RETRAITE : nous ne sommes pas des moutons !

Publié le 29 Mars 2008

Selon les Echos de ce jour, "Sortant rarement de sa réserve, Xavier Bertrand a beaucoup écouté hier au cours des huit heures de rencontres bilatérales avec les partenaires sociaux sur la deuxième étape de la réforme des retraites. Reprenant la méthode qui a fait ses preuves sur les régimes spéciaux, le ministre du Travail a recueilli leurs propositions et transmettra « une première trame [de propositions] à la mi-avril », avec pour objectif de trouver des points de convergence même si aucun syndicat ne soutiendra globalement le gouvernement. Suivra une nouvelle journée de bilatérales sur les grandes orientations de la réforme. Xavier Bertrand a expliqué qu'un délai de deux mois était raisonnable pour mener la concertation à son terme."

Pour qui nous prend-on ?

Nous ne sommes pas des moutons !


A quoi rime ce simulacre de discussions, sinon qu'à montrer, de manière factice, que l'on écoute les partenaires sociaux alors que l'on se fout de leur avis.

Partenaires sociaux ! Il y aurait de quoi rigoler si l'affaire ne serait qu'anodine.Partenaires sociaux; c'est le dessein d'une collaboration de classe avec une hiérarchisation de ceux-ci.
Tout le monde n'est pas à la même enseigne dans ce jeu de carte biseauté.
L'un a tous les atouts,le patronat.

Et que dit ce patronat depuis des années " il faut mettre un terme à la retraite couperet"; c'est à dire à un âge fixée de la retraite;  60 ans en l'occurence.
Voyez toutes les études des experts "nous vivons plus longtemps et l'espérance de vie permettrait de poursuivre les carrières professionnelles au delà des 70 ans".
Ces experts, pour la plupart, appartiennent à des cabinets de l'ordre établi.
Au niveau de l'Europe, un livre vert devenu livre blanc nous invite à réfuter l'idée d'un âge légal de la retraite.
La plupart des pays européens, où sociale démocratie et  droite bourgeoise fricotent ensemble, l'âge de la retraite dépasse  les 65 ans et et l'on s'avance dans les pays nordiques vers les 70 ans.

Au fait, quelle est la stratégie de Sarkozy et de son gouvernement ?
C'est d'avancer ses pions et conquérir des positions au fur et à mesure que l'on a investi un lieu; par exemple cela démarre en 1993 avec les retraites du régime général puis celles des fonctionnaires en 2003 pour s'attaquer ensuite aux régimes spéciaux en 2007.
Le tout pour mettre tout le monde à 40 ans de cotisations. L'équité était-il dit !
Aprés cette égalisation des droits, il s'agit pour le patronat et le gouvernement de puosser sans cesse le curseur et la prochaine touche est 41 ans.
A chaque fois, les gouvernants, flanqués de certains syndicats à l'échine courbée, ont fait semblant de négocier pour en arriver à accepter les positions du MEDEF.
Michel Rocard avait dit que la retraite pouvait faire sauter quantité de gouvernements, le message a été entendu et on avance toujours en sourdine en faisant semblant de se concerter mais jamais de négocier.
Le décideur c'est le Medef et son stylo invisible dans les mains de Fillion.

C'est ce que fait Xavier Bertrant, l'homme des assurances, car au fond de la démarche, c'est d'arriver à ce que demain, comme dans les pays anglo-saxons, la protection sociale relève des assurances privées par des contrats assurant le plus tard possible une retraite par capitalisation.

La retraite du régime général et celle des fonctionnaires et des des régimes spéciaux ne seront plus alors que des souvenirs.
Les récentes déclarations de Denis Kessler, cet ancien révolutionnaire de 1968 "en peau de lapin" devenu assureur et vice président du Medef indique bien la voie qui est suivie: celle de casser cette immense conquête sociale de 1945 instituée par un ministre communiste, Ambroise Croizat, autour de la répartition et de la solidarité avec des cotisations payées autant par les salariés que les entreprises à partir des plus values venant de la création de richesse.
C'est cela que le patronat ne supporte pas et en allongeant l'âge de départ à la retraite avec des pensions de plus en plus réduites, le gouvernement satisfait les actionnaires et les grandes multinationales ainsi que les assurances privées chères à Monsieur Xavier Bertrant.

La CGT a donc toutes les raisons d'appeler à agir tout de suite et de ne pas se laisser séduire par la fausse concertation  de Xavier Bertrant qui n'est qu'un "attrrappe nigaud".

Bernard Lamirand.

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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Bonjour Bernard,Je viens de découvrir ton blog par le biais de Bellaciao. Bravo!Je le met en lien sur le site des "militants communistes d'Arras":http://pcfarras.over-blog.comPeux-tui en faire autant? A bientôt!FraternellementXavier
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A
<br /> Merci,<br /> <br /> Je vais mettre votre site du parti sur mon blog<br /> <br /> amitiés Bernard Lamirand<br /> <br /> <br />