COUT DU TRAVAIL UN ARTICLE DE LA CGT

Publié le 11 Avril 2012

La supercherie du patronat concernant le « coût du travail »


Tant pour le gouvernement que pour le patronat, la TVA sociale viserait à diminuer le « coût du travail » en modifiant les modalités de financement de la protection sociale.

Ainsi, selon le Premier ministre, François Fillon : « Le coût du travail est trop élevé dans notre pays, en particulier parce que les charges qui pèsent sur les salaires sont trop lourdes. » Selon lui, l’instauration de la TVA sociale permettrait à la France de « rester une terre de production »(Colloque tenu à Bercy le 6 janvier 2012).

Une autre version de ce même raisonnement justifie l’instauration de la TVA sociale au nom de l’amélioration de la compétitivité de l’économie française. C’est ce qui ressort, entre autres, du rapport de la Conférence nationale pour l’industrie (CNI) sur la compétitivité publié en mars 2012.

Ces raisonnements sont totalement fallacieux.

Tout d’abord, plusieurs études, parmi lesquelles le dernier rapport de l’Insee sur l’emploi et les salaires (Emploi et salaires, édition 2012), montrent que le coût du travail n’est pas plus élevé en France que dans la plupart des pays dits « développés » et surtout en Allemagne.

Dans l’industrie manufacturière, le coût de l’heure de travail est presque identique en France (33,16 €) et en Allemagne (33,37 €).

Dans certains secteurs industriels le coût de l’heure de travail est plus élevé en Allemagne qu’en France ; c’est le cas par exemple de l’industrie automobile : 43,14 € en Allemagne contre 33,38 en France. Cela n’empêche pourtant pas l’Allemagne d’exporter des automobiles.

A l’inverse, dans certains secteurs industriels, le coût de l’heure de travail est plus élevé en France qu’en Allemagne. Tel est le cas de l’industrie alimentaire : 20,26 € en Allemagne, contre 25,70 € en France.

Dans l’ensemble des secteurs marchands (industrie et services), le coût de l’heure de travail est plus élevé en France (32,19 €) qu’en Allemagne (29,36 €). Cette différence tient à l’absence d’un salaire minimum et au faible niveau des salaires dans les services en Allemagne.

Ces données corroborent d’autres études qui tiennent compte de la productivité du travail, c’est-à-dire de la quantité des richesses créées par les salariés en un laps de temps donné, par exemple en une heure de travail.

Contrairement au discours dominant, en tenant compte de la productivité du travail, la France n’est pas confrontée à un problème de coût du travail. Elle se trouve dans une position moyenne comparée à ses principaux partenaires commerciaux. En revanche, elle est dans le peloton de tête en ce qui concerne la productivité du travail. La faiblesse de l’emploi et la persistance du chômage ne s’expliquent donc pas par les coûts prétendument trop élevés du travail en France.

Selon un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires (Conseil des prélèvements obligatoires (2009), Les prélèvements obligatoires des entreprises dans une économie globalisée, octobre.) , en termes du « coût horaire du travail » – qui est calculé à partir du coût annuel du travail et du nombre d’heures effectivement travaillées –, la France se situe en deçà de la moyenne européenne à 15 et à 27, au 8e rang des 27 pays membres de l’Union européenne, bien derrière l’Allemagne qui occupe le 5e rang.

En effet, compte tenu de la productivité apparente du travail, la rémunération des salariés est plus élevée au Danemark, en Suède, en Finlande, en Autriche, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas.

Coût du travail compte-tenu de la productivité du travail
Pays
Valeur
Rang
Danemark
139,73
1
Suède
125,36
2
Finlande
111,98
3
Autriche
105,27
4
UE à 15
100
-
Allemagne
96,33
5
Italie
93,29
6
Pays-Bas
87,84
7
UE à 27
86,68
-
France
83,75
8
Lecture du tableau : Le « coût du travail » calculé en tenant compte de la productivité du travail est pris comme référence, et ce pour la moyenne des pays membres de l’Union européenne à 15 (chiffre de 100 de la deuxième colonne). Pour l’Union européenne à 27, ce même coût est de 86,68 €.

Ces données confirment que la compétitivité n’est pas seulement une question de coûts et singulièrement de coût du travail. Par exemple, l’Allemagne est surtout compétitive par la qualité de ses produits, ce que les spécialistes appellent la « compétitivité hors coûts ». Prétendre que la France perd de l’activité et de l’emploi à cause des coûts trop élevés du travail en France est donc une supercherie.

 

remarques: cet article montre effectivement la supercherie et la méthode qu'ont les patrons et la droite pour mettre en concurrence les travailleurs à partir du cout du travail trop cher en France.

Cela dit, j'en ai marre que l'on se défende par rapport à d'autres pays ou en invoquant la compétitivité. A cette allure là, nous devrions toujours nous aligner sur les salaires les moins élevés et la protection sociale la plus basse.

Il faut passer à l'offensive et considérer que le salaire direct ou socialisé (protection sociale) représentent le prix de la force de travail  et que l'on vise à ce qu'ils soient les plus élevés possible dans la répartition des richesses et que ces dits côuts doivent être augmentés au détriment du vrai côut, celui du capital (dividendes, agios, intérêts, stock-options etc) qu'il faut réduire à une rémunération minimale du capital ou encore mieux d'en faire disparaitre la nécessité à travers la nationalisation par exemple du système bancaire, des assurances, de certaines entreprises d'utilité publique comme l'eau, le gaz, l'électricité etc.

Passons à l'offensive: diminuons le côut du capital.

 

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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