EUROPE: QUELLE SIGNIFICATION DE L'ABSTENTION

Publié le 9 Juin 2009

 

 

 EUROPEENNE : FAITES VOS JEUX RIEN NE VA PLUS

 

40 % de votants environ ou 60% d’abstentions au niveau national, peu importe, mais le résultat est là, ce sont les masses populaires qui se sont abstenues. 

C’est très mauvais quand les peuples en arrivent à ne plus voter, à montrer leur indifférence.

Derrière, la bête immonde n’est pas loin.

Certes, ces élections pour le parlement européen, depuis longtemps, ne passionnent pas les foules, mais faut-il s’en contenter ?

D’autant plus que c’est cette Europe du capital que l’électorat populaire  pouvait sanctionner ; cette Europe, qui tous les jours, raccourcie la protection sociale, l’emploi, le salaire, la retraite.

Dans mon bureau de vote, sur 1030 inscrits, 278 se sont déplacés et nous avons obtenu pour le Front de gauche que 22 voix.

Pourtant, c’est là que la crise se fait le plus sentir dans la ville de Nogent Sur Oise.

Ce bureau est situé dans une zone comprenant de nombreux appartements HLM et des pavillons construits dans les années 80 quand l’usine Chausson existait encore et tournait à plein régime avec plus de 3000 salariés.

C’est un endroit où la misère règne, le chômage bat des records.

Les jeunes ne sont pas venues voter.

Les français venant de l’immigration ou de parents immigrés non plus.

Dans la cohorte des votants se succédaient en majorité des personnes d’un certain âge.

La droite et le front national ont fait le plein.

Bien sûr, parmi ces personnes âgées, tous n’ont pas voté à droite mais il se confirme bien que par sentiment d’insécurité, des votes de gauche à la longue peuvent s’altérer : pourtant, la plupart, ce sont des gens qui vivent difficilement les fin de mois avec des petites retraites.

Mais venons-en à ces élections européennes et ce qu’elles recèlent.

Bien sûr, le front de gauche a fait un score honorable nationalement et mon camarade Hénin sera le député portant nos luttes dans cet hémicycle européen. En plus, il a mis une première correction à la drôlesse UMP qui lui avait ravi la mairie de Calais avec l’assistance de socialistes à la sauce Besson et du front national.

Mais pour moi, cette abstention des masses populaires marquent une grande pauvreté politique, les points de repères de classe semblent s’éloigner comme ces lumières qui scintillent de plus en plus faiblement au fur et à mesure que l’on s’éloigne du rivage.

De ce rivage de la conscience de classe.

Par exemple peut-on marquer son mécontentement en agissant à juste raison contre les licenciements, contre cette crise, contre les mesures prises à Bruxelles, allait manifester et jeter du purin à l’entrée du siège de la Communauté Européenne où encore brûler ou saccager des sous-préfectures pour ensuite rester tranquillement à la maison le jour du vote ?

Ou encore, après avoir hurler contre les suppressions d’emplois, la fermeture de son entreprise, finir par un accord scellant la fermeture de celle-ci moyennant une bonne prime.

On ne peut se contenter de dire que l’abstention est une sanction des politiques européennes.

C’est un aveu du fatalisme qui règne et montre notre faiblesse dans cette bataille idéologique de classe contre le capital mondialisé et sa crise qui est loin d’être terminée.

Et s’il y a manque de conscience de classe c’est peut-être parce que nous n’allons pas assez loin dans les idées dans ce combat de classe contre le capital.

De voir hier soir, à la télévision, tous ces cloportes politiques célébraient leurs bons résultats me donnait la nausée.

Il y avait là ce qu’il y a de plus détestable dans la politique ; la duplicité politique a atteint son paroxysme dans les expressions de cette droite et dans les mea-culpa des socialistes.

Et puis trônaient les deux attelages vainqueurs d’une élection riquiqui : l’UMP et les Verts.

Bientôt on se serait cru dans un vote magistral de toute la France envers ces soit-disant bienfaiteurs de l’Europe.

Dans leur agitation, ils se saoulaient de mots.

L’abstentionnisme est leur compagnon de route, un abstentionnisme que la droite avait travaillé depuis plusieurs mois avec ses perroquets de la télévision et les sondeurs pour faire croire aux pauvres et aux victimes que ce n’était pas la peine d’aller voter (puisqu’on vous le dit, il y aura peu de votants).

Une façon de conjurer ce vote négatif de ces gueux lors du référendum constitutionnel sur lequel ils se sont juré que pareille aventure ne se reproduirait plus.

Dans ce concert, pour rendre la politique encore plus impénétrable pour le commun des mortel, il n’y avait plus qu’à charger la mule avec le faux-révolutionnaire de 68, Cohn Bendit, toujours aussi provocateur, et d’étaler le coté puant de la politique dans un combat de coq entre Bayrou et le libéral Cohn Bendit qui, tout deux, avaient voté la constitution européenne.

Dans cette partie de poker menteur, il y avait Bové, grand prêtre des comités antilibéraux du non et de quelques communistes frelatés. Il a rejoint ce qui se préfigure : une stratégie montée de toutes pièces par l’idéologie dominante où se marieront thèses écologiques et capitalistes sans remettre en cause le système.

Dorénavant on va tenter de nous faire gober une sorte d’union sacrée regroupant la droite, les verts et les sociaux libéraux pour protéger notre planète et en omettant les hommes exploités.

Alors dans tout cela, la gauche se porte mal, elle a besoin de se rassembler et je suis persuadé que le Front de gauche est l’outil indispensable pour y parvenir.

Oui, il faut y travailler et unir ces forces de gauche aujourd’hui dispersées y compris cet électorat socialiste proche de nous.

Le Front de Gauche peut-être le creuset auquel toutes les forces de gauche, prêtes à gouverner demain, le feront sans hégémonies et avec leur identité sur un programme défini démocratiquement par vote par le peuple  et auquel ces forces politiques concernées auront à le mettre en œuvre.

Il faut redonner envie au peuple de s’intéresser à la vie politique.

Le pire c’est qu’il s’en désintéresse.

Un peuple révolutionnaire, cela se construit, et le vote est un moyen comme la grève, la pétition pour combattre et créer les conditions politiques d’un dépassement du capitalisme.

Luttes et votes sont des outils pour cela.

J’ose espérer que cette gauche trouvera le chemin de cette perspective politique.

Nous en avons besoin tout de suite et le 13 juin, jour de manifestation décidée unitairement par toutes les organisations syndicales est un premier rendez-vous.

 

Bernard LAMIRAND

Rédigé par aragon 43

Publié dans #communisme

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