LA PARTICIPATION A UN GOUVERNEMENT DE GAUCHE

Publié le 13 Août 2012

divers_067-copie-1.gifLA PARTICIPATION A UN GOUVERNEMENT DE GAUCHE.


Des camarades s’interrogent sur des déclarations faites par Pierre Laurent concernant les possibilités d’une éventuelle participation au gouvernement et je le cite : « Je ne ferme aucune porte. Il faudrait pour que cette entrée soit possible que des inflexions très importantes aient lieu. Les choix actuels ne sortiront pas le pays de la crise. Nous allons multiplier les propositions pour faire évoluer la politique suivie ».

Pierre Laurent conduit les orientations fixées par le PCF et a tout à fait le droit de dire que si les conditions se réunissent l’on peut participer au gouvernement.

C’est une orientation décidée par les communistes à leur congrès.

Cette participation doit s’appuyer sur des raisons objectives claires : des changements fondamentaux dans les domaines économiques et sociaux en faveur des travailleurs.

Ce n’est pas le cas actuellement et cela n’en prend pas malheureusement le chemin.

Il le dit et il a raison ;  mais en même temps il ne renonce pas à la bataille pour faire évoluer cette situation.

Pour ma part, le parti communiste ne peut participer à une politique d’austérité comme celle qui s’applique en Grèce, en Espagne, au Portugal et demain à tous les autres pays avec ce traité qui s’aligne sur une ligne libérale visant à baisser considérablement le prix de la force de travail pour relever le taux de profit des grandes multinationales financières et industrielles.

C’est cela le traité européen que le PS demandera aux assemblées de voter par une loi organique et c’est  antidémocratique car le peuple doit être consulté directement quand des inquisitateurs extérieurs auront le dernier mot.

Cette question de notre participation gouvernementale n’est pas nouvelle. L’alliance avec les socialistes est historique avec des hauts et des bas et l’on peut citer les périodes positives comme 1936 où nous n’avons pas participé au gouvernement mais nous l’avions soutenu avant que s’écroule le Front populaire, puis à la libération et jusque 1947, date de l’éviction des ministres communistes, et ensuite le long épisode anticommuniste de la SFIO (PS) qui nous conduit à la guerre d’Algérie, puis le retour de la droite au pouvoir avec l’aide des socialistes (Guy Mollet) et ensuite face à la montée populaire et 1968  le retour à l’idée de l’union de la gauche avec le programme commun qui aboutit à la participation des communistes au gouvernement mais avec un parti socialiste majoritaire qui déchirera rapidement ses engagements face aux premiers symptômes de la crise systémique du capital qui s’annonce.

On peut citer aussi la période de la gauche plurielle avec un PS majoritaire qui impose ses vues et qui nous conduit à la catastrophe avec Jospin.

Après, nous avons retrouvé du crédit qu’à travers des batailles de fonds et d’unité : n’avons-nous pas gagné une partie de l’électorat socialiste à voter non au référendum de 2005 ?

Le Front de gauche en est le signe précurseur.

Nous sommes toujours aux prises avec ces questions de l’Union des forces populaires et l’on ne peut considéré, qu’une fois pour toutes, aucune alliance n’est possible avec le PS  et que la porte est définitivement fermée tant que nous ne soyons pas la formation majoritaire politique, avec le Front de Gauche, comme le susurre ou le disent ouvertement des camarades.

Je ne partage pas ce point de vue de camarades qui pensent que rien ne sera possible tant que le Front de gauche ne sera pas majoritaire dans le pays et pourtant chacun sait avec quelle ardeur je dénonce les orientations actuelles du PS et de Hollande.

Je ne suis pas non plus un naïf, et en politique, ce sont toujours les rapports de force qui comptent et ces rapports de forces ne sont pas seulement l’attente d’une majorité politique à la « Saint-glinglin » ou l’attente de victoire présidentialiste autour d’un homme providentiel.

Nous avons un rapport de force actuel qui ne nous permet pas d’entrer dans un gouvernement de gauche pour peser.

Qu’à cela ne tienne, nous n’attendrons pas que le baromètre soit au zénith pour faire bouger les choses.

Il faut faire grandir ce rapport de force avec les travailleurs et la population par l’action, et je n’en reste pas aux élections pour le peser, mais bien par l’agissement de masse et de ce que nous pouvons entreprendre pour modifier les données actuelles qui sont celles d’avoir élu un Président de la République et une majorité socialiste pour seulement se débarrasser d’un individu : l’antisarkozisme ne suffit pas pour changer une politique, nous sommes entrain de le vérifier.

Il faut redonner du sens à la politique chez des citoyens qui l’ont perdu ou bien ne le saisissent plus à travers la politicaillerie actuelle.

C’est à cela que nous devons nous attacher et créer les rapports de force conséquents.

L’idée d’être avec le Front de gauche en première position face aux socialistes est une idée séduisante mais il faut y travailler et ne pas apparaitre non plus comme une sorte de NPA Bis refusant toutes possibilités avec les socialistes tant que nous soyons pas majoritaire.

Nous serons en progression avec une vraie assise que si nous sommes en osmose avec les gens qui souffrent et veulent de l’humain d’abord dans leur vie de chaque jour et nous savons que dans leur tête, tout n’est pas aussi limpide que çà pour croire à ce que la politique peut transformer la société et que d’autres solutions sont envisageables que celles de l’idéologie dominante.

Ces possibilités de changer la donne sont cependant possibles, il dépend de nous qu’elles se réalisent et que sur certains dossiers de fonds nous créons l’événement et c’est le cas pour notre bataille pour un référendum sur le nouveau traité constitutionnel.

 La crise est là, les socialistes ne veulent pas se donner les armes nécessaires pour l’affronter et la vaincre : ils vont alors au devant d’un échec patent qui leur pend au nez et que la bourgeoisie leur a préparé en les claustrant dans les guêpiers capitalistes.

Pierre Laurent à raison : nous ne fermons pas la porte et au contraire nous l’ouvrons à la perspective.

Nous ne devons donc pas baisser la garde sur le fond mais aussi travailler la perspective que nous avons mis en avant lors des élections avec l’Humain d’abord et être sur chaque dossier le maitre d’œuvre et à l’offensive et auprès des gens y compris de ceux qui ont fait confiance au PS et qui pense que politiquement il n’y a rien à faire d’autres que d’accepter de participer au règlement d’une dette qui créée de l’austérité mais pour laquelle ils ont du mal à saisir qu’elle peut être dépassée par d’autres solutions que celles préconisées par l’Europe capitaliste.

Notre Front de gauche doit travailler cette population, le parti communiste est certainement l’outil pour donner à cette Union un contenu de transformation et ceci sans outrances et sans leadership mais avec son expérience de classe que personne ne peut lui contester.

Ce front de Gauche est aussi une alliance, pas seulement électorale, mais aussi sur des dossiers précis où l’ont peut parler ensemble mais ce n’est pas un parti, c’est pour moi une alliance et on a le droit les uns et les autres de différencier nos point de vue y compris sur une présence gouvernementale si les conditions sont réunies, bien entendues..

J’estime que si nous avançons pour un autre traité Européen, pour une sortie de crise par l’augmentation des salaires et des retraites, par une réindustrialisation du pays, par une révision totale de la fiscalité, par une banque Européenne qui prête aux états à taux faible, par la nationalisation de notre secteur bancaire, nous créons les possibilités d’aller ensemble à de vrais changement et en y mettant le domaine de la paix dans le monde où là cela ne va pas avec la tendance socialiste « otaniste ».

Des débats et des luttes marqueront dans le peuple la nécessité de se sortir des impasses actuelles.

Nous ne deviendrons majoritaire au Front de gauche, comme l’espère des camarades, que si nous nous ne nous isolons pas des gens et que nous travaillons le changement en profondeur en excluant aucune avancée .

Je crois, comme à d’autres périodes, même si le contexte n’est plus le même, à l’Union des forces de gauche pour de grandes conquêtes et nous pouvons, face à l’échec prévisible de la stratégie actuelle (cela doit être également combattu aussi en prenant chaque fait qui y conduit), si le gouvernement socialiste ne modifie pas son orientation, être la force propulsive qui fait bouger les lignes y compris dans le parti socialiste.

L’unité est un combat, la méconnaître est un reniement de notre combat de classe, de masse et démocratique.

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #politique

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