Publié le 13 Novembre 2016

Une conférence à ne pas louper avec Anicet le Pors ancien ministre de la Fonction publique  qui nous parlera de la République dans la situation actuelle et pour l'avenir.

Bernard LAMIRAND Président Espace Marx Oise

Voir les commentaires

Rédigé par aragon 43

Publié dans #REPUBLIQUE

Repost0

Publié le 12 Novembre 2016

Voir les commentaires

Rédigé par aragon 43

Publié dans #LIBERTE

Repost0

Publié le 12 Novembre 2016

Je mets en ligne la déclaration de la CGT concernant la menace d'une remise en cause des élections TPE et la contribution de mon camarade Canaille el rouge que j'ai piqué ce jour.

Il m'en voudra pas.

 

Voir les commentaires

Rédigé par aragon 43

Publié dans #CGT

Repost0

Publié le 11 Novembre 2016

LE POPULISME A L’ŒUVRE

Les élections présidentielles américaines ont montré le degré auquel le populisme peut atteindre quand les narcisses et les égos sont lâchés dans la nature par le système.

Si on regarde le monde, l’épidémie est entrain de s’étendre, le populisme, le nationalisme et la xénophobie pénètrent dans les fanges de la crise.

Les boucs émissaires sont vite trouvés : ceux et celles particulièrement touchés par les soubresauts d’un capitalisme utilisant toutes les facettes de sa domination pour exister et demeurer.

La puissance « étasunienne » en est l’élément majeur.

L’exemple Tremp montre à quel point une population peut être manipulée par ces manieurs d’anathèmes.

De même, la façon dont les médias alimentent les déjections de ces individus-es et en particulier celles de Tremp, tout en jouant les courroucés.

Ainsi, aux Etats-Unis, un spéculateur immobilier devenu milliardaire vient d’accéder au pouvoir. Cela a fait trembler la caste des dirigeants américains mais pas seulement : il faut voir  en France à quel point la fine fleur politique et médiatique s’est évertuée à montrer que ce n’était pas possible que « l’Amérique de la liberté » puisse mettre à la tête de ce pays un individu de la sorte.

On nous rapportait la bassesse de ce triste sire tant sur ses conceptions de la femme, des musulmans, des latinos, de la justice, de la xénophobie du personnage etc. Nous les entendions craindre la fermeture des frontières, le rapatriement dans le sol américain des entreprises délocalisées en Chine et ailleurs et de la mise en difficulté du commerce international et de prédire une chute de la bourse dans un pays se renfermant sur lui-même.

Avec  cela on  nous indiquait aussi les risques de guerre d’un fou à la maison blanche et la crainte d’alliance avec l’autre potentat nationaliste et populiste le russe Poutine allié aujourd’hui au despote turc Erdogan.

Une crainte, certes au diapason du personnage Donald Trump, mais savamment entretenue pour ne pas parler des vrais problèmes et du bilan du capitalisme avec à sa tête les USA fauteurs de guerre avec l’OTAN et les pays Européens.

Tous ces exégètes, dans leur boule de cristal, ne prévoyaient pas la victoire de Tremp et à l’abri des sondages, ils étaient confiants et communicatifs, même s’il pouvait y avoir quelques craintes si les peuplades américaines appauvries dans cette Amérique  dite de la liberté ne venaient à la dernière minute troubler l’ordre existant.

Et patatras, le milliardaire devenu populiste pour ravir le fauteuil suprême, l’emporte haut la main en nombre de sièges et ravit la Maison blanche à l’autre richarde, la dénommée Clinton, mais celle-ci, ne l’oublions pas fait partie de la même dynastie que Tremp : le fric roi ;  et ils ont tous les deux pour supporters les banques américaines et les grandes multinationales US.

Alors ces idéologues politiques et médiatiques, nous les avons vu  complètement sidérés, les Pujadas et Guetta et autres obligés de ranger les papiers prêts pour exalter la victoire de la « Clinton » pour finalement devoir signifier l’élection du « rustre » et de tenter de l’expliquer sur le coin d’une table en pleine nuit américaine.

Le monde allait s’écrouler et la catastrophe allait jaillir des rives américaines : une sorte de tsunami envahirait jusqu’au plus petit rivage du monde disaient-ils.

Il fallait voir la mine terreuse à la télévision de tous ces thuriféraires de l’Amérique auquelle ils s’étaient dérangés en masse avec des moyens énormes télévisuels et radiophoniques pour célébrer la victoire de la promise du système libéral. En France, tous les perroquets du système étaient là pour annoncer la bonne nouvelle américaine et s’aplatir devant sa majesté Hillary.

Ils attendaient le nouveau promu et déjà ils cancanaient sur son compte considérant qu’il était incapable de diriger les Etats-Unis d’Amérique.

L’attente de sa première déclaration fut longue.

Soudain l’homme apparu, calme et serein, avec sa famille et son clan comme c’est l’habitude là-bas de mettre en avant sa progéniture dans les cercles dominants. Ce n’était plus le même homme, la victoire l’avait changé, il apparaissait posé et il débita son premier discours. Le coté populiste s’effaçait pour faire place à la charge de président des Etats-Unis mais surtout de maitre à bord de la première puissance capitaliste de la planète.

La démagogie et l’insulte avaient disparu, il félicitait son adversaire qu’il avait voué aux gémonies encore la veille, la menaçant de prison ;  il s’adressa au peuple non pas par le verbe agressif et coléreux mais comme un gentil yankee. Après tout il avait gagné, il pouvait alors ranger ses colts et quitter son costume populiste pour endosser celui de  président de tous les américains comme il en fit la promesse putative.

La farce populiste et démagogique arrivait donc à sa conclusion.

Tout a toujours une fin chez les batteurs d’estrade. Nous en connaissons quelque chose dans notre pays.

Le peuple avait été pris à témoin, Tremp avait réussi à lui faire avaler toute la morgue du  système capitalisme et notamment sa facette populiste quand celui-ci est acculé.

Dans sa déclaration, les choses devenaient tout autre, on allait passer aux choses sérieuses, des investissements pour les routes, les infrastructures, unir les américains, être la puissance toujours première dans le monde, permettre aux entreprises de prospérer particulièrement ; bref le programme libéral nécessaire à la recherche du profit maximum.

Mon petit doigt me dit que la main invisible du capital, de ses banquiers et hommes d’affaires, de ses multinationales, avaient  pris la mesure de l’arrivée de l’impétrant et de lui fournir tout de suite la panoplie du parfait homme lige du capital et de sa tête de pont les Etats-Unis.

C’était pour rire donc tout ce qui s’était passé ;  comme une mauvaise pièce de théâtre dont il fallait ingurgiter jusqu’au bout les clapotis les plus vils des démagogues nécessaires pour que la farce réussisse. Maintenant fini la rigolade, le capital a besoin de rassurer et d’organiser en conséquence ce monde toujours dans une crise où il se débat comme un diable dans l’eau bénite du dollar et de la planche à billet qu’il faudra actualiser pour qu’elle produise plus de billets encore pour mettre à genoux les seconds couteaux du système et mettre de l’ordre dans les puits pétroliers et les champs de gaz et les zones minières du monde pour que le capital respire mieux et enfournent les profits.

Les bourses des principales places mondiales dont il était annoncé qu’elles s’écrouleraient, d’un seul coup, repartaient à la hausse et battaient même des records. Monsieur Tremp comme un prestidigitateur rendait possible les affaires et les hold-up financiers en tant que spécialiste de la question.

Tout rentrer donc dans l’ordre libéral, le milliardaire Tremp était au pouvoir et sa feuille de route était tout compte fait prête avant son élection.

Depuis les médias ont mis une sourdine, ils ne parlent presque plus du personnage rustre.  Des gouvernants qui l’avaient à juste raison mis plus bas que terre, lui faisaient la courte échelle et rivalisaient déjà pour être parmi les premiers invités du personnage peu ragoutant mais le capitalisme est-il ragoutant ?

En France, l’air courroucé, le féal Hollande baissait la garde de même Merkel et la caste de l’oligarchie européenne.

Même le petit nabot de Béziers, Ménard l’invitait dans sa ville peut-être pour inaugurer l’exode de tous ceux et celles qui ne portent pas un nom bien français.

Marine le Pen en a été  tout retournée et elle se voit déjà au pouvoir. Napoléon le petit trépigne sur les estrades, le messie établi son règlement intérieur à destination des députés qu’il veut à sa botte de sept-lieues, le cru château voudrait vendre sa piquette à l’encan etc.

Dans ce marigot infâme, seul compte la vérité et je reprendrai cette citation de Jean Jaurès : « le courage c’est de chercher la vérité et de la dire  ».

Bernard LAMIRAND

Voir les commentaires

Rédigé par aragon 43

Repost0

Publié le 10 Novembre 2016

MILITANTS EN GARDE A VUE : LE MEDEF DEMANDE,
L'ÉTAT S'EXECUTE!   DECLARATION DE LA CGT
 
 
Le 7 juin dernier, des artistes et des techniciens intermittents du spectacle, des chômeurs et des étudiants, en lutte contre la loi Travail et pour faire appliquer l'accord du 28 avril 2016 concernant les intermittents du spectacle, avaient occupé pacifiquement le Medef, suite à l'AG commune CGT Spectacle et CIP Île-de-France. 
Un des militants, Loïc, avait déjà passé 48 heures en garde à vue à partir du 7 juin, alors qu'un responsable du Medef lui avait asséné un coup violent. 
Mardi 8 novembre, six participants ont été convoqués, cinq mois après, pour répondre de dégradations fictives. 
Immédiatement à leur arrivée au commissariat du 19ème, ils ont été placés en garde à vue et déférés au parquet sans même entendre leurs explications et alors qu'ils s'étaient présentés spontanément.
 
Après une nuit au dépôt, totalement injustifiée sauf par la volonté de punir ceux qui perturbent les petits fours du Medef, ils ont été libérés.
Ils sont convoqués le 10 février pour avoir « posé leurs mains » sur le rideau de fer du Medef. 
 
Les militants remercient tous les soutiens. 
Comme pour Loïc et tous les inculpés du mouvement social, la riposte sera solidaire et massive : le patronat et le gouvernement ont peur du mouvement social, nous ne laisserons pas faire des procès politiques. 
 
 
Paris, le 9 novembre 2016.  
 
 
 
Pour vous tenir informés à tout moment de l’actualité sociale, notre Fédération met à votre disposition : son site Internet au www.fnsac-cgt.com - Email : cgtspectacle@fnsac-cgt.com FNSAC 14-16, rue des Lilas 75019 PARIS – Tel. : 01 48 03 87 60

Voir les commentaires

Rédigé par aragon 43

Publié dans #CGT

Repost0

Publié le 8 Novembre 2016

Stop à la répression syndicale !

mardi 8 novembre 2016

Ce matin, 6 camarades ont été convoqués au commissariat Riquet, à Paris. 3 d’entre eux sont actuellement retenus en garde à vue.

Leur convocation fait suite à l’occupation pacifique du Medef, le 7 juin dernier, pendant le mouvement contre la loi Travail et pour les annexes 8 et 10 de l’accord Unedic assurance chômage.

Notre camarade Loïc Canicrot a, quant à lui, déjà été inculpé et son procès aura lieu le 8 décembre.

Aujourd’hui, une nouvelle fois, des militants CGT pourraient se voir accusés de « dégradation et vols », sans aucun élément, sans preuve.

Ces camarades viennent allonger une liste déjà trop longue de militants qui n’ont commis comme seul crime que la défense des droits et des intérêts des salariés.

Pour la CGT, il ne fait aucun doute que c’est un nouvel acte pour museler toute remise en cause des politiques néfastes en s’en prenant à nos militants et, à travers eux, à l’ensemble du monde du travail.

De tels agissements et procédures sont inacceptables. Être militant, ce n’est pas être délinquant.

Montreuil, le 8 novembre 2016

Voir les commentaires

Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

Repost0

Publié le 7 Novembre 2016

"pro rege saepe, pro patria semper"

Le blog de descartes
 
 

Publié le par Descartes

Pour commencer ce papier, je dois dire combien, en suivant sur la toile les débats de la Conférence nationale du PCF du 5 novembre j’ai senti la fierté d’avoir été adhérent du Parti, fier de venir de cette tradition, d’y avoir été formé. On peut être en désaccord avec l’orientation actuelle du PCF, on peut critiquer la médiocrité de sa direction, le pouvoir excessif des « notables », et je ne m’en suis pas privé ces dernières années. Mais il faut reconnaître qu’avec ses immenses défauts, le PCF reste une organisation politique où l’on trouve une véritable fraternité entre les militants ; où le débat rationnel, sérieux, transparent et franc reste possible ; où les questions d’égos et d’ambitions personnelles – qui existent, comme dans n’importe quelle autre communauté humaine – restent  au second plan ; où les procédures sont connues et respectées par tous – direction incluse ; où les directions se soumettent au vote et restent légitimes même si leurs propositions sont battues ; ou les vote ne fait ni vainqueurs, ni vaincus. Combien de partis politiques, combien d’organisations peuvent aujourd’hui en dire autant ?

 

Oui, ce fut un beau débat, et j’encourage ceux qui s’y intéressent à regarder les enregistrements mis en ligne sur le site du PCF. Contrairement à ce que retiennent beaucoup de commentateurs, ce débat ne s’est pas limité à un choix « Mélenchon or not Mélenchon ». Car si sur ce point la Conférence était clairement divisée, sur beaucoup d’autres points elle était quasi unanime, et ces points méritent autant d’être signalés que la division finale.

 

D’abord, et c’est je pense très important, il y a eu consensus pour rejeter les choix politiques faits par Mélenchon. Ceux qui plaidaient pour le soutien comme leurs adversaires étaient au moins d’accord sur ce point : le soutien à la « France Insoumise » n’est pas une perspective enthousiasmante, tout au plus un pis-aller. Même les défenseurs de l’option « soutien à Mélenchon » ne trouvaient guère d’autre argument que négatif : « si nous refusons notre soutien, nos électeurs ne comprendront pas notre choix » ; « si nous ne participons pas, ça se fera contre nous », et ainsi de suite. De toute évidence, la perspective de s’embarquer avec Mélenchon n’enthousiasme personne.

 

Ensuite, et c’est là encore important, il y eut unanimité pour rejeter la « Charte » que la « France Insoumise » - c'est-à-dire Mélenchon, ne nous voilons pas la face – veut imposer aux candidats aux législatives comme condition d’investiture. Le PCF se met donc en ordre de bataille pour initier dès maintenant le processus de sélection des candidats qu’il soutiendra en dehors de la « France Insoumise » et en pleine conscience que celle-ci pourrait leur opposer ses propres candidats.

 

Enfin, un large consensus se fait sur l’analyse de la posture de Mélenchon lui-même, de sa volonté de faire table rase dans la gauche radicale et de détruire le PCF. Je pense que les propos de Mélenchon lui-même et de ses porte-flingue, mais aussi ceux qu’il permet ses partisans de tenir sur son blog sans réagir ont fini par ouvrir les yeux de pas mal de communistes. Par ses diatribes, Mélenchon a réussi à grouper autour de lui l’extrême gauche la plus anticommuniste. Ca risque de lui coûter très cher.

 

Mais venons maintenant au point de désaccord. Je ne suis pas suspect d’avoir une quelconque mansuétude pour Pierre Laurent, mais dans la circonstance on doit le féliciter : il aurait pu « faire pèter le galon », user de son autorité, dramatiser le débat. Il ne l’a pas fait, présentant sa position avec une parfaite honnêteté et créant les conditions d’un débat ouvert. Et le débat eut lieu. D’un côté, le plaidoyer de ceux favorables au soutien à Mélenchon – qu’il serait inexact de qualifier de « pro-Mélenchon » comme le font certains commentateurs, puisque leur soutien était souvent très critique – fondé sur la difficulté d’expliquer à l’opinion une posture de division de contrer la « dynamique » de la « France Insoumise », et sur l’utilité de mener de l’intérieur une campagne « indépendante » plutôt que de chercher à agir de l’extérieur. D’un autre côté, la position contraire, fondée grosso modo sur les arguments que j’avais explicité dans ma « lettre ouverte à mes anciens camarades » sur ce blog : l’inutilité d’une organisation qui n’aurait rien à dire ni sur le choix du candidat, ni sur le programme, ni sur les thèmes de campagne. Le refus par Mélenchon de toute discussion, de toute négociation, de toute procédure démocratique a été signalé, tout comme sa volonté de mettre sous contrôle les élus parlementaires. On a pu aussi entendre des arguments courageux réfutant l’idée que puisque l’électorat communiste allait plutôt vers Mélenchon il faillait le suivre, et soulignant le fait qu’un parti communiste doit éduquer son électorat, et non le suivre.

 

Et après le débat, un vote sans cris et sans larmes, et un secrétaire national qui annonce en toute tranquillité l’adoption d’une position qui n’était pas la sienne sans que cela soit vécu comme un affront. Le contraste est d’autant plus cruel que le débat portait sur le soutien ou non à un mouvement qui est, lui, d’une verticalité absolue et où il est impossible et même impensable que le leader – autoproclamé, bien entendu – puisse être contredit par une procédure démocratique…

 

Ce caractère « vertical » vient de recevoir un cadre théorique qui permet peut-être mieux de comprendre sa logique, et donne raison à ceux qui pensent que le PCF n’a rien à faire dans cette galère. Je ne peux que conseiller la lecture du papier publié par Jean-Luc Mélenchon sur son blog sous le titre « Le Peuple et le « mouvement » » (1). Dans ce texte, par ailleurs très confus, on trouve un éclairage de la conception que Mélenchon peut avoir de l’action et de l’organisation politique. Cet éclairage permet de comprendre que le caractère « vertical » de la « France Insoumise » ne tient pas à une nécessité temporaire, mais que c’est au contraire un élément essentiel de la vision politique de son créateur.

 

Pour commencer, Mélenchon élimine l’idée même de « classe sociale », qu’il juge dépassée :

 

« Au siècle où les humains n’étaient « que » deux milliards, il y avait le « parti de classe ». Il était nécessairement aussi délimité que l’était « la classe » elle-même dans une société où elle n’était nullement hégémonique. En fait, les ouvriers constituaient une sorte d’archipel dans un océan de paysannerie et de travailleurs indépendants de la boutique et de l’artisanat. Sa verticalité correspondait à une organisation du travail lui-même. La centralisation découlait des moyens de transports et de communication autant que comme reflet de la centralisation de son adversaire. Bref, le « parti de classe » correspondait à une réalité sociale et matérielle qui s’est elle-même dépassée de toutes les façons possibles. L’émergence du « peuple » comme catégorie sociale protagoniste face à l’oligarchie de la période du capitalisme financiarisé dominant appelle sa forme spécifique d’organisation. »

 

Exit donc la « classe » - c'est-à-dire le groupe humain occupant une même position dans le mode de production et donc ayant de ce fait un intérêt commun qui pousse ses membres à des comportements homogènes sans que soit besoin une coordination – et place au « peuple ». Mais comment définir ce « peuple » qui fait face à « l’oligarchie » ? Est-ce sur un critère de revenu ? De patrimoine ? De sociologie ? De modes de consommation ?

 

Le concept de « classe » - qui est l’une des contributions essentielles du marxisme à la pensée politique du XIXème siècle – a l’avantage de constituer une catégorie sociale comme acteur à la fois économique, social et politique en faisant le lien entre la position économique et le système de représentation – c'est-à-dire l’idéologie – et donc les comportements. Le « peuple », qui pour Mélenchon inclut le soudeur et l’avocat, la caissière et le professeur, le petit patron et l’ouvrier agricole, n’a aucune raison de constituer un groupe homogène du point de vue des comportements, puisqu’il est constitué de gens qui ont des intérêts différents et souvent antagoniques. Ce discours a en fait un autre but : le « peuple » façon Mélenchon incarne le rêve des « classes moyennes » d’une alliance avec les couches populaires dont elle prendrait, bien évidement, la tête. Le « protagonisme » de la classe ouvrière cantonnait les « classes moyennes » au mieux dans les seconds rôles, au pire dans le camp des exploiteurs. Le « peuple » permet au contraire aux « classes moyennes » d’évacuer le rôle singulier de la classe ouvrière pour se l’approprier…

 

Cette « evacuation » de la classe ouvrière n’est pas nouvelle. Cela fait trente ans que les « classes moyennes » ont essayé différents substituts : immigrés, SDF, « minorités »… Toute sorte de groupes qui avaient un point en commun : n’ayant pas de représentation politique pour faire entendre leur voix, il était facile pour les classes moyennes de parler en leur nom et à leur place. Mélenchon, va un pas plus loin. Plutôt que de chercher un substitut pour parler à sa place, il fabrique au contraire un substitut englobant. Plus besoin de parler « au nom » de l’opprimé puisqu’on s’insère soi-même dans le groupe opprimé. Mais le but est le même, et maintenant il est même théorisé : la « classe » est morte, vive le « peuple ». Bobos germanopratins et chômeurs d’Hénin-Beaumont, tous unis contre « l’oligarchie »…

 

Mais poursuivons. Puisque la « classe » n’est plus, place à une nouvelle forme d’organisation correspondant à « l’ère du peuple » :

 

« Cette forme, c’est le « mouvement ». Il peut disposer des moyens d’être représentatif de cet ensemble globalisant qu’est le peuple en réseau de notre époque. Et cela, sur le plan matériel et concret grâce aux moyens techniques des plateformes numérisées internet. (…) De la sorte, on trouve trois niveaux de définition du peuple. D’abord la multitude, homo urbanus, c’est-à-dire la population vaquant à ses mille et une occupations diverses et parfois opposées. Ensuite le peuple se mettant en mouvement sur ses revendications. Enfin le réseau qu’il constitue dans, par et pour l’action. Ces trois mots désignent trois états d’une même réalité. »

 

Laissons de côté cette énigmatique « population vaquant à ses mille et une occupation diverses et parfois opposées » (c’est quoi, des « occupations opposées » ?) et allons au fond : On voit à quel point la définition du « peuple » est vague. Mais surtout, le peuple « se met en mouvement » pour ses revendications. Il « se constitue » des réseaux dans, par et pour l’action. Le « mouvement » est donc un processus spontané, qui surgit du « peuple » sans médiation. Mais comment se déclenche-t-il ? C’est là que ça devient intéressant :

 

« C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre une bonne partie de ce qui nous oppose à d’autres composantes en ce moment. « La France insoumise » n’est pas un parti parmi les autres. C’est un label commun pour une action commune. (…). Par exemple certains font des « appels » (par exemple « l’appel des cents ») qui portent un nom de référence que chacun cite chaque fois quels que soient son origine politique ou ses raisons d’être là quand il veut se référer à l’action. Il en va de même avec « La France insoumise ». Évidemment, ce label désigne l’action commune sur un objectif très ample : porter une candidature à l’élection présidentielle et avec elle un programme pour transformer le pays. »

 

Historiquement, les partis politiques ouvriers ont été d’abord des structures d’éducation et d’élaboration. Car avant « d’agir », il faut savoir dans quel but on agit. Les partis ouvriers se donnaient pour objectif la prise de conscience par les masses opprimées que leur condition n’était pas fatale, et d’élaborer des politiques alternatives et des objectifs. L’action n’apparaissait que comme un outil de prise de conscience d’abord, d’avancement de ces politiques ensuite, pour atteindre ces objectifs. La vision « mouvementiste » de Mélenchon renverse les termes : l’organisation n’a plus qu’un seul but, l’action. Les objectifs de l’action ? Ils viennent d’ailleurs, par génération spontanée – ou peut être par le génie d’un homme providentiel… ?  L’exemple de la « pétition » est de ce point de vue très révélateur, parce que dans la logique de la pétition il y a une hiérarchie entre celui qui la rédige et celui qui la signe. Celui qui la rédige exprime un projet, une revendication, un objectif. Celui qui la signe n’a qu’un choix binaire : signer ou pas. Il ne peut rien négocier, rien modifier. Mélenchon projette bien cette asymétrie dans sa vision de la « France Insoumise » : l’objectif du mouvement est de porter « une candidature » - en fait sa candidature – et « un programme » - en fait, son programme. Les « insoumis » ont, comme dans le cas de la pétition, le choix de signer ou pas signer. Mais il n’y a rien à discuter.

 

La logique « mouvementiste » de Mélenchon rejoint donc ce que j’avais appelé dans un ancien papier la « logique du supermarché » : le militant d’un « mouvement » n’est plus partie d’un processus de réflexion et de construction du projet qu’il va ensuite défendre, comme c’est le cas dans un parti politique. Il est au contraire comme le client du supermarché : il peut choisir entre dix marques de bouillon qui a chacun sa recette, mais n’a aucun pouvoir sur les recettes qui lui sont offertes. Tout au plus il peut espérer que les services marketing du fabriquant soient à son écoute et daignent peut-être – à condition que cela soit profitable pour le fournisseur – de fabriquer le bouillon dont il a envie.

 

Parler de « processus démocratique » dans un « mouvement » ainsi conçu a donc autant de sens que parler de « démocratie » parmi les signataires à qui on propose une pétition ou parmi les clients du supermarché. Celui qui aime l’un des bouillons qui lui sont proposés, le prend. Celui qui n’en aime aucun, tant pis pour lui. Celui qui a envie signe, celui qui n’a pas envie ne signe pas. Et Mélenchon assume cette logique :

 

« Et de cela je ne tire encore qu’une conclusion : rien des attributions d’un parti n’a de place dans un mouvement de cette sorte. Les volontaires y entrent et sortent librement. Chaque personne définit elle-même la forme et l’intensité de son engagement dans l’action et les modalités de celle-ci. Le mouvement n’a pas à être « démocratique » au sens basiste que souvent on donne à ce mot dans les organisations politiques où l’on doit alors affronter le climat de confrontation des courants et des textes qui les fondent avec les votes contradictoires, et pour finir des gagnants et des perdants. »

 

Mais si dans un parti il y a des « affrontements de textes », des « votes » c’est parce qu’il y a un processus d’élaboration dans lequel plusieurs conceptions s’affrontent pour aboutir à un compromis qui s’imposera à tous. Et, comme le montre le vote de la Conférence nationale du PCF, il n’est pas nécessaire qu’il y ait « des perdants et des gagnants ».

 

Dans son « mouvement », Mélenchon évacue ces conflits sous une forme différente, celle de la fausse unanimité : le seul « texte », c’est lui qui l’écrit. Et celui qui n’est pas content n’a qu’à refuser de « signer la pétition », autrement dit, à partir. Les volontaires ont la liberté de « entrer et sortir librement », de définir librement la forme, les modalités et l’intensité de leur engagement. La seule chose qu’ils ne sont pas libres de définir, ce sont les objectifs de celui-ci. Ces objectifs ont été définis par quelqu’un d’autre, par l’auteur de la « pétition », par le fabriquant du bouillon. Ils ne sont pas soumis à examen, à discussion, à amendement. S’ils ne les acceptent pas, les volontaires en question n’ont qu’à aller ailleurs chercher une meilleure offre.

 

La logique que Mélenchon décrit est celle du ralliement individuel plutôt que de la discussion et du compromis collectif obtenu par le débat et les concessions réciproques. Imaginons que sa vision  « mouvementiste » devait se généraliser : au lieu d’avoir des partis politiques pour élaborer des positions communes à leurs militants, on assisterait à une multiplication de « auteurs de pétition » comme lui, chacun proposant sa vision, son projet, sa candidature au chaland, qui choisirait alors le produit qui s’ajuste le mieux à ses envies. C’est le triomphe de la logique du supermarché politique, avec des candidats et des projets vendus comme des produits.

 

Heureusement qu’il reste encore quelques villages gaulois, où l’on continue à discuter, ou l’on se fout sur la gueule… mais où in fine on trouve des compromis acceptables…

 

Descartes

 

Voir les commentaires

Rédigé par aragon 43

Publié dans #communisme

Repost0

Publié le 7 Novembre 2016

En ces temps compliqués, de par la nature de la crise et des ses conséquences sur la façon de dépasser l'état, et de travailler les contradictions qui naissent inévitablement pour dépasser le capitalisme en crise systémique, relire Marx et notamment le deuxième chapitre du Manifeste  en ces temps d'élections m'a paru appropriée.

 

Voir les commentaires

Rédigé par aragon 43

Repost0

Publié le 6 Novembre 2016

Depuis un certain temps, nous voyons apparaître le mot "éponyme", j'ai voulu en savoir plus sur ce mot que l'on employait guère avant qu'il devient mot à la mode et en particulier dans les médias qui l'utilisent pour n'importe quoi.

Je vous livre un texte d'un blog "parlons français" que j'ai trouvé.

Voir les commentaires

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Société

Repost0