UNE RENTREE SUR LES CHAPEAUX DE ROUES

Publié le 22 Août 2008

 

La période des congés s’achève et la situation économique et sociale ne s’est pas arrangée. Comme le climat de l’été a été pourri, le mauvais temps politique  a eu la même teneur.

L’homme de l’Elysée a certes perdu de sa superbe, plombé par les mauvais résultats de sa politique néolibérale qui tombent en ce moment tant sur les prix, la croissance, le chômage.

Seuls s’en sortent bien les nantis de la bourse.

Mais il est résolu à continuer son œuvre destructrice des droits sociaux constatant comme il dit la faiblesse de réaction.

Démentons-le !

Partout le mécontentement s’exprime ; il n’y a pas qu’une raison de se plaindre de ce pouvoir mais de multiples :   dans les entreprises, les salariés manifestent leur colère face à ce marché de dupe du « travailler plus pour gagner plus » qui se traduit par « travailler plus pour les actionnaires » pour gagner moins et dans les pires conditions de travail.

Les retraités salariés l’ont « gros sur la patate » : ils voient chaque année leur pouvoir d’achat se détériorer par manque de revalorisations de leurs pensions et retraites.

Ce mécontentement a du mal à se concrétiser en luttes ; même si l’on peut noter depuis le début de l’année une certaine montée des luttes notamment dans le secteur privé.

Pourquoi ce mécontentement des travailleurs n’arrive t’il pas à s’exprimer dans un tout ensemble ?

Parce qu’ils ne perçoivent pas une démarche de rassemblement dans les clivages actuels.

Bien malin qui pourrait trouver un philtre magique unitaire pour que demain matin à la première heure toute la France soit dans la rue.

Mais tous les ingrédients du ras-le-bol  sont là et ils ne demandent qu’à être exploités.

La rentrée ne peut se cantonner à des retrouvailles dans des assemblées générales de militants, certes indispensables, sans qu’une dynamique de luttes avec des revendications engage sans tarder le fer face à ce gouvernement de la casse sociale et au patronat.

Les salaires, les retraites et le devenir de la sécurité sociale sont les enjeux de cette rentrée.

Marie George Buffet a raison de sonner le tocsin et de rappeler toutes les organisations progressistes à ne pas se contenter de dénoncer mais d’agir en commun.

Certaines clament la grève générale pour ne rien faire et seulement bomber leurs torse, d’autres se contentent de constater les dégâts de ces politiques et de s’en tenir à la défense de leur pré-carré syndical électoral, s’arqueboutant sur un paritarisme pourtant insoutenable pour amadouer tant le patronat que le pouvoir libéral.

On risque alors un encéphalogramme plat si des décisions énergiques ne sont pas prises pour agir.

La CGT a la grande responsabilité de ne pas en rester « au chacun pour soi syndical » qui règne dans ce pays et qui est mortifère pour le devenir de nos droits sociaux  et du mouvement syndical dans ce pays.

Peut-on laisser les salaires et les retraites devenir des pourboires patronaux ?

Peut-on laisser le pouvoir démanteler tranquillement la sécurité sociale créée de surcroit par un ministre du travail qui s’appelait Croizat et qui avait dit « « Jamais nous ne tolérerons que ne soit rogné un seul des avantages de la sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès ». 

Peut –on laisser sous la seule emprise patronale toutes les questions sociales à partir de ses nouvelles lois scélérates faites pour se passer du syndicalisme ?

Peut-on laisser les mutuelles devenir petit à petit des assurances complémentaires prenant la place de la sécurité sociale avec des pratiques qui les obligeront à devenir inexorablement des compagnies d’assurances ?

Le temps n’est donc pas aux atermoiements, mais à se réunir pour agir.

Je souhaite que la CGT prenne les dispositions nécessaires pour que les choses bougent et qu’elle remue cette mollesse ou se laisser faire que l’on a pu constater de la part des autres syndicats avant les vacances.

Je sais bien que les choses ne sont font pas en claquant des doigts mais il est urgent d’agir et je suis persuadé que c’est l’opinion de tous ces militants et dirigeants qui ont le souci de la défense des intérêts des salariés et retraités qui le permettra.

J’espère que toutes les rencontres avec les travailleurs à la rentrée  déboucheront sur des décisions d’action.

Le pire en ce moment serait de rester l’arme au pied.

Les travailleurs ont besoin d’être rassemblés pour mettre en échec cette dégradation sociale remettant en cause tous les acquis sociaux de 1936, de la libération et de 1968.

 

Bernard LAMIRAND

  

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article