économique et monétaire impose aux États membres de garder leurs déficits sous les 3% du PIB… Avec amendes à la clé, dans le cas des pays de la Zone euro. Dans un premier temps, les gouvernements en faute se voient attribuer un programme pour atteindre un budget équilibré. L’élément clé de ce « programme d’ajustement » est la réduction du « déficit structurel » (voir ci-après), l’objectif étant généralement d’atteindre un objectif de 0,5% du PIB en plusieurs années [3]. Le nouveau traité rend cet objectif obligatoire.

 

Qu’est-ce que le déficit structurel ?

 

Le déficit structurel est censé révéler un problème à moyen-terme dans le budget d’un État qui aurait des recettes insuffisantes et de dépenses trop importantes. Pour obtenir ce déficit, il faut soustraire au déficit annuel de l’État le déficit dû aux variations de l’économie (en temps de crise, les déficits s’accroissent de manière « automatique ») ainsi que les dépenses exceptionnelles des gouvernements, dépenses considérées comme « légitimes » dont la liste est établie. Ce déficit structurel est la base sur laquelle on considère qu’un État doit prendre des mesures pour couper dans les dépenses ou augmenter les taxes. Le « frein à la dette » vise à réduire ce déficit identifié comme cause structurelle d’endettement.

 

On peut ainsi calculer que si le traité était appliqué, les coupes budgétaires (ou hausses fiscales) se seraient avérées considérables : pour le moment, seuls 4 États membres font état d’un déficit en dessous du seuil « magique » de 3% (Luxembourg, Finlande, Suède, Estonie) [4]. Dans de nombreux pays, des mesures dramatiques devraient être prises. En Belgique, par exemple, où sur un déficit total de 4,6%, 4% sont considérés par la Commission comme « déficit structurel ». La Belgique devrait donc, selon le traité, réduire son déficit sous une barre de 1,1% (0,5% de déficit structurel + 0,6% de déficit non structurel).

 

A première vue, les États signataires ne sont pas directement contraints à prendre des mesures de réduction des dépenses sociales. Pourtant, « réduire le déficit structurel » présuppose ici des mesures bien particulières. Les recommandations de la Commission aux États membres sous les coups d’une procédure de déficit excessif – actuellement cela concerne 23 des 27 Etats membres – sont très claires : il faut couper dans les dépenses sociales pour diminuer le déficit structurel [5]. Une limite de 0,5% du déficit structurel va par ailleurs sérieusement réduire les options disponibles pour les gouvernements, notamment en situation de crise. Elle les empêchera de faire les investissements publics nécessaires pour répondre à la crise.

 

Enfin, il faut noter que le traité – ainsi que de nombreuses des règles et procédures européennes actuelles – met particulièrement l’accent sur les dépenses. Cela a été confirmé avec l’adoption du Pacte pour l’euro en mars 2011, qui explique de manière claire que l’« équilibre des finances publiques » présuppose des attaques contre les retraites, les dépenses de santé et allocations sociales [6].

 

- 2. Un pilotage automatique

 

Lorsque le « frein à la dette » n’est pas respecté par un gouvernement lors de l’adoption du budget national, des mécanismes au sein même de la législation nationale devraient déclencher des sanctions – suffisamment sérieuses pour remettre le gouvernement sur la voie d’une « réduction des déficits ».

 

Cela pose la question suivante : dans ce cas, qui va se charger de faire rentrer les gouvernements dans le rang, et comment ? Qui va poursuivre les gouvernements et les obliger à changer sa politique économique, et par quel biais ? Le traité nous donne quelques indices. La responsabilité pour définir les « principes communs » des règles budgétaires est dévolue à la Commission européenne, y compris les principes sur « l’indépendance des institutions responsables au niveau européen pour contrôler le respect strict des règles ». En d’autres termes, des instances indépendantes seront mises en place au niveau national, probablement composées d’experts et d’économistes, afin de veiller à l’application de la discipline budgétaire [7].

 

- 3. L’austérité à perpétuité

 

Aucune limite temporelle n’est prévue au renforcement des politiques budgétaires.

 

Le texte stipule en effet que les États membres doivent adopter des « dispositions à caractère contraignant, de préférence constitutionnelles, ou bien avec la garantie d’une application et d’une adhésion totale lors du processus d’adoption du budget national ». En d’autres termes, de manière permanente.

 

La préférence de l’Allemagne va pour la procédure constitutionnelle. L’Allemagne a récemment adopté une modification constitutionnelle qui s’apprête à forcer les gouvernements futurs à rester en dessous d’un déficit structurel de 0,35%. C’est ce type de mesure que la Chancelière Merkel souhaiterait voir appliquer dans les autres États membres. Il y a cependant d’autres possibilités, qui doivent néanmoins s’appliquer de manière permanente. Comme l’indiquait la Chancelière :

 

« Le frein à la dette va être contraignant et s’appliquer de manière permanente. Les règles ne doivent en aucun cas pouvoir être changées par une nouvelle majorité parlementaire. [8] »

 

Bien sûr, le texte stipule qu’il faut « respecter totalement les prérogatives des parlements nationaux », mais dans un tel contexte, cela sonne davantage comme un véritable pied-de-nez.

 

Dans certains pays, une modification de la constitution nécessite un referendum, et il s’agit là d’un scénario à éviter à tout prix pour les promoteurs du Pacte budgétaire. Une manière de faire cela, dans le cadre de ce nouveau traité européen qui n’en est pas un, serait de mettre en place une règle permanente, quasi-constitutionnelle, mais en dehors de la Constitution.

 

- 4. En cas de doute, la Cour européenne de justice aura le dernier mot

 

Que se passe-t-il si un État membre considère qu’un autre État membre n’a pas adopté de législation suffisamment contraignante pour mettre en œuvre les règles du traité ? Dans ce cas, le plaignant peut porter plainte auprès de la Cour de justice européenne. Cela peut s’avérer quelque peu surprenant : en effet, le rôle de la Cour de justice européenne est de s’assurer du respect de la législation européenne, pas de régler des différends entre États de manière générale ou sur la base de traités hors de l’Union européenne. Pourtant, la Cour de justice européenne pourra à ce titre imposer des amendes à hauteur de 0,1% du PIB.

 

Ce rôle clé dévolu à la Cour de justice européenne pourrait devenir très important dans le futur. Il permettra a tout État membre de porter plainte sur tout aspect de la mise en œuvre du traité dans un autre État membre.

 

- 5. Peu ou pas de flexibilité

 

Les signataires devront-ils ramener leur déficit structurel en dessous de 0,5% du PIB dès l’application du traité ?

 

Non, mais cela devra se faire rapidement. Le temps dévolu n’est pas encore clairement défini dans les propositions de la Commission. Dans leurs « efforts » pour réduire les déficits, les signataires auront exceptionnellement la possibilité de dévier du chemin étroit de l’austérité, dans le cas où ils feraient face à une récession ou croissance faible, à condition que cela ne mette pas en danger l’atteinte d’un « équilibre budgétaire à moyen terme ». La même exception figure lorsque l’objectif de 0,5% est atteint.

 

Cette exception reste néanmoins très floue, et pourrait ne jamais entrer en vigueur. La seule véritable disposition permettant une flexibilité concerne les États qui sont peu endettés, pour lesquels un déficit de 1% du PIB est toléré. Mais peu de signataires pourront profiter de cette exception dans les prochaines années [9]. Même en temps de crise, les signataires qui souhaiteraient mettre en place des politiques budgétaires ambitieuses et des investissements publics se verront opposer des obstacles importants. Il s’agit de tuer dans l’œuf toute tentative de réponse keynésienne à la crise, réponse qui a pourtant prouvé son efficacité dans le passé quand bien même elles auraient provoqué d’importants déficits.

 

« Quand tout va bien, de tels resserrement budgétaires sont inutiles. Quand tout va mal, ils ont des conséquences néfastes. Ce n’est pas un signe de mauvaise gestion que de présenter des déficits en temps de crise » comme l’explique l’économiste Jesper Jeffersen [10].

 

Ce traité s’apprête donc à graver dans le marbre une réponse à la crise qui s’avère inadaptée, et à faire en sorte que, en temps de crise, ce soient les dépenses publiques qui soient systématiquement désignées comme responsables – même si, comme c’est le cas aujourd’hui, les causes de la crise se trouvent davantage dans le fonctionnement du secteur privé.

 

Mauvais diagnostic… mauvais remèdes.

 

- 6. La méthode de calcul est biaisée, et stigmatise les dépenses sociales

 

Les détails du calcul du « déficit structurel » sont trop compliqués pour être compréhensibles et transparents vis-à-vis du grand public. En fait, il n’y a pas de consensus au plan international, ni même à l’échelle européenne, sur la méthode de calcul. Le FMI, l’OCDE, la Banque centrale européenne et la Commission européenne, chacun utilise sa propre approche.

 

Pourtant, la méthode utilisée joue un rôle crucial. Ce chiffre de 0,5% peut déterminer à maints égards l’avenir de nos droits sociaux. Déterminer si un État se trouve d’un côté ou de l’autre de ce seuil dépend dans une large mesure de la méthode de calcul.

 

Un exemple : en 2011, la Commission a calculé que le déficit structurel du Danemark était de 3%. Le gouvernement danois, quant à lui, a avancé le chiffre de 1%. Si c’était le chiffre de la Commission qui devait être utilisé, le pays devrait faire en termes d’efforts budgétaires le double des économies qu’il a réalisées en « réformant » son système de retraite (c’est-à-dire en réduisant les pensions).

 

Pour la Banque nationale danoise, et le Ministre des finances du Danemark, la méthode employée par le gouvernement reflète mieux la réalité de l’économie danoise, tandis que la méthode de la Commission comprend des biais à l’égard des pays qui disposent d’une importante protection sociale [11]. Pourtant, c’est bien la Commission qui sera en charge des principes communs de calculs des déficits structurels, et il y a fort à parier qu’elle propose les mêmes méthodes qu’elle utilise actuellement.

 

Les méthodes employées par un État pourront par ailleurs être portées devant la Cour de justice européenne si elles sont considérées comme inadaptées. Là encore, tout porte à croire que la Cour soutiendra les méthodes employées par la Commission depuis des années. Ainsi les méthodes nationales de calcul risquent de ne pas faire long-feu : la Commission devrait faire de l’adoption de règles uniformes une priorité ; ces règles pourraient s’avérer un outil politique de premier choix pour imposer la discipline budgétaire.

 

- 7. Il s’agit d’un outil politique – les calculs sont peu fiables, voire dangereux

 

La Commission aura donc un rôle considérable vis-à-vis de l’établissement de ces règles de calcul. Elle a pourtant, à plusieurs occasions, fait preuve d’une certaine forme de partialité dans ses fameux calculs. Le cas de l’Irlande est particulièrement parlant : fin 2008, la Commission avait ainsi prévu de très bonnes perspectives pour l’économie irlandaise, qui s’est pourtant effondrée en 2009. Plus étonnants, sans doute, sont les calculs que la Commission a réalisés après l’arrivée de la crise. Selon ces calculs, l’Irlande, qui subit actuellement une crise économique majeure, serait pourtant proche d’un optimum de performance [12].

 

On se doute bien que la Commission ne dispose pas de boule de cristal. Et quand bien même, le calcul du « déficit structurel » comporte tant d’impondérables [13] que cet indicateur n’est pas vraiment pertinent pour juger de l’état d’une économie. Dans le cadre du Pacte budgétaire, il est davantage utilisé comme un outil pour jeter l’opprobre sur les dépenses publiques comme des maux, et pousser les États à réformer leurs économies.

 

- 8. La zone euro est aux manettes

 

Au-delà du « frein à la dette », le traité comporte deux sections importantes.

 

La première reprend la décision prise en octobre de tenir deux sommets la zone euro par an. Ces sommets seront présidés par un nouveau président du sommet de la zone euro qui sera « désigné par les chefs d’État et de gouvernements des parties contractantes dont la monnaie est l’euro à la majorité simple, en même temps que le Conseil européen élit son Président, et pour la même durée ».

 

Cette partie du traité a prêté à controverse, en effet plusieurs pays en dehors de la zone euro, la Pologne en tête, ont exprimé leurs craintes que les décisions importantes soient prises au sein du club de l’euro (à la majorité qualifiée), club duquel ils seraient écartés. Le traité prévoit en l’occurrence que les pays hors de la zone euro puissent assister aux Sommets comme participants, ainsi que la tenue d’un Sommet des signataires du Pacte budgétaire.

 

- 9. Soumission et mise à l’amende des pays en déficit

 

La seconde section concerne les règles à l’égard des pays en déficits, qui sont elles aussi modifiées. Dans le cadre des traités européens, il existe une « procédure de déficit excessif » qui vise à obliger les États membres à rester sous le seuil de 3% de déficit. Cette procédure comprend plusieurs étapes : tout d’abord, la décision de lancer la procédure doit être prise par Conseil européen sur proposition de la Commission, puis l’État membre concerné doit produire un rapport sur les mesures qu’il considère de prendre pour résorber le déficit, enfin en cas d’absence de résultats, il peut recevoir un avertissement ou une amende s’il appartient à la zone euro.

 

Cette procédure est considérablement renforcée avec le Pacte budgétaire. En effet, les décisions seront désormais prises à la « majorité inversée », y compris pour le lancement de la procédure. Le traité prévoit en effet qu’il faudra une majorité qualifiée des membres de la zone euro pour s’opposer au lancement des poursuites contre un État membre.

 

Aujourd’hui, seuls quatre membres de la zone euro ne sont pas sous le coup d’une procédure de déficit excessif [14], mais le mode de vote rendait la procédure lente voire la bloquait. La majorité qualifiée étant difficile à obtenir, ce sera désormais plus simple d’infliger des amendes. En 2011, la France s’était opposée à la majorité inversée… Ce sera désormais la règle avec le nouveau traité.

 

- 10. Le traité va entrer dans la législation européenne

 

Le traité n’est pas un traité européen. Pourtant, il donne des tâches et responsabilités très importantes à la Commission, et confère à la Cour de justice européenne un pouvoir considérable. Il est néanmoins prévu qu’il intègre, d’ici 5 ans, la législation européenne. Vu l’état des discussions, ce scénario est tout à fait probable. La République Tchèque et le Royaume-Uni ne sont pour le moment pas signataires, mais des arrangements sont en bonne voie d’être trouvés, et le Royaume-Uni pourrait bien bénéficier d’exemptions à certaines clauses dans le cadre d’un traité de l’UE.

 

Un danger pour la société et la démocratie

 

D’ici à ce qu’il soit intégré à la législation européenne, cela ne fera pas de différence. Le vrai changement sera sur le court-terme. Déjà l’an dernier, les règles concernant la surveillance des budgets en déficit ont été considérablement renforcées, avec un resserrement des délais, des exigences plus pressantes et plus contraignantes pour la mise en place de mesures d’austérité, des amendes plus élevées… Avec le Pacte pour l’euro et les réformes de la gouvernance économique (« six-pack »), cette tendance s’est accrue. Le « traité d’austérité » resserre un cran de plus les vis d’un édifice institutionnel complexe qui fait de l’austérité l’alpha et l’oméga des politiques économiques européennes… Et qui s’apprête à heurter de plein fouet les droits sociaux et la protection sociale.

 

Néanmoins, tout n’est pas encore joué. Le fait que 25 chefs d’État et de gouvernement aient paraphé le texte ne signifie pas que tout est terminé. Pour commencer, le traité doit être ratifié, et malgré le fait qu’il ait été tout particulièrement pensé pour éviter de susciter le débat démocratique, le gouvernement irlandais a d’ores et déjà été forcé de tenir à un référendum en fin d’année. Et quand bien même il serait ratifié et mis en œuvre, ce traité sera sans doute la cible d’une résistance sociale massive, lorsque ses conséquences deviendront claires.

 

Corporate Europe Observatory, Mars 2012

Traduction par Frédéric Lemaire

[1] Pacte budgétaire, ou Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union économique et monétaire » T, http://www.european-council.europa....

[2] Communiqué de presse de la CES, 31 janvier 2012, http://etuc.org/a/9605

[3] Réglement 1466/97, article 5,http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ...

[4] Statistiques Eurostat, http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tg...

[5] European Economy, Occassional Papers 65, 2010, http://ec.europa.eu/economy_finance...

[6] Pacte Europlus, page 19 des conclusions du Conseil, 24, 25 mars 2011, http://www.consilium.europa.eu/uedo...

[7] Cela fait longtemps que l’idée de telles instances indépendantes, disposant d’un rôle important est débattue au sein les institutions européennes, et de nouvelles propositions législatives dans ce sens devraient être faites bientôt.

[8] The Guardian, 30 janvier 2012, http://www.guardian.co.uk/business/...

[9] Dépêche Eurostat, 6 février 2012, http://epp.eurostat.ec.europa.eu/ca...

[10] Professeur Jesper Jespersen, interview, 24 février 2012.

[11] Commission européenne, European Economy no 3, 2006, http://ec.europa.eu/economy_finance...

[12] Exemples tirés de Pat McArcle ; “The Euro Crisis : The ‘Fiscal Compact’ and Fiscal Policy”, Working Paper 6, Institute of International and European Affairs, 2012, page 13. http://www.iiea.com/publications/th...

[13] A critique argumentée de la méthode de la Commission européenne a été élaborée par la Banque Nationale danoise (département économie) : Ann-Louise Winther ; “Konjunkturudsving og offentlige finanser”, Kvartalsoversigt, 1. Kvartal 2011 del 1, Danmarks Nationalbank, 2011, pp. 71- 91. https://www.nationalbanken.dk/C1256...

[14] Suède, Finlande, Estonie et Luxembourg, lire http://ec.europa.eu/economy_finance...

 

Le 19 mars 2012

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 19 Mars 2012

LA BASTILLE : UN MOMENT MEMORABLE


Nous somme partis dimanche midi de Nogent Sur Oise, pour nous rendre, Marie et moi, à ce qui allait être un moment formidable de notre vie militante.

Un moment mémorable.

Non pas seulement ce peuple rassemblé à plus de 120000 visages rayonnants mais un peuple qui va à la Bastille comme on va à la source pour se rafraichir et repartir rempli de convictions et de dynamisme pour changer cette société.

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Dans l’Oise, on avait pas vu cela depuis bien des lustres : réunir autant de monde, prés de 500 personnes venues en bus, par le train, en voiture ;  vraiment cela marqué une réel retour à l’espoir de changer cette société et d’y croire.

Des visages où s’exprimaient la satisfaction d’un travail militant pour y parvenir, des visages où un soleil de luttes apparaissait dans les yeux des hommes  et des femmes de tout âge, présents et contents de pouvoir dire :  j’y étais.

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Et que dire de cette présence de la jeunesse. D’une jeunesse qui manifestait pour qu’enfin ce monde change et que la France soit à nouveau à l’avant-garde de la révolution.

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Je vois aussi ce vieux militant, handicapé, assis et portant fièrement une pancarte en carton où il manifestait son idée d’une autre Europe. Une Europe des peuples. Une Europe du social.

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Une femme qui portait fièrement une pancarte « vive la Sécu, merci Croizat ».

Dans le car nous conduisant à la Bastille, Yvette notre secrétaire, était tout occupée pour régler les conditions  du voyage, la participation de chacun et chacune mais aussi pour dire à ceux qui n’avaient pas les moyens de régler de ne pas s’en faire : nous somme tous ensemble et solidaire avec nos amis les « sans papiers de Creil » toujours en lutte. Avec Paul son mari, l’ambiance fut assurée, chansons et bons mots firent partie du voyage. Un voyage compliqué pour y arriver à cette Bastille et l’on saisissait déjà qu’il y aurait du monde, et l’on pouvait aussi se dire que ceux qui la prirent en 1789 ont certainement eu des conditions encore plus compliquées que les nôtres.

l’histoire se faisait jour, le passé nous permettait d’envisager notre avenir.

Nous nous sommes postés à l’arrivée devant le boulevard Diderot, nous étions déjà dans la révolution citoyenne avec ce grand encyclopédiste.

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Une butte dominait, nous nous y installâmes, pancartes du 60, de ce département de l’Oise où il fait bon vivre les luttes d’aujourd’hui dans cette région que les multinationales massacrent actuellement sur le plan industriel. De là nous y voyons cette place de la Nation où retentit encore les grands moments de notre histoire de la république et les grandes luttes populaires comme celle du Front Populaire.

Il fallait attendre son tour pour entrer au coeur de la manifestation et cela dura longtemps, près de 3 heures, pour enfin démarrer et aller à l’assaut pacifique de cette Bastille où ne reste qu’une colonne que le peuple marchant voyait comme un objectif à atteindre : celui de la révolution citoyenne, celui d’une sixième république que cette manifestation de plus de 120000 révolutionnaires a incontestablement mis sous les fonds baptismaux.

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Tout au long de la marche, les mots d’ordres se succédaient, ils étaient empreints de luttes de classes, de résistance, de liberté et de solidarité.

On avait l’impression que ce peuple marchant pouvaient enfin libérer ce qu’il avait sur le cœur : des années de frustration, de mépris pour lui, d’injustices, de mensonges d’un pouvoir qui n’a que trop duré.

Les bonnets phrygiens s’agitaient partout, les pancartes de la sixième république se dressaient comme les fourches de l’an 89.

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Les drapeaux tricolores cohabitaient avec les drapeaux rouges du parti communiste, du Front de gauche, du parti de gauche,  de la CGT et aussi d’autres syndicats présents.

Des vieux militants n’en revenaient pas : certains avaient les larmes aux yeux.

A Villepinte où la bourgeoisie républicaine s’étaient réunie la semaine précédente, point de cela, sinon que l’idée de défendre leur pré carré, leurs dollars, leurs coffres forts en Suisse ou ailleurs.

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A la Bastille on ne brandissait pas le nom d’un sauveur suprême comme à Villepinte avec le nabot, on éructait pas des slogans contre les immigrés avec la fée carabosse ou Guéant, mais on criait à gorge déployé résistance.

Quel plaisir de voir réuni ce monde de gauche, de la vraie gauche, celle qui veut une autre république, une autre société et qui y travaille et qui ne cherche pas à faire ami-ami avec la bourgeoisie.

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Il y avait dans cette manifestation plein d’hommes et de femmes qui n’y croyaient plus et qui sont revenus pour enfin se réunir pour quelque chose qui soit vrai et agir chacun avec sa propre identité dans ce qui est une coordination de forces progressistes.

La candidature Mélenchon, c’est celle d’un peuple qui veut se défaire d’un système corrompu, d’une république dominée par l’argent roi, par le capitalisme, un mot qui surgit pour caractériser toute la malfaisance de ce système en crise et aussi la lutte de classe qui retrouve sa raison d’être.

Mélenchon monte dans les sondages, il porte les espoirs d’un peuple qui veut se sortir de l’autoritarisme, du social-libéralisme, du gaullisme et aussi barrer la route à la bête immonde Marine Le Pen.

P1010135.JPGOui, quelque chose est en marche.

Et au delà de cette présidentielle se lève déjà le levain d’une révolution citoyenne qui balayera toutes les vicissitudes ,d’un système abhorré.

Vive la sociale.

 

Bernard LAMIRAND

 

              

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #communisme

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Publié le 19 Mars 2012

Rédigé par aragon 43

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Publié le 18 Mars 2012

120000 A LA BASTILLE

 

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #politique

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Publié le 18 Mars 2012

A NE PAS HESITER A CHANTER EN COEUR ET A FAIRE CONNAITRE

 

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 18 Mars 2012

images-copie-2.jpgHOLLANDE ET LE VOTE UTILE

En 1982, Mitterrand nous avait fait le coup du vote utile.

L’idée de la bipolarisation était au cœur de l’élection présidentielle de 1982.

Cette bipolarisation ne s’est pas arrêtée depuis et a montré toute sa malfaisance.

L’idéologie dominante compte choisir ses deux candidats les plus aptes à diriger pour le compte du système capitaliste à travers un système électoral qu’elle a mis en place pour s’assurer sa suprématie politique.

Une vieille citation dit que le bourgeoisie ne met jamais ses œufs dans le même panier.

C’est vrai et cela remonte à la révolution de 1848 et au second empire et chacun peut lire ou relire Victor Hugo dans « Napoléon Le Petit ».

C’est donc encore le cas en 2012 ou elle favorise outrageusement les candidats Sarkozy et Hollande et  elle choisit  des outsiders comme la fille à Le Pen et Bayrou.

Les autres ( ceux qui veulent se sortir de ce système) sont à peu près ignorés par les médias aux ordres.

La cinquième république a mis en place en 1958 ce concept bipolaire par accord entre les gaullistes et les socialistes de la SFIO dirigés par Guy Mollet, qui avait travaillé cette constitution avec De Gaulle conduisant au pouvoir personnel et ensuite en 1962 par ce qui devait arrivé :  l’élection du président de la république au suffrage universel.

Une sorte de plébiscite d’un chef pour sept ans ( 5 ans maintenant) niant le rôle des élus de la nation et les ravalant à un rôle d’application des ukases du chef : quelle démocratie !

Ces  fourberies avaient pour but d’éliminer ou de réduire le parti communiste de la vie politique française.

L’argument massue, souvent employé pour détourner le vote et faire peur à la non présence au second tour d’un candidat de gauche, est de dire et de faire dire que toute candidature hors du parrainage de l’idéologie dominante n’est pas utile.

Une singulière façon de concevoir la démocratie et l’expression des idées.

Toutes les ficelles sont donc bonnes à exploiter, et depuis 2002, c’est cette ritournelle qui est rabâchée par les socialistes et chacun se rappelle que Jospin avait trouvé la bonne excuse pour son échec : il y avait trop de candidat de gauche ( lui seul aurait dû la représenter).

Or, sa défaite de 2002 est tout sauf le vote utile : c’était celle d’une gauche plurielle qui avait déçu le peuple et qui avait gouverné la France au service des intérêts du capital et chacun se rappellera des abandons face aux licenciements boursiers de chez Lu ou de chez Michelin et des réparties de Jospin disant qu’il n’était pas un candidat socialiste.

En 2007, alors qu’il fallait empêcher la montée du front national, le manque d’une position anti-Le Pen et anti-Sarkozy forte, l’accompagnement socialiste de l’Europe libérale, ont fait en sorte que la  « lepénisation de l’UMP » a permis à son candidat Sarkozy de l’emporter.

Et voilà, que pour cette élection présidentielle, le vote utile et efficace, revient à la surface, des deux cotés d’ailleurs : Hollande pour être en tête au premier tour et Sarkozy aussi en éliminant ses principaux rivaux de droite et en reprenant sa démarche sécuritaire et anti-immigré.

Mais en 2012 n’est ni 2002 ni 2007 : La fille Le Pen n’atteindra pas le deuxième place à cette élection du super-chef et ce résultat provient du combat d’idées mené par les communistes et le Front de Gauche, ainsi que par la CGT contre cette organisation parente, quoiqu’elle dise, de par ces membres et de ses relations, de ce fascisme qui apparait toujours dans les crises du système capitaliste qui a besoin de l’extrême droite pour diviser le peuple  et pour dominer envers et malgré tout.

La fille Le Pen, stagne et recule sous les coups de boutoirs du Front de Gauche et de son candidat Jean Luc Mélenchon et c’est cela qui inquiète les tenants de la bipolarité car des idées novatrices pour échapper au libéralisme destructeur pénètre les couches populaires.

Le vote dit utile, c’est se fermer les yeux et se boucher les oreilles et ne choisir que celui qui a les meilleures chances d’être au second tour sans se préoccuper de ce qu’il adviendra après. Les abstentionnistes peuvent trouver aussi dans cette ligne anticapitaliste développée par le Front de Gauche le moyen de s’exprimer par un bulletin Mélenchon, qui, lui, propose, la fin de cette cinquième république et une sixième république nous sortant du pouvoir personnel incarné par un président de la république seul maitre à bord.

Il faut dépasser cette fausse utilité numérique pour prendre l’efficacité politique en plaçant la barre vers la route du changement pour une vraie politique de gauche.

Alors il importe peu que le candidat socialiste ne soit pas en tête mais par contre il importe que le total des voix de gauche permettent au second tour de gagner et de  s’unir sur des idées qui ne consistent pas à gérer le système et des choix fait par la bourgeoisie ne remettant pas en cause son hégémonie.

Il faut mettre un terme à ce simulacre électoral.

 Cette course à la première place révèle toute les manigances pour imposer non une politique mais un homme monarque, dit providentiel, pour diriger le pays pendant cinq ans et les français continueront de subir alors une politique qui restera dans les clous de cette cinquième république créée pour la domination des forces de l’argent en 1958.

Mélenchon est le meilleur antidote.

Alors les socialistes doivent arrêter de ruser sur l’idée d’un vote utile : s’ils sont pour le changement et le départ de Sarkozy, ils n’ont pas à craindre un vote front de gauche en tête où un front de gauche qui se rapproche de leur candidat.

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 17 Mars 2012

Mon camarade Gérald Veyrier vient de me faire parvenir son opinion sur le cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie.

Il ne m'en voudra pas si je publie son texte qui résume bien ce qui s'est passé et qui montre que cette guerre capitaliste et colonialiste aurait pu être évité.

J'ai connu cette période puisque j'ai été militant contre cette guerre  ET C'est dans cette période que j'ai fait pour ainsi dire mes premières armes de militants pour en finir avec cette sale guerre où des jeunes de mon âge et de mon patelin ne sont pas revenus.

Bernard LAMIRAND

 

 

Voici son texte:

Les 50 ans de l'indépendance de l'Algérie font l'objet de reportages notamment sur ARTE et dans certains journaux qui essayent de donner le maximum déléments de réflexions de part et d'autre sans excuser les atrocités des deux côtés.

Mais certains médias font des raccourcis et sont partisans, oubliant que la guerre d'Algérie a commencé le 14 juin 1830 avec toute la période du colonialisme (exploitation des richesses par une minorité de grands colons et entreprises et aucun droit pour les algériens, à ne pas confondre avec la grande masse des pieds noirs composée d'ouvriers et employés))

Avec l'attitude de l'armée française et le massacre de milliers d'algériens en mai 1945 à Sétif, avec la politique de De Gaulle, l'envoi du contingent pour qui cette guerre n'était pas la sienne (on parlait alors des évènements d'Algérie) enfin avec  au final les centaines de milliers de morts algériens et la torture de l'armée (dont Le Pen a été un des acteurs) enfin pour terminer  avec la politique de la terre brulée de l'OAS (dirigé par ces gros colons et des militaires puschistes) et dont j'ai été le témoin dans mon enfance, l'OAS  porte aussi la lourde responsabilité du départ massif des pieds noirs.

Mais Il existe aussi des associations de pieds noirs qui travaillent à la reconciliation entre nos deux peuples (des milliers retournent en Agérie quarante ans après)  débattent avec des anciens responsables du FLN (voir article ci joint) et comme le dit le fils d'un ancien colon "nous refusons d'être assimilés à l'image de nostalgiques de l'extrême droite véhiculée par certains pieds noirs; une exigence de vérité est indispensable au renouveau de rencontre entre les français et les algériens.

Mandela et l'Afrique du Sud sont bien arrivés à cette reconciliation et les blancs continuent de vivre dans ce pays; cela d'ailleurs devrait, dans la période actuelle , nous faire réflechir sur la soi disante supériorité d'une civilisation comme le déclarait dernièrement un certain ministre Mr Gueant...

Des débats sont également organisés avec des personnalités de tous bords dont l'ancienne directrice des droits de la femme de l'UNESCO ou avec des historiens francais comme Benjamin Stora(juif de Constantine) ou des historiens algériens.

Prenons donc du recul pour nous informer et essayer de comprendre ce qui nous est arrivé et ce que l'on nous a caché , ni jamais expliqué ,quand nous étions en Algérie, pour se faire notre propre opinion et prendre en compte tous les éléments de cette tragique histoire de la France

amitiés
Gérald

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #politique

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