Publié le 6 Septembre 2019

Rédigé par aragon 43

Publié dans #LIBERTE, #Syndicalisme

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Publié le 3 Septembre 2019

LES FONDAMENTAUX DE LA RETRAITE

Le haut commissaire à la réforme des retraites Delevoye, rapporteur du projet de retraite universel, vient d’être nommé au gouvernement pour mettre en place un système dont le but est de déconstruire  celui né de la libération et du Conseil national de la résistance d’une retraite par répartition, solidaire et intergénérationnelle.

Delevoye parle d’un système universel regroupant les divers  régimes existants dont le régime général des salariés et assimilés de la Sécurité sociale.

IL jure la main sur le cœur qu’il ne touche pas à la répartition mais il défait ce qui fait sa force et sa garantie : celle d’un système à prestations définies pour y mettre à la place un système à cotisations définies.

Ambroise Croizat, en 1946, généralisa  la Sécurité sociale (loi du 22 mai 1946) avec l'idée de la évoluer au fur et à mesure de redressement de la France après les destructions de la deuxième guerre mondiale et l’occupation de la France.

L’idée était de faire en sorte que ce régime général monte en puissance et soit en mesure de s’aligner sur les régimes les plus avancés à cette époque au fur et à mesure du développement économique.

Le refus des professions libérales puis l’éviction des ministres communistes en 1947 défit ce projet.

Ce régime  dit universel est rempli de contradictions ;  il regroupe et il écarte des régimes ;  il parle de solidarité intergénérationnelle mais il n'offre aucune perspective pour les jeunes et notamment ceux en étude universitaire ou en formation ;  il est pour la répartition mais ressuscite  des retraites particulières par capitalisation dont le législateur en 1946 s’était débarrassé au grand dam du patronat et des assurances privées.

Ce projet élimine les conquis des luttes des salariés des secteurs publics et des régimes spéciaux. C’est par le bas et non pas par le haut, comme le préconisait Ambroise Croizat, que Delevoye monte de toutes pièces  un système qui déconstruit et échafaude une véritable arnaque.

Chaque ayant droit, demain, n’aurait que des points dans un compte individuel ; ce n’est plus la solidarité et le partage ; et l’âge de la retraite ne serait plus qu’un variable d’ajustement qui laisserait  la porte ouverte à toutes sortes de manipulations, comme c’est déjà le cas  à travers l’âge pivot et la durée de cotisation invoquée par la Président de la République.

Demain, avec le système  à cotisations définies, la règle d’or  empêcherait de relever les taux de cotisations et les retraites et pensions seraient sous l’emprise totale des gouvernants.

Des compléments en cas de chômage, de maladie, de maternité sont certes prévues mais fonctionneraient sous la férule de l’état qui aurait toute latitude pour  les réduire. Le système  ne serait plus paritaire (ce qui était déjà un recul du fait de l’annulation des élections en 1967 des administrateurs salariés)  mais piloté par l’état avec le patronat et des experts ayant la majorité pour prendre les décisions avec une représentation salariés minoritaire. Nous serions  loin d’un conseil d’administration où les salariés avaient la majorité des sièges jusque 1967.

Tout est fait pour que l’idéologie dominante maitrise cette nouvelle entité dont l’essentiel serait de se mettre en conformité avec les décisions européennes de réduire les dites "charges sociales" à leur strict minimum et de s’ouvrir vers des systèmes assurantiels individuels.

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités, #Retraites, #SECURITE SOCIALE

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Publié le 1 Septembre 2019

RAPPORT DELEVOYE RETRAITES POINT DE VUE GENERAL

Ce premier article fait  suite au rapport Delevoye. J’en donne un point de vue général le plus concis possible  avant de passer à une analyse plus fouillée en une dizaine d’articles  qui vont  s’échelonner sur plusieurs semaines.

Un élément moteur inspire le rapport  Delevoye: il s’agit d’une déclaration désormais célèbre, celle de Denis Kessler ancien vice président du Medef, qui disait dans la revue patronale « Challenges », en 2007, à l’adresse du nouveau président de la république Nicolas Sarkozy, je le cite : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie… A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ».

L’idée est d’en finir avec un régime de retraite de la Sécurité sociale mis en place en mai 1946 par Ambroise Croizat ministre communiste du travail et de la Sécurité sociale. Le pilonnage  avait commencé avec les décrets Balladur en 1993, puis les mesures reculant l’âge de la retraite  dans les gouvernements sous Chirac, Sarkozy et Hollande avec des réformes paramétriques, mais l’attaque est aujourd’hui sur les fondamentaux

Le rapport Delevoye est donc  une suite de mesures structurelles pour en finir avec le système de retraite de la Sécurité sociale. Ainsi ces mesures concerneront les générations nées depuis 1963 et les personnes atteignant 62 ans en 2025.

Cette réforme dite "systémique" inquiète le pouvoir face aux risques de réaction des français  et il cherche à  reporter d’un an la loi comme vient de l’annoncer Monsieur Darmanin ministre du budget.

Plusieurs entourloupettes sont prévues pour faire mourir le système né à la libération et qui permet des retraites connues et garanties à tous les salariés-es, soit par la loi, par des statuts ou des conventions. Je cite  parmi la submersion de textes technocratiques du rapport Delevoye trois attaques qui vont modifier de fond en comble notre système actuel de retraite.

La retraite à point : les points  ne seraient comptabilisés que sur la base des heures travaillées tout au long d’une carrière de plus en plus hachée, sur la base de 1 euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé  dans le cadre d’un compte individuel  mettant fin  au calcul sur les 25 meilleures années pour le privé  ou les 6 derniers mois de salaires dans le secteur public et nationalisé. Le système deviendrait  individuel, indéterminé et inégalitaire et correspondrait à une esquisse de ce que pourrait être des pensions versées par les assureurs sur des bases liées à l’espérance de vie.

 Le financement : La cotisation retraite salariés -employeurs demeure mais elle serait  bloquée à 28,12 %  avec comme hypothèse que la part du PIB consacrée aux retraites ne devra plus dépasser 14 % et cela malgré la hausse du nombre de retraités à venir qui fait dire au Conseil d’orientation des retraites (COR)  qu’à périmètre de prestations constant il faudrait y consacrer 16 % de PIB en 2050, la réforme proposée entérine sciemment une réduction du niveau des pensions par tête et l’obligation pour les retraités (présents ou futurs) de recourir à d’autres formes de revenus pour compenser le manque .Plus personne ne serait alors assurée de la pérennité de sa retraite.

L’âge de la retraite : l’âge de départ à la retraite, actuellement 62 ans, deviendrait une coquille vide.  Macron avait  indiqué qu’il n’y toucherait pas, or, par la proposition de Delevoye d’un l’âge pivot à 64 ans avec décote et surcote le salarié ou l’ayant droit attendrait  64 ans ou encore  serait  incité à poursuivre plus longtemps pour obtenir  les points nécessaires pour partir dans de bonnes conditions. La déclaration de Macron revenant sur cette idée de l’âge pivot et fixant  son choix  sur le nombre d’années cotisées  (43 ans Loi Touraine) retarderait davantage  le moment du départ du fait de l’entrée au travail de plus en plus tardif des jeunes. Un jeune commençant à travailler à 26 ans partirait à taux plein qu’à 69 ans.

Voilà les trois raisons qui démontrent l’arnaque qui se prépare.

Nous quitterions alors un système à prestations définies pour s’engager dans ce que les experts appellent un système à cotisations définies et quand à l’ âge de la retraite  il ne serait plus qu’une simple variable d’ajustement.

Un projet  donc qui démantèlerait  un système actuellement garanti  et conduirait à un recul généralisé des prestations et de l’âge de la retraite.

Dans les prochains articles, je décortiquerai ces principales mesures qui remettent en cause le pacte social passé en 1945 qui régit toujours  nos retraites sur la base non seulement de la répartition mais de la solidarité intergénérationnelle.

 

Bernard Lamirand

 

 

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #Retraites, #Actualités, #SECURITE SOCIALE

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Publié le 28 Août 2019

Rédigé par aragon 43

Publié dans #CGT

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Publié le 27 Août 2019

Martinez critique le revirement de Macron sur les retraites

Selon le patron de la CGT, le revirement d’Emmanuel Macron sur l’instauration d’un âge pivot à 64 ans, est une « opération de communication qui marche très bien ».

Le secrétaire général de la CGT appelle à une journée d’action le 24 septembre. LP/Olivier Arandel

Par Bérangère Lepetit Le Parisien

Le 27 août 2019 à 15h28, modifié le 27 août 2019 à 16h06

Et si finalement l'instauration d'une retraite à taux plein à 64 ans était oubliée… Interrogé lundi soir sur la réforme des retraites à venir, Emmanuel Macron a indiqué sa préférence pour un calcul des droits à la retraite lié à la durée de cotisation plutôt qu'à l'âge de départ.

En clair : alors que les négociations avec les syndicats commencent la semaine prochaine, le président de la République ne soutient pas la mesure phare inscrite dans le rapport remis en juillet par Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites. Il prévoit un âge pivot à 64 ans, c'est-à-dire un système de décote pour ceux qui partiraient entre 62 ans -l'âge légal pour partir à la retraite- et 64 ans.

Des déclarations qui ne sont que de la poudre aux yeux pour Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, qui appelle à une journée d'action le 24 septembre. Selon lui, rien ne change sur le fond.

Emmanuel Macron a indiqué lundi soir sa préférence pour un calcul des droits à la retraite en fonction de la durée de cotisation plutôt qu'en fonction de l'âge de départ. Qu'en pensez-vous ?

PHILIPPE MARTINEZ. Ces propos ne modifient en rien le projet du gouvernement ! Il a compris l'inquiétude des Français qui pensent qu'ils vont devoir travailler plus longtemps et partir plus tard en retraite. Il essaye donc de calmer le jeu. Au final, il ne fait que répéter les préconisations du haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye et il va même un peu plus loin. Que dit-il ? Qu'il va falloir cotiser plus longtemps sans toucher à l'âge légal de départ en retraite. Avec le système actuel, les gens sont déjà obligés de travailler plus longtemps que l'âge légal pour bénéficier d'une pension à peu près acceptable. C'est ce qu'il a confirmé. Demain, si vous voulez une pension correcte, il faudra cotiser plus longtemps. Si on cotise plus longtemps, il faudra de toute façon travailler plus longtemps !

Ces propos ne sont donc pas, selon vous, le signe d'un adoucissement de l'exécutif sur le projet de réforme ?

Pas du tout ! Emmanuel Macron fait juste une opération de communication qui marche très bien. Il parle de « moderniser l'esprit de solidarité ». Mai il ne remet pas un seul instant en cause le système par points qui est central dans le projet de l'exécutif. Or, passer d'un régime par répartition (NDLR : le système actuel) à un régime par points, c'est changer en profondeur le système sur lequel sont calculées nos retraites. Sur le fond, rien n'est amélioré. Au contraire. Il a déjà sous-entendu qu'on puisse faire voter un allongement du nombre de trimestres nécessaires pour partir en retraite. On va peut-être avoir une mauvaise surprise dès octobre.

Mais Emmanuel Macron a néanmoins rouvert la porte des négociations… Ce n'est pas positif ?

Il dit aussi : « Il faut changer. » À la CGT, nous abordons la question des retraites de manière différente. Deux exemples. Il dit que, grâce à cette réforme, les femmes auront une meilleure retraite. Mais si on appliquait l'égalité salariale pendant la durée de temps de travail, il n'y aurait pas besoin ! Autre sujet : pourquoi proposer de calculer le montant de la retraite sur l'ensemble de la carrière ? Il y a des périodes d'inactivité, de chômage, de précarité et les salaires de début de carrière ne sont pas les mêmes qu'en fin de carrière…

Selon vous, l'ensemble des Français seront donc perdants…

Tout à fait. Ce discours, c'est une opération déminage qui a pour objectif d'entretenir une confusion dans l'esprit des Français. Entre l'âge légal, l'âge pivot, l'âge d'équilibre, ils finissent par s'y perdre. Il n'y en a qu'un qui compte : à quel âge puis-je partir à la retraite avec une pension qui me permette de vivre le plus dignement possible?

Vous serez reçu à Matignon la semaine prochaine. Quel message ferez-vous passer à Édouard Philippe ?

Notre système de retraite fonctionne sur un principe de solidarité. Il faut donc mettre davantage de Français au travail et augmenter les salaires, ce qui ferait, de façon automatique, augmenter les cotisations et remplirait les caisses de la sécurité sociale et de notre régime de retraite. Il faudrait aussi contrôler davantage les fonds publics donnés aux entreprises et traiter la question des années d'étude. Comment prendre en compte l'allongement de la durée d'étude dans le calcul des droits à la retraite ? Voilà des questions essentielles.

Qu'attendez-vous de votre mobilisation le 24 septembre ?

Il y aura du monde ! Notre objectif est de conjuguer urgence sociale et urgence climatique. On arrivera à mobiliser davantage sur le climat que si les questions sociales sont résolues. Tout le monde rêve de manger bio, mais il y en a beaucoup qui rêvent de manger tout court !

 

 

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités, #CGT

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Publié le 21 Août 2019

RAPPORT DELEVOYE QUE DIRE SUR LE DEVENIR DE NOS RETRAITES

Je suis déjà intervenu avec mon blog en juillet sur les menaces qui pèsent sur le devenir de nos retraites, ceci avant de connaitre le rapport Delevoye, en regroupant des informations de sources bien informées, qui confirment en grande partie ce que j’ai donc développé dans un texte intitulé « le rapport Delevoye : une arnaque ».

D’emblée, je confirme ce mot que j’ai employé pour qualifier les mesures que Delevoye s’apprêtait apprendre et confirmées le 18 juillet par le rapport remis au gouvernement.

Je  confirme ce jugement au vu de ce rapport par une série d’articles qui commenceront  en ce début de septembre et qui iront  jusqu’à sa présentation au gouvernement vers le fin d’année.

Mes articles seront débarrassés des complications techniques qui jonchent ce rapport  pour en rester sur fond et les rendre compréhensibles pour chacun d’entre eux aux salariés en activité ou retraités.

Ils ne visent  pas à remplacer l’analyse et les propositions syndicales CGT qui sont développées par celle-ci.

Je me contenterai donc de présenter les grandes modifications et les vices apparents et cachés de ce rapport en les mettant en lumière avec le système solidaire et par répartition mis en place par Croizat et Laroque en 1946.

Voici la liste de ces articles :

Point de vue général sur la synthèse du rapport Delevoye.

Refondation du système.

Un système à points individuel.

L’équité  et remplacement des 42 régimes de retraites publics et privés.

Cotisations sociales et leur répartition.

Les droits sociaux fondamentaux (famille-chômage, maladies etc.)  

Des garanties minimales .

Un dispositif gouvernemental de retraites  quasi-décisionnel.

Une transition avec point de départ 2025 et s’étalant sur 25 années.

Le programme est copieux, j’en resterai à l’essentiel, en m’appuyant particulièrement sur les points les plus sensibles et notamment ceux qui doivent faire débat et permettre aux salariés et aux retraités actuels et futurs de réagir avec leur organisation syndicale.

Le premier article sortira dans la première semaine de septembre et ainsi de suite jusqu’à la présentation du projet Delevoye au gouvernement.

Bernard LAMIRAND 

 

 

 

 

UN RAPPEL NOS ANCIENS ONT DENONCE UN SYSTEME AUQUEL TOUT COMPTE FAIT ON POURRAIT Y REVENIR : LA CAPITALISATION

UN RAPPEL NOS ANCIENS ONT DENONCE UN SYSTEME AUQUEL TOUT COMPTE FAIT ON POURRAIT Y REVENIR : LA CAPITALISATION

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #Retraites, #SECURITE SOCIALE

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Publié le 7 Août 2019

Rédigé par aragon 43

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Publié le 27 Juillet 2019

 

JEUNES LYCEENS A GENOUX : COUP DE COLERE CONTRE CETTE JUSTICE DES PUISSANTS

Un procureur de la République vient de classer l’affaire des enfants lycéens, mis à genoux et menottés à Mantes le Jolie  lors des manifestations lycéennes.

Ce classement de l'affaire des lycéens confirme que ce gouvernement manie  la trique quand il est contesté de toutes parts.

Ainsi, il ne se serait rien passé de grave dans cette rafle de jeunes et les règles auraient été respectées.

Pourtant, cela avait fait la une de tous les médias : ce genre de comportement policier digne des temps de la collaboration d’une police vichyste est une honte pour notre pays

Quelle image donne notre république où tout devient possible pour empêcher le peuple de s'exprimer contre les menées dominatrices d’un système macroniste aux abois.

Cela au moment où un autre procureur de la République falsifie la vérité à Nice sur une dame d’un certain âge- bousculée et piétinée lors d’une manifestation de gilets jaunes  par ceux qui auraient dû la protéger- ;  ce procureur, devant les faits avérés, disant qu’il avait menti pour ne pas mettre en cause le Président de la République qui avait déclaré que la police n’avait pas touché cette dame qui proclamait ses désaccords avec une pancarte.

Cela montre non seulement une mauvaise image de notre police nationale mais aussi de notre pays dans le monde où la France jouit encore  (pour combien de temps )d’un statut de pays de la liberté.

Je n’irai pas jusqu’à dire que l’on se trouve chez Pinochet, mais rappelons-nous ce que disait Berthold Brecht : «Les peuples en ont eu raison, mais il ne faut pas chanter victoire, il est encore trop tôt : le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ».

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités

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Publié le 21 Juillet 2019

Cela se passe à la terrasse d'un café où je déguste un expresso avec mon épouse ce matin après notre marche matinale.
Bonjour… ça va …  c'est une jeune femme attablée avec une dame âgée, et elle répond à un retraité  qui vient de lui faire ses salutations. Le monsieur, très grisonnant,  engage la conversation assez fort et l'on comprend ses paroles ;  ils se connaissent… il s'enquiert de leur santé ; c'est banal bien sûr mais la jeune femme lui répond : "elle est en retraite , elle est tranquille maintenant" !
Il fait beau à la terrasse du café, sur la place des passants cheminent avec le sac à commissions, un petit vent frais vient rafraichir l'atmosphère, quelques retraités assis sur un banc devisent;  l'on profite de la vie en retraite et alors me vient l'idée que demain qu'en sera t'il ? Un tel moment sera t'il encore possible de le respirer à plein poumon comme on dit en sirotant un café ou en regardant la nature et les passants : oui, cela sera t'il encore  possible  avec des retraites prises plus tard encore et souvent en mauvais santé et me venait l'idée que de tels moments vont devenir plus rares et pendant ce temps Macron pérore sous son balcon de l'Élysée que tout va bien, que les bénéfices rentrent, que son ami Arnaud est devenu le deuxième plus grand milliardaire du monde et ce qui compte c'est le travail  : et me revient dans ma mémoire : " la chanson d'Henri Salvador : "le travail c'est la santé, rien faire c'est la conserver, les prisonniers du boulot ne font pas de vieux os" et  alors cette image de vieux sidérurgistes resurgit que j'ai connu dans ma jeunesse à Usinor Dunkerque : je les vois encore attendre avec impatience leur retraite à 65 ans, avant la loi de 1981 après une longue bataille de la CGT  pour la retraite à 60 ans, et donc avant cela beaucoup de ces camarades mouraient de la sidérose ou des conditions de travail en feux continus dans des horaires de 56 heures d'affilée notamment dans les hauts fourneaux et les aciéries y compris avec des heures supplémentaires à foison pour remplacer les malades et compléter les équipes.
Macron, lui, en ce moment, respire l'air pur des Pyrénées et il ne risque pas de passer une retraite dans les conditions que vivront les générations actuelles à qui il  demande avec Delevoye de travailler plus tard, 64, 65,67 ans:  seules  les cannes et déambulateurs en profiteront et seront de mise pendant que les jeunes piafferont pour trouver un vrai boulot à contrat à durée indéterminé.
Salauds de riches.
Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 16 Juillet 2019

LA RETRAITE A POINT : L’ARNAQUE DE MESSIEURS MACRON ET DELEVOYE

Jeudi 18 juillet, Monsieur Delevoye doit rendre son rapport sur les retraites.

Il remettra en cause, n’en doutons pas, le système mis en place à la libération par Ambroise Croizat et Pierre Laroque, qui l’ont construit pour en faire  un système solidaire permettant aux français de bénéficier d’une vraie retraite et d’une vie nouvelle après le travail.

La presse délivre par petite dose depuis quelques jours  ce qui va sortir du chapeau de Monsieur Delevoye.

Il ne faut pas être grand clerc pour savoir que c’est le système solidaire qui est attaqué de toutes parts ;  et pour essayer de faire passer la pilule, le pouvoir laisse échapper quelques indications afin de préparer les esprits et de banaliser des décisions qui étaient affirmées dans le programme présidentiel de Macron et dans les interventions gouvernementales.

Ainsi  le pouvoir annonce puis retire certaines mesures comme celles d’un allongement de l’âge de la retraite, parle de décisions à l’automne prochain quand sera discuté à l’Assemblée nationale le budget de la Sécurité sociale et annonce ensuite que la loi ne sera présentée qu’après les municipales de 2020.

En fait, un attentisme voulu, comme quelque chose qui arriverait doucement, sans faire trop de bruit, à pas de loup pour ne pas effaroucher les ayants droits et pour éviter une montée massive des luttes sur la question des retraites à la rentrée.

Je ne vais pas rentrer dans l’analyse des propositions  que va faire Monsieur Delevoye, je vais simplement expliquer où le « chien est amarré » comme on disait dans mon entreprise quand j’y militai.

C’est  le système Croizat des retraites  qui est attaqué dans ses fondamentaux : âge de départ de la retraite avec  une décote surcote, disparition du calcul de la retraite sur les meilleures années, financement par l’impôt au lieu des cotisations sociales. Le but étant d’arriver à disloquer le système mis en place en 1945/46 et de créer les conditions à ce que l’on revienne à des retraites par capitalisation en laissant pour les plus fragiles une « retraite balai » payée par la CSG qui est un impôt.

Le projet que Delevoye va nous livrer se fraye donc un chemin vers cette destination finale : il n’y a pas besoin de grand discours et de grandes démonstrations pour s’en apercevoir.

L’âge de départ à la retraite se dissipera dans une machinerie infernale : En effet ce ne sera plus qu’une coquille vide : ce qui fera décision, c’est les conditions de départ avec l’épée de Damoclès au-dessus de la tête ;  la décote et la surcote obligeront à la poursuite de l’activité bien après 62 ans. Le nombre de points parachèvera ce retardement surtout si le récipiendaire détient qu’un nombre insuffisant de points de retraites pour partir. Celui-ci est donc pris en otage par la décote et la surcote, il y devra obéir sinon il partira avec une perte encore plus importante.

L’objectif est donc de retirer de la tête des salariés-es l’idée d’un âge de départ et l’âge légal devenant inopérant.

Le système à point

 Le système à point Macron, c’est le moyen qui permettra de mettre fin à une retraite par répartition, solidaire et intergénérationnel. Il étalonnera tous les salariés-es et les retraités-es au plus tard à une date tampon 2025.

Fini le calcul sur les meilleures années : Celles-ci étaient déjà été touchées dans le privé par la réforme Balladur en 1993 qui avait modifié la teneur en passant des 10 meilleures années aux 25 meilleures années de telle sorte que les générations suivantes ont perdues beaucoup d’argent dans cette modification.

Fini le calcul sur les six derniers mois de salaires pour la fonction publique et les régimes spéciaux qui n’auront plus que des points comme pour le privé.

 Le point de retraite Macron est donc un moyen  pour en finir avec le régime par répartition et solidaire et amener les retraités à compléter leur retraite par des systèmes de retraite par capitalisation.

Un système à point qui dénaturera totalement le système par répartition, solidaire, intergénérationnelle. Ce système à point est tout le contraire de l’égalité des salariés, les inégalités se creuseront davantage entre ceux et celles qui ont un travail  et les autres victimes de la précarité car le nombre de point de retraite sera le reflet que de la seule présence au travail et toutes les périodes de travail à durée déterminée ou de chômage ou de maladie seront éliminées de ce calcul.

L’inégalité salariale entre hommes et femmes sera d’autant plus exacerbée que les femmes sont en majorité dans les travaux de services et de temps partiels.

Enfin le pire vient avec l’idée que cet abaissement inexorable interviendra avec un prix de service du point établi par le gouvernement qui peut le réduire à volonté en fonction de la situation des caisses et du nombre de retraités-es ; autant dire que ce niveau de retraite amènera les ayants-droits à retarder d’eux-mêmes leur départ où alors de partir contraints et forcés par l’âge dans les pires conditions.

Le financement 

Quand au financement, cette réforme par point liquidera à terme les cotisations sociales payées par le salarié et l’entreprise :   cette cotisation de l’entreprise fait partie du salaire, c’est un salaire socialisé et non une charge patronale.

La cotisation sociale a été mise en place par Croizat en 1946 et le débat à l’Assemblée constituante a été particulièrement soigné par Croizat pour bien faire la distinction entre un système financé par l’impôt et un système financé par la cotisation. Croizat avait  emporté la décision de la cotisation sociale du salarié et de l’entreprise.

En Grande Bretagne, c’est le contraire qui l’avait emporté et aujourd’hui c’est un régime forfaitaire minimal  qui existe dans ce pays financé par l’impôt.

Le travail de sape depuis des années de faire en sorte d’éteindre petit à petit la cotisation dite de l’employeur dans les fiches de paie et de la remplacer par la CSG pour la maladie pourra aussi être appliquée pour les retraites. La CSG englobera alors l’ensemble du système de sécurité sociale et cet impôt est supporté massivement par les salariés et les retraités.

Voilà ce que Macron nous prépare, une arnaque et une seule chose reste à faire, c’est de faire de cette question des retraites une bataille féroce à la rentrée.

Nous savons déjà comment ils veulent nous manger, il faut leur faire savoir de quel bois nous nous chauffons.

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités, #Retraites, #SECURITE SOCIALE

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