TERRA NOVA VEUT ETATISER LA SECU :POURQUOI ?

Publié le 28 Août 2012

arton1032-10c0e-copie-1.jpgTERRA-NOVA PROPOSE L’ETATISATION DE LA SECURITE SOCIALE

 

Je viens de prendre connaissance d’un nouveau rapport de l’organisme d’études, proche du parti socialiste, concernant l’avenir de la Sécurité sociale.

Cet organisme propose ni plus ni moins l’étatisation de la Sécurité sociale.

Il considère que le système mis en place à la libération a fait son temps et ne répond plus à la situation actuelle :je le cite : « La gauche ne peut se contenter de valoriser l'héritage de la Libération, c'est-à-dire la gestion du système par les partenaires sociaux ».

Cette position est un moyen de disloquer cette grande conquête des travailleurs en la sortant des règles qui ont conduit à sa naissance :son appartenance aux assurés, même si un travail de sape, depuis la disparition de Croizat en 1951, a été entrepris pour leur retirer le droit de décider et ce fut le cas à travers la disparition des élections des administrateurs de la sécurité sociale et son remplacement par la mise en place d’un paritarisme mortifère avec le patronat.

Cet organisme, un tant soit peu libéral, a en vue d’en finir avec le système qui fonctionne sur la base de cotisations sociales et non de l’impôt et donc d’y mettre un terme à ce qui a déjà été amputé par les exonérations et la mise en place de la CSG.

Il est dit : « Le rôle de l'État dans la régulation doit être affirmé aux dépens des organismes de protection sociale issus du modèle corporatiste » : en clair tout doit être mis en place pour en finir avec les règles de solidarité et d’en faire une sorte de système anglais dont on sait comment il a terminé sur le plan des retraites et la façon aussi dont est conçue une assurance maladie étatisée où le malade n’est qu’un numéro matricule attendant dans la longue file d’attente pour être soigné (nombre d’anglais viennent de plus en plus se soigner en France vu les difficultés d’accès à temps à l’hôpital et aux soins adéquats dans les services hospitaliers de la Grande Bretagne).

Cet article m’amène donc à réagir rapidement sentant que les propositions faites par cet organisme d’étude font partie des rampes de lancements des libéraux pour tuer ce qui a fait la force du système français : la solidarité et la répartition.

D’ailleurs les contributeurs à cette idée d’étatiser la Sécurité Sociale ont pris la précaution de dire qu’il ne remettrait pas en cause la répartition et que leur système s’apparenterait à la répartition en le mettant aussi en comparaison avec le système allemand maintenu en Alsace Lorraine par une contribution supplémentaire des salariés.

Tout cela sonne faux et derrière se dissimule une certaine perfidie : cacher l’idée à travers l’étatisation  de la Sécurité sociale de la mise en place à terme de système assurantiels privés qui prendraient la relève au fur et à mesure de la désintégration de la Sécurité Sociale française, unique au monde et proie actuelle des assurances privées qui applaudiront aux propositions de ce thinck-thank libéral social.

Ainsi pourrait voir le jour une cotisation que les français seraient obligés de payer, bref une sorte de CSG bis et dans la position de cet organisme apparait clairement l’idée d’une substitution à la Sécurité Sociale, celle notamment d’y intégrer ce qui existait avant la Sécurité Sociale  et je le cite à nouveau : « imposer une « assurance obligatoire complémentaire régulée ». Ce service serait fourni par les mutuelles, assurances et autres institutions de prévoyance sous l'étroit contrôle de l'État est-il indiqué.

Comme on peut le voir, derrière ces manœuvres apparaît l’objectif d’en finir avec ce que Croizat avait mis en place à la libération : la cotisation du salarié et de son entreprise et Terra Nova attaque cette décision en la taxant de corporatisme. Bref, l’objectif est donc de mettre fin à la cotisation de l’entreprise déjà bien entamée par les précédentes réformes et notamment par les exonérations dont ont pu bénéficier les entreprises et particulièrement les grandes multinationales sous l’excuse de compétitivité et de coût du travail.

Hors chacun sait que cette cotisation de l’entreprise plus particulièrement est un salaire socialisé et Croizat l’avait d’ailleurs bien amené en refusant que la Sécurité sociale soit financée par l’impôt comme certains le proposaient lors de sa création, s’appuyant sur le système anglais de Beveridge qui s’est écroulé pour le plus grand bénéfice des assurances privées comme chacun sait.

L’étatisation proposée par cet organisme social-libéral ne vise en fait qu’à mettre fin à cette grande conquête sociale et la remplacer furtivement par l’arrivée par petite touches du privé et il est à penser que mis sous la coupe autoritaire de l’Etat et de son financement par le contribuable, un beau jour on nous expliquera qu’il vaut mieux confier son devenir à des organismes dits compétents comme les assurances privées

Nous serions alors revenu à la triste période des assurances sociales d’avant guerre.

 

Bernard LAMIRAND

Animateur du comité d’honneur Ambroise Croizat.

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités

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