PCF SILENCE ON TOURNE

Publié le 16 Octobre 2008

PCF SILENCE ON TOURNE ?  Réflexion de Bernard LAMIRAND Section de Montataire, cellule d’entreprise Arcelor.

Avez-vous vu et entendu en ce moment  si particulier, une quelconque analyse communiste sur la crise dans les médias et la presse écrite ?
Non.
On nous présente que les régulateurs socialistes et les nouveaux convertis à la régulation : les faux-nez de la dérégulation que sont les Sarkozy et toute sa bande des libéraux européens.
Rien de la part du PCF sur cette crise et ce qu’elle recèle, sinon que dans l’humanité.
Pourtant, depuis des années, nous avons Paul Boccara qui nous parle de bulles financières, de crise financière débouchant sur une crise systémique.
On l’ignore volontairement.
Une ignorance de classe.
Il vient de sortir un ouvrage et évidemment personne ne l’invitera à la télévision pour présenter son livre. On invitera volontiers les serviteurs du capital et ceux du marché libre et non faussé de la social-démocratie. Il faut bien que tout cet aréopage explique leur conversion brutale au retour de l’Etat dans l’économie et la finance qu’il n’a d’ailleurs jamais quitté pour les riches.
Donc silence sur le parti communiste français.
Son analyse en gênerait plus d’un, y compris nos zélés anticapitalistes, qui eux n’ayant pas grand-chose à dire, ont droit aux invitations « des bourges » et de toute l’oligarchie  médiatique.
Tout ça pue la politicaillerie et les petits copains abonnés à la dame lucarne.
Quand à notre congrès, ces perroquets l’ignorent superbement ; tant mieux car ils auraient encore une fois produit leurs déjections anticommunistes.
J’ai lu la base commune pour le congrès ; je pense que sur plusieurs points il faudra la  faire bouger considérablement ; c’est un texte qui a du mal à se sortir de la vieille logique de l’Union de la gauche défunte et qu’on ressuscitera pour les élections s’il reste en l’état.
Alors cette crise, on va en parler au congrès sur ce qu’elle recèle comme dangers mais aussi comme perspectives communistes ?
Est-elle provisoire cette énième crise par un rebond fameux du capitalisme mondialisé comme il a su toujours le faire à ses moments difficiles où pour passer à une étape supérieure il devait pousser plus loin sa logique, y compris en tuant des formes dépassées du capitalisme comme celle liées à la nation, à une famille, à l’industrie nationale etc. 
Est-elle durable cette crise ?
D’abord est-elle que financière, ne débouche t’elle pas sur une crise du système capitaliste qui ne peut plus progresser parce que destructeur de richesses et de valeurs auxquelles il a été longtemps symbolisé et encensé dans l’idéologie dominante.
Le fait que la crise financière prend une tournure de crise économique avec son cortège de faillites et de fermetures d’entreprises et surtout  de perte d’emplois laisse à penser que cette situation est bien systémique.
Les conséquences actuelles dévoilent les difficultés à quoi le capitalisme est confronté quand il doit faire appel à nouveau à l’état et mettre en sourdine l’ultra libéralisme auquel il soumet la planète entière depuis une vingtaine d’années. Mais crise durable ne veut pas dire échec du libéralisme car il est d’or et déjà tenté d’aller plus loin dans la régression sociale pour remonter le taux de profit et faire payer les frasques des siens par les travailleurs.
La prise de participation dans les banques par les  états nations marque cette tendance à résister et pas seulement en nationalisant les pertes et en privatisant dès que cela rapporte à nouveau.
Mais c’est un  capitalisme acculé dans les cordes pour la première fois de son existence ; c’est pour cela que c’est autre chose que la crise de 1929 car elle est emboîtée sur une économie totalement connectée mondialement
Les communistes, à partir d’une analyse nécessaire de ce qui se passe, doivent, au congrès, définir une ligne de conduite communiste et non pas de gauche car ce sera de l’eau tiède comme d’habitude.
Un congrès communiste c’est une ligne communiste claire ; c’est le congrès des communistes et pas de la gauche quand même !
Voilà ce que je voudrais voir dans le document.
Une ligne de conduite qui fasse l’analyse marxiste du capitalisme mondialisé, de ses points forts et de ses faiblesses ; de son échec à répondre aux besoins et donc de son inutilité et de sa nuisibilité.
Quelque chose qui donne non seulement des repères mais soit mobilisateur pour agir et créer du communisme quotidiennement face à chaque acte capitaliste régressif.
Par exemple, comment on engage en ce moment une action pour une banque populaire où tous les travailleurs sont appelés à virer leurs salaires, leurs retraites, leurs économies et en soient les maitres d’œuvre.
Retirer notre argent des sales pattes des requins de la finance. Rendre conscients les travailleurs que les centaines de milliards qui circulent pour renflouer les banques et les financiers véreux, c’est leur paie, leur pension.
Ce sont avec des actes communiste de ce genre, dans une société capitaliste décadente, qu’on arrivera à décrocher un par un les représentations capitalistes et les changer par ceux du communisme.
Des batailles pourraient s’engager sur plein d’autres points où le capitalisme va souffrir de ses contradictions : l’eau, l’énergie, les transports, la santé, la crise alimentaire et le retour de la famine à grande échelle, la planète et ses ressources dilapidées etc.…
Car c’est cela qu’il va charrier.
Je souhaite que l’on discute de cela et que l’on se donne l’outil correspondant pour cette bataille de longue haleine.
Là dessus, Gérin à raison avec son texte alternatif.
Faire du communisme identitaire.
Ne plus raser les murs et ne plus aller chercher des compromis boiteux avec les socialistes.
Retrouvez des directions qui retroussent les manches pour animer partout les débats et redonner l’envie de communisme à plein de gens qui attendent cela.
Et nous n’avons pas besoin de nous déguiser en un nouveau parti du 21eme siècle pour montrer toute la force des idées communistes en ce moment. Il y a donc à réfléchir sur ce texte de Gerin et autres camarades, mais je ne le prendrai pas parce qu’il nous transporte vers une autarcie communiste.
Une rétraction.
Au contraire, l’Union est toujours le combat de classe à mener, et au-delà des sièges à pourvoir, il y a la façon de créer les conditions d’une union y compris avec les socialistes et d’autres forces de progrès mais en ne mettant plus notre drapeau dans notre poche comme on l’a fait avec les comités antilibéraux, où notre direction nationale s’est complètement  fourvoyée : ferons-nous l’analyse de ce tête à queue lamentable ?
Cette union doit refléter des choses claires : un chemin de gauche n’est possible que si on est d’accord pour s’attaquer au capital et non le réguler comme le préconisent les socialistes.
Sans quoi, rien n’est possible que la lutte pour faire bouger les choses, car au bout c’est la réédition d’une gauche plurielle dominée par les régulateurs capitalistes, sociaux démocrates du genre Strauss-Kahn, et les gagnes-petits d’organisations que les socialistes voudront bien maintenir en état de respiration artificielle pour les périodes électorales.
Je partage donc cette idée de clarification avec toute la gauche, du PS à l’extrême gauche.
L’appel à la gauche prônée par Marie George face à la droite destructrice part d’un bon sentiment, mais la gauche pour la gauche cela ne fait pas une alternative claire Marie George.
Avec les socialistes rien ne sera possible s’ils maintiennent une ligne d’accompagnement d’un système capitaliste arrivé à son stade de crise durable et malfaisante.
Les motions déposées à leur congrès le font craindre avec en plus un regard tourné vers les centristes de Bayrou pour gouverner.
Pour l’extrême gauche, elle à se sortir de son nihilisme. Ce n’est pas pour demain.
Pour eux, je dirai une chose, s’ils bougent un jour pour construire à travers les ornières de la société telle qu’elle est, alors s’ouvrira l’idée d’un nouveau parti communiste français et le nom ne portera pas à discussion sémantique.
Cette base commune doit être sérieusement revue et corrigée ; son interne et sa vie démocratique et collective doit être autrement développé qu’ils ne sont.
La direction que nous nous sommes donnée au dernier congrès ne fonctionne plus parce qu’elle est dirigée par des chapelles comme au parti socialiste.
Une raison à cela : nous ne sommes pas extirpés de cette délégation de pouvoir qui a pénétré la « dirigeance »communiste.
Regardons la préparation de ce congrès :  dans l’humanité, il n’y a que les déclarations des grands dirigeants et nous voyons même, dans une des fédérations communistes les plus importantes, les Bouches du Rhône, son premier secrétaire présenter son remplaçant comme une sorte d’héritier.
On se choisit son successeur !
Ou va-t-on ?
Ailleurs des dirigeants vont négocier les places dans les mairies socialistes avec l’équipage centriste de Bayrou.
Comment les militants communistes peuvent se retrouver dans ce galimatias où on appelle à voter contre la candidate communiste présentée par les communistes majoritairement.
Il faut redonner aux militants PCF leur légitimité, celle de diriger leur parti.
D’élire directement leur direction à tous les niveaux.
Il faudra changer les statuts.
Il faut en finir avec les commandants de place.
Et faire en sorte que ceux qui sont élus respectent le vote du congrès et travaillent ensemble.
Je dirai d’ailleurs, pour ceux qui ne veulent plus du PCF : qu’ils s’en aillent s’ils ne partagent plus une démarche révolutionnaire et de classe.
Ils seront honnêtes avec eux-mêmes et mériteront le respect car on n’est plus à crier à la trahison et les choses seront claires pour tout le monde.
Enfin, grande question : on pourra faire tous les plus beaux plans sur la comète, si on n’a pas la volonté de retrouver le communisme là où il n’aurait jamais dû abandonner la partie, je veux parler de l’entreprise, eh bien nos discours ne seront alors qu’une péripétie intellectuelle et politique sans lendemain.
Dernière chose, je ne sens pas un vrai débat, plutôt une vraie mobilisation des communistes pour préparer ce congrès. Que fait notre direction nationale pour impulser les débats, vérifie t’elle avec les fédérations l’existence de rencontres préparatoires au congrès, d’assemblée générale ?
Va-t-on se contenter d’envoyer à chaque communiste les documents par la poste et le jour du vote de se retrouver à devoir téléphoner pour que les camarades expriment une opinion à toute vitesse d’un document qu’ils n’auront pas lu et débattu ?
J’interroge à ce sujet notre direction nationale; un tel congrès ne peut se faire avec 50%  et moins de communistes qui s’expriment.
Pour conclure ce texte, je souhaite que le document soit plus offensif sur la crise, qu’il permette aux communistes de pouvoir discerner et spécifier comment créer les conditions d’un dépassement de cette société et d’un chemin menant au communisme.
Pour que sur les questions de la paix dans le monde et des relations internationales, notre parti  soit à l’origine d’une nouvelle organisation communiste internationale.
Pour que sur l’Europe on se sorte de cette communauté européenne qui n’a rien de républicaine et de démocratique et de la refonder à partir des peuples.
Pour que des projets communistes voient le jour sur des problèmes précis comme l’énergie, l’eau, l’écologie, la santé, le temps de vivre, les moyens pour vivre etc.…
Pour que les services publics retrouvent leur pleine authenticité et ne reposent plus sur la rentabilité.
Que toutes les banques soient nationalisées et remises aux mains des usagers, des collectivités publiques et qu’une grande banque populaire soit mise en place et que le crédit serve à améliorer la vie des gens et pas celle des opulents.
Que notre parti retrouve l’entreprise comme lieu d’activité principale sous des formes nouvelles, par exemple des groupes communistes d’entreprises sur une localité, une zone industrielle ou commerciale.
Qu’enfin tout soit fait pour former aux idées communistes cette jeunesse qui nous manque et qui doit être notre objectif principal.
Je rêve, peut-être !
Mais un peu d’utopie ne fait pas de mal devant tous ces cassandres qui polluent l’avenir du communisme dans ce monde qui en a pourtant un besoin immédiat.
Je voudrais finalement un manifeste du parti communiste pour ce congrès et  donc un document, concis et haut, capable de mobiliser les communistes le lendemain du congrès.

Bernard LAMIRAND





Rédigé par aragon 43

Publié dans #communisme

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C
Bonjour,je suis la fille de Micheline Igou ,qui m'a fait découvrir ton site ,j'ai 55 ans ,j'ai adherré au parti communiste à 15 ans ,et je l'ai quitté il y a 10 ans à causes des directives du pc, alliances avec les socialistes etc...,et j'en passe et des meilleurs ; Je suis tout à fait d'accord avec ton article ,Et  soyons marxiste non d'une pipe ! il n'y à pas d'alternative .Que les communistes que l'on a poussé hors du pc comme moi ,et nous sommes nombreux , puissions, retouver notre place dans un vrai parti révolutionnaireYvette
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