Publié le 11 Avril 2014

12 AVRIL ALORS ON SE BOUGE !!!!!!!!!!!

Oui, après la désignation de Valls comme premier ministre il n'y a rien à espérer de ce gouvernement libéral.

Bernard Lamirand

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Publié le 10 Avril 2014

BADIOU POESIE ET COMMUNISME

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Publié le 9 Avril 2014

VALLS A CHOISI LE MEDEF ET LES DIVIDENDES

VALLS S’ENFONCE DANS LE LIBERALISME

Bien sûr, Valls ne pouvait faire autrement, quand il fait risette au patronat et à la droite comme on a pu le voir et l’entendre dans son discours à l’Assemblée nationale et dans ses réponses tournées essentiellement sur « l’entreprise » pour redresser la France alors qu’il ne s’agit que de redresser le taux de profit des grandes multinationales.

Le premier ministre a essuyé quelques larmes sur la pauvreté, la souffrance, les visages fermés de ceux qui n’y croient plus, selon son expression, mais il ne les a certainement pas rassurés par les déclinaisons économiques et sociales qu’il a ensuite développées.

Cette souffrance est celle d’une politique constamment menée depuis des décennies et qui a mis le peuple dans une situation de dégout entrainant à l’abstention massive de ceux qui croyaient encore en 2012, qu’avec Hollande, enfin, un changement était possible.

Après ces quelques paroles pour consoler les malheureux, Il a vite tourné la page pour en revenir à ses classiques : la compétitivité, l’efficacité, la concurrence internationale, le devenir des entreprises en s’adressant à ceux qui oppriment le monde du travail pour que celui-ci se serre davantage la ceinture.

Il a salué les patrons des grandes entreprises, les PME-PMI, les artisans et les commerçants, ceux qui aiment leurs métiers dit-il, sans parler de ceux qui aiment leur travail, créent les richesses et en sont dépossédés : les travailleurs.

Son discours était tourné uniquement vers le patronat, on sentait qu’il prenait des gants pour lui parler, pour le convaincre que sa politique lui était destinée.

Pour s’en convaincre il suffit de mettre en évidence le temps qu’il a passé pour réexpliquer la nécessité de réduire le coût du travail et toute la palette des aides financières et des baisses d’impôts pour le capital.

Rien sur le coût du capital et la droite buvait du petit lait aux annonces faites tout en faisant la fine bouche pour que cela aille encore plus loin.

Le pacte de responsabilité ( irresponsabilité) devenu pacte de responsabilité et de solidarité, au fur et à mesure de ses intentions dévoilées, ne laissait plus de doute pour l’application de la vieille recette « un cheval un pâté d’alouette ».

Dedans la mesure qui fait saliver les profiteurs était la remise en cause des cotisations sociales, œuvre de Croizat et du CNR concernant la Sécurité sociale. ( Voir mon intervention sur la cotisation sociale parue dans l’Humanité)

Un cheval pour les patrons qui ne paieront plus de cotisations sociales pour les travailleurs payés au SMIC, un pâté d’alouette pour les cotisations salariales que les salariés ne paieront pour les bas salaires mais dont on sait que par la théorie des vases communicants, ils les paieront au centuple par des baisses de salaires qui se multiplieront dans les entreprises, par des salariés de plus en plus nombreux à être mal rémunérés, par le fait qu’ils n’accéderont plus à des classifications en rapport avec leurs qualifications, par la trappe à bas salaires qui va encore plus avaler les salariés vers les minimas et surtout par une Sécurité sociale qui leur fera défaut par de nouvelles soustractions de leurs droits.

Et pour bien affirmer cette politique sociale désastreuse, il nous indique que son gouvernement va mener la bataille contre l’austérité.

L’équipée d’hier à Berlin des « deux fakirs », Sapin et Montebourg pour demander la permission aux dirigeants allemands d’un nouveau délai pour la dette suffit pour dire que le gouvernement français se paye de mots à Paris mais fait le contraire quand il se retrouve avec la droite Européenne et Allemande et le social-libéralisme Européen.

D’ailleurs son discours est bien marqué par une réduction de la dette à tout prix en s’en prenant à la fonction publique et aux services publics qui en seront affectés tant pour les personnels que pour les besoins des populations.

Pour plagier une seule célèbre formule : il faut que tout change pour que rien ne change.

Alors Valls nous a répété le sens du remaniement : « un gouvernement de combat » mais c’est pour un combat contre le coût du travail, voilà résumé la politique que va mener ce gouvernement libéral.

Mais tout n’était pas dit et son discours s’achevât par une série de mesures remettant en cause les institutions démocratiques avec l’objectif de faire disparaitre ce que la droite et le PS appelle « le mille feuilles territorial » et surtout la démocratie locale et territoriale en faisant disparaitre demain les départements, en réduisant les régions de moitié et en mettant en place des supers communes urbaines pour remplacer la démocratie au plus proche des citoyens.

Des économies d’échelle sur la démocratie institutionnelle consistant à faire place à l’autoritarisme et au centralisme avec des autocrates régionaux comme nous le voyions de plus en plus avec les Présidents de région.

Une République auquelle on aurait alors tari la sève qui coulent dans ses veines déjà bien entamé par cette cinquième république.

Et pour finir, le coup de chapeau qu’il se donne, lui, immigré espagnol, dans le même genre de Sarkozy quand il racontait qu’il venait de Hongrie mais en même temps organisait la chasse à l’homme à Calais des immigrants.

Mais les immigrés d’aujourd’hui ont besoin d’autre chose que d’un rappel personnel, c’est de leur respect dans notre société qu’ils ont besoin pour une société qui rassemble les hommes et les femmes quelque soit leur origine.

Oui, un discours libéral, un discours vers les patrons, un discours conforme à une Europe du capital et quelques miettes pour faire taire le peuple.

Alors ce flot de paroles, main sur le cœur, n’est qu'un paravent.

La colère, le populisme, mots employés par Valls, pourront continuer à prospérer avec une telle politique, mais cela ne peut-être pour notre part une satisfaction de voir notre peuple s’abstenir de plus en plus et parfois de prendre la tangente vers l’abime du Fhaine ; il nous faut réagir et dire aux abstentionnistes qu’il y a possibilité de faire autrement avec le PCF et le Front de gauche.

Pour cela il faut que les forces de progrès s’unissent et tiennent un langage qui aide le peuple à retrouver ses marques à gauche.

Montrons cette stratégie comme vient de le faire par une intervention remarquable Chassaigne lors de débat sur l’investiture de Valls.

Le 12 Avril soyons nombreux à Paris.

Le 23 mai allons aux urnes pour une vrai politique européenne à gauche.

Bernard LAMIRAND

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Publié le 8 Avril 2014

André CHASSAIGNE : INTERVENTION DISCOURS INVESTITURE DE VALLS

Débat sur la déclaration de politique générale du gouvernement. Intervention d'André Chassaigne

Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres,

Depuis le début de ce quinquennat l’électorat de gauche, celui qui a porté le Président de la République au pouvoir, se sent trahi. Un électorat qui a exprimé le rejet de la politique conduite en s’abstenant massivement aux municipales. C’est l’expression d’une grande colère, pour ne pas dire d’un rejet total de tout un système politique qui est adressé par les électeurs qui avaient nourri des espoirs de changements en 2012.

La réponse de l’exécutif a d’abord été d’affirmer que ce n’est pas sa politique qui a été sanctionnée mais son manque de pédagogie. Avec pour réponse, un changement d’équipe. Certes, Monsieur le premier ministre, vous dressez aujourd’hui un constat implacable des effets de la politique conduite depuis 22 mois. Faut-il rappeler que nous n’avons eu cesse de vous alerter ? Pas une fois, vous n’avez pris en compte les avertissements des députés du Front de gauche.

Mais aujourd’hui après votre réquisitoire, vous nous proposez une accélération des réformes et un renforcement des orientations fixées par les pactes d’austérité et de responsabilité.

Il y a là plus qu’un malentendu, il y a une rupture avec les attentes populaires. Aucune réponse n’est apportée à la souffrance sociale, à la détresse économique, au déclassement.

A l’opposé, il est de la responsabilité des forces de gauche d’ouvrir un autre chemin pour construire une nouvelle alternative à gauche.

Les Français, dans leur majorité, veulent un changement de cap net et clair en faveur du progrès social et de la lutte contre le chômage. Chômage qui ne cesse de grimper avec un record de 3,34 millions de demandeurs d'emploi sans activité recensés fin février.

Les Français ne veulent plus des stratégies du désespoir et de la renonciation qui ont conduit où nous en sommes. Ils ne veulent plus des promesses trahies, de l’impuissance publique organisée, des égarements et reculades dictées par la panique et des calculs à courte vue.

La situation de notre pays requiert une grande détermination pour répondre aux besoins populaires. Ces besoins, nous les connaissons tous : l’emploi, le pouvoir d’achat, le logement, la santé, les services publics…

La dérive politique qui a conduit le précédent gouvernement à mettre ses pas dans ceux de Gerhard Schröder et de Tony Blair doit prendre fin. Sans changement politique, ce nouveau gouvernement sera lui aussi condamné à l'impuissance, sans porter de nouvel espoir pour le peuple et pour le pays.

Il y a urgence à agir pour redonner du souffle à notre économie, combattre les inégalités, développer nos services publics, défendre notre modèle social.

*

Le premier défi à relever est une réorientation de la politique européenne, sans laquelle le changement ne sera pas envisageable.

L’adhésion de François Hollande au pacte Sarkozy/Merkel est l’acte fondateur, le «péché originel» de ce quinquennat.

Candidat, il s’était pourtant engagé à renégocier le « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance » (TSCG). Ce renoncement a empêché d’emblée la réalisation du « changement » promis pendant la campagne présidentielle. Il n’y a eu ni renégociation, ni changement, mais bien continuité avec un projet européen qui se confond de plus en plus avec un simple programme d’austérité.

Il appartient à votre gouvernement, et bien sûr au Président de la République, de rebattre les cartes, de changer radicalement de stratégie. Il faut convaincre nos partenaires de la nécessité de rompre, dans l’intérêt de tous, avec la politique de déflation, de stagnation et de chômage poursuivie aveuglément à l’échelle du continent. Pas à la marge, comme vous l’avez proposé, mais avec des mesures fortes rompant avec la stratégie de soumission aux dogmes de l’orthodoxie budgétaire et libérale.

Aujourd’hui, une grande partie des peuples européens refuse les politiques d’austérité inhumaines qui leur sont imposées. Ils trouvent légitimement intolérable que l’on trouve toujours des milliards pour financer les banques alors que la population est mise au pain sec et à l’eau.

Les 60 milliards d’euros de coupes budgétaires déjà opérées sur ordre de Bruxelles ont eu des conséquences désastreuses sur les services publics, la sécurité sociale, nos collectivités territoriales. Cette cure d’austérité, la plus drastique de notre histoire récente, appauvrit notre pays, détruit l’emploi et les entreprises, sème la colère et la résignation.

Mais il ne suffit pas aux marchés financiers et aux multinationales de promouvoir l’austérité. Ils ont désormais une nouvelle exigence. Pour tenter de répondre à la crise des débouchés qu’ils ont eux-mêmes créée, ils voudraient imposer un traité de libre-échange transatlantique.

L’objectif de ce traité est de créer une vaste zone de libre-échange par le démantèlement des règles tarifaires, réglementaires, environnementales qui protègent nos salariés et les consommateurs.

La perspective de conclusion de ces négociations, menées dans la plus grande opacité et hors des règles démocratiques les plus élémentaires, fait peser une lourde menace sur les règles de santé publique, écologique, sociales et culturelles en France et en Europe.

Ce traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis nous entraînera encore plus loin dans la folle mise en concurrence généralisée des pays et des peuples et l’obsession de la compétitivité et du libre-échange intégral. Il fait courir un grand péril aux peuples de France et d’Europe.

Le groupe de la Gauche Unie Européenne avec son candidat Alexis Tsipras sont déterminés à le faire connaître au plus grand nombre.

La France doit peser de tout son poids pour s’opposer à ce projet qui barre la voie à toute perspective de construction d’une Europe sociale. Cette Europe sociale qui implique au contraire de considérer la protection sociale, le salaire minimum, le dialogue social, les négociations collectives et le droit social comme autant de points d’appuis pour une avancée de civilisation.

Les chefs d’Etats et de Gouvernements ont promis une feuille de route sur la dimension sociale de l’union économique et monétaire. Ils ne l’ont toujours pas produite faute de volonté politique.

*

Le second enjeu majeur est celui du redressement industriel, de la lutte contre le chômage et de la transition énergétique.

Le temps est venu d'un tournant économique majeur et de l'abandon du pacte de responsabilité annoncé le 14 janvier dernier. Un pacte, en réalité, d’irresponsabilité qui prévoit la suppression totale et sans contrepartie des cotisations familiales employeurs et qui n'offre aucune perspective en termes de création d'emploi.

Ce n’est pas par la baisse des dépenses publiques et la recherche de compétitivité que l’Europe et notre pays pourront sortir de la crise mais par la relance de l'investissement public et de la consommation, le relèvement des salaires, l'innovation et la promotion de l'emploi qualifié...

Pour cela, il faut desserrer l'étau des contraintes que fait peser la financiarisation de l'économie sur l'activité et la pérennité de nos entreprises.

Comment la gauche pourrait-elle souscrire à l’antienne de la réduction des dépenses publiques qui réduit le périmètre des services publics et fait la part belle à la marchandisation de la société ? Une marchandisation qui sera amenée à s’accroître avec le basculement de bon nombre de collectivités dans l’escarcelle de la droite, dont les programmes portent la suppression de bon nombre de services publics locaux.

Définitivement l’intérêt privé primera alors sur l’intérêt général, les logiques de rentabilité primeront sur les logiques de solidarité.

Ce primat sera renforcé par la feuille de route que vous venez de dresser sur l’évolution institutionnelle. Sous couvert de modernisation, l’objectif recherché est de créer des territoires d’excellence, de compétitivité au détriment d’une France équilibrée et solidaire.

Il faut que la gauche retrouve l'audace d'affirmer, contre l’artillerie lourde des idéologues libéraux déguisés en éditorialistes, qu'il existe une alternative à la fuite en avant libérale vers toujours plus d'inégalités, toujours plus de précarité, toujours plus de misère... pour le seul bénéfice d'une poignée de nantis.

Ainsi, avez-vous confirmé votre volonté de vous attaquer au coût du travail en multipliant les exonérations de charges des entreprises. Et pas un mot sur le coût du capital ! N’est-ce pas le meilleur révélateur du choix libéral qui est le vôtre ?

Pourtant, les arguments en faveur de la baisse des cotisations sociales comme moyen de lever les freins à l'embauche, de créer ou sauvegarder des emplois ne reposent sur aucun constat empirique. Vingt ans d'exonérations de cotisations sociales sur les bas et moyens salaires n'ont pas permis de sortir de l'ornière. Bien au contraire, elles ont eu pour résultat de paralyser notre économie en favorisant les bas salaires, de dissuader le développement de l'emploi qualifié, de fragiliser notre système de protection sociale...

Des solutions alternatives existent. Nous les porterons avec tous ceux qui souhaitent se rassembler à gauche.

Pour baisser les charges financières des entreprises, nous proposons un nouveau crédit bancaire pour les investissements matériels et de recherche à des taux d’intérêt d’autant plus faibles que ces investissements programmeraient plus d’emplois et de formations correctement rémunérés. Un pôle financier public incluant la Banque publique d’investissement sera en mesure de déployer ce nouveau crédit.

Les député-e-s du Front de gauche proposent également de moduler le taux de cotisation sociale patronale, une modulation favorable à l’emploi, à la formation, aux salaires et pénalisante pour la croissance financière des capitaux.

Si François Hollande avait écouté les Français – si vous les aviez écouté – vous auriez annoncé un grand plan de justice fiscale et sociale, des investissements pour les services publics, la hausse du SMIC, un soutien aux collectivités locales, l'interdiction des licenciements boursiers...

La réduction de 50 milliards d'euros de dépenses publiques et la baisse des impôts et des cotisations sont incompatibles avec les efforts annoncés en faveur de la santé, de l'éducation et de la jeunesse.

Quant à la transition énergétique, il appartient, en effet, à la Gauche d’en relever le défi. Mais n’oublions pas l’essentiel : une réelle transition énergétique, très économe en carbone, suppose de réorienter profondément les critères de financement des investissements et de gestion des entreprises, en substituant aux critères de rentabilité des critères sociaux et environnementaux ainsi que de nouveaux droits et pouvoirs des salariés et des citoyens. Il suppose aussi la maîtrise démocratique des circuits de financement de l’économie.

Nous voyons ici combien il importe de redonner sens à un projet collectif capable d'offrir à notre jeunesse d'autres perspectives que l'austérité et le déclin.

Proposer un pacte républicain est le troisième enjeu. Notre société est, aujourd’hui, sous tension, en quête de sens et incertaine de ses valeurs communes.

Cette crise identitaire est d’abord une crise de l’égalité. Les inégalités sociales et territoriales continuent de structurer une société incapable de conjuguer le respect du singulier et la définition du commun. L’atomisation et le cloisonnement de la communauté nationale ont engendré une citoyenneté à plusieurs vitesses dont l’inégalité sociale - plus que l’hétérogénéité culturelle des populations - demeure la matrice.

Le sentiment d’injustice cultive les divisions et les antagonismes qui sapent toujours un peu plus le sentiment d’appartenance à une «communauté commune».

Au dévoiement des valeurs républicaines, nous devons donc, plus que jamais, opposer les valeurs de solidarité, de démocratie et de cohésion sociale.

Dans ce combat, notre pays ne peut ni ne doit craindre ou mépriser l’immense apport humain et matériel que constitue la présence des immigrés en France. Il faut réaffirmer que l’immigration n’est pas un problème et refuser la ghettoïsation de la société, les processus de relégation sociale et territoriale, combattre l’obsession du refoulement des étrangers, rejeter la stigmatisation des personnes à raison de leur appartenances à des communautés particulières.

Il faut sortir des calculs à courtes vues dictant les postures politiciennes. L’enjeu n’est pas le score aux prochaines élections de telle ou telle formation politique ou de telle ou telle personnalité. L’enjeu c’est la France. L’enjeu c’est l’Europe. L’enjeu c’est leurs peuples. C’est pourquoi nous avons été, depuis le début de cette législature, porteurs de propositions ambitieuses. Et nous continuerons à travailler, avec tous ceux qui souhaitent, à la construction d’une vraie politique de gauche.

Monsieur le Premier ministre, nous regrettons que votre feuille de route s’inscrive dans la continuité des erreurs commises jusqu’alors. Augmentation de la fiscalité indirecte, flexibilisation du marché du travail, réduction à marche forcée des déficits publics, baisse massive des cotisations, ce ne sont pas là des solutions à la crise. Au contraire, ces mesures ne vont que l’entretenir et en aggraver les conséquences pour nos concitoyens.

***

En conséquence, et en toute logique, nous ne voterons pas la confiance à votre gouvernement. Ce que nous proposons à la majorité et à nos concitoyens qui voient s’accumuler les difficultés c’est la construction d’une alternative pour porter une véritable politique de transformation sociale.

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 8 Avril 2014

LE GRAND MARCHE TRANSATLANTIQUE

Le grand marché transatlantique et les normes sociales encore en vigueur en Europe

Un démantèlement programmé

Il n’y a pas d’Europe sociale. Chacun sait qu’il n’y a pas de droits sans possibilité de les faire respecter. Dès le traité de Rome de 1957, les six gouvernements fondateurs ont renoncé à l’obligation d’harmonisation sociale parallèlement à la volonté d’harmonisation commerciale et économique. L’harmonisation sociale devait résulter, comme l’indique l’article 117, du « fonctionnement harmonieux du marché ». On voit aujourd’hui ce qu’il en est avec 27 millions de chômeurs et un droit du travail en plein recul !

Quand on observe les propositions et les recommandations de la Commission européenne aux Etats membres de l’UE, il est manifeste que l’objectif est d’abolir peu à peu le droit du travail comme domaine juridique spécifique et non assimilable à des relations civiles privées. Ce qui nous ramène à ce 19ème siècle si cher aux libéraux, époque où c’est la voix de l’employeur qui primait toujours sur celle du salarié.

Nul ne s’étonnera dès lors qu’aillent dans le même sens les propositions faites par la Commission européenne au Conseil des Ministres et approuvées par celui-ci, le 14 juin 2013, en vue de l’adoption du mandat de négociation pour la création du « partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement » (ou grand marché transatlantique- GMT). En fait, ce GMT fournit l’opportunité de procéder au démantèlement de ce qui existe encore en matière de normes sociales dans un certain nombre d’Etats de l’Union européenne. Faut-il préciser que, pour la préparation du mandat de négociation, la Commission européenne reconnaît elle-même avoir tenu, entre janvier 2012 et avril 2013, 119 réunions avec les représentants des milieux patronaux et financiers ?

Avec le GMT, un des grands objectifs poursuivis par l’UE et les USA – c’est-à-dire par les multinationales transatlantiques fidèlement relayées par les gouvernements et la Commission européenne – c’est d’atteindre le plus petit dénominateur commun en matière de législations et de règlementations sociales. Le texte parle de « compatibilité des réglementations », « d’harmonisation ». Or, depuis que le libre-échange concerne non seulement les droits de douane, mais aussi ce qu’on appelle les « obstacles non-tarifaires », on sait que les négociations de ce genre vise à obtenir les normes les moins contraignantes pour les entreprises. C’est aussi l’objectif des accords de l’Organisation Mondiale du Commerce. Or, l’article 3 du mandat européen pour le GMT annonce « un haut niveau d’ambition d’aller au-delà » de ces accords.

De prétendues garanties

On trouve dans ce mandat des dispositions présentées par la Commission européenne et le gouvernement français comme des garanties de nature à protéger les normes sociales. Ainsi par exemple, cette phrase à l’article 8 « L’Accord devrait reconnaître que les Parties n’encourageront pas le commerce ou l’investissement direct étranger par l’abaissement de la législation et des normes en matière d’environnement, de travail ou de santé et de sécurité au travail, ou par l’assouplissement des normes fondamentales du travail ou des politiques et des législations visant à protéger et promouvoir la diversité culturelle. » De même, on peut lire, à l’article 32 que « L’Accord comportera des mécanismes pour soutenir la promotion du travail décent à travers l’application nationale efficace des normes fondamentales du travail de l’Organisation internationale du travail (OIT) telles que définies dans la Déclaration de l’OIT de 1998 relative aux principes et droits fondamentaux au travail, (…). »

Quelle crédibilité accorder à ces « garanties » ?

On notera qu’à l’article 8, il ne s’agit que d’un souhait et que les « garanties » de l’article 32 ne résistent pas au fait que les USA n’ont pas ratifié les normes fondamentales du travail de l’OIT.

Depuis l'arrivée de Jacques Delors à la tête de la Commission européenne, toutes les propositions de cette Commission, vont dans le même sens : accorder au principe de la libre concurrence une application sans limite. Ainsi, par exemple une communication de la Commission au Conseil des Ministres et au Parlement européen publiée au Journal officiel de l’UE du 13 septembre 2001 : « Si des problèmes concrets se posent, la Commission aimerait recevoir les contributions du secteur privé et de la société civile afin d'identifier les solutions qui devraient ou pourraient être prises. Pour contribuer à définir d'éventuelles solutions, la communication inclut une liste non exhaustive de solutions possibles. Les solutions proposées sont:

  • laisser au marché la solution de tout problème rencontré;
  • promouvoir l'élaboration de principes non contraignants, communs. »

Depuis le début de la crise, la Commission, dotée de compétences nouvelles (semestre européen, MES, TSCG), adresse des recommandations qui demandent toutes la libéralisation voire la privatisation des services publics, la remise en cause du droit du travail, le démantèlement de la sécurité sociale. Il faut voir l’insistance que met la Commission à exiger que les Etats qui pratiquent encore la liaison des salaires et des allocations au coût de la vie y renoncent. En outre, il faut se rappeler que quatre arrêts de la Cour de Justice de l’UE (arrêts Viking, Laval, Rüffert, Commission contre Luxembourg) créent une hiérarchie des normes européennes qui place au plus haut niveau le primat du marché et de la concurrence sans limite et qui subordonne le droit social aux lois du marché.

Comment peut-on croire un seul instant que les dispositions du mandat relatives aux normes sociales seront défendues face aux USA par une Commission européenne dont tout l’effort est précisément de remettre en cause les normes sociales ?

Une « justice » privée pour le secteur privé

En outre, en prévoyant, à l’article 32 du mandat européen de négociation, le recours à un mécanisme de règlement des différends en matière sociale, nos gouvernements sont disposés à confier à des groupes d’arbitrage privés le soin de régler tout conflit sur les législations et réglementations sociales entre une firme privée et les pouvoirs publics, enlevant ainsi à nos tribunaux le pouvoir de trancher ce type de conflits. Un mécanisme de règlement des différends n’est en aucune façon un tribunal : c’est une structure créée au cas par cas, composée de personnes privées choisies par les parties, qui délibère en secret et dont les décisions sont sans appel. Une structure de ce type poursuit un seul but : donner raison à la firme privée. C’est que montre l’exemple de l’accord de libre-échange Canada-USA-Mexique signé il y a 20 ans qui sert de modèle au GMT

Tout doit être mis en œuvre pour faire échouer cette négociation UE-USA qui transformera, si elle aboutit, les 28 Etats de l’UE en 28 colonies américaines.

Raoul Marc JENNAR

Auteur de « Le grand marché transatlantique. La menace sur les peuples d’Europe », Perpignan, Cap Bear Editions, mars 2014.

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Publié le 7 Avril 2014

RWANDA : L'EDITORIAL DE L'HUMANITE

L'éditorial de Patrick Apel-Muller. "Le président de la République, en refusant toute représentation officielle à Kigali, choisit d’endosser la responsabilité des vérités falsifiées, des complicités odieuses et de l’histoire maquillée."
«Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire»… C’est sur ce que dénonçait Jean Ferrat que le gouvernement français compte pour justifier sa scandaleuse absence aux commémorations des vingt ans du massacre rwandais. Les milieux dirigeants français parient depuis lors sur l’oubli, sur la lassitude de ce petit pays, sur l’extinction des voix des survivants. Non! Ce n’est pas la France qui a mis la main à ce que notre journal, le premier, a dénoncé comme un «génocide», mais ce sont bien ses dirigeants qui, au nom de l’intérêt suprême de la Françafrique, ont fourni les armes, les conseillers, les complices de cette entreprise d’extermination. Et qui ensuite ont fermé les yeux et clos les lèvres sur la tragédie, jusqu’au moment où elle n’a pu être niée. Le «rôle direct» des autorités françaises, puisque c’est la formule reprochée au président rwandais, est hélas attesté. Il fallait empêcher une fois encore la guérilla du FPR de l’emporter, même au prix d’infinies exactions. Longue histoire qui relie les crimes coloniaux à ceux du néocolonialisme et dans laquelle, il y a deux décennies, on trouve trace de la petite cellule qui œuvrait autour de François Mitterrand, du Quai d’Orsay, de l’armée et de ses barbouzes. Même les dossiers les mieux enterrés finissent lentement par émerger. Si bien que Nicolas Sarkozy a dû reconnaître en février2010 de «graves erreurs d’appréciation» et une forme «d’aveuglement» des autorités françaises, alliées du régime raciste de Kigali.
En 1994, notre envoyé spécial Jean Chatain racontait l’horreur et l’odeur du charnier géant. À Paris, l’Humanité dénonçait l’hypocrisie des autorités et une intervention bien tardive qui protégeait surtout les génocidaires. D’autres journalistes se sont fait les témoins et peu à peu des enquêteurs. Des militaires français ont-ils permis l’attentat contre l’avion des présidents et du Burundi? Qui a validé les expéditions d’armes françaises aux massacreurs, même après l’embargo ainsi que l’a révélé l’Humanité? Pourquoi les gouvernants français ont-ils accompagné un régime qui a alimenté un racisme délirant contre les Tutsi, formant même jusqu’au déclenchement de la tuerie les assassins en chef de la garde présidentielle? Comment se fait-il que des génocidaires aient trouvé longtemps un refuge commode et confortable dans l’Hexagone? Quel rôle précis a joué Paul Barril, gendarme d’élite au service d’un président Mitterrand qui souhaitait qu’on y «sauvegarde ce que nous y avons fait»? Pourquoi ces versions mensongères des officiels, une enquête judiciaire qui travestit le crime, et leur relais docile par de grands médias français?
Des faux témoignages ont été démasqués, des documents sont sur la table, la justice française instruit enfin vingt plaintes contre des génocidaires… mais le président de la République, en refusant toute représentation officielle à Kigali, choisit d’endosser la responsabilité des vérités falsifiées, des complicités odieuses et de l’histoire maquillée. La Françafrique resurgit sur les fosses communes quand tout devrait conduire à en exorciser le spectre, à ouvrir un temps de vérité et de fraternité avec le continent africain.
Patrick Apel-Muller

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 7 Avril 2014

Depuis que le Président du Rwanda a dénoncé le rôle de la France dans ce qui aurait permis le génocide Tutsi, certains politiciens et non des moindre jouent les vierges effarouchées et le gouvernement néo-libéral dirigé par Valls vient de décider de sa non-présence aux cérémonies commémoratives de ce génocide.

Derrière, il ne fait pas l'oublier, il y a toutes les saloperies de la cellule France-Afrique et l'on peut remonter jusqu'au colonialisme, la fin de celui-ci, où pour affirmer la prépondérance des multinationales dans ces pays à forte teneur de richesses minières ils ont été jusqu'à assassiner Lunumba et à mettre partout des roitelets pour continuer à dominer ces pays africains .

Si le gouvernement français estime qu'il n'a rien à se reprocher qu'il ouvre alors toute grande les archives.

Voici pour rafraichir les mémoires le témoignages d'un grand journaliste de "L'Humanité" Jean Châtain qui fut le premier a témoigné de ce génocide qu'il découvrait et que le gouvernement français de l'époque cachait alors qu'il savait de par la présence des troupes françaises de l'assassinat de toute une population:

Jean Chatain - Le pays entier puait la mort (L’Humanité)

mercredi 7 avril 2004

Journal l’Humanité Rubrique International Article paru dans l’édition du 7 avril 2004

Rwanda 1994

Le pays entier puait la mort

Le 6 avril, le génocide commençait. Un million de victimes en trois mois. Des massacres planifiés par les autorités de l’époque, avec des complaisances internationales. Notre reporter Jean Chatain est retourné là où il était il y a dix ans. Kigali (Rwanda), envoyé spécial. Kigali, 7 avril 1994 au matin. Le génocide commence à déferler dans la capitale rwandaise. Les rues ont été barrées la veille au soir, au moment même où l’avion transportant le président Juvénal Habyarimana (accompagné de son homologue burundais Cyprien Ntaryamina) s’écrasait, entraînant tous ses passagers dans la mort. La milice Interahamwe (« ceux qui frappent ensemble »), formée par l’ex- parti unique MRND et la CDR, composante la plus ouvertement extrémiste du Hutu Power (« pouvoir hutu ») sur lequel Habyarimana avait fondé son régime, disposait ses premières « barrières » sur tous les axes stratégiques. Les passants sont sommés de présenter leurs papiers d’identité, lesquels précisent « l’appartenance ethnique » de son détenteur (une invention du colonialisme belge). Si le mot « Tutsi » figure sur la carte, la personne - homme, femme ou enfant - est aussitôt assassinée. Simultanément, des commandos, disposant de listes, forcent les portes des militants hutu d’opposition : membres du gouvernement de transition issu des accords d’Arusha (août 1993) censés créer les conditions de la démocratisation du pays, journalistes, responsables d’associations, candidats déclarés à des élections régulièrement annoncées et toujours reportées. Tous sont tués, le plus souvent avec leurs familles. Le 7 au matin, ces meurtres ciblés se poursuivent - c’est ce jour- là que la première ministre hutu du gouvernement de transition, Agathe Uwilingiyam ana, et son mari sont massacrés à la machette, ainsi que les dix casques bleus belges affectés à leur protection - , mais sont noyés dans une folie de sang « ethnique », celle qui, en l’espace de trois mois, fera un million de morts dans la « minorité tutsi ».

La « complaisance » de Paris

L’attentat contre le Falcon 50 présidentiel a été le détonateur de la tuerie, non son motif. Les listes préétablies des dirigeants politiques hutu d’opposition et des familles tutsi en sont la preuve. De même que les assassinats politiques et les massacres localisés, véritables « répétitions générales » du génocide, qui, depuis la fin 1990, avaient déjà ensanglanté le pays, du nord (Gisenyi, Ruhengeri) au sud (zone du Bugesera). Durant l’année précédente, d’autres signes annonciateurs de la « solution finale » élaborée par l’Akazu (la « maisonnée », comprenez : le clan présidentiel) s’étaient multipliés. Tel le rapport de la commission constituée par la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme et Human Rights Watch Africa, qui condamnait la dérive génocidaire du gouvernement Habyarimana. Il contenait notamment le témoignage d’un cadre Interahamwe, Janvier Afrika, affirmant avoir participé à une réuni on de préparation du massacre des Bagogwe (1991), réunion dirigée par le général- président lui- même, en compagnie de son épouse Agathe. Le rapport dénonçait aussi « la passivité et la complaisance » de Paris, soutenant le régime clanique et raciste mis en place par Kigali. Extrait d’un autre témoignage de Janvier Afrika, lequel assurait ouvrer « directement avec la présidence », publié plus tard par le journal britannique The Guardian. Évoquant un camp d’entraînement de la milice extrémiste hutu, le « repenti » déclarait : « Deux militaires français entraînaient les Interahamwe (.) Des Français se trouvaient également au "fichier central", au centre de Kigali, où se déroulaient des séance s de torture. »

À l’hôpital de Gahini

C’est une banalité que de dire que le sadisme est un corollaire de toute persécution raciste, il faut pourtant la réaffirmer tant le déchaînement en ce domaine fut la règle durant les trois mois suivants. Pour m’être déplacé en avril- mai 1994 depuis Mulindi - quartier général du FPR (Front patriotique rwandais) établi non loin de la frontière ougandaise - dans la partie ouest du Rwanda, je peux témoigner qu’à ce moment le pays entier puait la mort et l’horreur. Places des villages submergées de corps mutilés ; pistes bordées elles aussi de cadavres, ceux de fuyards rattrapés par les tueurs de l’Interahamwe et des FAR (forces armées rwandaises). Le plus insoutenable peut- être, les bananeraies ou les bosquets : vous ne voyiez rien, mais une odeur insoutenable s’en exhalait. Combien de corps pouvait- il s’y décomposer ? Une interrogation qui tourne vite à la hantise. À Gahini, non loin de la préfecture de Kibungo, dans l’hôpital mis en place par le FP R, des centaines de rescapés, couchés le plus souvent à même le sol et dans les couloirs, présentaient des blessures attestant de la volonté de faire mourir le plus cruellement possible. Une « méthode » avait été beaucoup appliquée dans cette région : trancher à la machette le mollet de sa victime et l’abandonner là. De quoi meurt- on ? Douleur, soif ou gangrène. aucun médecin n’a pu m’éclairer à ce propos. L’avance des combattants du FPR fut, dans cette région, suffisamment rapide pour sauver plusieurs de ces promis à la mort lente. Le récit que me faisait un rescapé du massacre de Rukara (un millier de corps croupissant devant et dans l’église de ce village proche), la nuque enveloppée d’un énorme linge, pansement improvisé attestant du coup de bâton clouté qui l’avait plongé dans le coma, était souvent rendu inaudible par les gémissements d’un jeune Tutsi couché sur une table, juste dans mon dos . Deux infirmières étaient littéralement assises sur lui afin de l’immobiliser, une troisième soignait sa jambe mutilée, le muscle disparu laissant à nu l’os du tibia. Soins donnés à vif, le peu de produits anesthésiques dont disposaient les médecins FPR étant réservés aux amputations qui s’effectuaient dans un autre bâtiment. Deux docteur s s’en chargeaient à la cadence de douze par jour. Chaque matin, ils effectuaient un e brève visite de ceux qui avaient été mis la veille sur une « liste d’attente », afin d’éventuellement en modifier l’ordre en recensant les personnes les plus susceptibles d e décéder dans les heures suivantes. « Je sais que c’est monstrueux - me déclara l’un des deux - mais le moyen de faire autrement ? »

« Priez pour notre massacre »

Non loin de Gahini, dans le secteur de Kiziguro, un gigantesque puits, aujourd’hui re couvert d’une dalle et transformé en mémorial du génocide. J’y avais rencontré, le 2 6 avril 1994, Gamaliel Segnicondo, enseignant à l’école primaire. D’après lui, environ 800 Tutsi s’étaient cachés à proximité. Conduits par l’un de leurs dirigeants nation aux, Gatete, les Interahamwe les découvrent et les encerclent avant de les traîner par groupes jusqu’au puits. « Tous ont été tués à la machette, au bâton ou avec une barre de fer. Juste un coup sur le crâne - raconte alors Gamaliel - Pour certains, on avait pris soin, avant, de leur lier les mains. Pendant ce temps, j’étais caché car je savais que j’étais sur la liste. Puis j’ai appris l’existence de ce trou. C’est là qu’ils jetaient les corps, même si certains étaient encore vivants. » À l’approche des forces du FPR, les miliciens prennent la fuite vers la Tanzanie. Gamaliel sort de son refuge : « J’ai été à la paroisse chercher des fils électriques. Avec un Blanc (dont il refusera de donner le nom, précisant seulement : un Suisse), on le s a tressés pour faire un câble. Grâce à lui, nous en avons retiré huit qui étaient vivants. » Sur ces huit, six ont survécu. Quel est le nombre de ceux qui furent précipités vivants dans ce charnier pour y agoniser ou y périr étouffés ou écrasés sous le poids des autres corps ? Autre rencontre dans la même commune, celle de l’abbé Jean- Léonard Nkurunziza, prêtre de la paroisse de Zaza. Lui aussi dénonce, dès le début de notre entretien, les autorités officielles du pays, y compris la hiérarchie catholique dont il dépend. Puis il raconte le massacre perpétré dans sa paroisse : « Il y a eu a u moins 600 morts. » Un souvenir le bouleverse tout particulièrement, celui d’un milicien interrompant un instant le « travail », pour lui confier : « Ce sont nos ennemis. Priez pour que notre massacre soit réussi. »

Jean Chatain

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 5 Avril 2014

LE SMIC JEUNE DANS LE VISEUR DUSOCIAL-LIBERALISME

LE SMIC JEUNE DANS LE VISEUR DU LIBERALISME

Il y a quelques temps je faisais part d’un article paru sur « Mediapart » concernant des menaces qui pourraient peser sur le devenir du SMIC : ces menaces tendent à se préciser.

Ce matin elles viennent d’être énoncées par Nicolas Baytout, éditorialiste du Figaro, ancien directeur des « Echos », membres du « Fouquets de « Sarkozy » et qui possède comme par hasard une tribune sur France -inter.

Celui-ci reprend avec un plaisir extrême Pascal Lamy, socialiste, ancien directeur de l’organisation mondiale du commerce, déclarant « Je sais que je ne suis pas en harmonie avec une bonne partie de mes camarades socialistes, mais je pense qu'à ce niveau de chômage il faut aller vers davantage de flexibilité, et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au smic » .

Et plus loin d’ajouter : « il vaut mieux un boulot que pas de boulot du tout ».

Ce personnage feint de défendre les plus pauvres en pleurant sur leur sort et en leur disant qu’il vaut mieux lécher « l’assiette » que d’avoir faim. C’est un peu la répartie d’un ancien chocolatier dans ma région qui disait qu’avec un jaune d’œuf cela suffisait pour tenir le coup à ses ouvriers, ce qui lui avait valu le sobriquet de « jaune d’œuf » par toute la population de la ville de Bourbourg dans le Nord .

Et ce matin, Baytout, était d’un grand contentement, la gauche ( la libérale) se ralliait à l’idée qu’il fallait pour ainsi dire remettre en cause le SMIC pour les jeunes.

Lamy n’est pas n’importe qui, il est un des inspirateurs de la politique libérale de Hollande et il a ses entrées dans les milieux les plus libéraux de la planète. Il en est d’ailleurs celui qui a appauvrit les peuples par une organisation du commerce où règne le dumping social qu’il a encouragé en tant que directeur.

Après les nouvelles attaques contre la Sécurité Sociale concernant les cotisations, voilà maintenant un autre pan attaqué, celui du SMIC, qui nous ramènerait à la préhistoire salariale, celle des abattements de salaires auxquels Croizat et la CGT se sont attaqués dès la libération du pays.

Après cela Hollande peut aller honorer le « CNR » comme il l’a fait lors des 70 ans de sa création, d’autant plus que nous apprenons que parmi ses amis, il y a le dénommé Kessler qui préconisait de se défaire du programme du CNR et du compromis passé entre les gaullistes et les communistes à la libération sur le plan social.

Lamy ne parle pas en l’air, il est l’écoute même de ce gouvernement libéral dirigé par Valls, et nous pouvons y voir une relance de l’idée d’un SMIC jeunes sur lequel s’était cassé les dents Balladur puis Villepin.

Mais comme le disait Baytout, aujourd’hui les choses ont changé, c’est la gauche ( la libérale) qui le préconise et cela fait jouir Baytout mais pas seulement Baytout mais aussi tous ces patrons qui payent leurs salariés à coups de pierre comme on disait dans le temps. Ils pourront faire « marner » encore plus la jeunesse en précarité en additionnant l’aléatoire en matière de temps de travail avec l’aléatoire en matière de salaires.

Ils pourront en plus utiliser des jeunes diplômés et qualifiés pour presque rien puisque Lamy indique que la seul chose qui compte pour les jeunes « c’est un boulot que pas de boulot du tout ». Bref attendez-vous à voir demain des jeunes travailler gratuitement ou presque pour les beaux yeux de Gattaz.

Alors les jeunes, on sort dans la rue et on fait mordre la poussière aux Baytout, Lamy, Kessler, Hollande, Valls, Gattaz, Berger et compagnie ?

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 4 Avril 2014

LE GOUVERNEMENT DU RENONCEMENT SOCIAL S'EST REUNI

Ce vendredi matin, l’équipage gouvernemental s’est réuni pour fixer son cap et ses missions.

La photo de groupe à la sortie de l’Élysée ressemblait à celle d’une équipe qui va sur le terrain après avoir pris une sévère « piquette » au match précédent.

Seul l’entraineur a été changé, le gardien de but a des problèmes de vue et a fait alliance avec l’adversaire pour laisser filer le ballon dans ses buts, les autres joueurs semblent n’être là que pour la photo de la confrérie de ceux qui vont faire pénitence à Canossa, photo que l’on garderait en souvenir pour expliquer plus tard aux petits enfants que l’on en faisait partie mais que le match s’est malheureusement conclu par la débâcle.

Comment, en effet, pourrait-il en être autrement quand le porte parole du gouvernement indique que l’objectif de l’équipe gouvernementale sera exactement le même que celui d’avant les Élections municipales.

Le Premier ministre, indique ce porte parole, fera une déclaration de politique générale la semaine prochaine et la confiance sera demandée aux députés et le Premier ministre annoncera que la priorité sera portée sur les questions économiques et l’emploi.

Diable... n’était-ce pas l’orientation du gouvernement Ayrault ?

On a vu les résultats !

L’accent est mis sur le pacte de responsabilité auquel est adjoint le qualificatif « solidarité ». Mais quelle solidarité quand ne seront pas remis en cause les 30 milliards de cadeaux au patronat et les 50 milliards d’économie qui seront tirés sur les revenus des plus modestes, sur les services publics amoindris, sur les prestations sociales etc. Quelques miettes de pouvoir d’ achat en prenant sur les cotisations sociales ne feront pas une politique de solidarité mais plutôt une politique de marchand de tapis où les perdants seront ceux qui achèteront du toc.

Bien sûr, attendons la déclaration de politique générale que fera le Premier ministre libéral, mais les dés sont pipés d’avance, le pacte de responsabilité (irresponsabilité) restera l’armature essentielle de l’action de ce gouvernement aux ordres des banques, des patrons,des financiers, des libéraux et de la commission de Bruxelles.

D’autre part il est inadmissible de parler de solidarité quand on touche à ce qui est la matrice financière de la Sécurité sociale, mise en place à la libération selon les principes du CNR: la cotisation du salarié et de l’entreprise.

Croizat en avait été l’inspirateur avec les dirigeants de la CGT de l’époque et du PCF et ce système de financement a été choisi, y compris par les dirigeants politiques de la SFIO de l’époque - Gouin, Blum, Gazier et autres - qui considéraient que la solidarité devait reposer sur les richesses créées et ils suivaient ainsi ce qu’avait suggéré le CNR.

L’Assemblée constituante de 1946 vota à l’unanimité les mesures permettant le financement de la Sécurité sociale par la cotisation de l’entreprise et du salarié pris sur l’assiette salariale.

Évidemment le patronat n’a jamais avalé cela et mettre à bas la cotisation sociale du salarié pour soi-disant lui redonner en pouvoir d’achat fait partie de ce tour de passe-passe qui vise à la suppression pur et simple de ce grand acquis qu’est le financement solidaire. On sait déjà que le gain que le salarié récupérera sera vite mangé par la pratique des bas salaires, par des impôts supplémentaires aux ménages qui viendront suppléer les manques pour la Sécurité sociale. Il voudront alors réduire à nouveau les prestations et reculer l’âge de la retraite comme le préconisent les experts libéraux jusqu’à ceux qui lancent maintenant l’idée d’un mini-smic pour les jeunes et les CDD. Bref l’abandon par palier des cotisations entrainera un effet destructeur sur la masse salariale, sur les grilles de salaires, sur le paiement de la force de travail.

Dans son intervention, le porte parole du gouvernement indique que le Président a insisté sur la nécessité d’entendre, de comprendre le résultat des Elections municipales et d’y répondre. Mais la première chose que ce gouvernement va faire c’est d’englober dans le vote de confiance le pacte de responsabilité (irresponsabilité) qui devait être débattu et voté d’un seul contenu.

il faut y voir là la continuité des manœuvres pour faire passer à tout prix un pacte établi entre le Président du Medef et le Président de la République.

Ce gouvernement montre ainsi qu’il n’entend pas et ne veut pas entendre parce qu’il s’est mis sur la seule longueur d’onde à capter, celle du patronat et ainsi de faire payer au monde du travail la note des cadeaux aux multinationales.

Alors les ministres usent de superlatifs pour expliquer que maintenant ils forment une équipe unie, concentrée, soudée, compacte ; mais en fait ils s’agenouillent piteusement devant les revendications patronales.

Le discours de politique générale de Valls ne peut être que de la poudre aux yeux pour égarer. Mais la poudre aux yeux ne suffira pas pour reconquérir ceux qui sont restés à la maison et si le vote de confiance sera arraché aux forceps et à force de chantage sur les députés socialistes de plus en plus bousculés par les populations de leur circonscription, il n’en sera pas de même pour ceux qui ont été trompés par Hollande et compagnie.

A ceux-là, il ne leur reste plus que la voie de la rue et le 12 avril s’annonce comme une manifestation d’une très grande ampleur à Paris et le conseil que l’on pourrait donner à ceux qui se sont abstenus c’est de venir nombreux dire leur dégout de cette politique en faveur des nantis et de faire monter la pression pour mettre fin à cette trahison de Hollande et compagnie.

Bernard LAMIRAND

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 4 Avril 2014

Rédigé par aragon 43

Publié dans #communisme

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