SARKOZY SEUL MAITRE A BORD

Publié le 22 Juin 2009

 

 

SARKOZY  SEUL MAITRE A BORD

 

Versailles avait un gout de monarchie ce mardi 22 juin 2009 pour la réunion du Congrès réunissant les députés et les sénateurs.

Les élus présents étaient d’une grande allégeance pour entendre Sarkozy dans un discours du trône, certes remarquable (il sait apparaître) où il a pu vendre sa camelote de roi.

Seul manquaient à l’appel les gueux communistes et verts et quelques socialistes dissidents.

La nouvelle noblesse d’état et très patronale applaudissait comme on le fait dans les émissions de la télé (il manquait que la pancarte l’ordonnant) et le tiers état socialiste se taisait.

Des parlementaires sages comme des images pour écouter les injonctions et là nous étions loin des débats tumultueux de la première constituante et de ces harangues du temps de Jaurès et plus tard de Thorez et de Duclos.

Pas un n’a poussé un cri devant l’arnaque politique : que des sages, que des godillots.

Le monarque a débité son sermon pendant prés de trois quart d’heures sans rien apporter de bien nouveau.

L’égalité a été brandie comme une sorte d’arme à double tranchant : égalité comprise comme une sorte d’égalitarisme source de tout nos malheurs et qui bloque toutes réformes et égalité pour caractériser l’application de ses propres vues sur la nécessité de remettre en cause le modèle sociale issue de la libération comme quelque chose de dépassée.

Comme d’habitude, il s’est appuyé sur des moments historiques pour mieux poignarder les conquêtes sociales(le Conseil National de la résistance et son programme c’était bien hier).

Toute la première partie de son intervention se voulait prés du peuple, des gens qui souffrent, sorte de tape amicale dans le dos, de démagogie pour mieux endormir les gogos.

Sa grande phrase fut rien ne sera plus pareil après cette crise dont il est incapable d’en voir l’issue.

Puis dans un second temps, de l’égalité après avoir fustigé le capitalisme fou, il annonça la couleur : il faudra faire des coupes sombres sur les dépenses de l’état, réduire toujours plus le nombre de fonctionnaires, diminuer la représentation locale en supprimant et en regroupant les instances démocratiques, faire des économies sur la santé, revenir sur le travail comme valeur alors qu’il le piétine chaque jour en favorisant chômage et fermeture d’entreprises.

Et puis les partenaires sociaux (mot détestable) seront réunis par le monarque début juillet pour leur remettre sa feuille de route où les premières mesures seront pour toucher à l’âge de la retraite, à la durée de cotisations et à installer davantage de précarité pour les salariés.

A aucun moment le « nouveau  Adolphe Thiers », qui savait lui aussi pratiquait le double langage, n’a abordé la vie de plus en plus difficile des gens modestes.

Nous n’avons pas entendu parler de la dureté de la crise qui touche particulièrement les travailleurs en ce moment avec les licenciements et suppressions d’emplois.

L’individu a une pensée sélective : il stigmatise les retards en réformes mais à aucun moment il ne condamne ce patronat créateur d’injustice et d’inégalité.

On nous avait raconté que la réforme de la constitution allait permettre un rôle plus grand du parlement ; c’est à une comédie, cet après-midi que nous avons assisté, triste à voir ce spectacle où les parlementaires se font dicter par le chef de l’état ce qu’ils devront faire et dans quel délai ils le feront.

Un chef de l’état qui donne des ordres aux représentants du peuple.

Un chef de l’état  qui demande obéissance au peuple.

On peut s’inquiéter de la dérive des institutions républicaines, certes bourgeoise, en ce moment.

Les communistes ont bien fait de ne pas se rendre à ce congrès de marionnettes.

Pendant que le Chef de l’Etat fabulait au Congrès, une annonce était faite : le SMIC serait réévaluée de 1,3 % et ne subirait aucun coup pouce.

Les petits salaires et aussi les petites retraites apprécieront.

Dernière chose, les seuls applaudissements venaient de la représentation bourgeoise et patronale à chaque fois qu’une mesure les favorisait comme celle où le monarque de l’Elysée les assura qu’ils ne paieront pas plus d’impôts et qu’au contraire ils n’acquitteront plus  celui de la taxe professionnelle.

Evidemment, cerise sur le gâteau, un ouf de soulagement parcouru les rangs de la droite quand au bout du discours du président aucune allusion ne vit le jour sur le boulier fiscal et les 15 milliards de cadeaux fiscaux accordés chaque année aux riches.

Après ce discours, espérons que la rentrée sera vraiment chaude.

Un bon conseil aux organisations syndicales qui seront reçues par le maitre de l’Elysée début juillet, ne vous attarder pas trop chez ce dépeceur de droit sociaux et préparez nous une rentrée sur les chapeaux de roue.

 

Bernard LAMIRAND

 

 

 

 

  

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #politique

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