Publié le 4 Septembre 2011

CHASSAIGNE ET LE FRONT DE GAUCHE A LA FETE DU TRAVAILLEUR ALPIN

 

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 4 Septembre 2011

STRAUSS-KAHN DEGAGE…

Qu'il dégage définitivement de nos écrans et que l'on parle des vrais problèmes des gens.

Depuis hier soir, le feuilleton Strauss-Kahn a repris de plus belle.

L'intéressé, avec sa dulcinée, a fait ses bagages et a pris l'avion direction Roissy où une meute de journalistes l'attendait pour nourrir encore les pages des quotidiens et certainement de la télévision où est annoncée que l'ancien tôlard de geôles US dira tout au journal de 20 heures.

On s'en fout de ses pulsions.

Rocard dans un rare moment de lucidité, disait: "Que cet homme a visiblement une maladie mentale qui était une difficulté à maîtriser ses pulsions";  cela devrait suffire pour éclairer et ne pas nous em… sans arrêts avec cet échantillon d'une bourgeoisie vaporeuse.

Hors, il faut s'attendre à ce que nous soyons à nouveau infestés de déclarations, d'analyses, de commentaires qui nourriront, comme au moment de son incarcération et de sa mise en examen aux Etats-Unis, les  médias jusqu'à l'excès.

Une simple information suffisait :l'ex-directeur du FMI a retrouvé son local luxueux de la place des Vosges et son ami Lang.

Parlons d'autres choses et notamment des saloperies que ce directeur a fait aux grecs.

Car cet individu a d'autres faits à se reprocher auxquels les médias font silence: il a mis sur la paille tout un peuple, le peuple grec, et sont indicibles les misères de ces gens ayant été dépouillés pour rembourser la dette des gros financiers grecs: elles sont autrement plus cruelles que les exploits hôteliers à New-York.

N'oublions pas que c'est lui, qui, pour le compte du capitalisme libéral, a suggéré tous les plans d'austérité en cours pour que les peuples et surtout les petites gens payent la facture des dettes accumulées de ce système devenu fou. Cela aucun média n'en parlera.

Cet homme est une création de la sociale démocratie libérale: celle qui vient d'accepter la règle d'or en Espagne, où l'on a vu unis comme larrons en foire, les députés de la droite franquiste et les députés socialistes espagnols pour voter ensemble les mesures qui vont soulager les fortunés et appauvrir les travailleurs espagnols.

En plus, le retour de cet individu, sert admirablement la droite en ce moment, qui peut ainsi cacher ses mauvais coups, comme le plan Fillon qui frappe aux portes monnaies particulièrement les moins aisés.

Depuis plusieurs jours d'ailleurs, ce plan fait des remous, y compris dans la droite sarkozienne, notamment pour les milliardaires des parc de loisirs qui viennent d'obtenir satisfaction et d'autres  qui comptent aussi obtenir satisfaction sur la niche fiscale immobilière concernant les détenteurs de résidence secondaire, de biens locatifs ou de terrains qui profitent d'exonération d'impôts de plus de 2 milliards par an.

Par contre les mesures taxant les mutuelles frapperont les travailleurs et leurs familles: une nouvelle taxe de 3,5% sur les contrats responsables  qui vient s’ajouter à celle de 3,5% qui avait été mise en place en 2009. En ajoutant à cela la taxe CMU portée à 6,27% en 2010, cela fait une taxation globale de 13,27% sur ces contrats !

Des milliards d'euros vont être sauvegardés pour les riches pendant que les pauvres mutualistes devront remboursés les dettes des "gros".

Inadmissible.

Faisons en sorte que ce scandale éclate au grand jour et que les exhalaisons des sauteries de Strauss-Kahn ne viennent pas prendre le dessus, comme le gouvernement l'espère, pour cacher ses mesures impopulaires.

Il me  semble d'ailleurs nécessaire que le mouvement mutualiste organise avec les syndicats une journée de manifestation nationale pour faire annuler ces mesures scélérates.

 

Bernard LAMIRAND

 

 

 

 

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 2 Septembre 2011

arton335-7c5d3.gifManuel valse avec le Sarkozysme (bis repetita)

Et boom ! C'est reparti. Manuel Vals le « transgressif » nous donne une nouvelle leçon de modernisme. Cette fois, c'est l'immigration avec l'instauration de quota. On a de la chance, d'habitude c'est la sécurité.

 

Le gaucho-sarkozyste a encore frappé. Pas sur les banques, ni sur les marchés financiers, encore moins sur la banque centrale européenne! Que les riches se rassurent, quand Manuel Valls modernise à tour de bras, c'est pour frapper sur les plus faibles.

Et pourtant une remarque : plus la société devient sauvage à l'encontre des immigrés, plus elle devient sauvage à l'encontre du grand nombre des travailleurs. Plus les marchés financiers sont en sécurité, plus le jeu de la droite, et de Manuel Valls, consiste à augmenter l'insécurité sociale des travailleurs.

 

A la suite de Zemour et autre soit-disant provocateurs, Manuel Valls nous confirme que son anti-conformisme affiché n'est en réalité qu'un anti-humanisme assumé.

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Rédigé par aragon 43

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Publié le 1 Septembre 2011

Rédigé par aragon 43

Publié dans #politique

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Publié le 1 Septembre 2011

 

 

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Remise de la Toile en présence de Liliane Croizat Caillaux

AVEC LES RETRAITES CGT DE SAVOIE UN GRAND MOMENT POUR RENDRE HOMMAGE A AMBROISE CROIZAT

Comme chaque année, les retraités CGT USR de Savoie se réunissent pour préparer la rentrée revendicative, se retrouver ensemble et faire la fête.

Cette année, il avait décidé de tenir leur rencontre annuelle à La Léchère, village où est né  Ambroise Croizat.

A cette occasion , à coté de la stèle marquant ce que fut cet homme d'état, bâtisseur de la Sécurité sociale et des droits sociaux menacés aujourd'hui par une droite et un patronat revanchard, plusieurs prises de paroles ont eu lieu notamment de Michel Etievent son biographe et moi-même concernant tout ce que Croizat a mis en place comme ministre du travail et de la Sécurité sociale de 1945 à 1947.

Un débat organisé ensuite par l'USR CGT Savoie a permis de confronter les opinions des retraités sur les grands sujets du moment, notamment toutes les menaces en cours sur le pouvoir d'achat des retraités, leur santé, le coût des médicaments, la perte d'autonomie. Jean Marie Shapman représentant l'UCR CGT a mis l'accent sur les mobilisations nécessaires à la rentrée et en particulier la réussite de la journée d'action unitaire des retraités le 6 Octobre.

Le soir, vers 17 h30 a été remise une toile du grand peintre Jean Amblard, cette toile mise en dépôt par le FTM CGT représente Croizat avec Jean Pierre Timbaud et une famille ouvrière dont on peut dire qu'elle représente la Sécurité Sociale en train d'être de se mettre en place.

Voici jointe l'intervention que j'ai fait en tant qu'animateur du Comité d'honneur national pour la reconnaissance de Croizat.

 

 

suite de l'article blog suivant: d'autres photos seront bientôt disponible sur mon blog

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Rédigé par aragon 43

Publié dans #syndicalisme

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Publié le 1 Septembre 2011

INTERVENTION DE BERNARD LAMIRAND SAVOIE LE 25 AOUT 2011 ASSSEMBLEE DEPARTEMENTALE DES RETRAITES CGT

D'abord, bonjour à vous toutes et tous, je suis heureux de me retrouver à nouveau parmi vous et remercie l'USR , son secrétaire René Tournier de son invitation.

Merci donc de me donner la parole.

Ceci à un moment où l'œuvre de Croizat et de ses camarades est l'objet d'une attaque sans précédent en prenant appui sur la crise et les dettes de ceux qui ont commis les frasques bancaires.

A un moment aussi où nous venons d'obtenir que les dictionnaires français, les principaux, inscrivent Croizat comme celui ayant été le bâtisseur de la Sécurité Sociale et notamment  dans le Larousse et demain  dans le Robert.

Comme vous le savez la FTM CGT, son institut d'histoire, le Comité d'honneur, mènent une grande bataille dans ce sens et nos efforts se conjuguent avec ceux de Michel Etievent.

Nous espérons que l'an prochain une rue portera son nom à Lyon et nous y travaillons avec Roger GAY le président de l'IHS Rhône Alpes et nous sommes sur le point de développer des relations fructueuses avec le Comité d'histoire de la Sécurité sociale qui, jusque là,  l'ignorait complètement, de même nous apporterons tout notre appui à ce que le nouveau bâtiment de la Sécurité sociale d'Annecy porte son nom. 

Cette intervention concernant Ambroise Croizat ne vise pas à lui rendre un nouvel hommage, nous l'avons fait et nous continuerons à le faire.

Je pourrais évoquer le militant connu des métallos, le dirigeant de la FTM CGT, le député communiste de 1936 et de la libération, la sécurité sociale, mais aujourd'hui c'est son rôle de ministre du travail sur lequel je m'attarderais dans cet exposé.

Croizat dans sa fonction de ministre du travail et de la Sécurité sociale fut un bâtisseur social.

Il  va être à l'origine de la mise en place de la plus belle conquête sociale, la sécurité Sociale, dont les termes déterminés par le Conseil national de la résistance sont : "un plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens, des moyens d'existence dans tous les cas où ils en sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'état".

Cette construction ne fut pas si facile que cela à réaliser, le pays est exsangue, l'industrie en débris; mettre en place une telle institution toute neuve, faisant l'objet de l'hostilité des médecins, des assurances et des mutuelles de l'époque, n'est pas aisé.

Il va s'y employer contre vents et marées.

Les assurances sociales sont en effet régies par les sociétés de secours mutuels, par des congrégations religieuses, par des caisses professionnelles tenues par le patronat et les assurances privées. La retraite des vieux, comme on disait à l'époque, ne représente pas grand-chose: une aumône.

Il va être le bâtisseur politique de la sécurité sociale décidé par le CNR.

Il n'est pas seul, dans la CGT réunifiée en 1943, il y a des dirigeants qui vont l'aider. Au dehors il reçoit le concours de Pierre Laroque, un spécialiste des assurances sociales d'avant guerre, un haut fonctionnaire gaulliste qui sera le directeur de la sécurité sociale jusqu'en 1967.

Elle sera signée le 4 octobre 1945 par Parodi, ministre du travail du gouvernement provisoire, quelques jours avant la nomination de Croizat comme ministre.

Mais je vous ai dit Croizat bâtisseur social, cette appellation résume bien le fait qu'il va faire en sorte que les fondations de la sécurité sociale reposent sur du solide. Ce solide c'est son financement: c'est lui qui impose la cotisation sécurité sociale calculée sur l'assiette salariale. Il impose un système solidaire et par répartition auquel Sarkozy s'est attaqué par la réforme des retraites de 2010 et certains, aujourd'hui, complotent l'idée d'en terminer avec cette cotisation et la remplacer par l'impôt et donc exonéré totalement l'entreprise de, toutes cotisations sociales.

Rappelons en le mécanisme:

- une cotisation du salarié

- une cotisation de l'entreprise et non de l'employeur comme on dit aujourd'hui.

Cela fait débat à l'assemblée nationale, certains députés voulaient imiter la grande Bretagne qui choisit et impose l'impôt ignorant l'entreprise comme cotisante.

Ambroise Croizat va se battre pour une assurance maladie pour tous les citoyens et il affrontera toute une toile d'araignée d'organisations assurant plus ou moins le risque maladie.

Après maintes discussions, il les intégrera dans la sécurité sociale, il pacifiera les relations avec les mutuelles et la médecine libérale.

Il a pris encore plus de temps pour s'assurer de la réalisation concrète de la sécurité sociale alors que certaines mauvaises langues considéraient qu'elle ne serait qu'un château de cartes qui tomberait rapidement parce qu'irréalisable.

Ils en furent pour leur frais.

Il pris, pour ainsi dire,  son bâton de pèlerin, fit de nombreuses inaugurations de caisses primaires et en appela aux organisations syndicales CGT pour la mise en place effective dans des locaux provisoires.

Ce sont les militants de la CGT qui les mettront en place.

D'ailleurs, encore aujourd'hui, quoique fussent toutes les opérations politiciennes pour ignorer la contribution de la CGT, c'est bien celle-ci qui fut la principale bâtisseuse de cette grande conquête sociale avec Croizat.

Pour mieux défaire cette célébrité, ses successeurs ont décidé de l'ignorer complètement jusqu'au point que pour le centième anniversaire de la création du ministère du travail le nom de Croizat a disparu des tablettes du ministère.

Ils ont ainsi poussé l'ingratitude au comité d'histoire de la Sécurité sociale jusqu'à gommer son nom ne retenant que Pierre Laroque.

Mais l'histoire a de ses persistances que rien ne peut enfouir.

Les faits sont têtus et c'est un hommage du vice à la vertu qui lui a rendu Denis Kessler, l'ancien vice président du MEDEF et PDG assureur, quand il déclara dans un éditorial du journal « Challenge :

 « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! »

« Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. (…) Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…
A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

Oui, Croizat fut incontestablement le ministre du travail le plus prolifique en matière de lois sociales.

Il le fit dans un sens progressiste et c'est cela que ne peut plus supporter le patronat français.

Il fut à l'origine du véritable statut des comités d'entreprise. Il faut savoir que De gaulle et Parodi avait sorti à la sauvette une ordonnance sur la mise en place des CE en 1945 en limitant leurs attributions à des œuvres culturelles, sportives et sociales..

Si nous regardons aussi loin que possible, jamais depuis le création de ce ministère, les droits des salariés n'avaient été aussi mis en évidence et en pratique.

Par exemple il sortira l'inspection dut travail des griffes du patronat et de la collaboration vichyste.

Naitra une inspection ayant des missions comme le contrôle de l'emploi, la protection des institutions représentatives du personnel et des conditions de travail.

La bataille pour l'établissement de nouveaux droits était difficile mais prenante et Croizat avait un avantage:  c'est que derrière lui, il y avait cinq millions de syndiqués à la CGT, près d'un million à la fédération CGT de la métallurgie et le parti communiste auquel il faisait partie était le premier parti de France. Cela pèse.

Croizat a donc été un inventeur social comme le dit mon camarade Michel Etiévent.

D'ailleurs, c'est le seul ministre du travail parmi les cent premiers depuis la création de ce ministère en 1905  qui a été honoré par les travailleurs qui l'avaient baptisé le ministre des travailleurs. Quelle reconnaissance !

Comment, à grands traits, le temps m'étant compté, vous dire ce qu'il ressort de cette épopée de Croizat au ministère du travail.

Notons quatre séries de réformes.

1° La sécurité sociale. J'en ai parlé.

Je rajouterai que ce fut une transformation complète en matière de droits à la santé et de retraite. Croizat généralisera à tous le bénéfice des prestations sociales en créant un régime unifié de retraite, de maladie, d'allocations familiales.

Une vraie révolution sociale.

2° Il laisse son nom à une autre série de réformes sur le droit du travail: c'est en fait le second socle du droit au travail à la française qu'il créé ( le premier é été construit dans les années 1890 à 1913).

Les réformes qu'il va introduire sont la suite de 1936 et du Front populaire auquel il avait apporté la contribution des métallos lors des négociations à Matignon avec Jean Pierre Timbaud, qui, comme vous le savez certainement, a été fusillé à Chateaubriand, une vengeance de l'UIMM de l'époque.

Son premier boulot c'est de retoucher l'ordonnance des comités d'entreprise en instaurant le droit de consultation du CE sur des questions qui n'étaient que du ressort de l'employeur (la marche générale de l'entreprise et l'emploi)

Il descend le seuil pour créer le CE à partir de 50 salariés au lieu de 100. Il institue des ressources obligatoires dans les entreprises concernées le financement des œuvres sociales et le droit à se faire assister par un expert comptable.

Il modifie les textes sur les comités d'hygiène et de sécurité dans un sens démocratique avec désignation des représentants par le comité d'entreprise. Il protège les mandats des élus.

3° Droit en matière de licenciements.

Il est procède à une réforme totale.

Certes, comme le disait un inspecteur du travail de l'époque, "cette réforme ne put être appliquée vu le contexte du plein emploi et de reconstruction à la libération. Il en ressort cependant le droit pour l'administration du travail d'interdire de licencier un salarié ordinaire soit pour tous motifs, soit pour motifs économiques. Il fallait en effet une autorisation administrative. Ce pouvoir leur a été retiré en 1986, au bout d’une douzaine d’année de pratique.

Ce droit d'intervention est à remettre en route, comme le démontre aujourd'hui toutes ces décisions inacceptables de licenciements et de délocalisations des entreprises.

Mais Croizat c'est aussi une quantité de lois, de décrets, d'ordonnances, de conventions qui en font le ministre le plus fécond en matière de droits pour les salariés ( depuis ce temps la fécondité s'est transformé en stérilité).

Parmi les lois et décrets les plus importantes citons :

- loi créant la médecine du travail dans les entreprises du commerce et de l'industrie .

- loi créant les caisses intempéries du bâtiment et travaux publics.

 -Loi sur les conventions collectives qui sont rétablies.

- Convention collective interprofessionnelle instituant le régime de retraite complémentaire des cadres.

- Statut des mineurs, celui des électriciens et gaziers (cosigné avec Marcel Paul).

- La prévention dans l’entreprise et la reconnaissance des maladies professionnelles, la caisse d’intempérie du bâtiment.

- Rétablissement de la loi des 40 heures  et introduction d'heures supplémentaires payées 25% au-delà entre 40 et 48 heures et 50% au-delà pour plus de 48 heures par semaine.

Ces lois et décrets ne sont pas venus comme par hasard dans l'imagination de ce ministre bâtisseur:  ils viennent du profond des luttes revendicatives. Ces mesures modifiaient ainsi de fond en comble les relations du travail et enfonçaient un coin dans l'exploitation capitaliste et de la dictature patronale qui sévissait sans grande possibilité pour les travailleurs de se défendre et de s'exprimer alors.

N'oublions pas que l'organisation syndicale était combattue avec acharnement par le patronat et notamment dans la métallurgie avec le fameux comité des forges, dominateur tant dans la vie politique et économique du pays.

N'oublions pas non plus le long chemin parcouru par le monde du travail pour imposer son existence dans l'entreprise dont la reconnaissance du syndicat à l'entreprise ne fut qu'obtenue qu'en 1968.

Croizat, en attribuant aux comités d'entreprises un rôle d'intervention directe sur les questions de formation professionnelle, de conditions de travail, de médecine du travail et de consultations sur l'emploi, les investissements, l'organisation du travail faisait progresser à pas de géants les droits des salariés des entreprises.

En novembre dernier, au Creusot, l'IHS métallurgie CGT a tenue un colloque sur les grèves hier, aujourd'hui, et demain. Colloque qui a permis de voir le chemin parcouru mais aussi les nouvelles embuches dressées aujourd'hui et qui montrent la nécessité de passer à un nouveau socle du droit du travail comme l'exprime la CGT avec le Sécurité sociale professionnelle.

Pour aujourd'hui et demain, des droits nouveaux sont à inscrire pour combattre ce patronat organisé à l'échelle mondiale.

Croizat et ses compagnons nous ont doté d'outils pour être au cœur du travail avec toute une série de mesures pour faciliter la démocratie, la décision des salariés.

Il nous inviterai, présentement, à travailler ces questions dans le contexte de notre époque qui se caractérise par de nouvelles formes d'exploitation notamment la précarité de l'emploi et la souffrance au travail.

Tout  compte fait, nous avons besoin d'un nouveau programme, style CNR, et de pousser à fond la démocratie à l'entreprise, d'établir des nouveaux droits pour nos emplois , nos industries, notre santé, nos retraites.

Croizat et l'invention sociale de l'époque nous parle:  ce qu'ils ont réalisés a été le fruit d'un âpre combat dans une période difficile et rappelons que dans la métallurgie nous avons été les premiers à créer des activités sociales et de santé à travers nos centres de formation et l'hôpital des métallurgistes devenu l'une des plus grandes maternités parisienne avec l'Association Ambroise Croizat et l'Union Fraternelle.

Quand il a été écarté avec les autres ministres communistes, retournant à son banc de députés, il poursuivi son travail parlementaire tout en assurant la direction de la FTM CGT. On le retrouve, s'élevant avec force contre la création du Comité européen du charbon et de l'acier, organe qui devait assurer le devenir du charbon et de l'acier européen.

A voir ce qu'est devenu le dernier  grand groupe sidérurgique européen Arcelor Mittal  - 8 milliards de profits en 2010 - le résultat, c'est des régions complètement dévastées et l'obligation d'importer en France des aciers que nous étions les seuls à produire.

En cette année 2011 - 60 ans après sa disparition de ce vrai ministre du travail, nous revient comme un boomerang  les conséquences de cette Europe construite pour les puissances d'argent comme le pressentait Croizat.

L'histoire, dit-on, ne repasse pas les plats;  certes, mais en ce moment, en Europe, tout est mis en œuvre pour le pacte de compétitivité (la règle d'or de Sarkozy) pour déraciner les conquêtes sociales de 1945 à 1947 et ramener le monde du travail en arrière.

Pour conclure, cet homme d'état était tout simplement un militant de la CGT et du parti communiste.

Quand nous avons inauguré une place portant son nom à Paris en 2009, nous avons sorti une brochure retraçant cette vie militante et il y avait un témoignage de sa secrétaire Yvonne, qui nous racontait cet homme proche du peuple:  dans un déplacement dans le département de la Meuse -pas comme ceux du triste sire Sarkozy-  à un moment donné dit -elle, le ministre avait disparu, après recherche il fut retrouvé, vous savez-où ? Dans un petit bar entrain de jouer aux fléchettes avec des ouvriers.

C'était aussi cela Croizat homme proche des gens.

Et enfin, quel plus belle hommage que celui qui lui a été rendu par les travailleurs lors de ses obsèques qu'accompagnèrent près d'un million de personnes au Père Lachaise et lors de la séance de l'Assemblée nationale annonçant sa mort, le président Herriot dit ceci : ", en juillet 1950, il connu une profonde peine, son fils Victor Roger Croizat, ouvrier électricien trouva la mort à Lyon dans un accident de travail. J'ai compati à la douleur du père, il le suivait de près son enfant dans la tombe. On comprend que les travailleurs se montraient à ce point émus par la disparition de celui qui leur fut si étroitement dévoué. Ministre du travail, il leur disait un jour:  j'entends demeurer fidèle à mes origines, à ma formation, à mes attaches ouvrières et mettre mon expérience de militant au service de la nation. Reconnaissons, qu'il est demeuré fidèle à ce programme ".

Cette phrase vaut pour aujourd'hui, au moment où à nouveau, la bête immonde redresse la tête, où des discours de haines avaient frappé les juifs, les roms, les communistes et avaient conduit à l'irréparable.

Croizat  était un internationaliste convaincu.

Ces hommes et ces femmes subiront les pires outrances du fascisme et de l'extrême droite.

Faisons en sorte que dans nos entreprises la bête immonde ne féconde pas à nouveau la haine, l'intolérance, le rejet de l'autre.

Croizat et ses compagnons nous ont montré le chemin de l'unité quelque soit nos origines.

Le 6 octobre 2011, j'en doute pas, lors de la journée nationale d'action des retraités, nous aurons l'occasion de montrer à ce gouvernement que nous tenons, comme à la prunelle de nos yeux à cette Sécurité sociale, à la retraite à 60 ans dans de bonnes conditions, à l'assurance maladie dans le cadre de la répartition et de la solidarité.

Merci de votre attention.

 

Bernard LAMIRAND

Animateur du comité d'honneur Ambroise Croizat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par aragon 43

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