REFAIRE DE LA POLITIQUE A L'ENTREPRISE

Publié le 19 Juin 2009

 

 

LE CAPITAL SE REMPLUME SUR NOTRE DOS

 

 

Presque un an après que la crise eut produit ses premiers effets avec les premières banques en faillite aux Etats-Unis, avec le scandale des subprimes et des accédants à la propriété incapables de payer les intérêts et les capitaux empruntés, il est temps de faire le point.

La crise, comme une grippe pandémique, s’est répandue sur toute la planète.

Elle a touché en premier lieu les institutions financières, le cœur du capital et les actionnaires, les petits en particulier.

Tant pis pour eux !

Sauf pour les petits épargnants pris dans la nasse et tous ces futurs retraités que l’on a obligé à cotiser dans des fonds de pensions.

Pendant ce temps là les gros s’ingéniaient à trouver les solutions pour ne pas perdre leur mise et leurs profits.

Il fallait que la machine soit en mesure d’être réparée.

Le G20 et toutes sortes de réunions capitalistiques ont été organisées par les Etats pour remettre le malade sur pied.

C’est loin d’être réalisé au moment ou cette contribution est faite, même si en France l’organisme INSEE indique un probable reprise en fin 2009.

C’est que le capital a besoin d’une sérieuse cure de désintoxication et surtout de rendre la circulation de la sève, dans toutes les ramifications, à la hauteur des profits à réaliser demain.

Il faut donc que les canalisations du profit soient débouchées et débarrassées des impuretés de tout ce qui gène la circulation de la sève, son écoulement vers les canaux du profit.

C’est en cours.

Des dizaines de milliards d’Euros ou de dollars, peu importe, ont été dilapidés dans cette course infernale à la rente.

Pourtant, observons les organismes boursiers : ils se remplument au point que déjà certains affichent des résultats remarquables sur les bilans 2008.

Le CAC 40 est démonstratif à ce sujet.

Des banques américaines, après avoir reçu des subsides considérables, sont en mesure déjà de les rembourser mais ils ont mis à genoux des millions de salariés pour redresser leurs comptes.

Regardons par exemple le groupe Arcelor Mittal en France et en Europe : ce groupe a diminué ses productions en fermant des installations, en mettant son personnel au chômage partiel, en liquidant des emplois et en baissant le niveau des salaires.

Il affiche pour l’année 2008 des résultats bénéfiques pour le maitre des forges Mittal et 2009 il se servira en prenant sur la part salariale.

Cette pratique existe partout à l’échelle de la planète : ces entreprises industrielles et financières redressent leur compte en faisant payer la crise aux travailleurs et aux retraités.

Ils ont triché, fraudé, volé, spéculé et leurs insanités financières ont plombé l’économie mondiale et par conséquent, ils ont, avec l’aide des gouvernements capitalistes, organisés le plus vaste détournement de valeur en faisant payer leur crise à tous les travailleurs du monde.

On peut appeler cela un hold-up.

Hold-up quand pour requinquer leurs comptes d’actionnaires ils licencient des dizaines de millions de salariés.

Hold-up quand ils demandent et obtiennent des gouvernants des remises en cause de la protection sociale et le recul de l’âge de la retraite.

Hold-up quand ils transfèrent des productions là où le cout de la main d’œuvre est révoltant.

Hold-up quand ils ne revalorisent plus les salaires et les retraites pour renflouer leurs actions

Et alors suprême hold-up, le fait qu’ils ont l’idée de demander aux salariés, pour redresser leur profit, d’accepter des baisses de salaires.

Bientôt, à cette allure, ils vont demander aux retraités de rendre une partie de leur pension.

Ou bien encore, d’accepter de partir de l’entreprise avec une bonne prime pour solde de tout compte.

A travers cela, le capitalisme montre non seulement qu’il est prêt à tout pour pérenniser son existence mais qu’il est  cynique dans sa lutte de classe.

Une lutte de classe qu’il mène avec une bataille idéologique ayant comme support : « nous sommes tous dans le même bateau et si vous voulez sauver le bateau : accepter de ramer et de mourir pour défendre notre porte- feuille d’action ».

On devrait donc mourir pour le capital et ils sont prêts à nous payer la plaque : « Tartempion  mort pour le capital lors de la grande crise de 2009 ».

J’ai écris cette article en pensant à ces travailleurs de Continental qui ont accepté, moyennant une grosse prime, d’arrêter leur combat pour le maintien de l’emploi ; ils étaient, c’est vrai, conseillés par un orfèvre en la matière, le dénommé Spyrzko de lutte ouvrière qui a bradé l’entreprise Chausson Creil il ya quelques années de la même manière.

C’est la même chose à Poclain Crépy ou une partie des travailleurs vient d’obtempérer à la consigne de leur patron de diminuer leurs salaires jusqu’en fin d’année.

Et dire que cette entreprise recevait les félicitations de Sarkozy l’an dernier comme entreprise modèle.

Dans tout cela, quelles leçons tirer ?

Il faut mener sans concessions dans les masses la bataille d’idées et ne pas avoir peur d’affronter « le sauve-qui peut » qui est une méthode de chantage patronal.

Nous pouvons mesurer notre responsabilité et toute la faiblesse politique actuelle des idées de classe.

Je mesure aussi cette déliquescence des idées communistes depuis une trentaine d’années et la nécessité de reprendre le combat des idées au plus profond des lieux de travail que le PCF avait abandonné dans les années HUE.

Le comité national est réuni en ce moment, j’espère qu’il va trouver le dynamisme pour être à la hauteur des enjeux ;  et il ne suffit pas de faire les meilleures alliances et les meilleurs fronts pour y parvenir ; il faut par contre un parti qui retrouve sa place dans les entreprises et porte résolument le combat contre le capital.

Ce combat manque et le mouvement syndical a ses limites.

Il faut refaire de la politique à l’entreprise.

C’est vital.

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #communisme

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