RETRAITES POUR LES MORTS

Publié le 27 Juin 2009

 

 

 

FILLON VEUT NOUS FAIRE REVENIR A LA RETRAITE POUR LES MORTS

 

Ah  l’hypocrite !  Après nous avoir dit, la main sous le cœur, dans des gouvernements précédents de droite, qu’il ne toucherait pas à l’âge légal de la retraite, il nous annonce maintenant le coup de grâce de la retraite à 60 ans instaurée par le programme commun de la gauche en 1982.

Pendant prés de trente ans, cet inquiétant personnage, a dû certainement rentrer son envie de se venger du législateur de 1982.

Il a profité d’une réunion des cadres godillots de l’UMP pour le préciser, je le cite : « il n'y a pas d'autre solution pour sauver nos régimes de retraite que de travailler plus longtemps, alors même que la vie s'allonge. Si ça n'est pas le cas alors il faudra débattre ensemble de la question de l'âge légal de la retraite».

Dans des blogs précédents, notamment à l’époque des luttes des régimes spéciaux, j’avais indiqué que cette droite détissait petit à petit le droit à la retraite au profit du patronat désireux de ne plus payer de cotisations.

Le fond de l’affaire est là.

C’est la même chose pour la taxe professionnelle qui va disparaître pour faire place à des taxes dont les patrons seront exonérés.

Ainsi, la droite a commencé par des modifications apportées au calcul de la retraite en 1993, par l’ordonnance de Balladur en plein mois d’Août, en changeant le calcul sur les 25 meilleures années au lieu de 10 et en portant la durée de cotisations à 160 trimestres pour une retraite sans abattement.

C’était un premier pas qui devait en annoncer d’autres, le MEDEF n’a jamais dit que cela lui suffisait, bien au contraire Antoine Seillière préconisait déjà la retraite à 65 ans et la capitalisation en 1995 lors de la grande grève des services publics.

Ils nous ont raconté, tous ces destructeurs du social, ces sournois,  que c’était pour notre bien à tous, pour sauver les retraites par répartition ;  ensuite ils ont aligné, sous prétexte d’équité,  tous les autres  régimes : les spéciaux (SNCF-EDF) et la fonction publique sur le nouveau paramètre, celui du régime général faisant effet de matrice pour les autres.

Et toujours en nous disant que c’était pour nous sauver de la faillite un système qui courre à sa perte devant le fait que la durée de vie s’allongerait.

Evidemment, ce message s’adresse uniquement aux travailleurs.

Aux petites gens comme on dit.

Juppé, ancien premier ministre, celui du plan comptable de la sécurité sociale, s’était vite empressé de prendre sa retraite d’inspecteur des finances à 55 ans avant les remises en cause dans la fonction publique.

L’équité parlons-en, quand on voit tous ces PDG se doter de retraites dorées dès qu’ils sont démissionnés ou virés            pour incompétence où parce qu’ils se sont servis dans les caisses.

Soit disant que le trou des retraites va atteindre plus de 7 milliards cette année et que c’est honteux s’indignent les thuriféraires du capitalisme et de la rente.

Et le trou du budget,  Fillon, qu’en fais-tu ?

Le nouvel emprunt qui va le payer ?

Le bouclier fiscal, quinze milliards aux riches, ne peut-il pas servir pour les retraites ?

Les centaines milliards disparues en fumée dans la crise, n’était-ce pas plus scandaleux.

Alors, le « bedaud » de Matignon, celui qui avait roulé dans la farine Chérèque en 2003 veut encore nous faire payer la note.

Derrière cette nouvelle remise en cause plane l’objectif d’en finir avec un régime de retraite fixant un âge légal de celle-ci.

D’en finir aussi avec le système solidaire et par répartition instauré par Ambroise Croizat en 1945. Un système dit Marxiste et communiste par le fameux DenisKessler, ancien vice président du Medef, ancien ami de Cohn-Bendit en 1968 et PDG d’une multinationale des assurances qui lorgne sur des assurances retraites sorties de ce concept de solidarité.

Il est vrai que le patronat, dans les années qui avaient précédé la libération de la France du Nazisme et du Pétainisme, s’était vautré dans la collaboration et n’avait pu empêcher la mise en place d’une sécurité sociale solidaire reposant sur les cotisations des salariés et des entreprises.

Ce gouvernement, en remettant en cause l’âge légal de la retraite à 60 ans n’a qu’un but inavoué : faire en sorte que la retraite soit prise le plus tard possible pour permettre l’émergence d’assurances retraites privées basées sur la capitalisation et avec des critères actuariels prévoyant que la pension diffère selon une prise de plus en plus tardive de celle-ci.

Dans tout cela, nous allons nous retrouver dans la période où nos grands parents avaient une misérable pension à quelques encablures de la mort.

Une retraite pour les morts disaient-ils.

Croizat, Laroque, Buisson, De Gaulle, qui ont mis en application le programme du conseil national de la résistance, doivent se retourner dans leurs tombes.

Ces réactionnaires qui sont au pouvoir nous amènent tout droit vers un pétainisme contemporain comme disant un éditorialiste de l’humanité ce matin.

Plein de jeunes, demain, ne trouveront pas de travail si les générations plus âgées n’ont plus la possibilité de leur laisser la place et si demain on attend que le vieux meurt au boulot pour prendre la relève.

D’autant plus que de maintenir au travail des personnes âgées jusque 67 ans voir plus coutera très cher à la nation en termes de santé et de productivité, de sécurité.

Peut-être qu’on leur coupera les vivres aussi de ce coté là en remettant en cause leur accès aux soins.

Sarkozy nous a encore raconté des bobards à Versailles en faisant l’éloge de modèles français de protection sociale : d’un coté la caresse de l’autre les griffes du capital.

A nous de ne pas nous en laisser compter.

 

Bernard LAMIRAND

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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