LA SECURITE SOCIALE EN DANGER DE MORT

Publié le 4 Juillet 2008

LA SECURITE SOCIALE EN DANGER DE MORT

 

En 1945, par un décret du gouvernement provisoire, la Sécurité sociale naissait et remplaçait les assurances sociales.

C’était le fruit de la résistance face l’ennemi nazi et au régime pétainiste de Vichy.

Croizat,  ministre, communiste et secrétaire général de la fédération CGT de la métallurgie, fut chargé de mettre en œuvre cette décision issue du conseil national de la résistance.

Naissait ainsi la plus grande conquête du mouvement ouvrier.

La solidarité remplaçait  «  le chacun pour soi » en matière de santé et la charité pour les plus démunis.

Cette sécurité sociale est aujourd’hui menacée dans son existence même après le travail de sape depuis les ordonnances de 1967.

Il faut la défendre d’urgence.

Dans ce papier, je n’entrerai pas dans les mesures déjà appliquées pour lui imposer les règles du marché et donc de la concurrence privé-public pour la mettre en état d’incapacité en l’étouffant financièrement.

Le seul fait de la semaine dernière de dérembourser les médicaments complémentaires en cas de longue maladie (ALD) atteste de cette volonté de ne plus assurer nos concitoyens dans les meilleures conditions quand ils ont où auront des affections graves.

La solidarité leur serait refusée.

Ces casseurs de la sécurité sociale viennent de recevoir un camouflet par une réaction forte de toute la population qui a rejeté la demande du directeur de la sécurité sociale de ne plus rembourser ces médicaments considérés comme du confort pour ces malades atteints de graves affections.

Ou veulent-ils nous amener ?

Laissons parler ceux qui veulent en remettre une couche en profitant du débat à l’assemblée nationale pour fixer le budget 2009 ; je cite l’hebdomadaire « challenges » : Extraits : « Augmenter les franchises médicales 3 milliards d'euros

Le 1janvier dernier, les franchises médicales ont été introduites: 50 centimes par boîte de médicament et par acte paramédical, 2 euros par transport sanitaire, avec un maximum de 50 euros annuels par personne. Cette contribution rapporte 850 millions d'euros par an. Pour arriver à 3 milliards, il faudrait appliquer un tarif de 2 euros par boîte de médicament et acte paramédical, et de 8 euros pour les transports en ambulance.

Bien qu'importantes et sûrement impopulaires, ces sommes sont inférieures à ce qui se pratique chez nos voisins suédois ou suisses. En Allemagne, le forfait est de 5 à 10 euros par boîte de médicament, et de 10 euros par trimestre pour la consultation en cabinet.

Le choix - très politique - d'accroître les franchises pourrait s'accompagner de la mise en place d'un «bouclier sanitaire», entendez un plafonnement annuel des frais de santé à la charge des assurés, éventuellement modulable en fonction des revenus.

 

Cet hebdomadaire « challenges » nous avait gratifié, précédemment, d’une interview de Denis Kessler, ancien soixante huitard, devenu chef des assureurs privés et vice président du patronat français ; celui-ci n’avait-il pas déclaré qu’il fallait mettre fin à la sécurité sociale ; une œuvre des communistes.

Le directeur de la caisse d’assurances maladie, Frédéric Van Roekeghem, a le même profil que Denis Kessler, un profil de cette droite qui veut casser la sécurité sociale : Directeur de Cabinet du Ministre de la Santé et de la Protection sociale, Philippe Douste-Blazy (UMP) (2004), auparavant Directeur de l'ACOSS (2003 - 2004), AXA, Directeur de l'Audit Central (2001 - 2003).

Et ce n’est pas tout, quand on regarde le profil du ministre du travail : Xavier Bertrant, assureur privé à Saint Quentin Aisne, et celui de Bachelot ministre de la santé et pharmacienne de son état pour qui les franchises sont supportables (Quelle est la personne qui ne peut pas payer 4 euros par mois sur des objectifs aussi importants).

Avec ces gens là, « le renard est dans le poulailler » et le directeur de la sécurité sociale n’est que l’interprète de ce pouvoir d’une droite qui veut en finir avec les acquis sociaux.

Bref : Kessler, Van Roekeghem, Bertrant, Bachelot : un quatuor chargé d’aller plus dans les réformes  de la sécurité sociale pour faire place aux assurances privées comme le souhaite l’Europe libérale.

Plein de décisions également pour réduire et supprimer à terme toutes cotisations patronales pour le remplacer par des impôts que paieront les seuls salariés et les retraités.

Finalement, cette droite et le patronat n’ont jamais accepté de financer un régime solidaire, et ce qu’ils trament actuellement : c’est bien la fin de la solidarité avec tout ce que cela peut comporter d’inégalités et d’injustices.

Nous ne serons alors dans la situation que nous décrivait Michael Moore dans son film  « Sicko » sur l’état de santé aux Etats-Unis et le fait que des dizaines de millions d’américains, les plus pauvres mais aussi maintenant les couches moyennes, ne peuvent plus prétendre se soigner dans de bonnes conditions.

Il est encore temps de se battre contre ces projets funestes y compris ceux qui concernent l’hôpital public.

Le rassemblement de tous ceux qui défendent la solidarité en matière de santé est une urgence.

J’ose espérer que tout sera fait, à la rentrée, pour y parvenir.

 

Bernard LAMIRAND

 

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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J
Merci pour cet article que je me dépêche de transférer à mes amis
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