LA RONDE DES MINISTRES AU MEDEF

Publié le 30 Août 2012

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L’Université d’été des patrons a retenu toute mon attention.

Le présence du premier ministre de la France devant un parterre de ceux qui ont mis notre France dans l’état où elle est, m’est insupportable.

Et je pèse mes mots.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas discuter avec ces patrons, nous-mêmes, syndicalistes, nous le faisons régulièrement dans les entreprises et dans les rencontres de représentations du personnel, mais aller s’offrir devant les coquins réunis pour faire passer leur politique antisociale est inacceptable de la part d’un gouvernement qui se dit de gauche.

On pouvait comprendre que Sarkozy le fasse : il avait eu la bénédiction du patronat pour son élection présidentielle et tout au long de son mandat il a obtempéré à leurs demandes.

Hier, la présidente du Medef, a reçu le premier ministre pour lui signifier une feuille de route qui consiste à faire en sorte que le travail soit un cout à réduire à sa plus simple expression dans le cadre de ce que le libéralisme appelle la compétitivité.

Une compétitivité qui demande de la flexibilité et des charges sociales moindres comme ces patrons les caractérisent.

Bref un gouvernement qui encourage le moins disant social.

Ayrault, benoitement, a alors tiré de son chapeau, le vieux refrain du donnant donnant dont on sait d’expériences syndicalistes qu’il se termine toujours à l’avantage des patrons.

A aucun moment, le premier ministre ne les as sermonné pour toutes les mesures antisociales en cours, avec à foison des plans de licenciements bloqués pendant les présidentielles par tous ces coquins.

L’imbuvable est arrivé quand Ayrault, pour montrer sa soumission à la compétitivité patronale, a mis en exergue un spécialiste de la question, l’ancien président d’Airbus, que l’on a connu dans le temps comme directeur de l’industrie, sous les époques où les socialistes dirigeaient le pays, et qui fut au cœur des casses industrielles de la sidérurgie, de la navale, de la machine outils.

Mais l’allégeance à la dame Parisot du Medef méritait un acte plus fort, et Ayrault, interpellé par celle-ci sur le coût pour les entreprises de la protection sociale, lui lâcha que pour la compétitivité des entreprises, il apparaissait nécessaire de procéder à des réformes sur la protection sociale et notamment concernant son financement pour rendre les entreprises plus compétitives.

En fait, supprimer la fameuse cotisation sociale (déjà bien amputée par les exonérations) que doivent payer les entreprises et la remplacer comme le propose l’organisme Terra Nova par un impôt que paieraient tous les salariés et ceux ayant des revenus ( voir mon article Terra Nova propose l’étatisation de la Sécurité Sociale).

Ce serait pour ainsi dire, réduire les salaires car cette cotisation sociale fait partie du salaire qui s’exprime en prestations sociales et en retraites.

Ayrault, s’est donc placé dans l’idée de remettre en cause ce que Croizat à fait voter à l’Assemblée nationale en 1946 : la cotisation entreprise qui revenait de droit aux salariés et non un impôt des contribuables.

La disparation de cette cotisation serait pour le CNPF sa vengeance de cette période de la libération où il n’a pu empêcher qu’une partie de la valeur ajoutée serve à la solidarité et aux retraites.

Ce serait alors acquiescer aux propos tenus par Denis Kessler, ancien vice président du Medef, qui a dû boire du petit lait en entendant le premier ministre souscrire aux désidératas de la dame Parisot, et je rappelle son propos : mettre un terme au compromis passé à la libération entre les gaullistes et les communistes concernant la création de la Sécurité sociale solidaire et par répartition.

Monsieur Ayrault, hier, est apparu comme non pas l’ami des patrons, il sait tenir ses distances, mais comme compagnon des actionnaires, car c’est eux qui récupéreront la cotisation sociale dans leurs dividendes.

Enfin que dire de cet empressement d’une dizaine de ministres à se rendre dans tous les ateliers du Medef pour ces journées d’été : cela sonne l’acceptation par ce gouvernement des stratégies d’accompagnements sociaux pour aider  les patrons  à licencier et la mise en  sourdine d’un projet de loi contre les licenciements boursiers des patrons  ainsi que l’attitude du ministre de la reconquête industrielle qui a baissé pavillon devant les seigneurs de l’automobile.

La ronde des ministres au Medef apparaît pour ce qu’elle est, une ronde austéritaire.

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #politique

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