LA CGT ET L'EXTRÊME DROITE

Publié le 21 Janvier 2012

Vendredi 20 janvier 2012  un  article de mon camarade Canaille le rouge.

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Hier s'est tenue à Montreuil une réunion sur le syndicalisme, la CGT, la droite et son extrême, le "fn".

 

Le risque aurait été de focaliser sur l'élection présidentielle et sa candidate. Si la question a évidement été débattue cela a permis de reposer la question du lien organique entre les puissances d'argent et les organisations fascistes , la manière dont la droite "honorable" en tant que besoin sait "aider" pour monter les groupes dont le patronat sait user d'autant mieux qu'il participe massivement à la formation de leurs membres, au financement de leur presse, voire sait les héberger (à l'exemple de l'UIMM) et qu'on retrouve pour encadrer les troupes du "fn". 


Près de 400 militants principalement venus d'Ile de France s'étaient inscrits. Au point qu'il a fallu en urgence trouver un lieu certes moins confortable mais capable d'accueillir tout le monde.


Dans les communications, les dicussions et l'intervention conclusive de B Thibault, La Canaille a noté avec satisfaction le besoin exprimé d'une analyse de classe des raisons de la présence du "fn" sur l'échiquier politique, la réaffirmation jamais mise de côtés d'une approches internationalistes  des questions de l'immigration et de son lien consubstanciel avec toute l'histoire de la CGT. 


B. Thibault dans la conclusion rappelant :

"La réponse à la crise du système capitaliste n'est pas l'émergence d'un pouvoir autoritaire avec une cheftaine à sa tête"

 

Etablir le lien entre crise du capital et raisons des montées des fascismes dans l'histoire et dans l'actualité comme besoin pour le capital de contenir et dévoyer les aspirations populaires n'ayant pas été un des moindre mérite de cette journée.


La journée aura été l'occasion d'une réaffirmation officielle de la CGT d'interdire dans ses rangs la présence des idées contraire aux valeurs dont le syndicalisme est porteur et de dénoncer publiquement ceux qui tenteraient de s'y infiltrer.


Bref, 8 heures de rencontres qui n'ont vraiment pas été du temps perdu.


Une CGT comme La Canaille voudrait bien en parmanence, au delà du besoin du débat sur tous les sujets, toujours la trouver.

 

L'IHS CGT co organisatrice avec la confédération a annoncé la mise à disposition rapide des actes de cette journée.


Cette p@ge étant rédigée le lendemain de cette journée, curieux le silence de ceux qui pour  justifier leur renoncement, d'autres pour s'en servir de repoussoir ou pour en faire un justificatif de stigmatisation glosent autour les liens qu'ils pré-supposent  entre monde ouvrier et vote "fn". Comme cela a été rappelé hier avec à propos, le premier parti des ouvriers et des employés de France c'est l'abstention. Personne qui dans le champ des forces politiques qui y ont perdu leurs bases qui ne s'interroge lucidement sur ces raisons.  

 

Vote "fn" des ouvriers ? Les sondages démontrent, quand derrière les titres racoleurs on prend le temps de lire les questions et les réponses, qu'il n'en est rien. Les échanges dans la salle, à partir d'exemple puisé dans l'actualité (dont celui de libé et sa une racoleuse d'il y a quelques jours) et la réalité du bassin minier NPC , ont permi de le vérifier. 

 

Depuis cinq années La Canaille a ici produit pas mal de faits chiffres d'argument pour éclairer la question.

 

En attendant de voir les compte-rendus attendus du reste de la presse ce matin plus que discrète, voici ce qu'en dit Le Monde-dans un de ses blog- daté du 21 janvier (les nouvelles de Tahiti rendent compte de l'initiave, sauf le Monde, la presse parisienne est aux abonnées absents) :


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La CGT veut être en première ligne contre le FN

Mener une « contre offensive rigoureuse et vigoureuse » face à la montée du FN. Tel est l'objectif que Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a affiché lors de la journée organisée jeudi 19 janvier par l'Institut d'histoire sociale de la centrale (IHS), baptisée « Le Front national démasqué par l'histoire ». « Toutes les occasions doivent être saisies pour réaffirmer qu'il n'y a aucune place ni dans notre point de vue, ni dans notre pratique, pour le racisme, pour la xénophobie, pour l'autoritarisme », ces « traits hideux de l'extrême droite », selon M. Thibault, qui sont aussi, pour lui, ceux du FN. « Si nous n'avons nulle intention de stigmatiser les salariés séduits par le discours du FN, nous avons la ferme volonté de discuter avec eux de la vraie nature de ce parti et de ses objectifs, et de les convaincre de la nocivité de ses projets », a ajouté M. Thibault.

« La réponse à la crise du système capitaliste n'est pas l'émergence d'un pouvoir autoritaire avec une cheftaine à sa tête », a continué le secrétaire général. « L'extrême droite française,notamment représentée par le Front national et en quelque sorte incarnée par Marine Le Pen, constitue une mouvance politique délétère pour le monde du travail », a-t-il ajouté, poursuivant : « Il n'est donc pas envisageable, au nom de la liberté d'opinion dans la CGT que celle-ci puisse être représentée, à quelque niveau que ce soit, par des militants revendiquant publiquement leur adhésion au concept de préférence nationale ». Une référence à « l'affaire » Fabien Engelmann, qui a remué la CGT au l'an dernier (voir ici et ).

Pour lui, la CGT est l'antithèse de l'extrême droite: « La CGT se réclame de l'internationalisme, de la solidarité entre travailleurs de toutes origines, d'une vision du monde structurée par le clivage de classe et non par celui des frontières nationales », a ainsi affirmé M. Thibault, disant la fierté que la CGT a d'avoir porté à sa tête Henri Krasucki, et d'avoir eu comme militant Missak Manouchian, tous deux héros de la Résistance.

Un Bernard Thibault très offensif donc, qui a suivi de bout en bout les travaux des spécialistes invités, comme l'historien Jean-Paul Gautier, le sociologue Sylvain Crépon, ou encore Jérôme Beauvisage et René Mouriaux tous deux membres de l'IHS-CGT.

C'est un geste politique fort au moment où Marine Le Pen revient à l'offensive dans l'électorat ouvrier, avec des actions comme celle du mercredi 18 janvier devant l'usine PSA à Sochaux (voir l'article de notre correspondant Jean-Pierre Tenoux). La candidate du FN ne se prive d'ailleurs jamais d'attaquer les syndicats, CGT en tête, promettant, si elle est élue, de favoriser la naissance de « syndicats libres ». Un euphémisme pour désigner des structures qui seraient compatibles avec les idées défendues par le parti d'extrême droite.

Le leader de la CGT est en tout cas inquiet de la montée du FN à la base (voir ici). D'ailleurs, la salle était pleine de plusieurs centaines de personnes, et la CGT a dû, selon elle, refuser l'accès à 150 personnes. C'est dire si la préoccupation dans les rangs cégétistes est réelle. La réponse à la montée du FN a aussi été au programme lors de la rencontre entre Bernard Thibault et François Hollande le 9 janvier.

Une inquiétude que semble en tout cas partager Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche. Ainsi, lors de son discours à Metz le 18 janvier, il a multiplié les attaques contre Marine Le Pen (Voir ici ). Et l'un de ses lieutenants, l'élu parisien Alexis Corbière, vient d'ailleurs de publier un livre de décryptage du discours de Marine Le Pen intitulé Le parti de l'étrangère : Marine Le Pen contre l'histoire de France, (Tribords éditions, 176 pages, 6 euros.)

Rédigé par aragon 43

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