RETRAITESLES SOCIALISTES A LA RECHERCHE D'ARRANGEMENTS BIDONS...

Publié le 15 Octobre 2010

Pot-de-depart.jpgRETRAITES LES SOCIALISTES COMME D'HABITUDE…

 

Chassez le naturel, il revient au galop.

Cet adage n'a pas perdu de sa véracité en ce moment.

Les socialistes ont toujours l'art et la manière de flouter les choses pour se laisser toute liberté de choix quand viendra l'accession au pouvoir.

Hier soir, sur la deuxième chaine, dans l'émission "A vous de juger",  Martine Aubry n'a pas échappé à la méthode  "Janus" ( posture en faveur du mouvement social en cours pour le maintien de la retraite à 60 ans et attitude contraire pour pousser plus loin les 60 ans par l'augmentation du nombre d'années de cotisations).

Pourtant, elle avait bien commencé en préconisant l'arrêt immédiat de l'examen du projet de loi au Sénat de l'UMP portant réforme à 62 ans et 65 ans sans décote pour la retraite en demandant au Président de la République d'entamer une vraie négociation avec les organisations syndicales.

Mais derrière ce discours, les différences d'appréciation apparaissaient ensuite béantes.

Martine Aubry n'envisage le maintien de la retraite à 60 ans que pour les professions pénibles et les travailleurs ayant commencé très tôt leur vie professionnelle.

Bref, un reliquat à gérer.

Pour les autres, dit-elle, c'est un âge de la retraite qui augmenterai en fonction des années d'espérance de vie supplémentaires et en le calculant en fonction de la moitié des gains d'espérance de vie.

Si on tient compte de ce raisonnement comptable, et de la possibilité de partir à taux plein à 60 ans en 1982, cela nous amènerait  aujourd'hui à travailler jusque 63 ans et demi. En effet, l'espérance de vie s'est améliorée de 7 ans de 1982 jusqu'à 2008 (voir étude banque mondiale). Et si on pousse ce raisonnement d'épicière, l'espérance de vie va encore grandir comme le décrivent les projections du conseil d'orientation des retraites (COR) de 3 ans d'ici 2050 et amènerait alors les jeunes, actuellement à l'école, à attendre 67 ans pour demander leur retraite à taux plein et plus sans décote s'ils sont parés de parcours précaires comme il en existent  tant aujourd'hui.

Autre imbécilité de ce calcul comptable, les femmes vivant plus longtemps que les hommes devraient travailler encore plus longtemps, de même les cadres.

A cette allure là, le pamphlet de la CGT en 1910:  "de la retraite pour les morts", retrouverai toute sa raison d'être.

D'autre part, nous n'avons jamais revendiqué que la retraite pour les métiers pénibles auxquels Martine Aubry fait allusion soit fixée à 60 ans puisque nous fixons à 60 ans la retraite pour tous et à taux plein. La retraite pour les métiers pénibles doit se calculer sur des trimestres supplémentaires de réductions de l'âge de la retraite en fonction des années d'exposition aux risques et aux conditions de travail pénibles et cela  à partir du socle de 60 ans.

Bref, Martine Aubry n'est pas loin d'épouser les thèses libérales et les déclarations de certains de ses dirigeants l'attestent comme Jean-Marc Ayrault, qui indique : "On gèle le texte tel qu'il est aujourd'hui et il faut reprendre les discussions avec les organisations syndicales et patronales", demandant d'essayer "de trouver un compromis" .

Quel compromis?

Et d'autres dirigeants, comme Valls et Hollande, sont plus clairs à ce sujet : pour eux il faut augmenter le nombre d'années de cotisations et donc adieu à la retraite à 60 ans.

Ce que ne perçoivent pas les dirigeants socialistes, enferrés dans les logiques libérales dans tous les pays européens et en France, ce que les travailleurs sont attachés à la retraite à 60 ans, non pas comme un symbole nostalgique des ordonnances de 1982, mais comme le besoin d'une vie nouvelle, détachée du travail, pour profiter de la vie comme le disaient les concepteurs de la retraite à 60 ans en 1982 et il faut reprendre le discours de Mauroy de l'époque.

L'aspiration donc à vivre une période de vie où la santé n'est pas encore dégradée, et là, reprenons les statistiques indiquant dernièrement que les meilleures années de retraites sont celles de 60 à 65 ans:  après, la santé se dégrade pour le commun des mortels.

Ce sont ces années là que le patronat veut reprendre aux salariés pour les remettre dans le sac du boulot forcé et du chômage.

Ces orientations socialistes, qui se dessinent subrepticement pour nous faire avaler leur pilule une fois au pouvoir, ne correspondent pas aux cortèges des manifestants.

Les socialistes sont toujours dans des exercices d'équilibristes entre poussées sociales dont ils ont besoin pour  accéder au pouvoir et allégeance au libéralisme dont ils sont incrustés des pieds à la tête.

Hier, Martine Aubry s'est bien gardée de répondre aux questions lancinantes de Chabot sur le FMI et ses préconisations sur les retraites et les positions de Strauss-Kahn qui, lui, n'hésite pas à dire qu'il faut en finir avec la retraite à 60 ans comme son compère Sarkozy.

D'autre part, le Parti socialiste nous dévoile d'autres solutions libérales, celles des retraites à points ou à compte notionnels, qui feront en sorte que demain le système de répartition issu de la libération sera jeté aux orties pour des retraites à la carte que chacun fabriquera selon ses possibilités financières et suivant les périodes de travail dont on sait qu'elles risquent d'être de plus en plus hachées par le chômage et la précarité de l'emploi et des qualifications reconnues.

La retraite à point est la pire des solutions.

Elle vise à l'individualisation de la retraite, à la fin de la solidarité en la matière, à amener le salarié à retarder lui-même l'âge de la retraite pour avoir le maximum de points que l'on réduira d'ailleurs en fonction des avoirs dans les caisses concernées comme cela se passe depuis une dizaine d'années avec les complémentaires Agirc et Arco tenues par le patronat dans un paritarisme désuet.

Oui, s'il faut remettre tout à plat et négocier comme le demande les organisations syndicales, il ne faut pas faire n'importe quoi.

Pas de pâté d'alouettes .

 

Bernard LAMIRAND

 

.

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article