DIMANCHE D’HIVER
Il fait froid.
Dans cette région picarde, le froid et la neige et le gel se sont invités depuis plusieurs jours.
C’est l’hiver et un tel temps est tout compte fait normal en cette saison.
Mais pour certains, il ne devrait plus y avoir ni d’hiver, ni d’été, ni de dimanche, ni de repos.
L’aliénation aux seuls critères de la rentabilité devrait être la règle.
Les hôpitaux devraient tourner à flux tendus sans moyens humains et matériels dixit Sarkozy à Strasbourg.
L’hiver est cependant une loi naturelle.
Pourtant vous entendez les éternelles égoïstes s’offusquer que leurs trottoirs ne sont pas déblayé, que leur voiture ne peut pas rouler dans les conditions optimales, que les autoroutes sont bloquées et que les trains et les avions ont du mal à partir ou décoller.
Bientôt, ils vont nous dire que l’hiver les prend en otage comme les employés de la SNCF quand ils luttent.
Nous vivons dans un monde ou règne le temps de la dictature du profit.
Le capital, s’il pourrait, privatiserait les saisons.
De voir ces gens râlaient à la télévision parce qu’ils ont pris ½ heure de plus pour arriver à leur boulot montre à quel point l’idéologie dominante individualiste a pénétré les entendements.
Il faut dire que la pression est là : comme à Marseille où tout ce beau monde patronal a beuglé contre les services municipaux ou de la communauté urbaine en les qualifiant d’incapables. Discours repris complaisamment par le bedaud de Matignon qui a dépêché une commission et des commissaires politiques pour enquêter.
Pour une fois je serai d’accord avec le maire de Marseille qui a trouvé cela incongru.
Mais derrière cela pointe toujours cette haine de classe des services publics menée par ceux qui voudraient les démanteler.
De voir avec quelle rapidité le bedaud de Matignon a réagi montre à quel point ce gouvernement est à la solde d’une classe, d’une caste de privilégié.
Aucun message n’est parvenu à tous ces hommes et ces femmes des services publics qui actuellement triment dur pour remettre en marche les lignes électriques, dégagées les routes et les voies ferrées, aider les personnes âgées etc.…
Egoïsme d’une classe où tous les moyens sont mis en œuvre pour redonner du tonus aux actionnaires alors que plein d’hommes et de femmes chôment ou sont foutus à la porte sans ménagement.
Egoïsme de ces nantis qui hurlent pour dégager les routes du profit et qui n’en n’ont cure de ceux qui souffrent du froid et vivent dans des caisses en carton au bord de nos grandes avenues et périphériques.
Egoïsme de tous ces riches, mais ce qui fait chaud au cœur, c’est de voir que cet égoïsme recule quand la solidarité s’organise et que des luttes s’engagent pour les sans papiers, les sans logis, les sans droits, les sans emploi.
Ce qui fait chaud au cœur, dans cet hiver Sarkozien, c’est de voir les mobilisations impressionnantes en cours contre l’agression israélienne à Gaza et d’entendre des millions de voix dans le monde dire que : « nous sommes tous des palestiniens ».
Enfin, ce qui fait chaud au cœur, c’est la préparation des manifestations syndicales le 29 janvier à l’appel de toutes les organisations et donc dans l’unité pour des revendications concernant l’emploi, les salaires et les retraites.
Ce jour-là aucun travailleur, aucun retraité, aucun chômeur ne doit rester l’arme au pied et Sarkozy doit recevoir la riposte qu’il mérite.
Sarkozy GO HOME.
Bernard LAMIRAND