FABIUS ET JANUS

Publié le 29 Août 2012

POMPEDEUP.jpgFABIUS:UN JANUS

Je suis sur la route, en voiture, et j’allume la radio et sur France-Inter, ce matin, l’invité était Fabius, ministre des affaires étrangères qui nous a parlé de ce qui se passe en Syrie.

L’intéressé nous a développé tout le mal qu’il pensait du régime dictatorial de la Syrie. Dommage qu’il n’y a pas pensé plus tôt.

A l’entendre, il faut dégager le dictateur qui dirige ce pays.

Fabius, ne faudrait-il pas alors que tu t’occupes aussi des principaux dictateurs amis de la France?

Hollande vient d’affirmer aux diplomates français la nécessité de mettre en place un gouvernement provisoire et la stratégie qui semble se dégager est de trouver le moyen de contourner les règles internationales qui régissent les rapports entre pays du fait de l’impossibilité d’une décision de l’ONU.

Fabius l’a évoqué avec des possibilités d’interventions si le régime emploie l’arme chimique ou s’il attaque la Turquie, qui fait partie de l’Otan, ce qui permettrait alors une riposte de celle-ci, dont la France, qui a rejoint le commandement militaire sous l’ère de Sarkozy.

Il ne resterait plus alors qu’à obtenir le feu vert du drôle Bernard Henry Levy dit BHL pour que l’affaire soit envisagée.

Bref, nous sommes en plein dans la préparation d’une politique d’intervention comme celle de l’Afghanistan ou celle récente en Libye pour expulser le despote Kadhafi ou encore celle hier de l’Irak qui ne s’en remet pas.

En fait, la France de Hollande ressemble à celle de Sarkozy : les armes doivent parler au nom d’une intervention humanitaire qui cache derrière son nom l’intervention du capital dans cette région.

Ces régimes despotiques en déshérence face aux peuples qui réclamaient la démocratie marquaient les prédominances géopolitiques capitalistes  autour du pétrole dont cette région est pourvue, ne l’oublions pas

Longtemps, les multinationales du pétrole, du gaz et des matières premières se sont servis de ces despotes et les ont encouragé au Moyen-Orient comme ceux qui ont dirigé l’Egypte après Nasser, la Tunisie après Bourguiba, le Maroc , la Libye quand Kadhafi a fait allégeance aux Etats-Unis, l’Irak dont la France était un grand pourvoyeur d’arme mais aussi le Maroc et pour couronner le tout la Turquie, sous le régime des généraux et maintenant d’un islamiste qui brade ce qui reste du régime laïc d’Atatürk, sans oublier le rôle de gendarme joué par Israël, porte avions du système US, qui malmène le peuple palestinien.

A question posée par un auditeur sur le rôle de la religion dans cette région, Fabius n’a pu esquiver cette réalité mais il l’a marginalisé, restant sur l’idée d’une dualité inter-religieuse, certes réelle mais qui ne vient pas par hasard.

Pour un ministre des affaires étrangères, sa vision me semble singulièrement rétrécie : son analyse superficielle est plutôt dans l’air du temps : mettre de l’ordre dans cette région pour ne pas perdre la maitrise pétrolière et gazière après le printemps arabe qui a surpris les puissances dominatrices de la région.

Quand Fabius attaque à juste raison ces régimes despotiques, il manque d’à propos et il omet de caractériser ceux qui tirent les ficelles et en particulier l’Arabie Saoudite et les émirats dont chacun sait qu’ils sont tenus par la bride américaine et qu’ils sont tout aussi despotiques que les pays où Fabius entre en croisade contre les dictatures.

En plus, à y regarder de plus près, l’occident capitaliste vient de choisir, après la voie des despotes pour garder la prééminence pétrolière, une nouvelle voie celle des religieux pour garder le cap du profit, mais un tel schéma risque de leur bruler les doigts.

Fabius comme Hollande le savent, mais ils ont décidé de se couler dans le moule américain comme ils ont décidé de se couler dans le moule d’une Europe libérale avec le traité européen.

La Syrie est la proie de ce choc et bien sûr loin de moi de partager ce qui s’y passe avec le sanguinaire Bachar El Assad et l’ont pourrait, après avoir quitté l’Afghanistan, se trouver devant un nouveau bourbier.

Fabius a ensuite dit que ces questions relevaient de l’Europe unie, il a plaidé aussi pour ce traité infâme signé par Sarkozy et Merkel et je me souviens de sa venue à la fête de l’Humanité lors du référendum sur la constitution  européenne où il avait dit tout le mal qu’il pensait de celle-ci.

Fabius n’est qu’un Janus.

Tout compte fait, il méritait le jaune d’œuf qu’il a pris sur la tête lors du débat.

Bernard LAMIRAND

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #politique

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