PCF
Sarkozy s’attaque à nouveau à la retraite
L’affaire n’a pas traîné. A peine les urnes ont-elles livré leur message d’une désillusion populaire sans égal (60% d’abstention), que le Président et ses spadassins sont repartis à l’assaut des retraites.
Le ministre du travail n’a « connaissance » que de « trois solutions » pour endiguer les déficits des caisses de retraites : « diminuer les pensions, augmenter la durée de cotisations et reporter l’âge de la retraite ».
Autrement dit, nous avons le choix entre « la peste, le choléra ou le scorbut ».
Balladur et Fillon nous avaient déjà servi ces calembredaines en I993 et 2003. Fillon a récidivé en 2008. On ferait la réforme et on allait voir ce qu’on allait voir !
On est donc passé de 37,5 annuités à 40, ils ont aligné par le bas les retraites des « privilégiés » du public, toutes les pensions ont « encaissé » le retard (15% en 15 ans) que prend leur pouvoir d’achat sur les salaires …tout cela pour un résultat que l’INSEE et les organismes statistiques de la sécu avaient déclarés « nuls » dés le mois de Novembre 2008.
Remettre en cause cet acquis de civilisation qu’est le droit de faire valoir ses droits à la retraite à 60 ans est une obsession de la droite et du patronat. Ils considèrent que l’allongement de l’espérance de vie est une catastrophe qu’il faut faire payer aux retraités.
La crise ?
Une aubaine pour la droite
Alors « la crise » leur apparaît comme une aubaine et le déficit annoncé de la sécu comme un argument imparable pour s’en prendre à nouveau à la retraite des salariés et à la protection sociale des familles.
Il ne manque pourtant pas d’économistes pour expliquer qu’en ajoutant par dizaines de milliers des précaires aux chômeurs la politique de son gouvernement assèche les financements sociaux. Par exemple 100 000 chômeurs supplémentaires c’est 1,3 Milliard d’€ en moins pour le budget de la sécu. L’explosion du chômage partiel- + 183 000 en un seul trimestre !- amplifie le phénomène. On ne peut pas à la fois exonérer les patrons de cotisations sociales (33 milliards d’euros prévus en 2009) et renflouer les caisses de retraites.
La droite à pour principe de considérer que le « social » coûte cher à l’économie et qu’il faut donc diminuer les « charges » que sont les salaires, les pensions, les allocations diverses et les services publics. C’est exactement l’inverse qui est vrai. Une progression de 1 point de la masse salariale apporterait immédiatement 2,5 Milliards d’€ de recette à la Sécurité sociale. C’est en poussant les entreprises à créer des emplois par l’augmentation de la consommation des ménages – et donc des rémunérations- qu’il est possible de financer et d’améliorer la protection sociale. Les salariés, les retraités, les familles, quand leurs ressources augmentent ne se précipitent pas vers les placements financiers, ils achètent ce dont ils ont besoin pour se nourrir, se loger, se déplacer, se vêtir, en un mot, ils « ‘consomment ». Là est le pilier le plus solide de la croissance et de la création des richesses nouvelles.
Des mesures nouvelles pour augmenter les recettes
Depuis des années les communistes proposent de moduler les taux de cotisations sociales en les allégeant pour les entreprises qui s’engageraient à orienter leurs investissements vers la création d’emplois et à améliorer les salaires. Inversement, celles qui choisissent les placements financiers seraient pénalisées par des cotisations sociales plus élevées.
Cette proposition n’est pas un « épouvantail » ou une « menace » pour les entreprises, elle est simplement de nature à casser la spirale de l’enfoncement dans la crise que génère la course insensée aux profits et aux placements financiers. De plus elle pourrait faire partie d’une véritable sécurité d’emploi et de formation pour tous les salariés, a la fois garantie sociale et soutien de la croissance.
Dans le même esprit, il faut rappeler que la productivité du travail a permis au patronat ces quinze dernières années, en s’accaparant les richesses nouvelles, de diminuer de 7 points la part des salaires dans la valeur ajoutée. C’est ainsi 100 Milliards d’€ de profits financiers qui en 2007 ont été soustraits à tout prélèvement social. Sur ce point aussi, il importe de remettre les pendules à l’heure en taxant ces sommes qui échappent à la solidarité nationale.
S’appuyer sur le mouvement populaire et rassembler la gauche
En vérité Sarkozy et Parisot savent très bien cela, mais c’est précisément leur choix, un choix politique et assumé quel qu’en soit le prix pour la vie des salariés, jeunes, retraités et leurs familles. Leur seul souci c’est la rentabilité et le profit car les dividendes de leurs amis actionnaires et banquiers sont leur priorité.
De plus, c’est une question de « revanche ». Ils célèbrent avec emphase l’appel du général De Gaulle du 18 Juin 40 mais ne leur parlez pas des conquêtes sociales de la Libération. Ce De Gaulle là – fortement épaulé par les communistes, il est vrai-, ils l’ont oublié …pour ne pas dire renié.
La société dont ils défendent les dogmes et les principes n’a désormais à offrir à notre peuple que régression sociale, appauvrissement et insécurité de vie. La crise provoquée par leur politique en est une terrible illustration.
Les organisations syndicales, toutes unies au cours des manifestations ce printemps ont pris la mesure de l’enjeu.
Faire apparaître une perspective politique qui s’appuie sur la colère populaire et rassemble toute la gauche sur des contenus transformateurs clairs, audacieux et mobilisateurs, tel est la volonté des communistes.